Cours de Processus Entrepreneurial 2023

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COURS DE

Processus Entrepreneurial

ESC 2 et FORIC 2
1-Introduction Générale

2-Plan d’apprentissage du cours

3-Objectifs du cours

4-Méthode d’évaluation

5-Références bibliographiques

Dr CHUAIBOU MOUNMON et Dr TIMBA Gaëlle Tatiana

Chargés de cours

ESSEC-UD DE DOUALA

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 1
1-Introduction générale

Le processus entrepreneurial est un ensemble d’étapes et d’événements qui se


succèdent. Ces étapes s’enchainent successivement par l’idée ou la conception
de l’entreprise, l’événement qui déclenche les opérations, la mise en œuvre et
enfin la croissance. L’idée est la première phase de l’entrepreneuriat et la base
pour la naissance de toute entreprise.
L’implémentation de l’idée ou la création des nouvelles entreprises proprement
dites, est le fait des entrepreneurs, c’est-à-dire, de ceux qui mobilisent les
ressources, dans le but de créer, de développer et d’implanter des solutions
permettant de répondre aux besoins des individus. Au cours du processus
entrepreneurial, il faut cerner la différence et rendre perceptible les notions
concernant les entrepreneurs et les intrapreneurs :
Selon Louis Jacques Filion (1997, p. 14) : L’entrepreneur est une personne qui
crée une entreprise ou qui développe quelque chose de nouveau dans une
entreprise qu’il a acquise : nouveau produit, nouveau marché, nouvelle façon
de faire (Schumpeter parle d’entrepreneur innovateur).
Pour réussir, il importe que l’entrepreneur voit juste, vise juste et grandisse
progressivement avec son entreprise. Il a besoin d’apprendre bien des
éléments, car il exerce un métier complexe, à multiples facettes et en évolution
constante. C’est pour cette raison que l’entrepreneur devra faire des choix
quant au secteur d’affaires dans lequel il veut se lancer : industriel, commerce
de détail ou service. Une bonne expérience préalable du secteur est préférable.
Par contre, les intrapreneurs sont des développeurs d’entreprise : « Toute
personne a des occasions pour agir comme intrapreneur (Louis Jacques Filion,
1997). L’intrapreneur est un agent de changement. C’est quelqu’un qui agit de
façon entrepreneuriale dans une organisation qui ne lui appartient pas (Carrier,
1997). C’est un créatif qui conçoit et fait des choses nouvelles, qui apporte des

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 2
innovations à ce qu’il touche. C’est pourquoi, pour arriver à réaliser ce qu’il
veut faire, il doit s’assurer d’un bon système de relations qui sauront le soutenir.
L’intrapreneur prend des risques pour lesquels, la plupart du temps, il n’est pas
rémunéré. Par contre, c’est lui qui fait avancer les organisations. Il deviendra
dirigeant d’entreprise, leader social, politique, ou se lancera en affaires et
exercera à plein temps le métier d’entrepreneur. « Les intrapreneurs sont des
gens qui possèdent la fibre entrepreneuriale sans avoir envie de créer leur propre
entreprise. »
Les intrapreneurs ont, comme les entrepreneurs, un grand désir de se réaliser sans
avoir nécessairement envie de s’engager financièrement. Donc, contrairement aux
entrepreneurs, les intrapreneurs ne sont pas propriétaires des entreprises dans
lesquelles ils évoluent. A titre d’exemple, derrière chaque restaurateur qui
excelle, il y a toujours non pas des employés, mais plutôt des intrapreneurs.
Comme l’entrepreneuriat, l’intrapreneuriat se présente comme une façon
d’être et de faire applicable à pratiquement toutes les activités humaines.
L’intrapreneur est en fait une personne qui joue un rôle entrepreneurial dans
une organisation.
Si la démarche entrepreneuriale présente des caractéristiques universelles,
les risques dépendent en grande partie du type d’entreprise envisagé et du profil
entrepreneurial, et c’est la raison pour laquelle il est important d’analyser
sérieusement le profil de l’entrepreneur, pour réduire les risques qui pourraient
surgir en raison des points faibles et utiliser au mieux les atouts en fonction de
l’opportunité.
Pour qu’une idée se transforme en un projet bien réel, il faut vérifier qu’elle
soit en accord avec tous les moyens nécessaires à la mise en œuvre dudit projet,
il faut également bien étudier ses points forts et ses points faibles et faire en sorte
qu’une idée nouvelle corresponde à un véritable besoin de la cible.

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2-Plan d’apprentissage du cours

Chapitre 1 : Notion d’entrepreneur et vision entrepreneuriale


Section I : Définition et analyse des concepts
A-Le concept d’entrepreneur
B-Le concept d’entrepreneuriat
Section II : Typologie et caractéristiques de l’entrepreneur
A- Typologie des entrepreneurs et leurs principales caractéristiques
B- Les facteurs d’influence ou les antécédents de l’entrepreneur
Chapitre II : Motivation et enjeu de l’entrepreneuriat

Section I : Les fondements de la motivation et typologie des facteurs


A-Typologie et diversité des facteurs
B-Les facteurs environnementaux et motivations
Section II : L’enjeu de l’entreprenariat et l’esprit d’entreprise
A- L’esprit d’entreprise sur le plan collectif
B- L’esprit d’entreprise sur le plan individuel
C-L’enjeu de l’entrepreneuriat

Chapitre III : Recherche des idées et méthodologie

Section I : L’idée de création et la démarche critique


A-Les sources d’idée de création
B- Comment trouver une idée ?
C- La validation de l’idée : l’entrepreneur est-il prêt ?
Section II : Méthodologie de l’entrepreunariat

A- L’entreprenariat et le processus de destruction créatrice

B- L’entrepreneuriat et les phases de création


C- L’entrepreneuriat et la cohérence homme-projet

Chapitre IV : Recherche de financement, statut juridique et business plan

Section I : Les règles de financement

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 4
A- Les fonds propres

B-Le financement par l’endettement

C- Le financement au Cameroun
Section II : Quel statut juridique pour l’entreprise ?
A-L’explication du choix de l’entreprise
B-Les critères de choix d’une structure
C- Les choix tactiques du statut
Section III : Elaboration du business plan (plan d’affaires)
A- Les objectifs et principes du BP
B- Le contenu du plan d’affaires

3-Objectifs du cours

Les objectifs se situent dans le cadre professionnel de l’apprenant et dans


le cadre global :
-permettre aux apprenants de se familiariser à l’environnement du projet et de
s’organiser en conséquence ;
-Connaître les principaux outils, principales méthodes et techniques de conduite
d’un projet.
-sensibiliser l’étudiant quant à l’opportunité d’une approche entrepreneuriale
comme alternative amplifiant son employabilité par un travail indépendant.

Objectifs spécifiques :
A la fin de ce cours, l’étudiant sera capable de :
-Cerner les différentes approches conceptuelles de l’entrepreneuriat
-Évaluer ses propres capacités entrepreneuriales et de les comparer au profil
de l’entrepreneur performant
-Apprécier l’importance de l’innovation dans le processus entrepreneurial
-Elaborer un business plan

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-Rechercher le financement et choisir la forme juridique de l’entreprise en
création
4-Méthode d’évaluation

Deux parties constituent le socle de l’évaluation, notamment les connaissances


générales et les connaissances spécifiques

S’agissant des connaissances générales, les questions de cours et d’analyse des


concepts constituent l’évaluation, portant sur 80% du programme

Quant aux connaissances spécifiques, l’évaluation porte sur : l’étude des cas, le
texte à propos de l’entreprise suivi du travail à faire et les exercices

5-Références bibliographiques

1-Alain Henriet, Chantal sauviat, Michels Scaramuzza, Organiser et développer


l’entreprise, Géode, Fourcher, 2003, 213 pages.
2-BASSE, O. (2006), Le manager entrepreneur, Pearson Education, Paris
3-BOUCHARD, V (2009). Intrapreneuriat, innovation et croissance :
entreprendre dans l’entreprise, Dunod, Paris.
4-FAYOLLE, A. (2005), Introduction à l’entrepreneuriat, Dunod, Paris
5-FAYOLLE, A. (2004), Entrepreneuriat, apprendre à entreprendre, Dunod, Paris
6-HERNANDEZ, E.M. (2001), L’entrepreneuriat : approche théorique,
l’harmattan
7-JANSEN, F. (2009), Entreprendre : manuel d’introduction à l’entrepreneuriat,
de Boeck
8-SION, M. (2007), Réussir son business plan : méthodes, outils et astuces,
Dunod, Paris

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 6
Chapitre 1 : Notion d’entrepreneur et vision entrepreneuriale

Il s’agit dans ce chapitre de comprendre l’historique de la place et du rôle


de l’entrepreneur. Et cela ne peut être possible qu’à travers la définition claire de
l’entreprise. D’après François Perroux, 1948, « l’entreprise est l’institution
cardinale du capitalisme ». C’est un lieu où se crée la richesse, se développent les
savoirs et/ou s’exerce le pouvoir. Placé à la tête d’une entreprise qu’il a créée,
l’entrepreneur est depuis la révolution industrielle au cœur des mécanismes
économiques ; son rôle a profondément évolué depuis le XIXè.

