Ciney : les ravages de la tempête vus du ciel
Du ciel, le spectacle des dégâts causés par la tempête du 14 juillet est impressionnant. Il y a les bâches, mais aussi tous les arbres renversés.
- Publié le 26-07-2010 à 10h01
À l'invitation de la ville de Ciney, nous avons survolé, en hélicoptère, les communes de Ciney et Hamois. Nous avons pris de la hauteur pour mieux apprécier l'ampleur des dégâts de la tornade du 14 juillet dernier.
Vus du ciel, les dégâts forestiers sont les plus impressionnants. Non que les autres le soient moins, mais si les maisons, hangars, garages et autres fermes ont été touchés ponctuellement et parfois d'une manière importante, les bois, forêts, parcs et bosquets présentent un spectacle de désolation particulièrement désolant. Et dans ce cas, il faudra attendre que le temps fasse son oeuvre : la croissance d'un arbre se jauge en dizaine d'années. Plusieurs générations de Condruziens percevront les traces de cette tempête hors du commun.
Quand on revient sur le plancher des vaches, on se rend compte que les dégâts forestiers posent d'importants problèmes pour certains propriétaires privés. Prenons le cas, notamment à la drève menant au château St-Martin, à Conneux. Plusieurs centaines de tilleuls qui faisaient la beauté de l'allée ont été coupés, brisés, déchiquetés. Ils se trouvent souvent en équilibre instable.
Le spectacle est identique au parc St-Roch à Ciney, dans l'environnement du château de Buresse où des arbres d'essences remarquables ont été terrassés, dans le bois communal de Buresse ou même sur la plaine de l'école provinciale d'agriculture de Ciney. Ou encore dans cette propriété du quartier du Congo, où l'on s'est déjà mis à l'oeuvre pour tenter de faire disparaître des traces difficiles à supporter.
Le travail n'est pas simple : il ne suffit pas d'une tronçonneuse bien aiguisée. Le plus souvent, il faudra faire appel à des grimpeurs-élagueurs spécialisés, et donc faire face à des coûts fort élevés.
Des centaines de toitures
À bord de l'hélicoptère, on est aussi frappé par le nombre de toitures sinistrées, bâchées de vert, bleu, rouge. Elles sont visibles de très loin. Le chiffre de 85 millions d'euros totalisé en dégâts privés ne semble pas surfait.
À perte de vue, entre Achêne et Hamois, ce ne sont que toitures arrachées partiellement ou totalement. Suivant des couloirs, le plus souvent : avenue d'Huart, à Ciney, au centre d'Emptinne, dans le quartier de l'église à Hamois...
Des entreprises ont payé aussi un lourd tribut à la tempête. Au garage François, à Achêne, façades vitrées éventrées, toitures arrachées laissent apparaître un vrai désastre, semblable à un bombardement.
L'entreprise MDM à Mossée-Sovet, propriété d'une des deux victimes de la tornade, a aussi été fort sinistrée. Idem pour les Ets Ronveaux, à Ciney, le hall d'accueil de Ciney Expo et pas mal de fermes tant à Emptinne, Sovet, Achêne, Hamois, Ciney, Buresse ...
Ecoles, églises, centre culturels, marché couvert
Après le choc des premiers jours, on y voit plus clair dans la liste des dégâts qu'ont subi les édifices publics. Ils sont fort nombreux, ce qui augure d'un travail administratif très conséquent pour régler les questions d'assurance, rédiger les cahiers de charge, passer les marchés, solliciter des subsides, et adjuger les marchés de reconstruction.
De l'inventaire, outre le cas emblématique de la collégiale, on citera, pour Ciney, l'ancien marché couvert qui abrite la cafétéria, la salle polyvalente et le théâtre communal, l'atelier communal, le marché couvert, la piscine, l'école des Forges, l'école de Leignon, l'Institut St-Joseph où 47 arbres doivent être abattus.
On pointera encore l'école provinciale d'agriculture, l'athénée, la maison des jeunes, l'ancien cinéma Caméo, la buvette du club de football d'Achêne, celle de Ciney et les tribunes sans oublier la toiture de l'hôtel de ville.
À Hamois, l'Office communal de la Culture et du Tourisme a été atteint dans sa partie supérieure, une cheminée retombant à l'intérieur des locaux. Côté édifices religieux, on ne peut passer sous silence la Collégiale de Ciney qui à elle seule réclamera un peu moins de 10 millions d'euros en réparations, l'église de Hamois et lachapelle d'Hubinne.
Que fait la Région wallonne ?
L'émissaire de la Région wallonne, Éliane Tillieux n'avait pas dans ses bagages, vendredi, une réponse ferme aux demandes d'interventions
des communes touchées par la tornade. Elle a promis d'intervenir auprès du fédéral.
Rien d'autre pour l'heure, à moins que Rudy Demotte se réserve la primeur de venir annoncer lui-même des décisions. Le député wallon MR Willy Borsus se fait plus pressant. Il a interrogé le Ministre Président, Rudy Demotte, concernant les aides prévues par la Région wallonne. Dans sa réponse, le Ministre a précisé que la Région avait lancé un appel au Fédéral et a rappelé le mécanisme du Fonds des calamités.
Le député libéral s'est dit profondément insatisfait du manque de propositions concrètes formulées par le Gouvernement wallon. Il a confirmé que le caractère exceptionnel de ces intempéries n'était pas à mettre en doute et que le Gouvernement wallon avait un rôle à jouer dans la reconstruction des communes les plus touchées. Il est plus qu'urgent de mettre en place un groupe de travail, de mobiliser les forces et d'apporter des moyens à la fois humains et financiers, pour répondre rapidement aux problèmes rencontrés par les victimes de ces intempéries".
Par ailleurs, le chef de groupe MR au Parlement wallon a également adressé trois questions écrites aux ministres Lutgen, Antoine et Nollet, de manière à connaître les moyens mis à disposition pour remettre au plus vite en état les bâtiments classés, les infrastructures sportives, les écoles et infrastructures d'accueil. Il a également interrogé le Ministre des Pouvoirs locaux Paul Furlan, afin de savoir si des moyens humains et financiers vont être octroyés aux communes les plus touchées par les intempéries. Celles-ci doivent faire face à une charge croissante de travail et de dépenses (encombrants, aides aux particuliers, nettoyage, reconstruction..) qui pourrait s'étaler sur de longs mois. De son côté, l'échevin de Ciney, M. Barbeaux a souhaité bénéficier d'une aide comme celle que le ministre Furlan a adressée, à Soumagne, lors de l'explosion d'une maison, il y a quelques semaines.