ente
ente
n.f.ENTE1
(an-t') s. f.HISTORIQUE
- XIIe s. Bon ente en bon estoc deit bien fructifier [, Th. le mart. 128]
- XIIIe s. Par le jardin où [il y] ot mainte ente bien feuillie [, Berte, II]Berte est gracieuse come est la fleur sur l'ente [, ib. x]En esté chante, En yver plor et me gaimante, Et me desfuel ausi com l'ente Au premier giel [RUTEB., 26]
- XVIe s. Et comme une ente tire sa substance et nourriture de la racine où elle est entée [CALV., Instit. 1052]N'esperez qu'ils fassent rien de beau es jardinages, non un seul ente [O. DE SERRES, 54]
ÉTYMOLOGIE
- Piémont. et parmesan, enta ; bas-latin, impotus ; anc. h. allem. impitôn (l'accent sur im) ; allem. mod. impfen. Diez propose le grec , implanté ; le sens, la forme, l'accent, tout convient ; cette étymologie est donc bonne. On remarquera que ente a été masculin aussi bien que féminin.
ENTE2
(an-t') s. f.HISTORIQUE
- XIVe s. Icelui meunier fist un faux conduit appelé une fausse enthe au dit moulin, par le quel conduit povoit cheoir occultement blé ou farine [DU CANGE, entare.]
ÉTYMOLOGIE
- Le même que le précédent, par comparaison d'une ente, greffe, avec un manche et, en un mot, tout ce qui s'ajuste.
ente
Il se dit aussi de l'Arbre même où l'on a fait une ente. Il y a beaucoup de jeunes entes dans ce jardin.
ente
Ente, f. penac. Est l'arbre qui est enté de quelque greffe, Insitum.
ente
ENTE, s. f. ENTER, v. act. [Ante, anté: 1re lon. 2e e muet au 1er, é fer. au 2d] Ente se dit d'un scion d'arbre, lorsqu'il est greffé sur un aûtre arbre. Enter, gréffer, faire une ente. "Une belle ente, faire une ente, des entes. "Enter un poirier, un pommier. Enter franc sur franc; enter sur sauvageon. = Ente ne se dit que dans le propre: enter se dit aussi au figuré, mais seulement dans le style familier. "Cette famille est entée sur une telle aûtre: elle y est entrée et en a pris le nom et les armes. "Ils se sont entés sur une telle maison: ils prétendent être de cette maison: ils n'en sont pas. "Gascon enté sur un normand, qui réunit le caractère des deux Provinces.
Diférens préjugés, entés sur la natûre,
Du jugement humain corrompent la droitûre.
du Resnel.
REM. * Quelques-uns écrivent et prononcent une hante, se hanter; c'est une faûte grossière; c'est confondre des mots qui ont une ortographe, une prononciation et une signification bien diférentes. "Ils se servent de l'argent du Roi pour se hanter (s'enter) sur la longue robe et la Noblesse. Anon. On voit aussi cette manière d'écrire dans des Mémoires imprimés en Province; et dans d'aûtres, enter, greffer, pour hanter (fréquenter.)