Section I : Définition et analyse des concepts


A-Le concept d’entrepreneur
Le concept d’entrepreneur apparait plus distinctement quand on s’intéresse
sous l’angle de l’activité de management de l’individu. La création d’entreprise a
été particulièrement explorée sous un angle psychologique et sociologique.
La plupart des définitions de l’entrepreneur s’accorde sur le fait qu’il s’agit
d’un type de comportement englobant :
-une prise d’initiative,
-l’organisation et la réorganisation des mécanismes économiques et sociaux
dans le but d’exploiter les ressources et des situations,
-l’acceptation du risque ou de l’échec
Pour l’économiste, l’entrepreneur est celui qui combine des ressources de main
d’œuvre, la matière première ou autres actifs pour accroitre la valeur de son affaire
ou encore celui qui introduit des changements, des innovations et un ordre
nouveau pour le développement de l’activité.
Pour le psychologue, une telle personne est d’habitude animée par certaines
forces : le besoin d’obtenir ou d’accomplir quelque chose, le besoin
d’expérimenter, de se réaliser ou même de se soustraire à l’autorité d’autrui. Le
même individu apparaitra aux yeux d’un théoricien du capitalisme comme celui

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 7
qui crée de la richesse et en fait profiter à autrui. C’est celui qui découvre les
meilleures façons d’utiliser les ressources, qui réduit le gaspillage et qui crée les
emplois que d’autres sont heureux d’occuper.
B-Le concept d’entrepreneuriat
L’entreprenariat ou vision entrepreneuriale peut ainsi se définir comme un
processus dynamique qui consiste à créer la richesse supplémentaire. La richesse
est ainsi créée par les individus qui assument les risques principaux en termes de
capitaux, de temps et d’implication professionnelle afin de donner de la valeur à
un bien ou à un service. L'acte productif peut ou non être nouveau ou exclusif
mais la valeur doit y être en partie instaurée par l’entrepreneur dans la mesure où
il rassemble et alloue des compétences et des ressources nécessaires.
On peut constater que toutes les définitions précédentes font appel à des
notions similaires : nouveauté, organisation, création, richesse et prise de risque.
Mais elles sont cependant toutes restrictives, car on trouve l’entrepreneur dans
tous les métiers.
Pour couvrir tous les types de comportement d’entrepreneur, on peut
proposer la définition suivante de l’entreprenance :
L’entreprenance est donc le processus qui consiste à créer quelque chose de
différent et possédant une valeur en lui consacrant le temps et le travail nécessaire
en assumant le risque financier, sociologique et psychologique correspondant et à
en recevoir les fruits sous forme de satisfaction personnelle et pécuniaire.
Pour celui qui lance effectivement sa propre entreprise, l’expérience est
porteuse d’enthousiasme, de frustration, d’anxiété et de dur labeur. Mais pourquoi
prend-t- on une décision aussi lourde de conséquence ? Cette question pose un
problème de motivation de la création.

Section II : Caractéristiques personnelles de l’entrepreneur


La grande aventure de la création d’entreprise commence d’abord par
l’idée, ensuite l’enthousiasme. Il s’agit là d’un bon départ pour entreprendre.

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Mais quel est l’objectif recherché ? Si vous n’avez pas répondu « gagner
de l’argent » à cette question, il est inutile de s’engager et d’aller plus loin, car
aucune entreprise n’est viable si elle ne fait pas de bénéfices.
En tout état de cause, Il est impératif d’accepter pleinement cet objectif qui
est celui de toute entreprise soumise aux lois du marché. Si ce n’est pas votre
dessein (plan), créez une association pour réaliser vos activités dans un cadre non
lucratif et non concurrentiel, car vous ne feriez pas un bon entrepreneur. Par contre
si vous acceptez cet objectif, il ne vous reste plus qu’à vous donner les moyens de
le réaliser.

A- Typologie des entrepreneurs et leurs principales caractéristiques


En prenant comme critère le niveau d’instruction ou la formation
systématique aux affaires, on peut distinguer quatre types d’entrepreneur au
Cameroun :
-Les entrepreneurs selve made man ;
-Les entrepreneurs anciens fonctionnaires reconvertis dans les affaires ;
-Les entrepreneurs anciens employés du secteur privé on parapublic ;
-Les entrepreneurs de la nouvelle vague.
1- Les selve made man
Parmi cette catégorie, on rencontre souvent les Camerounais qui dès les
premières années d’indépendance et parfois même avant, se sont lancés dans
diverses activités import-export ou gèrent des exploitations agricoles. Ils y ont
accumulé des capitaux que certains réinvestissent dans des secteurs plus modernes
tels que l’hôtellerie, les supermarchés…cette classe semble être la plus dynamique
si non la plus puissante financièrement.

2-Fonctionnaires reconvertis
A ce niveau, on retrouve des hauts fonctionnaires mais aussi des hommes
politiques qui se sont reconvertis dans les affaires. Généralement, ils ont bénéficié

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 9
de leur niveau d’instruction élevé ou de leur position privilégiée pour être à la
prise des décisions avec des courants d’idée notamment en matière scientifique et
technique. Ils se trouvent généralement dans le transport, l’hôtellerie, l’industrie,
l’import (ISI).

3-Les promoteurs
Ce type comprend une vague de camerounais qui dans un premier temps,
ont travaillé dans le secteur privé ou parapublic pendant une durée relativement
courte et ont donc décidé de s’installer à leur propre compte. Sans négliger la
dynamique qui leur est reconnue, les hommes d’affaires de ce troisième type ont
surtout l’avantage d’être techniquement et professionnellement nantis.
Cependant, ils manquent parfois d’expérience sur le créneau choisi et ne
bénéficient pas généralement des relations dans l’administration ou le secteur
privé.

4-La nouvelle vague


La quatrième vague est constituée essentiellement des diplômés de
l’enseignement supérieur qui s’investissent dans la TPE/EURL, faute de gros
moyens de financement. Ce sont des intellectuels de grandes écoles de formation
et des universités qui n’ont pas encore eu la possibilité de travailler pour
accumuler le capital nécessaire à leur installation.

B- Les facteurs d’influence ou les antécédents d’entrepreneur


Plusieurs facteurs influencent la vie de l’entrepreneur dont les plus significatifs
sont :
1-L’environnement familial de l’enfance
Les aspects spécifiquement étudiés dans l’environnement familial de
l’entrepreneur portent sur son rang de naissance, la profession et le statut social
de son père et de sa mère et ses relations avec ses parents.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 10
Un aîné ou enfant unique est supposé être entouré d’une attention
particulière et acquiert ainsi plus de confiance en lui. On a pu trouver par exemple
que 50% d’un échantillon américain de 408 femmes entrepreneures étaient des
aînés dans leur famille. Cependant, dans beaucoup d’autres études, aucun effet
d’aînesse n’a été sensible, il faudra approfondir la recherche sur le syndrome de
l’ainé pour déterminer s’il joue effectivement un rôle
Quant à la profession des parents des entrepreneurs, il apparait clairement
que les entrepreneurs tendent à avoir pour père un travailleur indépendant ou un
entrepreneur. Le fait d’avoir pour père un travailleur indépendant marque
fortement l’entrepreneur. On s’habitue dès le plus jeune âge à la nature
indépendante et la souplesse d’un statut dont le père incarne l’aisance. Très
souvent ce sentiment d’indépendance est encore renforcé par la présence d’une
mère indépendante (entreprenante).
Les parents et les relations entretenues avec eux sont l’aspect
environnemental et familial de l’enfance qui contribue le plus à instaurer
l’impression du caractère désirable de l’activité de l’entreprenance. Les parents
jouant dont ainsi un rôle de soutien et favorisant l’indépendance,
l’épanouissement et la responsabilité. Cette relation parentale de soutien parait
plus importante pour les femmes entrepreneures.

2- L’éducation
L’éducation joue un rôle important dans l’éveil de l’entrepreneur. Le niveau
de formation acquis n’est pas seul en cause. L’importance de l’éducation tient à
ce qu’elle permet à l’entrepreneur tout au long de sa vie de faire face aux
problèmes et de palier ses propres insuffisances. Néanmoins, l’éducation assure
de bonnes bases lorsqu’elle a un lien avec le type d’activité exercée.
D’une manière générale, des entrepreneurs font état d’une insuffisance de
formation dans le domaine de la finance, du planning stratégique, du marketing et
du management car créer une entreprise n’est pas suffisant, il faut la gérer.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 11
L’aptitude à s’entendre avec d’autres personnes et à communiquer clairement par
écrit ou oralement est importante dans toute activité de création ou
d’entreprenance. L’éducation et l’instruction restent donc encore importantes.

3- Les valeurs personnelles


Beaucoup d’études donnent à croire que les valeurs personnelles morales
sont importantes pour les entrepreneurs. Les échelles de valeur personnelle
relative au leadership à l’entraide, à la créativité, à la générosité, au conformisme,
à l’agression ou à la débrouillardise sont des traits caractéristiques des
entrepreneurs et des individus qui réussissent. On constate aussi que la nature de
l’entreprise, l’opportunisme, l’intuition et l’individualisme de l’entrepreneur,
l’éloignent sensiblement de l’organisation de type administratif et du caractère
planifié. Autrement dit l’entrepreneur est un personnage imprévisible.

