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DIPLÔME DE COMPTABILITÉ ET DE GESTION

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UE 5 – ÉCONOMIE CONTEMPORAINE

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SESSION 2023
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Durée de l’épreuve : 4 heures - Coefficient : 1


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DCG 2023 UE5 Économie contemporaine Page 1 / 11


UE 5 – ÉCONOMIE CONTEMPORAINE
Durée de l’épreuve : 4 heures – Coefficient : 1

Document autorisé :
Aucun document ni aucun matériel n’est autorisé. En conséquence, tout usage d’une
calculatrice est INTERDIT et constituerait une fraude.

Document remis au candidat :


le sujet comporte 11 pages numérotées de 1 / 11 à 11 / 11.
Il vous est demandé de vérifier que le sujet est complet dès sa mise à votre
disposition.

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Le sujet se présente sous la forme de 2 dossiers indépendants

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DOSSIER 1 – ANALYSE D’UN DOSSIER DOCUMENTAIRE (9 points)

DOSSIER 2 – QUESTION PROBLÈMATISÉE (11 points)


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________________________________________________________________________
BASE DOCUMENTAIRE

Document 1 Évolution de l’indice des prix à la consommation, en France.


Document 2 Inflation : une hausse historique en Europe.
Document 3 Faire face à la hausse générale des prix : un défi structurel.
Document 4 Dynamique des masses monétaires en zone euro (en milliards d’euros).
Document 5 Évolution des taux d’intérêt directeurs des banques centrales américaine et
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européenne.
Document 6 La BCE annonce une série de hausses de taux à partir de juillet, une première
depuis plus d’une décennie.
Document 7 Une baisse du pouvoir d’achat des ménages, en France, en 2022 et 2023.
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Document 8 La pauvreté en France se stabilise.


Document 9 Loi de finances 2023 : quel impact a eu le bouclier tarifaire ?
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AVERTISSEMENT
Si le texte du sujet, de ses questions ou de ses documents vous conduit à formuler
une ou plusieurs hypothèses, il vous est demandé de la (ou les) mentionner
explicitement dans votre copie. Toutes les réponses devront être justifiées.

Il vous est demandé d’apporter un soin particulier à la présentation de votre copie et à la


qualité rédactionnelle.

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SUJET

Vous réalisez un stage dans un cabinet d’expertise comptable, proposant des services de
conseil et d’accompagnement des représentants des salariés, des CSE (Comité social et
économique) et des organisations syndicales.
Depuis 1971, ce cabinet s’est spécialisé dans le conseil et l’accompagnement des CSE et
des organisations syndicales, grâce à une approche pluridisciplinaire de son expertise et
des profils de collaborateurs variés (économistes, analystes financiers, sociologues et
psychologues du travail, experts comptables), capables d’intervenir sur de nombreux
secteurs d’activité (métallurgie, énergie, finance, …).

Pour conseiller et accompagner les représentants des salariés, face à des problématiques
économiques et sociales complexes, le cabinet s’appuie sur des analyses économiques qui
permettent d’éclairer sur l’évolution économique, juridique, sociale et politique. Les sujets

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sont nombreux : la crise sanitaire qui continue d’affecter l’activité économique notamment
en Asie, le retour de l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat, la guerre en Ukraine, les
changements de politique monétaire, etc.

Vous devez préparer plusieurs dossiers qui seront publiés dans une newsletter adressée

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aux CSE et aux organisations syndicales, clients du cabinet.

DOSSIER 1 – ANALYSE D’UN DOSSIER DOCUMENTAIRE


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Votre mission consiste à préparer le contenu de cette newsletter. Pour cela, vous
devez :

1) Mettre en évidence les mécanismes qui ont induit une hausse générale des prix
en France ces dernières années.
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2) Analyser les mesures monétaires mises en place par la BCE pour garantir la
stabilité des prix depuis 2017.

3) Analyser les mesures budgétaires prises par les pouvoirs publics pour faire
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face à la hausse générale des prix.

