boucher

1. boucher

v.t. [ anc. fr. bousche, gerbe ]
1. Fermer une ouverture : Boucher un puits avec du ciment obturer mettre un bouchon
2. Barrer une voie, empêcher le passage de : Le camion de déménageurs bouche la rue obstruer engorger
Boucher la vue,
empêcher de voir, faire écran : Cet immeuble nous bouche la vue sur la mer cacher
Ça m'en bouche un coin,
Fam. ça m'épate.
Se boucher les oreilles, les yeux,
refuser d'entendre, de voir.

2. boucher, ère

n. [ de bouc ]
Personne qui prépare et vend de la viande au détail.

boucher

n.m.
1. Homme cruel, sanguinaire ; assassin, bourreau.
2. Fam. Chirurgien, dentiste maladroit.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

boucher


Participe passé: bouché
Gérondif: bouchant

Indicatif présent
je bouche
tu bouches
il/elle bouche
nous bouchons
vous bouchez
ils/elles bouchent
Passé simple
je bouchai
tu bouchas
il/elle boucha
nous bouchâmes
vous bouchâtes
ils/elles bouchèrent
Imparfait
je bouchais
tu bouchais
il/elle bouchait
nous bouchions
vous bouchiez
ils/elles bouchaient
Futur
je boucherai
tu boucheras
il/elle bouchera
nous boucherons
vous boucherez
ils/elles boucheront
Conditionnel présent
je boucherais
tu boucherais
il/elle boucherait
nous boucherions
vous boucheriez
ils/elles boucheraient
Subjonctif imparfait
je bouchasse
tu bouchasses
il/elle bouchât
nous bouchassions
vous bouchassiez
ils/elles bouchassent
Subjonctif présent
je bouche
tu bouches
il/elle bouche
nous bouchions
vous bouchiez
ils/elles bouchent
Impératif
bouche (tu)
bouchons (nous)
bouchez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais bouché
tu avais bouché
il/elle avait bouché
nous avions bouché
vous aviez bouché
ils/elles avaient bouché
Futur antérieur
j'aurai bouché
tu auras bouché
il/elle aura bouché
nous aurons bouché
vous aurez bouché
ils/elles auront bouché
Passé composé
j'ai bouché
tu as bouché
il/elle a bouché
nous avons bouché
vous avez bouché
ils/elles ont bouché
Conditionnel passé
j'aurais bouché
tu aurais bouché
il/elle aurait bouché
nous aurions bouché
vous auriez bouché
ils/elles auraient bouché
Passé antérieur
j'eus bouché
tu eus bouché
il/elle eut bouché
nous eûmes bouché
vous eûtes bouché
ils/elles eurent bouché
Subjonctif passé
j'aie bouché
tu aies bouché
il/elle ait bouché
nous ayons bouché
vous ayez bouché
ils/elles aient bouché
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse bouché
tu eusses bouché
il/elle eût bouché
nous eussions bouché
vous eussiez bouché
ils/elles eussent bouché
Collins French Verb Tables © HarperCollins Publishers 2011

