Compression Multibande

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Compresseurs multibandes

De quoi s'agit-il? Comment les régler? Quelles différences?

1. Quelle différence par rapport à un compresseur “standard”


D'un point de vue du “processus de compression” il n'y a aucune différence entre un
compresseur multibandes et un compresseur standard. En fait on peut tout à fait visualiser un
compresseur multibandes comme une série de compresseurs standards en parallèle sur lesquels on a
placé au préalable des filtres passe bande de sorte que l'ensemble des bandes couvre l'ensemble du
spectre sonore. Selon le modèle on trouvera des compresseurs de 3 à 5 bandes.
Un exemple plus particulier est le dé-esseur. Selon le fabricant il s'agit soit d'un simple compresseur
avec un filtre sur le signal de détection (sidechain) afin d'accentuer les fréquences sifflantes (5 à 8
kHz en général) de telle sorte que le compresseur ne réagira qu'à ces fréquences, soit il s'agit d'un
compresseur à une bande. Cette bande se situe dans la plage des fréquences sifflantes de telle sorte
que seules ces fréquences soient traitées dynamiquement.
La différence entre les deux mécanismes est que dans le premier cas, l'entièreté du son est
compressée ou non, dans le deuxième, seules les fréquences sifflantes sont compressées. La
conséquence est une compression plus subtile et moins audible dans le deuxième cas. On entendra
beaucoup moins le pompage du compresseur vu que toutes les autres fréquences gardent leur
dynamique naturelle .

2. Quelles utilisations
Comme vu précédemment le compresseur multibandes peut être vu comme le cumul d'un
compresseur standard et d'un égaliseur. Son utilité se fera donc sentir quand on souhaite traiter le
spectre (fréquences) d'un son. Quelle différence avec l'égaliseur dirrez-vous. La différence est que
l'égaliseur traite un spectre sonore en permanence, le compresseur multibande ne touchera au
spectre sonore que quand le volume dépassera le seuil de compression dans une bande donnée.
Reprenons le cas simple du dé-esseur. Dans ce cas la plage de fréquences analysées est en général
comprise entre 5 et 8kHz. Ces fréquences correspondent à celles contenues dans les “s” et autres
sons sifflants. Si on compresse l'ensemble du son dès qu'il passe le seuil on risque d'entendre un
effet de pompage. Si on n'analyse que les fréquences sifflantes et qu'on ne compresse que celles-là
quand elles sont trop dominantes (qu'elles dépassent le seuil), on n'altère pas la qualité sonore
globale mais on réduit la gène causée par la présence en excès d'aigus.
Pour résumer je dirais que le comrpesseur multibandes trouve son utilité quand un compresseur
simple altère trop le son et qu'un égaliseur n'est pas à propos (car le timbre global du son est bien
réglé)
Le compresseur multibandes est un outil complexe qui permet réellement de modeler le
spectre d'un son. Aussi, il est souvent utilisé en mastering pour corriger la dynamique dans une
plage de fréquences donnée. Par exemple, si un titre contient trop de graves (kick, basse), on
pourrait simplement les diminuer à l'aide d'un égaliseur. Mais imaginons maintenant qu'arrive le
break et d'un coup le morceau manque de coffre, de rondeur car le kick et la basse ne jouent plus et

Brice Deloose © Belgian Producers 2010


mon égaliseur diminue encore le graves. Si au lieu de l'égaliseur on place un compresseur
multibandes et que l'on compresse les graves, quand le kick et la basse ne jouent plus, le son ne
dépasse plus le seuil dans cette bande, n'est donc plus compressé et va donc plus fort. Le break
initialement bien mixé reste parfaitement en place. On a juste corrigé un excès de graves dans les
parties fortes du morceau. (Notons qu'à l'inverse avec un expandeur multibandes on pourrait très
bien faire l'inverse et accentuer les graves dans la partie forte). Un autre cas encore assez courant est
celui de la snare qui, soit ne ressort pas assez dans le mix, soit est trop agressive après égalisation.
On ira donc compresser la plage de fréquences de la caisse claire de telle sorte que l'entièreté du
mix reste inchangée et qu'on ne compresse que très brièvement les fréquences de la caisse claire
quand celle-ci joue.