4- L’âge de l’entrepreneur
La relation entre l’âge et la carrière d’entrepreneur a fait l’objet de plusieurs
recherches. En termes d’âge, une carrière d’entrepreneur commence dans la
plupart des cas entre 22 et 40 ans étant donné que l’expérience de l’entrepreneur
est l’un des facteurs le plus prédictif de la réussite particulièrement dans
l’entreprise nouvelle et l’expérience professionnelle, relevant du même domaine
d’activité, il est difficile de commencer plutôt. En effet, il faut à l’entrepreneur de
l’expérience, une assise financière et beaucoup d’énergie pour lancer et gérer avec
succès une entreprise nouvelle. C’est pour cela qu’on pense qu’on ne peut pas
entreprendre avec succès avant 22 ans.
Au terme de cette analyse, il ressort que l’entrepreneur est défini par la diversité
des caractéristiques. Certaines sont fondamentales dans la mise en œuvre d’un
projet.

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Cas pratique 1 :
La grande aventure de la création d’entreprise commence d’abord par
l’idée, ensuite l’enthousiasme. Il s’agit là d’un bon départ pour entreprendre. Mais
quel est l’objectif recherché ? Si vous n’avez pas répondu « gagner de l’argent »
à cette question, il est inutile de s’engager et d’aller plus loin, car aucune
entreprise n’est viable si elle ne fait pas de bénéfices.
En tout état de cause, Il est impératif d’accepter pleinement cet objectif qui
est celui de toute entreprise soumise aux lois du marché. Si ce n’est pas votre
dessein (plan), créez une association pour réaliser vos activités dans un cadre non
lucratif et non concurrentiel, car vous ne feriez pas un bon entrepreneur. Par contre
si vous acceptez cet objectif, il ne vous reste plus qu’à vous donner les moyens de
le réaliser.
Texte tiré du cours
Travail à faire
1-quelles sont les formalités administratives camerounaises nécessaires à la
création d’entreprise ?

2-Quels sont les objectifs de la création d’entreprise


3-Donnez le rôle de l’entrepreneur :
a-Du point de vue de l’économiste
b-Du point de vue du Psychologue

Cas pratique 2 : Définitions des expressions


Entrepreneuriat-Essaimage- entreprise-entrepreneur-Maître d’ouvrage-
Management de Projet, maître d’œuvre, cycle de projet, projet, Management par
projet, savoir-faire, contrat de franchise, business plan, environnement de
l’entreprise, partie prenante, Brainstorming

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 13
Cas pratique 3 : Récapitulatif des caractéristiques entrepreneuriales
-Désir d’accomplissement-Recherche du pouvoir-L’autonomie-La confiance en
soi-Haut niveau d’énergie et de dynamisme-Persévérance malgré les obstacles-
Tolérance au stress-Capable de faire face à la concurrence-Personne orientée vers
l’action-Innovateur-Capacité de concevoir des projets, de conceptualiser et de se
projeter dans l’avenir

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 14
Chapitre II : Motivation et enjeu de l’entrepreneuriat

Qu’est-ce qui pousse un entrepreneur à prendre des risques et à lancer une


activité nouvelle ? A vouloir faire carrière dans l’entrepreneuriat en dépit des
terribles aléas de la réussite ?
Beaucoup de gens éprouvent une telle envie mais, peu décident de passer à
l’acte. Ceux qui se sentent à l’aise et en sécurité dans leur situation
professionnelle, qui ont une famille à nourrir, qui tiennent à préserver leur qualité
de vie et leur temps de loisir, refusent souvent de prendre le risque inhérent à
l’aventure solitaire de la création des entreprises.

Section I : Les fondements de la motivation et typologie des facteurs


Devenir entrepreneur c’est prendre en main son destin et se lancer dans une
aventure qui a toutes les chances de ne pas se dérouler comme on l’avait prévu.
Le parcours entrepreneurial est un parcours d’obstacles dont chaque étape vous
amènera à développer de nouvelles compétences
A-Typologie et diversité des facteurs d’entrepreneuriat
L’aventure de la création d’entreprise répond sans doute à des motivations
très variées. Les plus fréquemment citées sont :
-le besoin d’indépendance,
-le refus de travailler pour quelqu’un d’autre,
-le désir d’être son propre patron.
Voilà ce qui pousse l’entrepreneur à assumer tous les risques sociaux,
physiologiques, financiers et à fournir d’énormes quantités de travail pour créer
et développer une entreprise prospère.
Pour les autres catégories d’entrepreneurs, c’est-à-dire les hommes de seconde
génération de création, c’est l’argent ;
Pour les femmes ce sont dans l’ordre :
-la satisfaction dans le travail,
-l’épanouissement personnel,
Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 15
-les circonstances et l’argent.
D’une manière plus restrictive, trois types de motivation caractérisent
l’entrepreneur camerounais :
-Un désir d’autonomie prédominant chez ceux qui ont expérimenté un haut degré
de subordination dans leur milieu familial ou professionnel ;
-Un désir de réalisation personnelle ou individuelle prédominant chez ceux qui
ont souffert au cours de leur début professionnel, des obstacles à leur créativité et
un libre développement de leurs idées ;
-Un désir de statut et de pouvoir prédominant chez ceux dont les aspirations
sociales et professionnelles ont été contrariées dès leur début professionnel et dont
les espoirs de promotion ont été déçus.
B-Les facteurs environnementaux et motivations
Si l’entrepreneuriat peut être parfois un parcours semé d'embûches de
natures financières, administratives, marketing… Une bonne préparation et une
vision claire du chemin à effectuer pour atteindre votre objectif améliorent vos
chances de succès.
Il s’agit de l’environnement autour de l’entreprise. La maîtrise, la
connaissance des causes de défaillances est également une source de motivation
de la création d’entreprise. Ces facteurs peuvent permettre d’éviter les erreurs
fréquemment commises et de mettre en évidence les possibilités de succès.

1-La maîtrise des risques et motivation


En l’absence de statistiques, on extrapolera ici les chiffres des pays
occidentaux pour voir l’ampleur du phénomène, sachant que l’environnement des
affaires en Afrique est plutôt difficile à gérer.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 16
Nombre d’années Taux de pérennité Proportion de
mortalité

Année 1 83% 1/6 17%

Année 2 72% 1/4 25%

Année 3 65% 1/3 33%

Année 4 57% 2/5 40%

Cas pratique 4 : Commentez ce tableau à partir des données

2-La connaissance des principales défaillances et motivations


Il est important de maîtriser les principales défaillances pour s’assurer de la
poursuite de l’aventure. Le tableau ci-après renseigne le créateur sur les
problèmes, leurs causes et leur influence sur la vie de l’entreprise.

Problèmes Causes Pourcentage

-Marché mal ciblé

-Clientèle potentiel surévaluée

Commerciaux -Délais de décision des clients sous-évalués 75%

-Gamme de produits insuffisance

-Politique de communication

-Sous-évaluation des besoins financiers

-Plan d’investissement mal échelonné dans


le temps

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-Sous-estimation du coût de revient

Financiers -Sous-évaluation des délais de paiement des 40%


clients

-Mauvaise conception du produit

-Absence d’évolution technique du produit


ou de la prestation
30%
-Compétence technique non mise à jour
Techniques
-Erreur dans le choix des matériels

