marc

marc

[ mar] n.m. [ de l'anc. fr. marcher, fouler ]
1. Résidu des fruits, en partic. du raisin, que l'on a pressés pour en extraire le jus.
2. Eau-de-vie obtenue en distillant du marc de raisin : Boire du marc de Bourgogne.
3. Résidu de certaines substances que l'on a fait infuser, bouillir, etc. : Marc de café.
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marc

(maʀ)
nom masculin
1. résidu du café après infusion lire l'avenir dans le marc de café
2. résidu de fruits du marc de raisin de l'eau-de-vie de marc
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MARC1

(mar ; le c ne se prononce et ne se lie jamais) s. m.
Poids de huit onces, qui sert à peser les matières d'or et d'argent. On prend tant par marc pour la façon de la vaisselle d'argent.
Le marc d'or, quantité d'or pesant un marc, et dont la valeur numéraire varie suivant les époques.
Depuis 1456 jusqu'en 1461, année de la mort de Charles VII, le marc d'or valut cent livres, et le marc d'argent huit livres quinze sols [DUCLOS, Hist. Louis XI, Œuvres, t. V, p. 85]
Le marc d'or, droit qu'on prélevait sur tous les offices de France à chaque changement de titulaire, et qui avait été établi par Henri III.
Marc d'argent, quantité d'argent pesant un marc, et variant de valeur suivant les époques.
Il [Colbert] n'avait poussé la valeur numéraire du marc d'argent, de vingt-six francs où il l'avait trouvée, qu'à vingt-sept et à vingt-huit ; et après lui dans les dernières années de Louis XIV, on étendit cette dénomination jusqu'à quarante livres idéales ; ressource fatale par laquelle le roi était soulagé un moment pour être ruiné ensuite ; car, au lieu d'un marc d'argent, on ne lui donnait presque plus que la moitié ; celui qui devait vingt-six livres en 1668, donnait un marc ; et celui qui devait quarante livres ne donnait qu'à peu près ce même marc en 1710 [VOLT., Louis XIV, 30]
Il est clair que Philippe Auguste fut le plus puissant prince de son temps, si, indépendamment des pierreries qu'il laissa, les sommes spécifiées dans son testament montent à près de neuf cent mille marcs d'argent de huit onces, qui valent à présent environ quarante-neuf millions de notre monnaie, à cinquante-quatre livres dix-neuf sols le marc d'argent fin [ID., Mœurs, 51]
Il [Pierre le Grand] n'a jamais eu vingt-quatre millions de revenu, à compter le marc à près de cinquante livres, comme nous faisons aujourd'hui et comme nous ne ferons peut-être pas demain [ID., Charles XII, 1]
Marc d'argent, droit que les notaires payaient au roi, en pays de droit écrit, pour le joyeux avènement à la couronne.
Poids de marc, huit onces ou la moitié de la livre de Paris, telle qu'elle existait avant le système décimal. J'ai acheté trois livres de cette marchandise, poids de marc (c'est-à-dire au poids de l'ancienne livre de Paris).
Au marc la livre, manière de répartir proportionnellement une somme quelconque, en remettant à chacun ou faisant fournir par chacun une part déterminée par la somme totale afférente à chacun ; c'est ce qu'on nomme aujourd'hui au marc le franc, et, mieux, au centime le franc.
Ordonnons que toutes blanches monnaies.... des-ores-en-avant soient abattues du tout, et n'aient nul cours pour quelque prix que ce soit, fors au marc pour billon [, Ordonn. juin 1613]
Au marc la livre a été employé primitivement en parlant des poids appelés marc et livre, puis transporté aux monnaies par confusion du mot livre [LEGOARANT, ]
La locution, comme le montre l'exemple de Beaumanoir, est une altération de au marc ou à la livre.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Li burgeis qi ad en soun propre chatel [bien, avoir] demi marc vailant [, Lois de Guill. 18]
  • XIIIe s.
    Quant li mars d'or sera vendus XX libres.... [, Comput, f. 23]
    [La couronne] Cent mile mars valoit et plus, à droite vente [, Berte, X]
    Et puis doit on regarder combien il converroit paier à cascun au marc ou à le [la] livre [BEAUMANOIR, XXI, 26]
  • XIVe s.
    Si come seroit la loy de racheter chescun qui est pris en guerre pour un marc ou autre pris [ORESME, Eth. 156]
  • XVIe s.
    Par quoi, point ne le faut celer ; J'en ay le marc, si vous en avez l'once [, Les marguer. de la marguer. f° 381, dans LACURNE]
    Fiens de chien et marc d'argent seront tout un au jour du jugement [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. marc ; esp. et ital. marco ; bas-lat. marka ; de l'anc. haut allem. marc, marque, signe.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. MARC. Ajoutez :
    Unité de monnaie allemande, valant 1 fr. 23. La pièce d'argent de 1 marc vaut, au pair, 1 fr. 11.

    ÉTYMOLOGIE

    • Ajoutez : D'après les Édits, etc. sur les monnaies, t. VI, f° 160 (Archives des finances), marc vient de l'allem. Mark, marche, frontière, parce que, les foires se tenant souvent sur les frontières, les marchands donnèrent à ce poids, fort usité dans les transactions, le nom de poids de mark ou de frontière.