3. Comment régler le compresseur


Avant même de réfléchir à comment régler le compresseur il est important de savoir si on a
réellement besoin d'un traitement dynamique spécifique à une plage de fréquences. Souvent un
simple compresseur et/ou un égaliseur feront l'affaire.
Une fois le compresseur mis en insert dans la piste il faut commencer par régler correctement les
différentes bandes. Vu que celles-ci sont traitées séparément il est indispensable d'avoir fixé les
bandes sur le contenu musical du son. Par exemple typiquement pour du mastering on séparera la
partie “gave/infra”, de la partie “bas medium/rondeur”, de la partie “haut medium/voix/instruments”
et celle-ci de la partie “air/extrême aigu”.
D'un point de vue fréquenciel ceci se traduit en une bande de 20 à 150Hz, une de 150 à 500Hz, de
500Hz à 6kHz et de 6kHz à 20kHz (ce ne sont que des valeurs à titre indicatif dans le cas d'un
compresseur à 4 bandes).
Aussi la plupart des compresseurs multibandes disposent d'un bouton solo par bande et il est d'une
grande utilité. Mettre une bande en solo et écouter le son qui passe est une bonne méthode pour se
faire un avis si “globalement” on a choisi la bonne plage de féquences pour le son. L'idée est que
chaque bande ait son “caractère”, sa personnalité, une dynamique plus particulière. Très vite vous
saurez en écoutant une bande en solo si vous devez l'étendre ou la resserrer, s'il lui manque du grave
ou de l'aigu.
Une fois les bandes bien sélectionnées il suffit de régler le compresseur comme un compresseur
standard. Commencer avec une attaque et un release minimums, un ratio maximum et descendre le
treshold jusqu'à ce qu'on entende le compresseur entrer en fonction.
Toutefois il faut rester attentif à ne pas détruire la dynamique “naturelle” du son et d'en changer le
contenu spectral. Notez aussi que vous pouvez très bien laisser une ou plusieurs bandes de votre
compresseur en bypass! L'effet de pompage classique d'un compresseur est bien moins audible vue
que les bandes ne réagissent plus au même contenu audio, donc ne réagissent plus de la même
manière.
Cependant il faut rester vigilant car, bien que l'effet de pompage s'entende beaucoup moins avec un
compresseur multibandes, un autre effet assez étrange devient audible. En effet quand le “taux de
compression” (à considérer ici comme la quantité globale de compression, pas juste le ratio) d'une
bande diffère très fort de celui de la bande voisine à la fréquence de rupture on peut entendre des
artefacts étranges de compression. Un autre facteur important à garder à l'esprit est le fait que les
sons naturels (enregistrés) on souvent un spectre assez large ce qui fait que l'on va touours plus ou
moins dénaturer un son en lui appliquant une compression multibandes. De plus notre oreille ne
fonctionne pas aussi scientifiquement que les appareils que nous utilisons...
Prenons un exemple assez simple: un son de grosse caisse. Celui-ci contient principalement des

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graves mais aussi des aigus assez brefs (quelques milisecondes) qui constituent les transitoires
d'attaque du son. Ces aigus font partie du son, de son caractère, c'est eux aussi qui font que le kick
tranchera dans un mix, c'est là qu'on entend la frappe, la claque du kick. Si on applique une
compression multi sur le master avec une bande qui compresse assez fort les grave (imaginons qu'il
y en ait trop dans le mix, que le kick ressorte trop). Le kick ressortira toujours trop car on a diminué
kick et basses avec la bande grave du compresseur, mais l'aigu du kick ressort toujours dans le mix,
et la basse ne contient pas d'aigus, on à limite encore empiré les choses en contrastant d'avantage
l'impact du kick par rapport au reste du mix. Une solution serait alors de placer une toute petite
bande sur la plage de fréquences de l'attaque du kick... Ou de renvoyer la track pour qu'elle soit
remixée plus correctement.

4. Cas où le compresseur multibandes peut être utile


Cette liste est de loin non exhaustive et non limitative, il ne s'agit que de donner quelques
pistes.
– Voix (souvent si la voix oscille entre voix de tête et de poitrine, la dynamique et le
contenu spectral est souvent assez différent.)
– Groupe batterie
– Micros d'ambiance
– Sons percussifs (forte attaque et grande richesse spectrale qui a pour conséquence de
faire entendre fortement le pompage avec un compresseur classique)
– Mastering (quoique personellement je n'aime pas cette utilisation, je trouve qu'elle fait
perdre de la cohérence au morceau. Il à mon sens toujours mieux revoir le mix plutôt
que d'appliquer du multibandes. Rien de tel qu'un bon compresseur stéréo pour unifier le
tout)
– Radio (souvent suivis d'égaliseurs, les compresseurs multibandes en radio servent à
uniformiser le spectre sonore de l'émetteur, qu'on reconaisse une signature spectrale
propre à chaque radio)
– Live (souvent oubliée, et pourtant cette utilisation devrait être de plus en plus fréquente.
Ceci permet, comme en radio, d'uniformiser la couleur des tracks pendant un live. On
reconnaît « une signature spectrale » qui fait « votre son »)

J'aimerais terminer par quelques petites « règles »:


1) Tant qu'on peut se passer d'un compresseur multibandes, on le fait
2) Un bon compresseur multibandes est un compresseur qu'on n'entend pas!
3) Toujours comparer on/off, à volume équivalent
4) En général on aura des temps d'attaque et de release plus longs dans le grave que
dans l'aigu.

Brice Deloose © Belgian Producers 2010

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