-Mésentente entre les associés

Relationnels -Problèmes familiaux 15%

-Malhonnêteté d’un partenaire

Cas pratique 5 : Commentez ce tableau à partir des données

3-Les facteurs de succès et motivations


Les principaux facteurs clés de succès d’un projet de création d’entreprise (cités
par les spécialistes, évalués par les banquiers et évoqués au chapitre I)
sont sources de motivation :
-Le professionnalisme de l’entrepreneur-La solidité de sa personnalité,
-Une compétence de gestion suffisante,
-Des prévisions de chiffre d’affaires réalistes et les moyens pour les réaliser
-Des investissements en matériel et personnel raisonnables et flexibles,
n’imposant pas des charges fixes trop importantes pour atteindre le seuil de
rentabilité,
-Un plan de financement équilibré, avec des fonds propres suffisants.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 18
Il est à noter que la moitié de ces facteurs concerne l’entrepreneur (l’homme) et
l’autre moitié l’entreprise (le projet).
Section II : L’enjeu de l’entreprenariat et l’esprit d’entreprise
Le concept d’esprit d’entreprise auquel il est souvent fait allusion dans
l’analyse du processus d’entrepreneuriat nécessite pour sa définition, d’évoquer
différents facteurs pouvant se trouver à son origine.
A-Caractéristiques de l’esprit d’entreprise
-Sur le plan collectif, ces facteurs sont :
La culture et l’éthique au sein d’une société, l’existence d’un système de valeur
liée à l’initiative, à l’individualisme à la volonté de se dépasser et d’accumuler.
- Sur le plan individuel, ces facteurs sont :
-La volonté de se distinguer, d’être original donc d’innover tout en ayant la
capacité de mettre en œuvre ses idées originales.
-La nécessité dans le sens que les conditions du marché peuvent devenir des
stimulants à l’esprit d’entreprise. Ainsi, lorsque le marché s’ouvre et que la
concurrence se renforce, la nécessaire recherche de compétitivité devient une
aiguillon. De même, lorsque les conditions naturelles climatiques ou
démographiques l’exigent, les individus doivent rechercher des voies nouvelles
pour produire.
-Le cadre institutionnel lui-même a un rôle à jouer dans l’émergence de l’esprit
de l’entreprise non pas, tant en les stimulants directement par les avantages
quelconques mais en procurant un cadre favorable qui ne soit pas
administrativement et fiscalement trop contraignant, mais un cadre équitable pour
les intervenants, favorisant la confiance mutuelle plutôt que la méfiance entre
l’administration et l’entreprise.
Avoir l’esprit d’entreprise, c’est générer des innovations et avoir la volonté
de les voir c’est-à-dire combiner deux qualités à savoir : la capacité innovatrice et
la capacité à bien organiser et à gérer l’existant.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 19
Cas pratique 6 : Dans le contexte du chapitre précédent, peut-on apprendre
l’esprit d’entreprise ?
Sans doute non, mais le révéler et le renforcer là où, il existe déjà. La
manifestation tangible de l’esprit d’entreprise est le projet d’entreprise. Il ne suffit
pas d’entendre un projet pour témoigner un esprit, encore faut – il en assurer la
continuité. Pour ce faire, il faut disposer d’outils de gestion en harmonie avec les
réalités culturelles dans lesquelles ils vont être utilisés.
Dans une enquête auprès de 200 chefs d’entreprise américains, il leur a été
demande de tirer quelques leçons de leurs expériences. Voici celles qui ont été
mentionnées le plus fréquemment :
-Assurez - vous de choisir un domaine qui vous plait réellement, c’est à vous
de choisir si vous voulez vous enrichir ou si vous voulez gagner de quoi vivre.
-Ne tenez pas compte de toute la statistique déprimante qui indique que 80%
des entreprises souffrent lors de leurs cinq premières années’’.
-Ne soyez pas trop prudent en lançant une affaire, on ne vous condamnera pas
à la mort si vous faites faillite.
-Définissez clairement vos objectifs à atteindre et renvoyez-les
périodiquement.
-Ne bâtissez pas une nouvelle entreprise sur un seul client. Si vous devez
compter sur un groupe de client cible, ayez en plus grand nombre possible. Une
affaire doit être capable de survivre à la perte de son meilleur client.
-Si vous êtes mariés, assurez – vous que votre conjoint comprend ce que vous
voulez faire y compris les risques que vous prenez.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 20
B-L’enjeu de l’entrepreneuriat
L’entrepreneuriat a un double enjeu : enjeu économique et enjeu social. Le
schéma ci-après la synthèse de ces enjeux :

Economique Social

-Création de la richesse nationale -L’emploi surtout les jeunes du fait de

-Les PME : chainon manquant du la rareté du travail salarié

tissu économique en Afrique -Réduction de la pauvreté

-Rendre une économie compétitive -Amélioration du niveau de vie

La plupart des pays africains axent aujourd’hui leur développement sur le secteur
privé, ce qui suppose une classe d’entrepreneurs plus forte.
Encore faut-il expliquer à temps aux millions d’élèves africains que, le
monde a changé. Qu’il leur faudra mettre à contribution leur énergie pour
entreprendre, et créer eux-mêmes leur futur travail. Que le temps du management
impersonnel cède la place à l’auto-management, au micro-management.

Cas pratique 7 : Les modalités de l’entrepreneuriat


Outre la création pure et simple d’une entreprise, il y a en réalité plusieurs façons
d’entreprendre :
-Par la réactivation d’une entreprise (par exemple une entreprise familiale) ;
-Par l’essaimage ;
-Par la reprise (au sens de rachat) d’une entreprise existante : Cette modalité
devrait se développer en Afrique avec l’arrivée à la retraite d’une génération
d’entrepreneurs, dont la succession n’est pas toujours assurée dans la famille.
- Par la création d’une entreprise en contrat de franchise (Opération par laquelle
le propriétaire d’une marque ou d’un savoir-faire met ceux-ci à la disposition d’un

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 21
tiers (le franchisé) avec une assistance en contrepartie d’une redevance annuelle
calculé sur la base du chiffre d’affaires réalisé).
Dans ces différents cas de figure, les caractéristiques du projet et les
implications pour l’entrepreneur sont assez différentes. A titre d’illustration, le
tableau suivant présente une comparaison de la création et de la reprise
d’entreprise.
POINT DE VUE DE ENTREPRISE REPRISE
L’ENTREPRENEUR
CREEE D’ENTREPRISE
Coût
Difficulté D’organisation
Exigence
Savoir-faire
Emplacement
Produit ou service
Approvisionnement
Concurrence
Clientèle
Promotion
Liberté d’action
Financement
Risques

Travail à faire :

1-Définir toutes les expressions soulignées en italique et compléter le tableau ;


2-quelles sont les formalités administratives camerounaises nécessaires à la
création d’entreprise ?
3-Donner la différence entre un projet « hard » et un projet « soft » ;

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 22
Cas pratique 8 : Montage, gestion des projets et création d’entreprise

M. Chuaibou, camerounais vivant en Ukraine et nouvellement arrivé au


Cameroun, souhaite créer une boulangerie dans la zone de Bonabéri. M. Chuaibou
a entendu parler de votre université et du cours de processus entrepreneurial. Il
vous vous sollicite afin de l’accompagner dans la mise en œuvre de son idée.

Travail à faire :

1-Quel sera votre premier acte et quel sera son contenu ?

2-De manière concrète, dites comment vous allez mener à bien ce projet jusqu’à
sa réalisation.

3-Après avoir identifié les risques liés à ce projet, classez-les selon la matrice
étudiée en cours ou bien déterminez le pourcentage de chaque risque.

4-Quelles réponses concrètes donnerez à ce risque ?

5-Votre projet nécessite le financement d’une banque, comment allez-vous y


prendre ?

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 23
Chapitre III : Recherche des idées et méthodologie
Aucune idée ne peut être considérée de prime à bord comme supérieure par
rapport à une autre dans le domaine de la création d’entreprise. On peut créer une
entreprise à partir d’une application nouvelle ; cela consiste à utiliser une
technique, un savoir-faire, un produit connu en le transposant dans une autre
activité, dans un nouveau conteste ou sur un marché différent.

Section I : L’idée de création et la démarche critique


La création d’entreprise est une opération risquée ; c’est pour cette raison que
celui qui veut entreprendre doit sérieusement considérer certains éléments
fondamentaux avant de s’engager vers la grande aventure de la création
d’entreprise. Des centaines d’entreprise se créent chaque jour, malgré la crise,
l’inflation et la morosité de l’économie à l’occasion de nombreuses opportunités.

A-Les sources d’idée de création


Quatre sources peuvent être considérées dans une certaine mesure, comme les
différents points de départ pour entreprendre ; l’on peut créer :
-A partir d’une activité connue : on parle de création dans son propre métier
On peut simplement dire qu’en matière de création d’entreprise, le
professionnalisme du créateur est naturellement un facteur de réussite. Ceux qui
créent dans un métier qu’ils connaissent bien ont généralement plus de chances
de réussir que ceux qui se risquent dans l’inconnu.
-A partir de nouvelles idées et de nouvelles tendances : On peut acheter un
brevet ou négocier une licence d’exploitation d’un brevet ou d’une marque.
-A partir d’une opportunité pure : c’est-à-dire en appliquant des technologies
connues à de nouvelles activités : l’utilisation de techniques modernes de
production pour activités actuellement artisanales, de regroupement de plusieurs
services proposés séparément, un nouveau mode de distribution d’un produit…

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 24
- A partir d’une innovation pure issue de la recherche scientifique. Les
difficultés sont de mettre au point le produit, de la production en laboratoire à la
production en atelier et la réaction positive du marché à cette innovation.
De même et dans une certaine simplification, un projet entrepreneurial peut
être mis en place en empruntant les quatre voies suivantes :
-La commercialisation d’un produit ou service existant déjà sur le marché.
-La mise en place d’un nouveau produit ou d’un nouveau service.
-L’acquisition d’une franchise.
-La reprise d’une entreprise.
Le tableau ci-après expose les avantages et les inconvénients de chaque option :

La démarche entrepreneuriale répond à une envie, voire un besoin de


créer. La création d’entreprise commence par la volonté pour un ou plusieurs
fondateurs de construire une société commerciale. Nous avons tous nos raisons
de vouloir créer notre entreprise, elles sont toutes aussi louables les unes que les
autres.
B- Comment trouver une idée ?
Pour rechercher et trouver une idée, il faut avoir l’esprit critique, curieux,
ouvert, qualité qui poussent observer et à s’informer. Une idée de création
entreprise peut naître d’une conversation, d’une rencontre ou d’un voyage.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 25
Le schéma ci-après montre les sources de provenance de l’idée :

L’idée surgit de
l’observation

De la vie Du milieu de De la vie


économique
Travail Quotidienne

Généralement la recherche de l’idée d’un produit ou d’un service servant à la


création d’une entreprise, peut se faire dans trois directions : la vie quotidienne,
la vie économique ou la vie professionnelle.
–La vie quotidienne : en observant son quotidien, on peut facilement trouver
l’idée du projet qu’on veut mettre en place. Ainsi, on peut identifier certains
besoins pouvant être satisfaits par la mise en place de produits ou services non
commercialisés, ou copier une idée réussie et qui a été réalisée par un ami, un
voisin ou un parent.
–La vie économique : la consultation des revues et magazines nationales et
internationales peut constituer une source d’idées pour des opportunités
nouvelles. Ainsi des idées pouvant être transposées d’un pays à un autre, en l’état
ou adaptées, en fonction du contexte de ce pays.
–La vie professionnelle : présente la troisième source possible d’identification
des idées entrepreneuriales puisque l’observation de son milieu professionnel peut
permettre de découvrir des produits ou services complémentaires à ceux
commercialisés par son patron.

