ente

ente

n.f.
Greffe d'arbre.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

ENTE1

(an-t') s. f.
Terme d'arboriculture. Espèce de greffe qui consiste à insérer un scion dans un autre arbre. De belles entes. L'arbre même où l'on a fait une ente. De jeunes entes.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Bon ente en bon estoc deit bien fructifier [, Th. le mart. 128]
  • XIIIe s.
    Par le jardin où [il y] ot mainte ente bien feuillie [, Berte, II]
    Berte est gracieuse come est la fleur sur l'ente [, ib. x]
    En esté chante, En yver plor et me gaimante, Et me desfuel ausi com l'ente Au premier giel [RUTEB., 26]
  • XVIe s.
    Et comme une ente tire sa substance et nourriture de la racine où elle est entée [CALV., Instit. 1052]
    N'esperez qu'ils fassent rien de beau es jardinages, non un seul ente [O. DE SERRES, 54]

ÉTYMOLOGIE

  • Piémont. et parmesan, enta ; bas-latin, impotus ; anc. h. allem. impitôn (l'accent sur im) ; allem. mod. impfen. Diez propose le grec , implanté ; le sens, la forme, l'accent, tout convient ; cette étymologie est donc bonne. On remarquera que ente a été masculin aussi bien que féminin.

ENTE2

(an-t') s. f.
Terme de peinture. Le bois qui sert de manche à un pinceau.
Terme de chasse. Peau remplie de paille ou de foin, qu'on met, en forme d'oiseau, sur un piquet, pour attirer les oiseaux dans un piége.
Terme d'architecture. Nom donné en général aux jambes de force qui sortent un peu hors du mur.
Partie du volant d'un moulin.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Icelui meunier fist un faux conduit appelé une fausse enthe au dit moulin, par le quel conduit povoit cheoir occultement blé ou farine [DU CANGE, entare.]

ÉTYMOLOGIE

  • Le même que le précédent, par comparaison d'une ente, greffe, avec un manche et, en un mot, tout ce qui s'ajuste.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

ente

ENTE. n. f. T. d'Arboriculture. Selon qu'on prend à un arbre pour le greffer sur un autre arbre. Une belle ente. Faire une ente. Faire des entes. Prunes d'ente, Prunes obtenues par la greffe.

Il se dit aussi de l'Arbre même où l'on a fait une ente. Il y a beaucoup de jeunes entes dans ce jardin.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

ente

Ente, f. penac. Est l'arbre qui est enté de quelque greffe, Insitum.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

ente


ENTE, s. f. ENTER, v. act. [Ante, anté: 1re lon. 2e e muet au 1er, é fer. au 2d] Ente se dit d'un scion d'arbre, lorsqu'il est greffé sur un aûtre arbre. Enter, gréffer, faire une ente. "Une belle ente, faire une ente, des entes. "Enter un poirier, un pommier. Enter franc sur franc; enter sur sauvageon. = Ente ne se dit que dans le propre: enter se dit aussi au figuré, mais seulement dans le style familier. "Cette famille est entée sur une telle aûtre: elle y est entrée et en a pris le nom et les armes. "Ils se sont entés sur une telle maison: ils prétendent être de cette maison: ils n'en sont pas. "Gascon enté sur un normand, qui réunit le caractère des deux Provinces.
   Diférens préjugés, entés sur la natûre,
   Du jugement humain corrompent la droitûre.
       du Resnel.
REM. * Quelques-uns écrivent et prononcent une hante, se hanter; c'est une faûte grossière; c'est confondre des mots qui ont une ortographe, une prononciation et une signification bien diférentes. "Ils se servent de l'argent du Roi pour se hanter (s'enter) sur la longue robe et la Noblesse. Anon. On voit aussi cette manière d'écrire dans des Mémoires imprimés en Province; et dans d'aûtres, enter, greffer, pour hanter (fréquenter.)

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788