corne
corne
n.f. [ lat. cornu ]CORNE
(kor-n') s. f.PROVERBES
- Il entend de corne, il a mangé de la vache, se dit de quelqu'un qui a mal entendu.
- On prend les hommes par les paroles et les bêtes par les cornes.
HISTORIQUE
- XIIe s. Je dis as mesfaisanz : ne voilez [veuillez] exalcer la corne [, Liber psalm. p. 100]Si ad enpaint Reinalt qu'ariere rehusa [recula], E le corn del mantel hors des mains li sacha [, Th. le mart. 148]Sedechias, li fiz Chanaa, se fist cornes de fer, si dist.... [, Rois, 335]E Sadoc prist une corne à ulie [huile] del tabernacle, e enuinst à rei Salomun [, ib. 225]
- XIIIe s. [La mitre] a deux cornes, dont l'une senefie confession et l'autre satisfacion [, Chron. de Rains, p. 105]Jehan le Ermin, qui estoit artillier le roy, ala lors à Damas pour acheter cornes et glus pour faire arbalestres [JOINV., 258]Belin [le bélier] s'esmuet de grant ravine ; Quant vint au leu [loup], ses cornes cline [, Ren. 6428]Et Turc aux ars de cor les vont bien destruisant [, Chanson d'Antioche, t. I, p. 31]
- XIVe s. Item un arc de cor d'arbaleste ou prix de vingt sols [DE LABORDE, Émaux, p. 223]Arbalestes de cor et d'if [ID., ib.]
- XVe s. Les dames et damoiselles menoient grands et excessifs estats, et cornes merveilleuses hautes et larges, et avoient de chascun costé en lieu de bourleis deux grandes oreilles si larges que, quand elles vouloient passer l'huys d'une chambre, il falloit qu'elles se tournassent de costé et baissassent, ou elles n'eussent pu passer [JUVÉNAL DES URSINS, Hist. de Charles VI, p. 336, dans LACURNE]Et eurent les Anglois sur corne [furent battus] [, Vigiles de Charles VII, t. II, p. 97, dans LACURNE]Pour bailler aux Anglois sur corne [, ib. p. 57]Et elle, qui fut tant esbahie que se cornes lui fussent venues, de primesaut ne sut que repondre [LOUIS XI, Nouv. XXX]
- XVIe s. Plusieurs garçons lui faisoient des cornes par derriere, en signe de moquerie [MARG., Nouv. III]Afin que, quand vos maris vous donneront les cornes de chevreuil, vous leur en donniez de cerf [ID., ib. III]On veoit croistre la nuict des cornes à tel qui ne les avoit pas en se couchant [MONT., I, 92]S'humilier et baisser les cornes [ID., II, 227]Des couppes d'argent, des tasses et gobelets faits en forme des cornes d'abondance [AMYOT, P. Aem. 55]Suivoient six vingt bœufs gras et refaicts, ayans toutes les cornes dorées et les testes couronnées de festons [ID., ib. 56]Et la recueille lon ne plus ne moins qu'une rosée dedans la corne du pied d'un asne, pour ce qu'il n'y a autre sorte de vaisseau qui la puisse contenir [ID., Alex. 123]Le mareschal d'Aumont faisoit la corne [l'aile] gauche, aiant à chacun de ses estriers un regiment françois [D'AUB., Hist. III, 229]Il se sent tant mon obligé, que c'est pour l'amour de moy qu'il porte cette corne de cheveux [D'AUB., Conf. II, 1]Les elephans, estant irrités, chargent les hommes sur leurs cornes, et les jettent si haut, que.... [PARÉ, Animaux, 13]La corne-de-cerf, le cerfeuil, le nazitor ou cresson alenois, et autres menues herbes [O. DE SERRES, 536]Nous fismes une autre grande attaque, en la quelle nous ecornasmes la moitié de la corne [BASSOMPIERRE, Mém. t. II, p. 234, dans LACURNE]Doncq quel proufit vient il à l'humain gendre [au genre humain] Dessus son chief les cornes d'orgueil prendre ? [, Les triomphes de Pétrarque, trad. par le baron D'OPEDE, f° 97, dans LACURNE]Bœufs portent cornes, et veaux cornettes [DES ACCORDS, Bigarr. f° 48, dans LACURNE]
ÉTYMOLOGIE
- Bourguig. cone ; wallon, coine ; provenç. corn ; espagn. cuerno ; ital. corno ; du latin cornu; allem. Horn. On remarquera dans l'historique, arc de cor : c'est un arc fait de deux cornes reliées par le milieu avec du bois d'if ; que cor puisse provenir de cornu, c'est ce que prouvent les cors du cerf.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
- CORNE. Ajoutez :
CORNE2
(kor-n') s. f.HISTORIQUE
- XIIIe s. Cornes sont froides et sekes ; mais quant eles sont bien meüres, si ne sont pas si froides [ALEBRANT, f° 56, verso.]
ÉTYMOLOGIE
- Voy. CORNOUILLE.
corne
Il se dit, par extension, des Ouvrages faits en corne. Peigne de corne. Manche de corne.
Il se dit spécialement d'un Instrument à vent, appelé aussi CORNET et ordinairement fait d'une corne. Il se dit aussi de la Moitié d'une corne coupée dans sa longueur et dont on se sert pour relever ou maintenir le quartier d'un soulier.
Bêtes à cornes, se dit seulement des Boeufs des vaches et des chèvres, par opposition aux brebis et aux moutons. Un troupeau de bêtes à cornes.
Fig. et fam., Attaquer le taureau, la bête par les cornes, prendre le boeuf par les cornes, Entamer une affaire par le côté le plus difficile.