C- La validation de l’idée : l’entrepreneur est-il prêt ?


Il s’agit de s’interroger sur le degré de réalisme de(s) idée(s) générées. Une
façon de le faire consiste, tout d’abord, à préciser l’idée. Il s’agit de répondre aux
questions suivantes :

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 26
– Quels services ou produits produire et commercialiser ?
– Pour quels profils de clients ?
– Pour desservir quels besoins ?
– Quels « plus » vous apporterez par rapport à vos clients ?
Après la recherche et la confirmation de l’idée de création d’entreprise, on peut
s’interroger sur la qualité et l’attitude de l’entrepreneur. Notamment :

1-Les compétences
Elles portent sur les aptitudes de l’entrepreneur ; en effet le talent managérial peut
être mesuré à travers trois indicateurs, trois types d’aptitudes que doit posséder le
petit entrepreneur pour gérer efficacement son entreprise :
-les aptitudes entrepreneuriales sont celles associées aux facteurs rares à la base
de la décision entrepreneuriale ; ce sont les preneurs de risques, les tacticiens, les
négociateurs, et qui sont susceptibles de se lancer dans des activités incertaines ;
-les aptitudes administratives sont d’ordre instrumental. Elles sont apprises dans
les programmes de formation en gestion d’entreprises. C’est le cas de la capacité
de lire et de compter qui, à son tour, pourrait permettre de savoir tenir une
comptabilité et calculer le coût de revient du produit ou du service rendu ;
-les aptitudes managériales sont des compétences découlant des deux premières.
Il s’agit de la capacité d’analyse des situations au sein de l’organisation et de la
prise de choix qui s’impose.
A la question de savoir si le métier l’entrepreneur s’apprend, la réponse est
oui, en grande partie : par la formation à la gestion (aptitudes administratives), et
au management (aptitudes managériales).

2-Les réseaux d’accompagnement (relations-conseils)


Insérer son entreprise dans le tissu économique implique de créer des relations
commerciales, des partenariats.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 27
Le recours au conseil augmente très fortement les chances de succès. Il faut
savoir s’entourer, ne pas rester isolé.
La consultation de structures d’appui aux entreprises (publiques, agences
internationales), de spécialistes (expert comptables, juristes…), l’adhésion à des
clubs d’entrepreneurs, sont toujours bénéfiques.
A ces capitaux « immatériels », il faut ajouter la nécessité d’un capital
financier. Cette classification est assez proche des réalités de beaucoup de pays
africains. Elle a de plus, un caractère historique, en décrivant schématiquement
les générations d’entrepreneurs africains, du commerçant traditionnel au
gestionnaire d’aujourd’hui, en passant par le fonctionnaire, parfois
plus « affairiste » qu’entrepreneur.

3-La personnalité
Dans ce paragraphe, on classe les aptitudes purement entrepreneuriales :
esprit d’initiative, sens des responsabilités, capacité d’adaptation, motivation,
endurance…
Texte à lire :
La passion, facteur de réussite : signe caractéristique de la personnalité
On dit généralement que pour créer une entreprise, il faut du courage et le goût du
risque. Je préfère pour ma part insister sur la passion.
Enfin, il me semble » que la passion va de pair avec l’existence d’opiniâtreté,
(l’obstination), voire l’acharnement et l’entêtement. En revanche, la passion
s’accommode mal de l’éparpillement et de la dispersion. C’est vrai que la
multitude de chantiers existants et potentiels est telle en Afrique qu’elle peut
donner à chacun l’impression de disposer de multitudes opportunités. La tentation
est alors forte pour les hommes de talent de papillonner ou de contenter de lancer
toutes sortes de « projets », alors qu’il faut établir une entreprise dans la durée,
qu’il faut creuser un sillon unique, le poursuivre et le maintenir.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 28
4-L’entourage
Il faut éventuellement préparer son entourage immédiat. Pour des raisons
culturelles, la famille n’est plus toujours spontanément favorable à ces types
professionnels, jugé trop individualiste, ou bien en attend des retombées à court
terme (emplois, revenu) préjudiciables pour l’entreprise.
Texte à lire : Gestion des pressions familiales : l’entourage complexe
Pourtant, il existe des parades dans certaines ethnies pour échapper à cette
désassimilation due aux obligations de solidarité. Par exemple, chez les Bamiléké
(Cameroun), Jean-Pierre Warnier (l’esprit d’entreprise au Cameroun, Karthala
1993) note de se protéger :
-la parade nobiliaire : l’acquisition d’un titre, contre un paiement accompagné de
l’organisation d’une fête, donne accès au rang de notable. Cette position sociale
protège alors son bénéficiaire des solliciteurs dans une société hiérarchisée, où
l’inégalité sociale est acceptée ;
-l’évergétisme : c’est un acte spectaculaire de générosité publique, tel l’ouverture
d’un dispensaire ou d’une école ;
-la solidarité au mérite : on ne fait participer aux réseaux de solidarité que les
parents qui ont fourni les preuves de leur mérite ;
-l’endiguement de la parenté : on emploie les parents incontournables dans une
entreprise périphérique, séparée de l’entreprise rentable ;
-la dissimulation des avoirs : on prend les apparences de la pauvreté et on se
dérobe à ses obligations sous prétexte d’indigence ;
-l’offre aux cadets d’emplois précaires et sous-payés : chez certaines tribus, le
cadet est taillable et corvéable à merci et il doit être reconnaissant du moindre
geste à son égard.

Section II : Méthodologie de l’entreprenariat

La création d’une entreprise étant un processus, une méthodologie explicite


permet d’organiser les actions en fonction des émetteurs d’environnement.
Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 29
A- L’entreprenariat et le processus de destruction créatrice

L’entrepreneuriat est la manière de promouvoir et d’entreprendre un projet


en vue de la réalisation. Au XIXè siècle, l’entrepreneur est considéré comme le
héros de la croissance. Son rôle déterminant et pionnier est conceptualisé par J.A.
Schumpeter (1939) : l’entrepreneur innovateur. Il ose l’aventure et prend des
risques. Par ses innovations majeures, il est responsable des cycles d’évolution
qui rythment la croissance (Processus de destruction créatrice).
Au cours du XXè siècle, le pionnier-fondateur (entrepreneur) va laisser la
place au « Manager », c’est-à-dire à un individu capable de gérer l’entreprise avec
des techniques rationnelles et scientifiques. C’est pour cette raison que le
management n’est plus un art mais devient une science. Plusieurs facteurs
expliquent cette transformation : le déclin du capitalisme familial, la production
de masse…
Les dernières décennies consacrent le retour en force des « entrepreneurs
héros », en particulier dans la nouvelle économie (exemple : B Gates au Etats-
Unis). Ils sont seuls capables de relancer la croissance, de créer les emplois et de
lutter contre le chômage, contre la pauvreté1.
B- L’entrepreneuriat et les phases de création
Le tableau ci-après présente les quatre phases de méthodologie et les difficultés
rencontrées par le créateur.
- l’idée de création
Phase 1 L’idée d’entreprise - l’entrepreneur est-il prêt ?
- étude commerciale
Phase 2 L’élaboration du - étude juridique
projet - étude financière
Phase 3 Le lancement des - déclenchement des procédures
opérations - lancement de l’activité commerciale
Phase 4 Le démarrage de - contrôle de la montée en régime
l’activité - conduite du développement

1
Ce renouveau est illustré par les politiques gouvernementales d’aide à la création d’entreprise
(développement du capital risque, allègements fiscaux.)

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 30
Les difficultés rencontrées par le créateur dans la phase 3 sont les plus
connues : c’est le « parcours du combattant » des formalités administratives à
accomplir. Mais l’expérience montre que c’est dans la phase de conception (phase
1 et 2 présentées ici) que joue la réussite du projet.