BOUCHER1

(bou-ché) v. a.
Fermer une ouverture, un passage. Des chariots bouchaient le passage. Le conduit était bouché par une pierre. On boucha les fenêtres. Boucher les jours, les vues d'une maison, en murer les fenêtres. Boucher la vue, l'intercepter, l'empêcher. Ces arbres nous bouchent la vue.
Fermer avec un bouchon, avec un tampon. Boucher une fente. En bouchant le trou avec le pouce. Le procédé pour boucher les bouteilles de vin de Champagne. Le Nil bouche avec son limon les interstices de la terre. Se boucher le nez, se garantir contre une odeur forte ou délétère. Se boucher les yeux, les oreilles, ne vouloir point voir, entendre.
Et se bouchant l'oreille au récit de ses vers [RÉGNIER, Sat. II]
La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles Et nous laisse crier [MALH., VI, 18]
Je fermerai les yeux, je boucherai mes oreilles [DESC., Médit. 3]
L'opéra toujours Fait bruit et merveilles ; On y voit les sourds Boucher leurs oreilles [BÉRANG., Musique.]
Fig. et familièrement. Boucher un trou, payer une dette.
Terme de doreur. Boucher d'or moulu, réparer les ouvrages d'or qui ont quelque petit défaut après avoir été brunis.
Se boucher, v. réfl. Se fermer. La voie par où les eaux s'écoulaient s'est tout à fait bouchée.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et puis reclost l'en la porte et la boucha l'en bien, aussi comme l'en naye [noie, jette à l'eau] un tonnel [JOINV., 210]
    Assez près de Damiete trouvames un flum qui issoit de la grant riviere ; et fut acordé que l'ost sejourna un jour pour boucher ledit braz [ID., 219]
    Dont je vis un Coremyn [Chorasmien] qui fu des gens l'empereour de Perse, qui nous gardoit en la prison, que, quant il ouvroit son sac, nous nous bouchions, que nous ne povions durer pour la puneisie [puanteur] qui issoit du sac [ID., 265]
  • XIVe s.
    Il saigna tant de sanc, bouchier ne pout sa plaie [, Girart de Ross. 4661]
  • XVe s.
    Sa cheminée il [l'avare] boschoit, Craignant perdre la fumée [BASSELIN, XLIV]
    Avoit la premiere les oreilles bouciées tant estroitement que à nulle rien fors qu'à propre affection ne voloit doner ascout [G. CHASTEL., Expos. s. verité mal prise.]
    Icelle femme dist que son mari estoit en ung lieu appelé les Arceiz, où il bouchoit son blé [mettait en gerbe] [DU CANGE, bouchellus.]
  • XVIe s.
    Alors le grand pontife tire la patiente toute bouchée [voilée] hors de la littiere [AMYOT, Numa, 18]
    Il n'y a d'autre difference entre cecy et cela, sinon que le corps qui fait ces tenebres est plus grand que mon manteau qui te bouche les yeux [ID., Péric. 67]
    Un caveau, lequel n'a porte ny demie, sinon une grosse pierre dont on bousche l'entrée [ID., Philop. 33]

ÉTYMOLOGIE

  • Ménage tire ce mot du grec, mais on n'a aucun intermédiaire qui justifie l'introduction directe de ce mot grec dans le langage vulgaire. Diez, se reportant à bouchon, dit que ce mot est l'équivalent du provençal bocon, et de l'italien boccone, qui signifient bouchée (ancien français boucon) ; de là boucher, avec le sens de ce qui remplit la bouche, et, en particulier, la bouche de la bouteille. C'est avec raison que Diez rapproche boucher de bouchon ; mais est-ce bien à bocon, boccone qu'il faut rapporter bouchon ? L'orthographe boscher, boucier, bouscher n'y conduit guère ; le sens de mettre en botte que boucher a dans un de nos exemples n'y conduit pas non plus. Boucher ne peut venir de bouchon : l'un et l'autre supposent un substantif bouche, masculin ou féminin, qui voudra dire ce qui obture et ce qui fait gerbe ou botte ; substantif qui existe réellement, comme on le voit dans cet exemple du XVe siècle : Confessent iceulx habitans dovoir au dit prieur, pour cause du disme de toutes leurs chanves qui est de dix bouches [gerbes], ung bouchot, DU CANGE, boteronus. Or un pareil substantif ne peut pas être rapporté à bouche, ouverture placée au visage ; mais il appartiendra sans peine (car il est le primitif de bouchon de cabaret, voy. BOUCHON 2) à un radical qui se trouve dans bois, dans bosquet, dans bouquet, dans bûche, et qui, signifiant bois ou morceau de bois, aura facilement le double sens de tampon ou de bouchon, sorte de faisceau. En définitive, l'étymologie reste indécise entre deux conjectures : 1° bouche, ouverture dans la face ; bouchée, ce qui emplit la bouche ; d'où boucher, obturer ; à quoi on objectera que, historiquement, ni bouchée n'a jamais eu le sens de ce qui obture, ni boucher celui de mettre en bouche (ce qui, si on l'avait trouvé, aiderait grandement cette étymologie), ni le provençal bocon et l'italien boccone celui de bouchon (ce qui aiderait l'assimilation, en montrant que bocon et boccone sont les mêmes que le français bouchon) ; 2° bouche, faisceau de paille, de javelle, de branchage, d'où bouchon de cabaret, ce qui s'applique sans difficulté à tout ce qui bouche, obture.

