rebut

rebut

[ rəby] n.m. [ de rebuter ]
1. Ce qui est rejeté, considéré comme sans valeur : Ce commerçant a réussi à vendre ses rebuts pendant le vide-greniers.
2. Litt. Ensemble de personnes extrêmement méprisables : Le rebut de la société lie
De rebut,
sans valeur : Des marchandises de rebut.
Jeter ou mettre au rebut,
se débarrasser d'une chose sans valeur ou inutilisable : Elle a mis ses vieux jouets au rebut.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

REBUT

(re-bu ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : des re-bu-z insultants) s. m.
Action de rebuter.
Lorsque par les rebuts une âme est détachée, Elle veut fuir l'objet dont elle fut touchée [MOL., le Dép. I, I]
Si on ne trouvait plus de douceur dans le mépris, dans la pauvreté, dans le dénûment et dans le rebut des hommes, que dans les délices du péché [PASC., Lett. à Mlle de Roannez, 6]
Il faut que le monde nous désabuse du monde ; ses appas ont assez d'illusions, ses faveurs assez d'inconstance, ses rebuts assez d'amertume [BOSSUET, la Vallière.]
On ne peut presque leur parler sans s'exposer à une réponse désagréable ; et l'on a beau prendre toutes les précautions possibles, il y a toujours de leur part quelque rebut à essuyer [BOURDAL., Retraite spirit. 6e jour.]
Quels rebuts, quelles traverses n'endure-t-on pas pour un fantôme de gloire mondaine ! [FÉN., t. XVIII, p. 40]
Ce qui est rebuté, ce qu'il y a de plus mauvais.
Elle [Rome] a le cœur trop bon pour se voir avec joie Le rebut du tyran dont elle fut la proie [CORN., Cinna, II, 2]
Le rebut de madame est une marchandise Dont on aurait grand tort d'être si fort éprise [MOL., Mis. V, 6]
[L'homme] quel sujet de contradiction, juge de toutes choses, imbécile ver de terre.... gloire et rebut de l'univers ! [PASC., Pens. VIII, 1, éd. HAVET.]
Les ouvrages qui ont été les délices et l'admiration de la vieille cour sont le rebut des provinces et du peuple [BOUHOURS, Entret. d'Ar. et d'Eug. II]
M'en irai-je moi seul, rebut de la fortune, Essuyer l'inconstance au Parthe si commune ? [RAC., Mithr. III, 1]
Ces Juifs, dont vous voulez délivrer la nature, Que vous croyez, seigneur, le rebut des humains [ID., Esth. III, 4]
Vous serez rejeté comme une pierre de rebut [MASS., Carême, Mauv. riche.]
La fréquence et l'inutilité de ses sollicitations pour l'Académie, avait jeté un air de rebut sur ce candidat si opiniâtre et si malheureux [D'ALEMB., Éloges, Trublet.]
C'est le rebut du genre humain, de la nature, se dit d'un homme vil et méprisable. Marchandises de rebut, choses de rebut, marchandises, choses qui ont été rebutées ou qui méritent de l'être.
Forcée de vendre jusqu'aux meubles de rebut que vous lui aviez envoyés [MARIV., Marianne, 2e part.]
On dit de même : être au rebut, mettre au rebut. Elliptiquement. Au rebut, mettez, mettons au rebut.
Voici une paperasse qu'un savant Suisse me donne pour l'article Isis [dans l'Encyclopédie] ; si l'article n'est pas fait à Paris, si celui-ci est passable, faites-en usage ; sinon, au rebut [VOLT., Lett. d'Alembert, 29 févr. 1757]
Terme d'administration des postes. Mettre une lettre au rebut, la mettre à l'écart, parce qu'on n'a pas trouvé le destinataire.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Le roy luy feit un fort aspre rebut pour ceste importune demande [AMYOT, Thém. 53]
    Depuis ce rebut là [échec] les Gaulois commencerent à perdre courage [ID., Cam. 48]
    À l'advis d'Anacharsis, le plus heureux estat d'une police seroit où, toutes aultres choses estants eguales, la precedence se mesureroit à la vertu, et le rebut au vice [MONT., I, 335]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. REBUTER. On disait au XVe siècle reboutement au sens de rebut.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

rebut

REBUT. n. m. Action de rebuter. Il a essuyé beaucoup de rebuts.

Il désigne aussi Ce qu'on a rebuté, ce dont on n'a point voulu, ce qu'il y a de plus mauvais en chaque espèce. Il a vendu tout ce qu'il avait de meilleur, il n'a plus que du rebut.

Marchandises de rebut, choses de rebut, Marchandises, choses qui ont été rebutées, ou qui méritent de l'être. Vous ne nous montrez là que des marchandises de rebut. On dit de même : Être, mettre au rebut. Ces meubles sont au rebut.

C'est le rebut du genre humain, de la nature, se dit d'un Homme vil et méprisable.

En termes d'Administration des postes, Mettre une lettre au rebut, Mettre à l'écart une lettre dont on n'a pu trouver le destinataire.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

rebut

Rebut, C'est ce qui est rejecté, comme ne rien valant ou ne servant. Comme je n'ay eu à ma part que le rebut du butin, Reiiculum, Reiectaneum. Selon ce on dit brebis de rebut, Oues reiiculae.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

rebut


REBUT et ses dérivés. Voyez REBUFFADE.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

rebut

nom masculin rebut
1.  Ce qu'on laisse de côté.
2.  Littéraire. Personnes viles.
élite, fine fleur -familier: crème, gratin.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

rebut

dregs, dud, waste, scarpuitschot, afval, onbestelbaar poststuk, prulAusschuss, Kehrichtбракrifiuto, scarti, scarto (ʀəby)
nom masculin
jeter qqch
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rebut

[ʀəby] nm
(= déchet) → scrap (= vêtements) → cast-offs
mettre au rebut → to scrap
taux de rebut → scrap rate
objets de rebut → scrap sg
bois de rebut → scrap wood
matériaux de rebut → waste sg
papier de rebut → waste paper
marchandise de rebut → rejects
(= personnes) le rebut → the rejects
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005