fange
fange
n.f. [ germ. fanga ] Litt.fange
(fɑ̃ʒ)nom féminin
FANGE
(fan-j') s. f.HISTORIQUE
- XIIIe s. Si fort le hurte qu'il l'abat En une fange trestot plat [, Ren. 12350]Mult avoit en la rue fange, Si fu la voie mult estrange [RUTEB., II, 190]Tex [tel] est issuz et nez de fanc ; Tant par est fiers. bien le puis dire, Qu'il ne daigne chanter ne lire [, Hist. de Ste Léoc. ms. de St-Germ. f° 29, dans LACURNE]
- XVIe s. Fange seche envy [difficilement] s'attache [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 68]
ÉTYMOLOGIE
- Norm. fangue ; wallon, fanië ; provenç. fanc, fanh, faing, s. m ; fanha, faigna, fangua, s. f. ; catal. fang ; espagn. et ital. fango. On a donné pour étymologie le goth. fani, génit. fanjis. Mais il y a un mot latin peu usité famicosus, fangeux, qui aura très bien donné fangeux ; et, comme le latin a aussi un substantif famix, famicis, signifiant abcès, bourbe, on trouvera là le radical de nos mots romans sans recourir à l'allemand. D'ailleurs il est possible, comme cela est arrivé pour d'autres, que le mot latin et le mot allemand se soient rencontrés et confondus.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
- FANGE. Ajoutez :
- Fange ou fagne, nom sous lequel on désigne, en Belgique et ailleurs, les marais tourbeux.
- Hautes fanges ou hautes fagnes, marais tourbeux situés sur une colline ou une montagne, [, Bullet. de la Société botanique de France, 1873, Compte rendu de la session extraordinaire tenue à Bruxelles en 1873]D'après les renseignements que nous recevons du département des Ardennes,... on voit aussi des vols nombreux de grues ; une bande de ces oiseaux, qui s'était arrêtée sur les hautes fanges en pleine nuit, avait attiré quelques tireurs [, Journ. offic. 5 nov. 1874, p. 7393, 2e col.]
ÉTYMOLOGIE
- Ajoutez : M. Ch. Grandgagnage, Dictionnaire wallon, I, p. 201, et II, p. 23, avait expliqué fange par fagne, dérivé fagne de fania, mot germanique latinisé, et en même temps identifié le terme allemand hohe Vehen avec celui des hauts fagnes. Il avait raison. M. Gaidoz (Mém. de la Soc. de linguistique de Paris, t. II, 2e fasc. p. 171) a confirmé cette étymologie, en remarquant que diverses localités dites fania dans les textes latins portent en français le nom de fange ; cela est péremptoire. Il faut encore ajouter, en renfort de cette étymologie, que l'Aunis a fagne, boue, et fagnou, boueux, Gloss. aunisien, p. 104.
fange
Il se dit figurément, par mépris, d'une Condition abjecte. Il est né dans la fange. Je l'ai tiré de la fange.
Il désigne aussi l'État d'avilissement d'une personne qui vit dans la débauche, qui mène une conduite honteuse et déréglée. Cet homme vit dans la fange, se traîne, croupit dans la fange des vices, du vice.
Il se dit quelquefois, dans le langage ascétique, des Voluptés du monde, par opposition à la Vie dévote. Être plongé dans la fange des plaisirs terrestres.
fange
Fange, Eluuies, Limus, Lutum, Coenum.
Qui s'est retiré de la fange, Emersus e coeno. B.
Tu t'es mis plus avant en la fange, Vide vt dum expedire te vis, induas. Bud. ex Cic.
fange
FANGE, s. fém. FANGEUX, EûSE, adj. [2e e muet au 1er, long. aux 2 aûtres: geû; geû-ze] Bouë, bourbe. Boueux. "Il est tombé dans la fange. "Couvert de fange. "Chemin fangeux. = Le subst. se dit élégamment au figuré. "Ton âme est toujours plongée dans la fange d'un monde corrompu. Jér. Dél.