BOUCHER2

(bou-ché ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel l's se lie : des bouchers enrichis, dites : des bou-ché-z enrichis) s. m.
Celui qui tue les bestiaux, les débite, et en vend la chair crue. Garçon boucher, celui qui aide le boucher dans son travail. Fig. C'est un boucher, se dit d'un homme cruel, ou d'un chirurgien inhabile et maladroit, et encore d'un général prodigue de sang. C'est un rire de boucher, il ne passe pas le nœud de la gorge, se dit de quelqu'un qui témoigne à l'extérieur qu'il est content, quoiqu'en effet il ne le soit pas trop. Locution qui vient de ce que les bouchers tiennent leurs couteaux à leur bouche, ce qui leur fait montrer les dents et faire une contorsion de lèvres imitant le ris.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et un cotel qui souef tranche Con ce fust cotel à bochier [, Ren. 15977]
    Li bochier d'Orliens prennent sor chascune beste six deniers, et metent en une boete, à defendre cels de lor borc contre autres genz [, Liv. de just. 7]
    Parce que noz veismes qu'il estoit tués d'un seul coup de mail ou de machue, noz preismes un boucier, li quix avoit soupé la nuit devant aveques li [BEAUMANOIR, XL, 20]
    Quant les bouchiers et les autres homes de l'ost et les femmes qui vendoient les danrées oïrent ce, il leverent le cri en l'ost [JOINV., 233]
  • XIVe s.
    Olivier de Clisson par la bataille va ; Il tenoit un martel qu'à ses deux mains porta ; Tout ainsi qu'un bouchier, abati et versa [, Guesclin. 6135]
    Que les peres l'avoient creé non pas consul pour gouverner, mes bouchier pour tourmenter et murdrir le peuple [BERCHEURE, f° 48, recto.]
  • XVe s.
    Et l'appelloit on le boucher, pource que, à besongnes où il estoit contre les Anglois, il en prenoit peu à rançon [JUVÉNAL, Charles VI, 1407]
    Chier filz, c'est pour vous reprouchier Que n'avez pas cuer de bouchier [, Mir. de Ste Geneviève]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. bochier ; catal. botxi ; ital. beccaio, beccaro. Une analogie apparente semble d'abord indiquer bouche comme primitif de boucher ; mais l'italien beccaio s'y oppose. Remarquant que becco en italien signifie bouc, et que la forme française et la forme provençale peuvent être sans peine rattachées à bouc, on acceptera cette étymologie qui, indiquée avant Raynouard, a été établie par lui. Le boucher est proprement le tueur de boucs (la partie pour le tout). Ainsi, pour le mot boucherie, à côté de bocaria, le provençal avait brecaria, qui, venant de berbix, signifie proprement la tuerie de brebis (encore la partie pour le tout). Bien qu'il semble très étrange que le boucher ait été nommé d'après le bouc ou le chevreau, cependant, étymologiquement, il n'y a aucun moyen d'écarter l'italien beccaio, ni de rapporter le provençal bochier et le français boucher à bouche.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

boucher

BOUCHER. v. tr. Fermer une ouverture ou ce qui présente une ouverture. Boucher un trou. Boucher un tonneau. Boucher une bouteille. Boucher une porte. Boucher une fenêtre. Se boucher le nez. Se boucher les oreilles. Se boucher les yeux. L'ouverture s'est tout à fait bouchée.

Boucher les vues d'une maison, Murer celles de ses fenêtres qui voient de trop près sur une propriété voisine, contrairement à la coutume, à la loi. On l'a obligé à boucher ses vues.

Boucher la vue d'un objet, Empêcher de l'apercevoir. Ce bâtiment, ce bois, ce mur bouche la vue du jardin.

Fig., Se boucher les yeux, Ne vouloir point voir; et Se boucher les oreilles, Ne vouloir point écouter.

Fig. et fam., Boucher un trou, Payer quelque dette et dédommager de quelque perte avec une somme d'argent.

Le participe passé s'emploie comme adjectif. Fig. et fam., Avoir l'esprit bouché, être bouché, Avoir peu d'intelligence, ne pouvoir comprendre les choses les plus simples. Il a aujourd'hui l'esprit si bouché qu'on ne peut rien lui faire comprendre. Il faut que ce garçon- là soit bien bouché pour n'avoir pas compris une chose si simple!

boucher

BOUCHER. n. m. Celui qui tue des boeufs, des moutons, etc., et qui en vend au détail la chair crue. L'étal d'un boucher. Un couteau de boucher. Garçon boucher.

