recrue
n.f. [ de croître ] 1. Jeune militaire qui vient d'être incorporé.
2. Nouveau membre d'une société, d'un groupe : Ce garçon est une bonne recrue.
École de recrues, en Suisse, première partie du service militaire.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013
RECRUE
(re-krue) s. f.1° Nouvelle levée de soldats pour remplacer ceux qui manquent.
La recrue de 502 soldats est arrivée à Calais deux jours après que j'en suis parti, [, Corresp. de Colbert, Lett. 173]
Il y a quinze jours que je devrais avoir amené la recrue au régiment, et nous n'avons pas encore la moitié de nos gens [DANCOURT, la Gazette, SC. 1]
Des troupes de recrue ni disciplinées ni complètes étaient au centre [VOLT., Louis XIV, 20]
Claude doit partir pour suivre la recrue [J. J. ROUSS., Hél. I, 40]
Fig.Les hommes étant destinés pour réparer les ruines que l'orgueil de Satan a faites dans le ciel, c'est une sage dispensation d'envoyer les anges à notre secours, afin qu'ils travaillent eux-mêmes aux recrues de leurs légions, en ramassant cette nouvelle milice qui doit rendre leurs troupes complètes [BOSSUET, Sermons, Anges gardiens, 1]
2° Il se dit des soldats de nouvelle levée, nouveaux soldats. Armée de recrues.
Un vieux soldat parvenu par son courage ou plutôt par sa patience à l'emploi de sergent dans sa compagnie vint faire des recrues à Madrid [LESAGE, Diabl. boit. ch. 7]
Le bruit continuel de décharge d'armes à feu dans l'intérieur de leur ligne [des Russes], ne nous annonçait-il pas qu'une multitude de recrues s'y exerçaient, à la faveur de l'armistice ? [SÉGUR, Hist. de Nap. VIII, 10]
Fig. et familièrement.Vous m'avez flatté aussi que l'empereur était dans la voie de perdition ; voilà une bonne recrue pour la philosophie [VOLT., Lett. au roi de Prusse, 21 nov. 1770]
Au sing. La recrue, les soldats de recrue.
Il y faisait ses enrôlements et enivrait la recrue [LESAGE, Diabl. boit. ch. 7]
3° Action de lever des hommes pour des recrues. On a cessé la recrue.
Fig.Cette recrue continuelle du genre humain, je veux dire les enfants qui naissent, à mesure qu'ils croissent et qu'ils s'avancent, semblent nous pousser de l'épaule et nous dire : retirez-vous [BOSSUET, Sermon sur la mort, 1]
4° Fig. Gens qui arrivent dans une compagnie sans y être attendus.
C'est un de ces enfants dont la folle recrue Dans la société vient tomber tous les ans, Et lasse tout le monde, excepté leurs parents [GRESSET, Méch. II, 1]
Faire la recrue de quelqu'un, l'adjoindre, l'introduire.
Il faut que je vous dise que j'ai fait la recrue d'un jésuite ; il est venu à Genève.... [VOLT., Lett. d'Alembert, 8 juill. 1757]
HISTORIQUE
- XVIe s.
Deux choses firent resoudre de passer le Rosne, l'une pour r'afraichir l'armée de nouvelles recreues.... [D'AUB., Hist. I, 320]
À Artenai ils trouverent une recreue de filles de joie, qui pensoient encores aller au siege [ID., ib. II, 103]
Les armes de recrue [rechange] estoient 7000 harquebuses et leur fournimens [ID., ib. III, 88]
ÉTYMOLOGIE
- Recrue est le féminin, pris substantivement, de recrû.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877
recrûe
RECRûE, s. f. RECRUTER, v. act. [1re e muet; 2e lon. au 1er.] Recrûe est une nouvelle levée de gens de guerre pour remplacer ceux qui manquent. Recruter, faire des recrûes. Il a fait, il amène une belle recrûe. "Recruter un Régiment. = Recrûe se dit figurément (st. famil.) des gens, qui surviènent dans une compagnie, sans être atendus; ou, qui augmentent d'une aûtre manière une société, une profession, etc.
C'est un de ces enfans, dont la folle recrûe
Dans les sociétés vient tomber tous les ans.
Le Méchant.
Médisante recrûe, à l'oprobre livrée.
Palissot
Rem. Recruter n'est pas un mot bien ancien. La Touche, au comencement du siècle, en parle comme d'un mot, qui començait à paraitre assez souvent dans la conversation et dans les gazettes. Il en augurait bien, et pensait que la comodité le ferait recevoir dans tous les styles. Il remarque que l'Acad. l'avait mis dans la seconde Édition de son Dictionaire. = RECRUTEUR est encôre plus nouveau que Recruter, sur-tout au figuré. Celui, qui fait des recrûes. "Les recrûes n'ont pas été heureûses: les femmes ont compris que le vernis philosophique étoit celui de tous, qui leur convenoit le moins, et le recruteur philosophe s'est consumé en pure perte. Sabat. Trois siècles, etc. — L'Acad. ne met ce mot ni au propre, ni au figuré.
Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788