DOSSIER 2 – QUESTION PROBLÉMATISÉE


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Les questions sur le niveau de vie et les risques de pauvreté préoccupent de nombreux
représentants des salariés.
Il vous est demandé de préparer une argumentation structurée, répondant à la question
suivante :

L’État peut-il intervenir efficacement aujourd’hui pour lutter contre les déséquilibres
sociaux ?

Il est attendu en réponse à cette question une argumentation structurée s’appuyant sur le
contexte, vos compétences et sur vos connaissances (théoriques et factuelles).

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BASE DOCUMENTAIRE

Document 1 – Évolution de l’indice des prix à la consommation, en France.

Évolutions annuelles (en %) ; base 100 : année 2015


Pondérations Août 2021 Juillet Août 2022
2022 2022 (p)
Ensemble IPC * 10 000 1,9 6,1 5,8
Alimentation 1 649 1,3 6,8 7,7
- Produits frais 249 6,8 5,2 3,0
- Autre alimentation 1 400 0,4 7,1 8,5
Tabac 215 5,1 0,1 0,1

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Energie 886 12,7 28,5 22,2
Produits manufacturés 2 444 1,1 2,7 3,5
Services 4 806 0,7 3,9 3,9
(p) données provisoires.
* Indice des prix à la consommation : instrument de mesure de l’inflation, qui permet d’estimer entre deux

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périodes données, la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages, à qualité
constante.
Champ : France hors Mayotte.
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Source : « Informations rapides », n° 224, paru le 31 août 2022, insee.fr.

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Document 2 – Inflation1 : une hausse historique en Europe.

Pendant les semaines qui ont suivi la guerre en Ukraine, déclenchée le 24 février 2022, la
hausse globale des prix n’a fait que s’accentuer. […] Elle se traduit concrètement par une
augmentation des prix de la plupart des biens et des services. Dans les pays membres de
la zone euro, les prix de l’énergie ont ainsi bondi en mars de près de 45 % sur un an. Ceux
de l’alimentation, de l’alcool et du tabac ont augmenté de 5 % en un an et de 3,4 % pour les
biens industriels.

L’inflation était cependant déjà en hausse avant le début de la guerre en Ukraine, en raison
de la reprise économique que connaissait l’Europe après la crise du Covid-19. Depuis la fin
de l’année 2021, la hausse des prix atteint des taux historiques puisque la levée des
restrictions sanitaires a entraîné de fortes tensions sur les marchés et sur les
approvisionnements.

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Alors que les prix des matières premières et de l’énergie étaient déjà en hausse avant
l’invasion russe en Ukraine, ce conflit renforce le phénomène. Moscou et Kiev sont
d’importants exportateurs d’énergies (telles que le gaz et le pétrole pour la Russie) et de
matières premières (telles que des denrées agricoles comme le blé). D’autant que l’Europe
est particulièrement dépendante du gaz russe pour faire tourner son économie : plus de

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43 % des importations de cet hydrocarbure dans l’Union européenne provenait de Russie
en 2020.
Tout cet engrenage produit un moindre approvisionnement en produits (notamment
agricoles), une hausse des coûts de production notamment liée à la hausse des prix de
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l’énergie et des matières premières pour les entreprises, une perturbation des échanges
commerciaux - accentuée par les sanctions européennes prises contre la Russie -, une
hausse des prix à la vente pour le consommateur, et donc in fine une baisse du pouvoir
d’achat pour les citoyens si les salaires ne suivent pas.

Source : article publié sur le site Touteleurope.eu, le 07/04/2022.


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Document 3 – Faire face à la hausse générale des prix : un défi structurel.