MARC2

(mar ; le c ne se prononce et ne se lie jamais ; au plur. l's ne se lie pas : des mar entassés) s. m.
Résidu de fruits, d'herbes ou de toute autre substance qu'on a pressurée ou fait bouillir pour en retirer le suc. Marc de raisins, d'olives, de pommes. Marc de café. Bain de marc de raisin, bain tonique et fortifiant, conseillé quelquefois par les médecins.
Je mets mes mains deux fois le jour dans le marc de la vendange, cela m'entête un peu, mais je crois sur la parole de tout le monde que je m'en trouverai bien [SÉV., 314]
Fig.
Voilà ce qui restera dans le titre de ministre [donné au Fils par Tertullien dans la création], à en ôter tout le reste [les idées inférieures] comme le marc et la lie [BOSSUET, 6e avert. 36]
Si ce jeune cerveau s'échauffe, laissez-le d'abord fermenter en liberté ; mais ne l'excitez jamais, de peur que tout ne s'exhale.... autrement vous perdrez votre temps et vos soins, vous détruirez votre propre ouvrage ; et, après vous être indiscrètement enivrés de toutes ces vapeurs inflammables, il ne vous restera qu'un marc sans vigueur [J. J. ROUSS., Ém. II, 1]
Marc de soude, ce qui reste après la fabrication de la soude.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Je ne conseille non plus aux dames d'appeller honneur leur debvoir ; leur debvoir est le marc, leur honneur n'est que l'escorce [MONT., III, 28]
    L'on remettra avec le marc du bois [de gaïac] jà cuit autant d'eau.... [PARÉ, XVI, 8]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, merc. Origine inconnue. Il est très singulier que ce mot n'ait pas d'historique avant le XVIe siècle. Ménage conjecture le latin amurca, lie d'huile, bas-latin murca, murcum ; mais le changement d'u en a ne va pas en français ; Diez, le mot gaulois emarcum, vigne gauloise peu productive, la suppression de l'e s'étant faite comme dans mine de hemina ; Chevallet et Scheler, l'allemand Mark, pulpe. Cette dernière conjecture est la plus plausible ; elle expliquerait que le mot, étant entré par la frontière nord (picard merc), sera longtemps resté un mot provincial ; ce qui fait qu'il n'a pas d'historique Remarquez que amurca se rattache au grec, qui est en plein rapport avec Mark, l'a étant prothétique.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

marc

MARC. (Dans ce mot et le suivant, le c ne se prononce pas.) n. m. Ancienne mesure qui contenait environ deux cent cinquante grammes. Les ouvrages d'or et d'argent se vendaient au marc. Cent marcs de vaisselle d'argent.

Au marc le franc, Manière de répartir ce qui doit être reçu ou payé par chacun, en proportion de sa créance ou de son intérêt dans une affaire. Les créanciers ont été payés au marc le franc. On disait autrefois Au marc la livre.

marc

MARC. n. m. Ce qui reste de plus grossier de quelque fruit, de quelque herbe ou de quelque autre substance végétale dont on a extrait le suc par expression, filtration, ébullition ou autrement. Marc de raisins, d'olives, de pommes. Marc de café. Eau-de-vie de marc, ou absolument Marc. Marc de Bourgogne.
Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

marc

Marc, m. Est le gros et terrestre qui demeure apres que le jus est espreint de quelque chose, Spissamentum. Ainsi dit on le marc des raisins, ce qui demeure sur la met du pressoir, apres que tout le vin en est tiré, Vinacea. Le marc des olives, Faex olearia. Le marc d'une composition de medecine, qui demeure apres que le jus de tous les ingredients d'icelle en est tiré, Magma, Stymma. En cette signification on dit, Tailler un Marc, quand les pressuriers avec leur doloire trenchent les bords du marc des raisins apres qu'il ne coule plus, rejettants les rongnures sur le milieu d'iceluy, pour luy donner une autre serre, Circumcidere vinaceam. Bud. ex Plin. Et faire un marc, Vuas praelo exprimendas subdere. Mais en fait d'orfavrerie et de monnoyes, Marc est une espece de poids qui contient huict onces, chascune de huict gros, chascun de trois deniers, chasque denier de vingtquatre grains, chascun de vingtquatre Karobbes. Selon cette signification lors qu'on comptoit par poids, on disoit, Elle a eu en mariage tant de marcs d'or ou d'argent, Auri argentive tot semipondo, illi doti fuere. Il a esté condamné en cent marcs d'argent, Centum auri semipondo pendere damnas est. A peine de cinquante marcs d'argent, Poenae nomine quinquaginta semipondo indicta sunto. Marc aussi est un nom propre d'homme, Marcus.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

marc


MARC, s. m. [le c ne se pron. point. Acad.] 1°. Poids, qui contient huit onces. "Les ouvrages d'or et d'argent se vendent au marc. = On apèle poids de marc, celui où la livre a deux marcs ou 16 onces, à la diférence du poids de table, où la livre n'a que douze onces, et d'autres poids où elle en a quatorze, etc. "Trois livres poids de marc. = 2°. Ce qui reste de plus grossier, de quelque fruit ou herbe qu' on a pressée. "Marc de raisins, de pommes, d'olives, etc. "Le marc des herbes, qui ont été pressées dans une serviette.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Traductions

marc

Marco, Markus, Trester

marc

馬克

marc

Marc

marc

Marc

marc

마크

marc

Marc

marc

[maʀ] nm [raisin, pommes] → marc
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