Théorie de Monnaie

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Théorie de monnaie.

Les théories monétaires ont pour objectif d’analyser les relations causales entre le volume de
monnaie en circulation et certaines variables économiques. Elles décrivent le mécanisme de
transmission des changements intervenant dans la circulation monétaire aux effets produits sur
les variables dites « réelles » (emploi, niveau d’activité) et/ou sur les prix. Trois grandes théories
monétaires existent.

I. La théorie quantitative de la monnaie : la monnaie insignifiante

Ces économistes considèrent que la monnaie n’a pas d’utilité propre, elle ne procure aucun
avantage, il n’y a donc aucune raison de conserver de la monnaie. Tout revenu non employé
doit être nécessairement placé ou épargné. Le prix de capital qui n’est rien d’autre que le taux
d’intérêt est déterminé par la confrontation de l’offre de capital (constituée par l’épargne) à la
demande de capital (pour financer l’investissement). Pour eux, épargner c’est renoncer à
consommer tout de suite en espérant obtenir une plus grande satisfaction en consommant
davantage plus tard.

Un agent épargne lorsque la rémunération qu’il espère recevoir en contrepartie compense la


perte de satisfaction provoquée par le fait qu’il renonce à consommer une partie de son revenu.
Car, consommer tout de suite apporte plus d’utilité que consommer plus tard puisque
consommer plus tard c’est prendre le risque que cette consommation ne soit plus possible. On
dit que les agents ont une préférence pour le présent (recevoir 1000 FCFA aujourd’hui est
toujours préféré à recevoir 1000 FCFA dans un an). Aussi, un agent emprunte lorsque le
rendement anticipé de l’investissement compense les intérêts qu’il faut verser au prêteur. Il
n’est donc pas rationnel de conserver de la monnaie inemployée. Soit on consomme, soit on
capitalise (épargner). Pour un revenu donné, l’épargne d’un individu est une fonction croissante
du taux d’intérêt. Inversement, la demande de capital augmente quand le taux d’intérêt diminue.

En somme, dans l’analyse classique et néoclassique la monnaie est simplement un


instrument permettant de faciliter les échanges et ne peut être utilisée pour stimuler l’activité
économique.

NB : Pour connaître le taux de préférence pour le présent d’un individu il suffit de lui demander
quelle somme il faut lui donner dans un an pour qu’il soit aussi heureux que si on lui donnait
1000 FCFA aujourd’hui. S’il répond 1100 FCFA alors son taux de préférence pour le présent
vaut 10 %.

II. La théorie keynésienne : la monnaie active

John Maynard Keynes (1883-1946), dans son livre « Théorie générale de l’emploi de l’intérêt
et de la monnaie », propose une analyse économique donnant un rôle important à la monnaie
dans la régulation de l’activité économique. Alors que la théorie quantitative de la monnaie part
du principe que la monnaie n’a pas d’utilité propre, qu’elle est un simple instrument d’échange,
la théorie keynésienne affirme que la monnaie présente un avantage important. Pour Keynes, la
monnaie est un actif sans risque présentant l’avantage d’être immédiatement disponible. On
peut conserver de la monnaie inemployée parce que la liquidité est un avantage qui compense
le fait que la monnaie ne permet pas de percevoir un revenu. En effet, disposer de la monnaie
sur soi permet de satisfaire immédiatement ses besoins (achat de biens, éteindre ses dettes …)
ce que l’épargne ne peut faire.

Dans la vision keynésienne, le taux d’intérêt ne sert pas à décider si on affecte le revenu à la
consommation ou à l’épargne. Ce n’est pas le prix qu’il faut payer pour compenser la préférence
pour le présent du prêteur comme le stipule les classiques. Le taux d’intérêt est le prix qu’il
faut payer pour compenser la préférence pour la liquidité. Ainsi, une partie de la demande
de monnaie dépend du taux d’intérêt. C’est la demande de monnaie au motif de spéculation qui
diminue quand le taux d’intérêt augmente. Si le taux d’intérêt est inférieur à celui qui compense
la préférence pour la liquidité, alors les agents renoncent aux placements financiers et
thésaurisent.