Le retour de l’inflation, après quelque préférences) rendant d’actualité une


quatre décennies de « Grande reconfiguration du tissu productif
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Modération », est susceptible de faire inhérente au progrès technique et à la


renaître le débat qui a opposé keynésiens croissance. Ils peuvent aussi être le fruit
et monétaristes, économistes de la de chocs géopolitiques affectant
demande et économistes de l’offre dans notamment les marchés de matières
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les années 1970. La question posée reste premières. (…)


la même : celle des causes et coûts de
l’inflation ainsi que des remèdes. (…) La stabilité des prix observée au cours des
quarante dernières années est souvent
L’inflation résulte de déséquilibres de attribuée par la théorie monétaire
marché affectant tout ou partie de dominante à l’action des banques
l’économie. Ces déséquilibres ont une centrales devenues indépendantes. Elle
dimension structurelle quand ils révèlent est surtout révélatrice de l’absence de
des changements des paramètres déséquilibres marqués sur les marchés du
fondamentaux (technologies et travail et des biens qui explique que l’on ait

1 L’inflation se traduit par une augmentation générale et durable des prix. Elle peut être appréhendée comme
la perte de pouvoir d’achat d’une monnaie qui frappe l’économie nationale dans son ensemble (ménages,
entreprises, etc.).

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pu parler de Grande Modération. Sur le imposé par les contraintes sanitaires et de
marché du travail, la modération salariale la persistance de goulets d’étranglement
imposée a été rendue possible grâce à le long des chaînes mondiales
l’importation de biens de consommation d’approvisionnement que la guerre en
en provenance des pays émergents Ukraine est venue exacerber.
produits à bas coûts. La vigilance des
autorités monétaires qui ont agi sur des Si l’inflation devait persister et s’amplifier,
taux d’intérêt maintenus longtemps élevés il y a peu de doute que le débat vieux de
s’est accompagnée d’innovations cinquante ans ressurgirait et que serait
financières qui ont permis de répondre au accusée une politique budgétaire et
besoin de financement des monétaire trop accommodante justifiant
investissements. (…) une hausse des taux d’intérêt. (…)

Depuis le début des années 2000, après De fait, une politique monétaire fortement

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l’éclatement de la bulle internet, des et rapidement restrictive aurait pour effet
tendances déflationnistes ont vu le un effondrement des marchés financiers
jour. Un ralentissement des gains de et un alourdissement du coût des dettes
productivité s’est produit en même temps publiques en outre différencié suivant les
qu’une insuffisance de demande, l’un et pays créant une difficulté particulière au

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l’autre susceptibles d’annoncer une sein de la zone euro. Cela comprimerait la
stagnation séculaire qui se reflèterait dans demande globale, nuirait à la croissance,
la baisse des taux d’intérêt devenus sans résoudre aucun des déséquilibres
proches de zéro. Cela s’est traduit par un sectoriels et des goulets d’étranglement
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excès d’épargne et un recul concomitant qui caractérisent la mutation structurelle
de l’investissement productif. Les de l’économie. Les pressions
liquidités disponibles ont été affectées à inflationnistes seraient contenues mais au
des achats d’actifs financiers et prix d’une pénalisation des
immobiliers par les détenteurs de capitaux investissements productifs, d’une hausse
et au rachat de leurs propres actions par du taux de chômage et de retards pris
les entreprises. Il s’en est suivi une dans les mutations structurelles.
inflation du prix des actifs financiers et
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immobiliers alors que les prix des biens de L’impasse dans laquelle se trouve la
consommation demeuraient stables politique monétaire vient de ce qu’elle ne
toujours grâce à la modération salariale et peut avoir pour but de combattre une
aux importations en provenance des pays inflation qui peut s’avérer utile si elle reste
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à bas salaires. modérée et favorise les ajustements


structurels. Il revient alors aux Banques
L’inflation a récemment resurgi sous la Centrales et notamment à la Banque
forme des hausses de prix sur les marchés Centrale Européenne de s’en tenir à
de matières premières et de certains biens préserver la stabilité financière en
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intermédiaires tels que les composants prévenant des hausses de taux d’intérêt
électroniques. Elle résulte d’un rebond malencontreuses. (…)
exceptionnel d’activité consécutif à l’arrêt

Source : extrait de l’article publié par Jean-Luc Gaffard et Francesco Saraceno, sur le blog de
l’OFCE, www.ofce.sciences-po.fr, le 01/04/2022.

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Document 4 – Dynamique des masses monétaires en zone euro (en milliards d’euros).

