miel

miel

n.m. [ lat. mel ]
Substance sucrée et parfumée produite par les abeilles à partir du nectar des fleurs, qu'elles entreposent dans les rayons de la ruche : Du miel d'acacia.
Être tout miel ou être tout sucre, tout miel,
être d'une gentillesse intéressée, doucereuse : Il est tout miel quand il a besoin de moi.
Faire son miel de,
se servir avec profit de qqch : La journaliste a fait son miel de ce dossier secret.
adj. inv.
De la couleur du miel : Des chaussettes miel.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

MIEL

(mièl) s. m.
Substance sucrée que les abeilles forment avec le suc des fleurs et qu'elles déposent dans les alvéoles de leurs ruches comme réserve alimentaire. Miel d'été. Miel de printemps. Miel blanc. Miel jaune.
Le refus des frelons fit voir Que cet art passait leur savoir, Et la guêpe adjugea le miel à leurs parties [LA FONT., Fabl. I, 21]
Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile, Aller piller le miel que l'abeille distille [BOILEAU, Sat. I]
Aaron adore le veau d'or avec la foule, et Jonathas ne peut se défendre de goûter, du moins en passant, le miel funeste qu'il trouve sur son chemin [MASS., Panég. St Bernard.]
Le miel n'est autre chose que le nectar ou le suc sucré et aromatique que les abeilles ramassent dans les fleurs, et qu'elles portent dans leurs rayons pour leur propre nourriture dans la saison froide et pour celle de leurs petits [FOURCROY, Connaiss. chim. t. VII, p. 170, dans POUGENS]
Le miel est la seule matière sucrée connue et employée dans l'antiquité, qui en faisait beaucoup de cas ; on a prétendu que les anciens savaient, par des procédés de purification analogues à ceux qu'on pratique pour le sucre, en extraire une matière solide et concrète susceptible de se conserver [ID., ib. p. 169]
Miel vierge, miel blanc qui a été tiré des ruches sans feu, et aussi miel qu'on recueille des jeunes abeilles.
La manière d'extraire le miel est fort simple : après avoir enlevé avec un couteau les petites lames de cire qui ferment les alvéoles, on expose les gâteaux sur des claies à une chaleur douce : bientôt la partie la plus pure du miel s'écoule goutte à goutte, on l'appelle miel vierge [THENARD, Traité de chimie, t. III, p. 178, dans POUGENS]
On dit dans le même sens : miel de goutte. Dans le commerce, miel vierge, nom du miel le plus pur. Fig. et familièrement. Être tout sucre et tout miel, être plein de douceur, avoir la douceur qu'ont le sucre et le miel.
Hé ! qu'il est doucereux ! c'est tout sucre et tout miel [MOL., Éc. des m. I, 2]
Le croyant sur la parole de Brancas tout sucre et tout miel ; mais.... le temps se brouilla [SÉV., 452]
Parlons un peu de Pauline, ....je n'eusse jamais cru qu'elle eût été farouche, je la croyais toute de miel [ID., 524]
Voilà, pour la duchesse de Noailles, une lettre toute pleine de miel et de sucre [MAINTENON, Lett. à Mme de Caylus, 11 juin 1717]
Doux comme miel, plus doux que miel, extrêmement doux.
Tant bien sut dire et prêcher, que la dame, Séchant ses yeux, rassérénant son âme, Plus doux que miel à la fin écouta [LA FONT., Richard.]
Avec des mots choisis aussi doux que le miel, Sur les gens d'un mérite à craindre, On répand à grands flots le fiel [DESHOULIÈRES, Épître chagrine.]
Fig. Cet orateur a toujours le miel sur les lèvres, ses paroles sont douces et flatteuses. Un parler de miel, un langage doux et flatteur.
Et d'un parler de miel se va préconisant [RÉGNIER, Sat. X]
Fig. et poétiquement. Extrême douceur d'une chose.
C'est sans doute, madame, une douceur extrême Que d'entendre ces mots d'une bouche qu'on aime ; Leur miel dans tous mes sens fait couler à longs traits Une suavité qu'on ne goûta jamais [MOL., Tart. IV, 5]
Le miel qu'ici l'abeille eut soin de déposer, Ne vaut pas à mon cœur le miel de son baiser [A. CHÉN., Élég. VIII]
Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel ; Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel [LAMART., Méd. I, 29]
La lune de miel, le premier mois du mariage (voy. LUNE, n° 5). Ils sont encore dans la lune de miel, ils ne connaissent du mariage que le plaisir.
Terme de pharmacie. Miel mercurial, médicament composé de parties égales de suc de mercuriale et de miel. Miel rosat, médicament préparé avec des pétales secs de roses rouges que l'on fait infuser dans de l'eau bouillante.
Miel indien, miel de roseau, noms donnés primitivement au sucre. Miel aérien, voy. MANNE 1, n° 4.