Fig., C'est un boucher, un vrai boucher, C'est un homme cruel et sanguinaire.

Il a un féminin, BOUCHÈRE, qui désigne Celle qui aide le boucher dans la vente au détail de la viande.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

boucher

Boucher, Cerchez Bouscher.

boucher

Un Boucher, Carnarius, Lanius, et Lanio, lanionis.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

boucher


BOUCHER, v. act. [Bou-ché; 2e é fer.] Fermer une ouverture: boucher un trou, un toneau, une bouteille, une porte, une fenêtre. = Figurément et proverbialement, on dit d'une somme d'argent qu'on reçoit, qu'elle servira à boucher un trou, à payer quelque dette.
   BOUCHER, a quelquefois pour 2d régime le datif (la prép. à.) On lui boucha le passage; on boucha toutes les avenûes à l'énemi. — Se boucher les yeux, ne vouloir point voir; se boucher les oreilles, ne vouloir point entendre. Là le pron. se est au datif; se boucher à soi-même.

boucher


BOUCHER, s. m. BOUCHèRE, s. f. BOUCHERIE, s. f. [Bou-ché, chère, che-rîe; 2e é fer. au 1er, è moy. et long au 2d; e muet au 3e, dont la 3e est long.] Boucher est celui qui tûe des boeufs, des moutons, etc. = Figurément, homme cruel et sanguinaire. = Bouchère, femme d'un Boucher, ou celle qui vend de la viande. Boucherie; lieu où l'on tûe.
   Rem. On dit viande de boucherie, et non pas de la boucherie. "Les denrées, dont la valeur est principalement augmentée, sont la viande de la boucherie, la volaille, le poisson. Hist. d'Angl. Retranchez la.
   On dit figurément, mener les soldats à la boucherie, les exposer à une mort presque certaine; et proverbialement, d'un homme qu'il a du crédit dans une afaire, comme un chien à la boucherie, pour dire, qu'il n'en a point du tout.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

boucher

nom masculin boucher
Homme sanguinaire.
assassin, bourreau, criminel, massacreur.

boucher

Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

boucher

(buʃe)
verbe transitif
1. remplir, fermer l'ouverture de boucher un trou boucher une fenêtre boucher une bouteille
2. bloquer, empêcher le passage boucher la rue
3. empêcher de voir

boucher

(buʃe) masculin

bouchère

Fleischer, pfropfen, stopfen, verstopfen, zustopfen, Metzger, abdichten, verstreichenbutcher, clog, block, stop up, choke, cork, plug, fill, plug up, bung, stuff up, congest, stop, stopper, stuff, tampdichtmaken, slager, stoppen, dichten, slachter, toestoppen, verstoppen, volstoppen, dichtstoppen, kurken, vleeshouwer, afsluiten, beul, dichttimmeren, onhandig chirurg, versperren, opvullenאטם (פ'), חסם (פ'), מוכר בסר (ז), סגר (פ'), סתם (פ'), פקק (פ'), קצב (ז), אֶטֶם, סָגַר, סָתַם, פָּקַק, קַצָּבatapeir, obstruir, sargir, taparřezníkŝtopibloquear, obstruir, obturar, tapar, carniza, carniceroarrolhar, obstruir, obturar, tampar, tapar, entupir, açougueiro, talhantemacellaio, intappare, intasare, otturare, turareجَزّارslagterχασάπηςteurastajamesar肉屋정육점 주인slakterrzeźnikмясникslaktareคนขายเนื้อkasapngười bán thịt屠夫屠夫 (buʃɛʀ) féminin
nom
personne qui vend de la viande aller chez le boucher
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

boucher

5 [buʃe, ɛʀ]
nm/fbutcher
Il est boucher → He's a butcher.
Elle est bouchère → She's a butcher.
nf (femme du boucher) → butcher's wife

boucher

6 [buʃe] vt
[+ conduit] → to stop up; [+ trou] → to fill
boucher un trou → to fill a hole
(sujet chose) → to block, to block up [buʃe]
vpr/pass [+ tuyau] → to block up, to get blocked up
vpr/vt
se boucher le nez → to hold one's nose
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005