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M1 = pièces + billets en circulation + dépôts à vue
M3 = pièces + billets en circulation + dépôts à vue et à court terme + titres de dettes à court terme émis par
les banques et échangés sur les marchés financiers
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Source : graphique publié sur le site Internet Partageonsleco.com, le 22/03/21.

Document 5 – Évolution des taux d’intérêt directeurs des banques centrales


américaine et européenne.
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NB : Taux à 0,00 % pour la BCE entre mars 2016 et juillet 2022 et pour la FED entre mars 2020 et mars 2022.

Source : france-inflation.com, BCE, FED, publications du 08/02/2023.

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Document 6 – La BCE annonce une série de hausses de taux à partir de juillet, une
première depuis plus d’une décennie.
La Banque centrale européenne (BCE) a la BCE a nettement relevé, jeudi, ses
décidé, jeudi 9 juin, de stopper ses prévisions d’inflation jusqu’en 2024.
mesures de soutien monétaire en mettant L’institution s’attend désormais à une
fin à des années de rachats d’actifs et a inflation de 6,8 % en 2022, qui devrait
annoncé qu’elle relèverait en juillet ses ensuite ralentir à 3,5 % en 2023, mais
taux directeurs pour lutter contre l’inflation restant, avec 2,1 %, au-dessus de
– ce qui n’était pas arrivé depuis plus de l’objectif des 2 %, même en 2024. Or « si
dix ans. Annoncées à l’issue d’une réunion les perspectives d’inflation à moyen terme
du conseil des gouverneurs, ces décisions persistent ou se détériorent », une
marquent un tournant historique après des augmentation plus importante des taux,
années de politique d’argent pas cher et supérieure à 25 points, « sera appropriée
abondant. lors de la réunion de septembre »,

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Alors que les autres grandes banques prévient la BCE.
centrales ont déjà amorcé le resserrement La BCE s’est enfermée dans un calendrier
de leur politique monétaire, les gardiens de resserrement monétaire très progressif
de l’euro « ont l’intention de relever les et y déroger maintenant mettrait à mal sa

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taux directeurs de 25 points de base lors crédibilité. Ainsi, l’institution a confirmé,
de la réunion en juillet », avant « une autre jeudi, qu’elle allait mettre fin « le
hausse en septembre », selon le 1er juillet » à ses rachats nets d’actifs, un
communiqué de l’institution. Il s’agira de la préalable avant de commencer à relever
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première hausse de taux depuis mai 2011. ses taux.
Depuis décembre, la BCE a été surprise Fer de lance, avec les taux directeurs
par l’accroissement général des prix, qui négatifs, de son action contre la déflation,
s’est encore accéléré à cause de la guerre ces programmes ont permis à la BCE
en Ukraine. Elle a atteint 8,1 % sur un an d’acheter à tour de bras des obligations
en mai, avec quatorze pays (sur les dix- sur le marché pour faire baisser les coûts
neuf que compte la zone euro) se situant de financement et faire repartir l’économie.
au-dessus de cette moyenne. Du jamais- Le montant colossal de quelque
vu depuis l’instauration de la monnaie 5 000 milliards d’euros d’obligations a été
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unique et un niveau quatre fois supérieur racheté par la BCE depuis 2015. Face à
à l’objectif de la BCE, fixé à 2 %. une inflation galopante, ce soutien n’est
Le reflux espéré des prix se fait attendre : plus nécessaire.
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Source : article publié sur le site Internet du journal, Le Monde », le 24/06/2022.

