mien
mien, mienne
pron. poss. [ lat. meus ]mien
n.m.miens
n.m. pl.MIEN
(miin ; l'n se lie : un miin-n ami ; mais quand mien est pris substantivement, l'n ne se lie pas : le miin est meilleur, in comme dans indigne) , MIENNE (miè-n'), adj. possessif et relatif de la première personne. Qui est à moi.HISTORIQUE
- XIe s. Par num [à condition] d'ocire, i enverrai le men [fils] [, Ch. de Rol. III]Par ceste barbe et par cest men guernon [moustache] [, ib. XVII]
- XIIe s. Cest jour est mout li miens pris abaissez [, Ronc. 107]Se j'en travail [souffre], je n'en sai qui blasmer, Fors les douz ieus et son simple viaire, Dent li mien sont traï en l'esgarder [, Couci, II]Tant com [je] fu miens [je m'appartins], [elle] ne me fist se bien non [, ib. VI]
- XIIIe s. Seneques dit que li home vesquissent mult en pais, se ces deux paroles mien et tien fussent ostées dou mi [milieu] [BRUN. LATINI, Trésor, p. 408]Uns miens amis me vint des ersoir acointer.... [, Berte, X]Le commandeur li respondi que il n'avoit denier du mien, et que il ne me congnoissoit [JOINV., 254]Le roy des Tartarins.... li dit : Cognois-tu ces joiaus ? Et le caiife respondi que oyl : il furent mien [ID., 278]Li mien meïsme [les miens mêmes] me contralient ausi comme un estrange [, Psautier, f° 80]Aucune foiz me convientil servir autrui malgré mien [BEAUMANOIR, XXIX, 12]
- XVIe s. Viens donc, ami, prendre ce qui est tien, Je suis à toi ; sois doncques du tout mien [MARG., Nouv. LXIV]Si j'estois mienne [ma maîtresse], et si j'avoy fiance Aux estrangers, je ferois alliance Par mariage à ce vaillant Troyen [RONS., 623]Cette mienne si heureuse fortune [CARLOIX, VI, 37]
ÉTYMOLOGIE
- Berry, men, menne ; wallon, meune ; namur. menk, fém. mène. Ce mot vient certainement de l'adjectif possessif ; mais on est embarrassé sur le mode de dérivation. Diez y voit l'ancien adjectif possessif mi (de meus) avec la finale en. D'autres admettent que mien est la forme picarde men, diphthonguée à cause qu'elle porte l'accent, que mon, ma ne portent jamais, étant toujours proclitiques ; le picard men est l'équivalent de mon des autres dialectes. À côté de mien, on disait aussi beaucoup meie, moie, qui viennent directement de meum, meam ; A-il mesaise au monde qu'à la moie compere [y a-t-il malheur au monde qui soit égal au mien] ? [, Berte, XVIII]Palsgrave, p. 3, dit que mienne se prononçait mianne.
mien
LE MIEN s'emploie comme nom pour désigner Ce qui appartient en propre à telle ou telle personne. Je ne demande que le mien. Le tien et le mien.
Il signifie encore Ce qui vient de moi. Je vous dis la chose comme elle est, je n'y mets rien du mien, je n'y ajoute rien du mien.
Les miens, au pluriel, Mes proches, mes alliés, ceux qui m'appartiennent en quelque façon. Il est plein d'égards pour moi et pour les miens.
MIEN, IENNE, s'employait dans l'ancienne langue comme adjectif. Nous en avons gardé un souvenir dans : Un mien ami, un mien cousin, qui se disaient et se disent encore parfois pour Un de mes amis, un de mes cousins. Ce livre que vous tenez est mien, cette découverte est mienne, Ce livre est ma propriété, cette découverte m'appartient. On dit plutôt aujourd'hui : Ce livre est à moi, cette découverte est de moi. Mais on dit encore : Je fais mienne cette réponse, cette décision.
mien
Mien, Meus.
Je n'ay rien mis de nouveau du mien, De meo nihil nouum apposui.
Il est des miens, In aere meo est.
mien
MIEN, MIENNE, pron. possess. et relat. [Mièn, monos. miène; en dans le 1er n'a pas le son d'an: 1re è moy. 2e e muet au 2d.] Il est toujours relatif à un nom qui a précédé. "Ce n'est pas votre avis, c'est le mien, c. à. d. mon avis. "Voilà votre canne, voici la mienne. = Mien, tien sien, ne doivent jamais se mettre devant le substantif. On disait autrefois, et l'on dit encôre en certaines Provinces, un mien frère, une siène soeur. Il faut dire: un de mes frères, une de mes soeurs; ou, s'il n'y en a qu'un, mon frère, ma~ soeur. = Mien est aussi substantif; et au singulier: "Je ne demande que le mien, c. à. d. mon bien. "Le tien et le mien (et non pas le mien et le tien, comme dit un Auteur) est la source de tous les procês, et de toutes les guerres; et au pluriel: les miens, mes proches, mes aliés. "Il est plein d'égards pour moi et pour les miens.
mien
(mjɛ̃)mienne
mine, mymioمَلِكِيٌّmůjminmeinδικός μουmíominunmoj私のもの내 것mijnminmójmeuмойminของฉันbenimcủa tôi我的 (mjɛn)pronom possessif
mien
[mjɛ̃, mjɛn] pron possessifle mien → mine
la mienne → mine
les miens → mine
les miennes → mine
Ce vélo-là, c'est le mien → That bike there is mine.
les miens (= ma famille) → my family