C-L ’entrepreneuriat et la cohérence homme-projet

La création d’entreprise est un processus où l’on ne peut dissocier


l’individu et le projet lui-même ; on parle de couple homme-projet. La création
suppose le changement
Le schéma suivant (D’après C. Bruyat -1993) part de cette idée de
cohérence homme-projet et propose une typologie selon l’intensité du
changement pour le créateur et le degré d’innovation (et de difficulté) du projet.
Ces quatre situations génériques ne sont pas sans incidence sur le processus
lui-même de création, les contraintes à surmonter, les apprentissages à acquérir,
et le risque global associé aux différents projets selon leur emplacement dans la
matrice.
Le graphique suivant retrace ces différentes situations.
Intensité du changement

Pour le créateur

Pour l’environnement

+ Imitation Innovation-aventure
+

-
Reproduction Innovation-Valorisation
-
Reproduction Innovation-valorisation
- + Intensité de la nouveauté

Pour l’environnement

Cas pratique 9 : Commentez ce graphique à partir des données

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 31
En conclusion, vous avez une idée de création d’entreprise : c’est bien, mais
avant d’engager du temps et de l’argent dans le montage de votre projet, vous
devez commencer par vérifier la pertinence de votre idée. Cela suppose de prendre
le temps de mener quelques investigations. En vous appuyant sur les éléments
tangibles recueillis et sur de fortes probabilités, vous serez ainsi en mesure : de
déterminer les risques et les conditions de réussite de votre projet, le cas échéant,
de corriger votre idée de départ.

Cas pratique 10 :
L’Université des grandes écoles accueille chaque année pendant deux semaines
« les universiades académiques ». Ce forum offre l’occasion aux étudiants des
autres universités de mettre en exergue leur savoir, leur savoir-faire à travers des
projets ambitieux et pertinents susceptibles de bénéficier des financements
d’organisme spécialisés. Vous faites partie de l’équipe devant initier un projet lors
de cet événement.
1-Quelle est la nature de votre projet ?
2-Quelle démarche mèneriez-vous afin de rendre votre projet viable ?
3-Quels sont vos objectifs à court terme, moyen terme et long terme (vos objectifs
doivent être SMART) ?

Cas pratique 11 : CREATION ET EXISTENCE DE L’ENTREPRISE


Les choix stratégiques sont nécessairement différents, en fonction du cycle
de vie de l’entreprise. Ainsi, pour chaque phase de l’entreprise, ses dirigeants
doivent adopter une stratégie spécifique et adaptée.
Le tableau ci-après présente ce cycle de vie et les différentes stratégies

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 32
CYCLE DE VIE ET STRATEGIE

Phase de vie SITUATIONS STRATEGIES

Manager

Gestation Elaboration d’un projet


de création d’entreprise

Création Mise en place des


premières structures

Développement Augmentation des parts


de marché

Stabilité Renforcement de la
situation

Déclin Vieillissements du
concept

Mort Pertes

Il faut rappeler que, les stratégies présentées à chaque phase représentent les
stratégies utilisées de façon classique par le plus grand nombre d’entreprises dans
cette situation. Cependant, d’autres stratégies sont tout à fait possibles et de cette
différence naît parfois la réussite d’une entreprise. De plus, deux entreprises
peuvent développer la même stratégie sans pour autant arriver aux mêmes
solutions. Tout dépendra des mesures qu’elles mettront en œuvre.
Travail à faire :
1-Compléter le tableau conformément aux phases de vie de l’entreprise
2-Quelles sont les variables déterminantes dont dépend la stratégie d’entreprise ?
3-Distinguer selon le cycle de vie de l’entreprise la phase de la croissance de la
phase du vieillissement.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 33
Chapitre IV : Recherche de financement, statut juridique et business plan

Créer une entreprise ne doit rien au hasard. Pour réussir votre projet de
création d’entreprise, vous devez en premier lieu définir votre stratégie. Cela
passe par la mise en place d’un plan de financement, d’un statut juridique
approprié et d’un business plan.
En effet, le choix du business model est une étape incontournable
d’un projet de création d’entreprise, car il explique l’intérêt économique et le
niveau de rentabilité du projet d’entreprise. Le business model répond à plusieurs
questions :
-Quel est le produit ou le service proposé ?
-Quelle est la plus-value de ce produit ou service par rapport à la concurrence ?
-Quels moyens mettre en place pour créer le produit ou service ?
-Quel capital doit être investi ?
-Quelles sont les principales dépenses et recettes générées par l’activité ?
Peu importe votre idée ou votre marché, il faut toujours se lancer en ayant
en tête une vision précise et en ayant fixé ses objectifs. Où vous voyez-vous dans
un an ? Dans 5 ans ? Quel sera votre chiffre d’affaires prévisionnel d’ici quelques
mois et années d’exploitation ? 
Enfin, n’oubliez pas que le business plan financier  doit montrer aux
investisseurs, aux banquiers que votre projet est viable financièrement, c’est-à-
dire un votre projet qui apportera un retour sur investissement et qu’il mérite de
voir le jour.
Se lancer seul dans cette aventure peut être effrayant et complexe, pensez à
vous entourer de professionnels experts du domaine qui sauront vous guider dans
ce parcours. Le choix du statut juridique adapté à votre projet d’entreprise est la
clé de voute de ce parcours entrepreneurial. Si vous souhaitez vous lancer en tant
qu’indépendant, vous pourrez choisir entre trois formes juridiques aux
avantages distincts :
-L’entreprise individuelle, -La création d’une société, -Le partage salarial
Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 34
Une fois ces différentes démarches administratives effectuées, il est temps
de trouver des financements pour votre projet de création de société. Rédiger
un plan de financement est le premier jalon pour convaincre des investisseurs ou
votre banquier de croire en votre projet et de vous accorder un prêt.

Section I : Les règles de financement


Plusieurs formes de financement des projets d’entreprises existent :

A- Les fonds propres

On entend par fonds propres (FP), tous les fonds faisant partie du
patrimoine de l’entreprise, c’est à dire :
-Les ressources personnelles du promoteur (en espèces ou en nature) ;
-Les emprunts à titre personnel (parent, amis…) ;
-Les subventions (pour les nouveaux promoteurs, les primes d’études…) ;
-Les fonds apportés par les associés (y compris les sociétés de capital-risque) ;
-Les quasi-fonds propres (comptes courants des associés, prêts participatifs…).

B- Le financement par l’endettement

Il s’agit des crédits à moyen terme (2 à 7 ans) et long terme (plus de 7


ans), du leasing et des lignes de crédit bancaire sont libres et sont exprimés en
fonction du Taux du Marché Monétaire (TMM).
Les marges bancaires varient généralement de 2 à 5 points selon la nature
du projet, la durée du crédit et la crédibilité du promoteur.

C- Le financement au Cameroun
Une multitude d’instruments de financement des projets est aujourd’hui, à
la disposition des promoteurs camerounais :
-FNE
-PIASI

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 35
-SNI
-Prise de participation (SICAV)
-Crédits bancaires (SSB)

F- L’équilibre financier
Une attention particulière est accordée au fond de roulement, les erreurs de
financement les plus fatales pour les entreprises en création sont dues à une
méconnaissance de l’importance du Fonds de Roulement FR aussi bien pour
l’évaluation des besoins en fonds que pour les choix des modes de financement.
L’analyse financière du projet revient également aux prêteurs potentiels
(banques, investisseurs privés, sociétés de capital-risque, …).
Le cycle d’exploitation de l’entreprise engendre très souvent un besoin de
financement, ce besoin est le Besoin en Fonds de roulement BFR. C’est un besoin
moyen, fonction du délai moyen d’écoulement des stocks, du délai moyen de
paiement par les clients et du délai moyen de règlement des fournisseurs. Il
s’appelle aussi le fonds de roulement normatif et il est permanent car c’est la
somme qui permettrait à l’entreprise de continuer l’exploitation dans les
conditions normales. En contrepartie de ce besoin, l’entreprise dispose du FRN
pour financer son exploitation.

Section II : Quel statut juridique pour l’entreprise ?


Si la création d’entreprise relève d’une démarche économique, le choix
d’un statut juridique est indispensable pour exercer son activité en toute légalité.
Ce cadre juridique doit être à l’entreprise naissante, mais il devra lui permettre
d’évoluer. Ce choix s’opère dans le cadre des possibilités offertes par la
législation. Il doit être étudié minutieusement, car il a des conséquences sociales,
fiscales, patrimoniales tant pour l’entreprise que pour le créateur ; il doit donc être
optimal eu égard aux avantages et inconvénients de chaque forme juridique pour
le présent et l’avenir.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 36
Quelle que soit l’activité qui sera exercée, industrielle, artisanale, ou
libérale, le choix d’une forme juridique se fera entre :
-entrepreneur individuel ou bien
-Société
-SARL
-EURL
-SA
-Société anonyme simplifiée (SAS)
-Société en commandite simple
-Société en commandite par action
-Société d’exercice libéral à caractère commercial (SEL)
-Société d’économie mixte
-société civile…

A- L’explication du choix de l’entreprise


1-En choisissant l’entreprise individuelle : L’entreprise et l’entrepreneur ne
forme qu’une seule et même personne. Il en tire une grande liberté d’action.
2-Choisissant la société : Créer une société revient à donner naissance à une
nouvelle personne juridique distincte des associés fondateurs. Elle dispose donc
son propre patrimoine.