Document 7 – Une baisse du pouvoir d’achat des ménages, en France, en 2022 et


2023.
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Pour faire face à ce choc inflationniste, le gouvernement a mis en place une revalorisation
anticipée des prestations sociales et de l’indice de la fonction publique à la mi-2022
(respectivement 4 % et 3,5 % en juillet) pour un coût budgétaire global de 10,4 milliards
d’euros (0,6 point de RDB, revenu disponible brut), ainsi qu’un chèque énergie et une aide
de rentrée exceptionnels pour un coût total de 2,9 milliards (0,2 point de RDB). Par ailleurs,
le SMIC a augmenté de 2 % en août (après une hausse de 3,5 % au premier semestre
2022) et les ménages vont bénéficier au dernier trimestre 2022 de la suppression de la
contribution à l’audiovisuel public et la réduction de la taxe d’habitation, pour un montant
total proche de 6 milliards d’euros (0,4 point de RDB). Dans ce contexte, le revenu
disponible brut (RDB) des ménages va fortement s’accroître au second semestre 2022
(+ 4,5 % en nominal, 2,6 % en réel), ce qui va compenser en grande partie les pertes de

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revenu du premier semestre, le RDB réel étant quasi-stable sur l’ensemble de l’année 2022
(- 0,1 %).
En 2023, l’ajustement attendu sur le marché du travail, avec la perte attendue de
175 000 emplois va peser sur la dynamique de la masse salariale, et ce malgré les
revalorisations attendues des salaires nominaux, qui restent néanmoins inférieures à
l’inflation. Le RDB réel baisserait de -0,3 % en moyenne en 2023, et ce malgré la
suppression totale de la taxe d’habitation et la baisse des cotisations des travailleurs
indépendants.
Au total, sur deux ans, malgré les mesures budgétaires déployées et la forte revalorisation
du SMIC, le pouvoir d’achat par unité de consommation (UC), qui tient compte des
évolutions démographiques), se contracterait de 1,4 %, effaçant en grande partie les gains
significatifs de 2021, ce qui le ramènerait à un niveau proche de 2019.

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Source : extrait du Policy Brief, publié sur le site de l’OFCE, www.ofce.sciences-po.fr, le
12/10/2022.

Document 8 – La pauvreté en France se stabilise.

L’Observatoire des inégalités a présenté le 7 décembre la 3 ème édition 2022/2023 du


« Rapport sur la pauvreté en France ».
Ce dossier présente l’intérêt de faire un état des lieux de la pauvreté en France, alors que
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le pays sort progressivement de la crise sanitaire, de préciser qui sont les personnes
concernées – essentiellement des jeunes et des urbains -, et où elles vivent -principalement
dans les grandes villes et leurs banlieues.
Le Rapport fait par ailleurs un focus sur « la grande pauvreté » à partir d’un nouvel indicateur
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de l’INSEE, et sur les personnes qui recourent à l’aide alimentaire.

La pauvreté s’est stabilisée en France, le taux de pauvreté de 7,6 % en 2020 étant d’un
niveau identique à celui de 2009. Cela signifie que la part de la population pauvre est
« assez stable » depuis 20 ans et qu’elle vit aujourd’hui avec au plus 940 euros par mois.
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Comme l’indique le rapport, « la pauvreté n’explose pas ». Principalement du fait du modèle


social français qui « contient mieux la pauvreté que la plupart des pays européens ».
Un exemple : le nombre d’allocataires du RSA était en juin 2022 inférieur celui de juin 2019.
Le niveau de vie mensuel des 10 % les plus pauvres stagne depuis le début des années
2000 : 723 euros en 2003 contre 726 euros en 2019. Le nombre de personnes pauvres en
France avoisine les 5 millions de personnes.
Ce montant est donc plus un « indicateur d’inégalité, pas de pauvreté absolue ». Un taux
de pauvreté qui se stabilise signifie ainsi pour l’observatoire que « les inégalités ne
diminuent plus en bas de la hiérarchie des revenus comme c’était le cas durant les années
1970. Une même proportion de population vit à l’écart de la norme des revenus des classes
moyennes ».

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Source : article publié sur le site Internet de la Financepourtous.com, le 15/12/22.

Document 9 – Loi de finances 2023 : quel impact a eu le bouclier tarifaire ?