Dans l’analyse keynésienne les habitudes de consommation sont stables. La consommation est
proportionnelle au revenu. Ce qui revient à dire que les ménages ne changent pas facilement
leurs habitudes de consommation. Ainsi, une modification du taux d’intérêt n’affecte que très
modérément le comportement de consommation donc d’épargne puisque l’épargne c’est le
revenu qui n’est pas consommé. Si l’épargne ne dépend pas du taux d’intérêt celui-ci ne peut
plus être le prix du capital comme dans la théorie traditionnelle. Le taux d’intérêt dans
l’analyse keynésienne est le prix de renonciation à la liquidité. Toutefois, tout comme les
classiques l’investissement est favorisé par des taux d’intérêt faibles et pénalisé lorsque le taux
d’intérêt augmente selon Keynes. L’augmentation de la quantité de monnaie en circulation,
toutes choses égales par ailleurs, entraîne une baisse des taux d’intérêt, ce qui stimule
l’investissement, la production et l’emploi. La monnaie n’est plus neutre.
III. Le monétarisme : la monnaie nocive

En 1956, Milton Friedman (1912-2006) propose une nouvelle théorie de la demande de


monnaie qui constitue selon lui une nouvelle formulation de la théorie quantitative de la
monnaie. Pour lui, la demande de monnaie dépend pour une période donnée dépend du revenu
permanent, du rendement anticipé de la monnaie, du rendement anticipé des autres actifs autre
que la monnaie et du taux d’inflation anticipé. Quand les rendements des actions des titres et
des actifs autres que la monnaie augmentent, la demande de monnaie diminue, puisque la
comparaison entre rendement de monnaie et rendements des autres actifs devient moins
favorable à la monnaie. Quand l’inflation anticipée augmente la valeur des actifs détenus ne se
déprécie pas alors que celle de la monnaie diminue, donc il est plus rentable de détenir des actifs
réels que de la monnaie (on se débarrasse de la monnaie parce qu’elle perd de sa valeur). Quand
le revenu augmente la demande de monnaie augmente parce que plus de revenu permet plus de
transactions.

La grande nouveauté dans cette analyse est le remplacement du revenu courant par le revenu
permanent. Le revenu courant est le revenu perçu pendant la période. Le revenu permanent
quant à lui est le stock résultant de l’accumulation de ressources pendant toute la vie d’un
individu. En d’autres termes, c’est le revenu qu’un consommateur peut consommer en
maintenant constante la valeur de son capital. Il conclue en disant que la demande de monnaie
ne dépend pas (ou très faiblement) du taux d’intérêt mais dépend que du revenu
permanent. Une augmentation de l’offre de monnaie qui dépasserait celle de la production
réelle ne peut avoir qu’un seul effet : l’augmentation du niveau général des prix.

Pour Milton Friedman, l’inflation a des effets déstabilisants dans l’économie. Par exemple, les
salariés qui ne se rendent pas compte immédiatement que leur salaire réel diminue du fait de
l’inflation ne modifieront pas leur comportement d’offre de travail. Par contre, les employeurs
qui sont plus à même de prendre en compte l’inflation vont ajuster la demande de travail en
offrant des emplois. L’inflation a donc pour conséquence provisoire une réduction du chômage.
Mais cela ne dure pas puisque les salariés vont corriger leur erreur (anticipation adaptive) et
exiger une augmentation du salaire nominal. Les entreprises seront donc contraintes à ne plus
embaucher, voir à licencier.

Selon Friedman, la monnaie n’est pas neutre elle est dangereuse quand elle est manipulée
sans précaution. Il préconise que la croissance de la masse monétaire répond uniquement à
celle de la production, elle ne doit en aucun cas avoir pour objectif de modifier le niveau de
l’activité.

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