B- Les critères de choix d’une structure


Le créateur devra prendre en compte les différents critères suivants, en
évitant de fonder son choix sur un seul d’entre eux :
-La nature de l’activité : Certaines activités imposent le choix de la structure
juridique. Par exemple, les débits de tabac doivent obligatoirement être exploités
en « société en nom collectif »
-La volonté de s’associer : Il faut avoir, au départ, la volonté réelle de s’associer,
de mettre en commun ses connaissances, carnet d’adresses… « Pour le meilleur

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 37
et pour le pire. Certains professionnels souhaitent être « seul maître à bord » et ne
supporte pas de partager le pouvoir, mieux vaut alors rester indépendant.
-L’organisation patrimoniale : Constituer une société permet de différencier
son patrimoine personnel de celui de la firme et donc de protéger ses biens
personnels de l’action des créateurs de l’entreprise.
-Les besoins financiers : Lorsqu’ils sont importants, la création d’une société de
types SA ou SAS peut s’avérer utile pour accueillir des investisseurs dans le
capital.
-Le fonctionnement de l’entreprise : Dans l’entreprise individuelle, le dirigeant
est seul. De ce fait, les règles de fonctionnement sont réduites au minimum. Dans
les sociétés, le dirigeant doit observer un certain formalisme et requérir
l’autorisation des autres pour les actes importants qui touchent la vie de
l’entreprise.

C- Les choix tactiques

Les choix tiennent compte aussi de considérations fiscales et sociales


(salarié ou commerçant ?) pour le dirigeant ainsi que son degré de responsabilité
(notamment en cas de défaillance de l’entreprise).
Le tableau ci-après résume les avantages et inconvénients des principales
formes juridiques d’exploitation.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 38
TABLEAU : LES AVANTAGES ET LES INCONVENIENTS DE CHAQUE STATUT
JURIDIQUE
Catégories Entreprise SNC SARL SA
d’entreprises individuelle

Formalisme Aucun capital Responsabilité Responsabilité


simplifié et coût maximum exigé limitée des limitée des
Avantages de création possibilité associés actionnaires
modique d’imputer les
déficits sur le Statut fiscal et Statut fiscal de
revenu des social de salarié salarié pour le PDG
associés pour le gérant
minoritaire ou Impôt sur les
égalitaire sociétés

Impôt sur les


sociétés

Pas de protection Formalités et coût Formalité et coût Formalités et coût


du patrimoine de constitution de constitution de constitution
privé du chef
d’entreprise Formalisme, coût Formalisme, Formalisme, coût
de publicité de coût de publicité de publicité de
certaines décisions de certaines certaines décisions
décisions
Investissements de
Fiscalité départ plus
Inconvénients avantageuse importants
pour les
dividendes

Réserve au Généralement Bon choix pour Idem SARL


créateur qui hésite déconseillé en démarcher et
à se lancer si raison de la reprendre une Préférable pour la
l’affaire se responsabilité affaire crédibilité et
Notre avis l’obtention de
développe, passer indéfinie et
en SARL solidaire des Fiscalité réduite financements
associés sur les bénéfices extérieurs.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 39
Section III : Elaboration du business plan ou plan d’affaires
Le plan d’affaires (en anglais « business plan ») est une étape
incontournable d’un projet de création d’entreprise ; il explique l’intérêt
économique et le niveau de rentabilité du projet d’entreprise. Il imagine
un concept économique, propose une offre qui s’adresse à un marché et met en
avant le caractère innovant du projet.
Le business model répond aux questions suivantes :
-Quel est le produit ou le service proposé ?
-Quelle est la plus-value de ce produit ou service par rapport à la concurrence ?
-Quelle est la cible visée ? Comment l’atteindre ?
-Quels moyens mettre en place pour créer le produit ou service ?
-Quel capital doit être investit ?
-Quelles sont les principales dépenses et recettes générées par l’activité ?

A-Objectifs et principes du BP

1-Objectifs

Internes Externes

• Réflexion stratégique • Présentation aux tiers :


• Vérification de la maîtrise commerciaux, financiers,
de tous les aspects administration
• Résultats attendus • Evaluation du projet par les
• Planification des actions partenaires financiers

2-Principes du BP

-Document de diagnostic, il doit permettre de conclure sur les options stratégiques


de faisabilité commerciale, technique et financière du projet.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 40
-Document de planification, il organise l’action à moyen terme (planification
opérationnelle) et à court terme (budgétisation).
Ainsi, même si certaines parties ont été sous-traitées, le promoteur doit en
maîtriser parfaitement le contenu.

B-Contenu du plan d’affaires

Voici un plan indicatif d’un tel document qui, pour être efficace (et lu) ne doit
pas dépasser une trentaine de pages (hors annexes)

-Plan-type du dossier

Introduction

Fiche de synthèse

• Nom, activité

• Chiffre d’affaire, coût du projet, financement, rentabilité

• Intérêt « économique et social »

1. Présentation du ou des créateurs

• Curriculum vitae

• Caractéristiques de l’équipe des associés

2. Présentation générale du projet

• Description générale

• Genèse et motivation du projet

• Aspects juridiques

3. Etude du marché

• Les produits/services

• La demande caractéristique, segmentation

• L’offre la concurrence

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 41
4. Action commerciale

• Objectifs de vente

• Plan de marchéage (produit, prix, distribution, communication)

5. Moyens de production

• Ressources humaines

• Implantation

• Investissements matériels

• Approvisionnement, logistique

6. Dossier financier

• Comptes de résultat prévisionnels

• Plan de financement

• Budget de trésorerie

• Analyse ratio, sensibilité

Conclusion

Faisabilité, risque, facteur-clés de succès, intérêt annexes (éventuelles)

Commerciales (étude de marché, promesses de vente),

techniques (schémas, factures proforma),

financières (tableau détaillés),

juridiques (contrats, statuts)…

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 42
Cas pratique 12 : Plan de financement

Le plan de financement d’une entreprise en création se présente ainsi qu’il


suit :

Caractéristiques Début An 1 An 2 An 3

Ressource en Unités
monétaires
-Capital
-Emprunt 800
-CAF 1000 400 600 900
Emplois (unités
monétaires)
-Investissements 1000 150 250 200
-Variation en BFR 800 200 200 350
-Remboursement 0 50 200
emprunt
-Dividendes 50
Variation trésorerie 0 50 100 100
Cumul trésorerie 0 50 150 250
Travail à faire :
1-Comment les investissements ont été financés ?
2-Si vous étiez banquier, financeriez-vous ce projet ? Justifiez-vous
3-Quelle peut être l’utilité de la trésorerie excédentaire en année 3 ?

Cas pratique 13 : Plan de rédaction d’un projet d’affaires de type SMART


(Création et implantation)

Il est à bien préciser que, cet exercice est confondu à l’exercice de rédaction
du livrable BUSINESS PLAN, à la seule différence est que, nous mettons en
exergue des préalables indispensables pouvant servir de préliminaires dans
l’intention d’association, de fusion, de joint-venture, d’accompagnement et
autres. A noter aussi qu’il n’y a pas de modèle standard de rédaction d’un
Business Plan, mais il y a un contenu obligatoire à faire valoir comme le décrit
la suite. Le Business Plan est avant tout un document de vision stratégique, un

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 43
tableau de bord et un outil de repère et de projection pour le promoteur avant
de servir comme support d’appréciation pour des tiers. C’est entre autres le
livrable des plans d’action, d’implémentation et de développement de votre
affaire suivant :
Cas pratique 14 : Type (préalables/préliminaires) d’un projet
I-/PREMIERE DE COUVERTURE (Intitulé, Promoteurs, Accompagnateurs)
II-/ SOMMAIRE (Etapes de rédaction avec pagination)
III-/ FICHE SYNTHETIQUE DU PROJET : Il s’agit ici d’attirer positivement
l’attention d’entrée de jeu, par une introduction de synthèse du projet traduit
sur fiche par les éléments suivants : (Déclic, Intitulé, identité, activité,
caractère innovant, lieu et délai d’implantation, forme juridique, coût
d’investissement, Apport personnel, Chiffre d’affaires prévisionnel, seuil de
rentabilité, délai de récupération, …)
IV-/ EXECUTIVE SUMMARY qui est le résumé synthétique du livrable en
français / anglais sur une seule page
V-/ GENESE ET HISTORIQUE : Il s’agit ici de marquer la pertinence des
fondements du projet en relatant avec chronologie la naissance et l’évolution
de l’idée du projet (Déclic, constats, diagnostics, problématiques, occasion
favorable, …)
VI-/FICHE SIGNALETIQUE QCQP DE(S) PROMOTEUR(S) : Il s’agit ici
de rassurer sur l’identité et la stature de(s) promoteur(s) via : (Noms ; Date de
naissance ; Nationalité ; Statut matrimonial ; QCQP= Qualifications +
Compétences + Qualités + Profil de poste.
VII-/ LEITMOTIV ET BUSINESS MODEL. Il s’agit ici de captiver et
d’intéresser tout lecteur du projet en démontrant que le projet est une
opportunité, une utilité, une nécessité, une exemplarité et modèle économique
pertinent et favorable à tout investissement de par ses articulations ci-après :
- Champs d’opportunités (marché potentiel, potentiel marché ; Besoins
évidents et solvables ; demande à combler, offre(s), concurrence …)
- Evidence des contours de faisabilité (facilités de réalisation
contextuelles ; objectifs possibles et réalisables)
- Valorisation des opportunités et forces (Mise en évidence et à profit des
occasions favorables et des atouts)