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En 2021, lors de l’adoption de la loi de finances 2022 les prévisions de croissance étaient
de 6,2 % pour 2022 et 3,7 % pour 2023. Ces prévisions d’une forte reprise de l’économie à
la sortie de la crise liée au Covid-19 ont dû être fortement revues à la baisse suite au
déclenchement de la guerre en Ukraine et la crise énergétique qui a frappé l’économie

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mondiale.
Dans un contexte de forte hausse des prix de l’énergie, la loi de finance 2023 inclut une
reconduction du « bouclier tarifaire », mesure exceptionnelle prise en 2022 visant à
subventionner les prix de l’énergie pour atténuer leurs effets inflationnistes.
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Notre évaluation du bouclier tarifaire, pour les deux années sur lesquelles le gouvernement
s’est engagé, indique qu’il a permis de gagner 1,7 point de croissance en 2022 et 0,08 point
en 2023, l’inflation étant pour sa part réduite de 1,1 point en 2022 et de 1,8 point en 2023.
Le coût de cette mesure, étant évalué à 110 milliards sur deux ans, la dette publique restera
à niveau élevée (112,5 % du PIB) jusqu’en 2027, malgré les efforts budgétaires affichés
dans la loi de finance 2023.
En dépit de l’absence de ciblage des mesures, le bouclier tarifaire permet de contenir la
hausse des inégalités induite par la crise énergétique frappant d’abord les ménages les
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moins favorisés. Nos évaluations indiquent qu’en présence du bouclier tarifaire, les
ménages les plus favorisés consommeront jusqu’à 2,4 fois plus que les ménages les plus
défavorisés entre 2022 et 2023. En l’absence du bouclier tarifaire, les inégalités de
consommation auraient été encore plus importantes. Les ménages les plus favorisés
auraient en effet consommé jusqu’à 2,5 fois plus que les ménages défavorisés.
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Enfin, notre analyse montre qu’une indexation des salaires aurait fortement réduit l’efficacité
du bouclier tarifaire, faisant perdre 0,6 point de croissance en 2022 et faisant passer la dette
à 114 % du PIB en 2027. Une relance par la demande, via des transferts subventionnant la
consommation incompressible d’énergie (par exemple, le gouvernement fait « un
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chèque-énergie » destiné à tous ménages d’un même montant), aurait également réduit la
croissance moyenne sur ces deux années et conduit à un niveau plus important de dette
publique (119 % du PIB).

PIB PIB Inflation Inflation Dette / PIB


Scénarios
2022 2023 2022 2023 2027

Pas de bouclier 2022 & 2023 1,10 % 0,92 % 7,50 % 6,40 % 110,70 %

Bouclier 2022 & 2023 2,85 % 1,00 % 6,4 % 4,6 % 112,5 %

Indexation des salaires 2,22 % 1,03 % 7,5 % 4,8 % 114,1 %

Relance par des transferts ciblés 1,65 % 1,27 % 7,8 % 6,5 % 119,3 %

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En conclusion, il apparaît que la politique du bouclier tarifaire a conduit à un bon compromis
entre inflation, croissance, pouvoir d’achat et inégalités. Sa principale vertu est de
désamorcer la boucle prix-salaire au moment où la puissance du choc est la plus forte, i.e.
en 2022, moment où la hausse des prix de l’énergie est la plus élevée. Ceci permet, dans
un contexte de hausse généralisée des coûts de production de contenir la hausse des coûts
du travail et de préserver une croissance forte en emploi. Si cette politique ne fait pas
progresser le salaire réel horaire, elle amortit les pertes de pouvoir d’achat liées à la crise
par un plus grand nombre d’heures travaillées. De la même manière, si cette politique
n’annule pas les effets inégalitaires de la crise énergétique, elle en limite la progression par
le surcroît d’activité qu’elle génère. Les autres politiques que nous avons évaluées
(indexation des salaires ou relance par la demande) qui fragilisent la croissance et l’emploi,
se révèlent moins efficaces que le bouclier tarifaire pour faire face à la crise énergétique.

Source : extrait de la Note de l’Observatoire Macro n° 2022-05, publiée par François Langot,
Professeur d’économie, Chercheur à l’Observatoire Macro du CEPREMAP, Le Mans

N
Université ; Fabien Tripier, Professeur d’économie et chercheur, sur le site du CEPREMAP, le
22/11/22.

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