PROVERBE

    On prend plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre, c'est-à-dire on réussit mieux dans les affaires par la douceur que par la rigueur.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    [Je ferai] La char oindre de miel et lecher à mes ours [, Sax. XXVII]
  • XIIIe s.
    Miel en tonnel li muiz doit trois oboles, la some un denier [, Liv. des mét. 292]
    De la roche leur venoit li mieus [, Psautier, f° 100]
  • XVe s.
    Qu'ils ne faisoient compte des menaces d'un varlet [Artevelle], fils d'un brasseur de miel [FROISS., II, II, 160]
  • XVIe s.
    Voici nager vers nous les syrenes riantes.... Et, contre les vaisseaux commençant les doux sons, Elles jetoient vers nous le miel de leurs chansons [CERTON, Odyssée, ch. XI]
    J'ay veu secher mes fleurs en leur prime saison, Le doux miel de mes jours se changer en poison [DESPORTES, Épitaphes, Diane, 9]
    Puisque le miel d'amour, si comblé d'amertume, N'altere plus mon cœur comme il fit autrefois [ID., Œuvres chrest. Sonnets, 3]
    Celuy gouverne bien mal le miel qui n'en taste [COTGRAVE, ]
    Qui n'a argent en bourse ait du moins du miel en bouche [ID., ]
    Trop achepte le miel, qui sur espines le leche [ID., ]
    Une abeille morte ne fait plus de miel [ID., ]
    Nul miel sans fiel [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 357]
    Les flatteurs de l'amour ne chantent que leurs vices, Que vocables choisis à peindre les delices, Que miel, que ris, que jeux, amours et passe-temps, Une heureuse folie à consommer son temps [D'AUB., Tragiques, Princes.]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. mié, mier ; pic. mié ; provenç. mel ; espagn. miel ; portug. mel ; ital. mele ; du lat. mel, mellis ; grec, goth. milith ; basbret. mél ; gaél. mil.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

miel

MIEL. n. m. Substance liquide et sucrée que les abeilles composent avec le suc qu'elles recueillent en butinant sur les fleurs et sur les feuilles des plantes. Miel d'été. Miel roux, blanc. Un rayon de miel. Un gâteau de miel. Un pot de miel. Une tartine de miel. Une tisane sucrée avec du miel. Mouches à miel. Miel de Narbonne. Miel sauvage. Miel commun. Le miel du mont Hymette était célèbre chez les anciens.

Miel vierge, Le miel le plus pur.

Miel violat, rosat, etc., Compositions pharmaceutiques dont le miel est la base.

Prov. et fig., On prend plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre, On réussit mieux dans les affaires, on conquiert plus de personnes par la douceur que par la dureté et la rigueur.

Fig., La lune de miel, Le premier mois du mariage. Il s'emploie par analogie pour désigner les Commencements d'une association, d'une entreprise, d'une fonction, de toute affaire dont on ne connaît encore que les avantages et non les difficultés.

Fig. et fam., Être doux comme miel, être tout sucre et tout miel, Être doucereux, faire le doucereux.

Par analogie, Le miel de l'éloquence.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

miel

Miel, m. monosyl. Mel.

Du miel celeste, Manna.

Vaisseaux à mettre miel, Vasa mellaria.

Celuy qui a le gouvernement des mouches à miel, et du miel aussi, Mellarius, Meliturgus.

Le lieu où l'on nourrit mouches à miel, Mellarium.

Miel fait par les mouches à miel de la fleur des deux sortes de thyms, blanc et noir, Bithymum.

Le miel ou matiere pour iceluy faire, prinse des arbres, herbes et fleurs, Melligo melliginis.

Miel prins par les mouches à miel des fleurs des forests, Nemorense mel.

Le miel provenant des mouches qui vivent de thym, Mel thymosum.

Ouvrage de miel, Opus mellificum.

L'art de faire miel, Mellificium.

Un bournal et rayon de miel, Fauus faui.

Quand on cueille le miel, Mellatio, Vindemia mellis.

Qui est de miel, Melleus.

Doux comme miel, Mellitus.

Qui a le goust de miel, Melleus.

Qui ressemble au miel, Melleus.

Faire du miel, Mellificare.

¶ Mon miel, Mel meum. Une maniere de blandissement.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

miel


MIEL, s. m. MIELLEUX, EûSE, adj. [Mièl, monos. mièleu, leû-ze: 1re è moy. 2e lon.] Mièl est ce suc doux que les abeilles tirent des fleurs ou des plantes. = Mielleux, qui tient du miel. "Goût mielleux. — Figurément: "Ton mielleux. La Font. dit miellé, pour la rime.
   Tircis eut beau prêcher, ces paroles miellées
   S'en étant aux vents envolées.
   On dit figurément (St. famil.) il est tout sucre et tout miel: il a une douceur afectée.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Traductions

miel

Honighoneyhoning, honigדבש (ז), דְּבַשׁheuningmelhonningμέλιmielomielmesihunajamézmaduhunangmiele蜂蜜melhonningmiódmelmierehonungasalibalмёд, медعَسَلmedmed벌꿀น้ำผึ้งmật ong蜂蜜蜂蜜 (mjɛl)
nom masculin
produit sucré fabriqué par les abeilles
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

miel

[mjɛl] nmhoney
être tout miel (fig) → to be all sweetness and light
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005