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 44
- Maitrise des menaces et faiblesses (minimiser les risques, surmonter les
obstacles, faire face à la concurrence)
- Vision, activités et perspectives innovantes (Idéologie, offres, actions
avec originalité et caractère différentiel)
- Modèle économique (exemple à suivre en termes de stratégies d’actions
et plan de développement qui reposent sur : La compétence des RH
(expertise et expériences avérées) ; La performance du matériel (de
pointe et respect des normes et standards) ; La référence ; La
polyvalence. Avec l’accompagnement de : NTIC – QHSE – IT – R&D
– AIDA – QCQP.
NB : Avec données quantitatives et statistiques (%, Ratios, Taux, Schémas,…)

(PLANS D’IMPLEMENTATION ET DE DEVELOPPEMENT SUR LE


TERRAIN)
VIII-/ PLANS D’ACTIONS FACTUELLES. Il s’agit ici de convaincre en
faisant part de l’implantation effective de l’activité économique en termes
d’entreprise à l’issu des études et plans indissociables que sont : L’étude et
plan descriptifs et constitutifs ; l’étude et plan économiques ; l’étude et plan
technico-fonctionnels ; l’étude et plan organisationnels ; l’étude et plan
financiers et l’étude et plan de perspective du projet au moyen des 12 plans
d’action suivants :
- Plan de Constitution (Posture juridique : Forme juridique, Raison
sociale, Registre de commerce, Capital social, Siège social, Parts
sociales, Statuts, PV d’assemblée, Boîte postale, Infos line. Posture
administrative : Autorisations, Agréments, Certificat, Permis,
Attestations, Notices. Posture fiscale : Patente, Carte de contribuable,
Autres impôts. Autres taxes…
- Plan d’organisation et de fonctionnement (Organigramme, Job
description, Manuel de procédures, Règlement intérieur, Code
d’éthique et de déontologie, Plan de carrière)

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 45
- Plan d’implantation infrastructurelle et technico-fonctionnel
(Acquisitions foncières, Ouvrages, bâtiments, Installations,
Aménagements, équipements, logistiques et applications
technologiques avec mode de fonctionnement)
- Plan de dotation MMFL (Mobilier – Matériel – Fournitures –
Logistique)
- Plan de marketing stratégique : (Marché, l’offre, la concurrence, les
opportunités et menaces et forces et faiblesses
- Plan de Marketing Opérationnel ou MIX (Politiques des 4P et 1S :
PRODUIT – PRIX – COMMUNICATION – DISTRIBUTION – FORCE
DE VENTE)
- Plan QHSE (Qualité : conformité + nomes+ standards /Hygiène :
Propreté + salubrité/Sécurité : Protection physique et social des
hommes, biens et informations /Environnement : Prévention +
Préservation + assainissement)
- Plan de lancement (Si particularité officielle ou ouverture solennelle)
- Plan d’investissement budgétaire (Estimations chiffrées des rubriques :
d’investissement cantonné, d’investissement à amortir,
d’investissement à échelonner, du BFR sur 06 mois au moins, et de la
Marge de risque à 5%)
- Plan de financement (Socle, Sources, natures, canons et mécanismes
pour pourvoir au budget)
- Plan de rentabilité prévisionnelle sur 05 ans au moins (Elaboration de
bilan, compte d’exploitation, plan de trésorerie, plan d’investissement
et tableau d’amortissement sur tableaux conformes). Comme préalables
mettre en évidence sur au moins 05 ans les agrégats de profitabilité tels
que : CAF ; FNT ; VAN ; TIR ; IP ; DR étayés dans les études de
faisabilités y afférentes.

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 46
- Plan de perspectives (Expansion sur l’échiquier national, sous régional,
voir international avec les R&D, IT, SD, QHSE et TIC)
NB : Y insérer des statistiques, tableaux, diagrammes, croquis et schémas
conformes au niveau des rubriques indiquées.
IX-/ CONCLUSION AUX FINS D’INVESTISSEMNT (Déclencher
l’adhésion aux fins de souscription à votre projet)
X-/ ANNEXES (Documents accessoires : Images, photos, simulations, autres
pièces à joindre…)
NB : Le traitement de texte et les mises en pages y afférents, doivent être
soignés suivant les règles de l’art.
La rédaction du projet d’affaires se doit d’être « méthodique, technique,
professionnelle et opérationnelle » à ne pas confondre avec la rédaction
théorique d’un rapport. Celle-ci n’est pas exhaustive et doit requérir a des
expertises y afférentes.

FICHE SYNTHETIQUE / FICHE SIGNALETIQUE DU PROJET

(Avec exemple pratique et illustratif)

RUBRIQUES DESIGNATION

DECLIC ET MOTIVATION DU Désir ardent de sauver des vies. Redorer


PROJET l’image des plateaux techniques de santé
au Cameroun
(Fait déclencheur ; Fait générateur)

INTITULE DU PROJET Projet de création d’une polyclinique


moderne
(Titre du projet)

IDENTITE DU PROJET « POLYCLINIQUE SANTE & VIE »

(Nom ; Dénomination ; Raison sociale)

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 47
ACTIVITES DU PROJET Médecine Générale – Gynécologie –
Pédiatrie – Chirurgie – Hémodialyse –
(Offre concrète du produit ou du service) Imagerie

CARACTERES INNOVANTS DU Ambulance clinique d’intervention au lieu


PROJET(Apport différentiel ; Plus-value ; d’interpellation avec urgences et
Originalité) réanimation

CIBLES DU PROJET Pathologies endémiques – Femmes


enceintes – Pathologies infantiles –
(Consommateurs potentiels de l’offre) Insuffisances rénales.

LIEU ET DELAI D’IMPLANTATION Yaoundé – Douala (Au Cameroun)


DU PROJET(Localisation géographique ;
lieu d’exercice) Durée d’implantation : 145 jours révolus

FORME JURIDIQUE Société Anonyme (S.A)

(Posture de l’entité requise par le


législateur)

EFFECTIF REQUIS 25 permanents et 05 employés d’appui

(Nombre d’employés)

COUT D’NVESTISSEMENT XAF 117 250 000 (Soit cent dix-sept


millions deux cent cinquante mille FCFA)
(Budget global de réalisation du projet)

APPORT PERSONNEL XAF 40 000 000 (Quarante millions de


FCFA) soit
(Fonds propres alloués)
34,11% du coût global d’investissement

CHIFFRE D’AFFAIRES XAF 4 789 000 000 (Soit quatre milliard


PREVISIONNEL sept cent quatre-vingt-neuf millions de
FCFA)
(Volume de recettes sur 5 ans)

SEUIL DE RENTABILITE ou COAST Après 03 mois pour XAF 34 150 000


RECOVRY (Trente-quatre millions cent cinquante
mille FCFA)
(Montant CA = Montant charges)

DELAI DE RECUPERATION (Echéance 12 mois


pour rentrer en possession de son
investissement)

Dr CHUAIBOU et Dr TIMBA 48
NB : C’est un exemple afin de s’en inspirer pour sa propre entreprise et non copier et coller.
Entre autres chaque rubrique de la fiche doit être au préalable appréhendée, étudiée, mûrie,
et maitrisée par des recherches, des exercices de faisabilité et autres, avant d’être
renseignée, ceci, dans le but de garantir l’authenticité et la crédibilité de l’information
portée.

FICHE SIGNALETIQUE DU PROMOTEUR

Noms et Prénoms :

Date et lieu de naissance :


Statut matrimonial : Marié père de 02 enfants
Lieu de résidence : Douala Mbanga Bakoko

SIGLE DESCRIPTION DESCRIPTIF

- Diplômes, attestations, certificat…


Q Qualifications (Maitrise en Banque et Finances)
- Expérience professionnelle
(4 ans en service à : SCB bank ; CCA)
- Aptitudes (Elaboration des budgets,
C Compétences contrôle budgétaire, plan de trésorerie)
- Savoir-faire (Montage et pilotage de
projet)
- Vertus (Raison, vision, passion,
Q Qualités professionnelles détermination, leadership, audace,…)
- Valeurs (Ponctualité, assiduité, intégrité,
loyauté, citoyenneté,…)
- Statut professionnel (Administrateur
P Profil de poste financier)
- Posture fonctionnelle (Directeur
Administratif et financier à …

Autres à signaler :
- Loisirs (Sport, Cinéma, voyage)
- Habilitations (Maitrise des logiciels Eviews et STATA)
- Extra (président des enseignants à Douala)

SIGNATURE

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