Fig. et fam., Montrer les cornes, Se mettre en état de se défendre.
Fig. et fam., Il mangerait le diable et ses cornes, se dit d'un Grand mangeur.
Fig. et fam., Porter les cornes, avoir des cornes, se dit d'un Mari trompé ou d'une Femme dont le mari est infidèle.
Fam., Faire les cornes à quelqu'un, Faire par dérision avec deux doigts un signe qui représente des cornes. Il lui fit les cornes.
Corne d'abondance. Voyez ABONDANCE.
Corne de cerf, Le bois du cerf, lorsqu'il est employé dans l'industrie. Un couteau emmanché de corne de cerf. De la raclure de corne de cerf. De la gelée de corne de cerf.
Corne-de-cerf, en termes de Botanique, est le Nom de diverses plantes, et particulièrement d'une Variété de Cochléaria, de la famille des Crucifères, dont les feuilles sont divisées à peu près comme le bois du cerf, et aussi d'une Espèce du genre Plantain.
En termes de Conchyliologie, Cornes d'Ammon, Genre de coquilles fossiles qui ressemblent à des cornes de bélier et qu'on nomme plus ordinairement AMMONITES.
En termes d'Anatomie, il se dit de Certaines parties du corps humain qui ressemblent à des cornes. Les cornes de la matrice, du larynx.
Il désigne aussi la Partie dure qui est au pied du cheval, du mulet, de l'âne, etc. Dans ce sens, il ne se dit qu'au singulier. Ce cheval est difficile à ferrer, il a la corne ferme, dure, molle, sujette à s'éclater.
Il se dit, par analogie, de Certaines pointes que les limaçons, quelques serpents et quelques insectes portent sur la tête. Les limaçons montrent leurs cornes, resserrent leurs cornes. Les cerfs-volants ont des cornes.
Il se dit, par extension, des Pointes, des angles saillants que présentent certains objets. Les cornes d'un croissant. Chapeau à cornes. On appelait cornes les crêtes dont étaient surmontés les anciens bonnets carrés. Bonnet à trois cornes, à quatre cornes.
Faire une corne à un livre, à un feuillet, etc., Plier le coin, l'angle d'un feuillet, dans un livre, pour marquer l'endroit qu'on veut retrouver. On dit de même Faire une corne à une carte, etc.
En termes de Fortification, Ouvrage à cornes, Ouvrage avancé hors du corps de la place et qui consiste en une courtine et en deux demi-bastions.
En termes de Marine, Corne d'artimon, Sorte de vergue qui embrasse l'arrière du mat d'artimon par une entaille en croissant faite à son gros bout et qui porte la voile d'artimon.
corne
corné
corne
Corne, Est l'excrement durci de matiere d'ongle, qui vient aux testes et pieds des bestes brutes. Cornu, duquel mot Latin il est tiré, tout ainsi que le Latin de kéras Grec, et cestuy de Keren Hebrieu escrit par six points. Selon ce on dit, Il heurte de la corne, prens garde à toy. Cornu ferit ille caueto. Virgil. Et il a la corne esclatant. Fragili cornu praeditus est. Ce qu'on dit des chevaux clairs allezans: Mais on use plus du mot de pied en telles bestes chevalines. Vngula equina. Pl. disant: Il a le pied bon: ou bien on y adjouste cette diction Pied: comme, Il a la corne du pied dure, bonne, ou mauvaise. Et pource que les cornes aux bestes aumailles sont leurs armes offensives, et leur orgueil, le François dit metaphoriquement, haulser ou lever la corne, pour orgueillir, entrer en superbe et haulserie. Dont la raison est, de ce que la beste qui se meut pour chocquer de ses cornes, levant la teste haut, est dite haulser ou lever ses cornes. Superbia efferri, Insolescere. Phrase fort commune és livres de l'ancien Testament. Mais en pluriel Cornes est un mot vitupereux et d'impropere: Car il se prend (et metaphoriquement) pour Cocuage. Si fait-il en Italien et en Espagnol, quand l'un dit, Piantar le corna ad alcuno, et l'autre, Hazer cuernos.
Cornes recoquillées en dedans, Inflexa in se cornua, vel in anfractum conuoluta.
Cornes de cerf semblables à arbres, Arborea cornua cerui, vel ramosa, Que les veneurs appellent Rameure, Virg. 7. eglog.
Beste qui n'a qu'une corne, Vnicornis.
Qui a deux cornes, Bicornis.
Qui a trois cornes, Tricornium, tricornij: et hic, et haec Tricornis, et hoc tricorne.
Quatre petites cornes, Quadrigemina cornicula.
Ayant les cornes noires, Nigricantibus cornibus.
Qui a les pieds de cornes, comme les chevres, Cornipes.
Semblables à couleur de cornes, Corneus color.
Presenter les cornes pour frapper, Cornua obuertere alicui.
Heurter des cornes, Arietare.
La corne d'abondance, Cornucopiae.
Corne qui porte medecine, Praeditum medicamentis cornu.
Dur quasi comme corne, Corneolus.
Devenir dur comme corne, Se r'acornir, Cornescere.
Qui est de corne, Corneus.
La corne du pied d'une beste, Vngula.
¶ Une herbe qu'on appelle corne de cerf, Pes milui.
corne
CORNE, s. f. [2e e muet.] Partie dûre, qui sort de la tête de quelques animaux, et qui leur sert de défense et d'ornement. — On apèle aussi corne, la partie dûre qui est au pied du cheval, du mulet, de l' âne, etc. En ce sens, il ne se dit qu'au singulier. Ce cheval a la corne bone, ou mauvaise; dûre, ou molle, sujette à s' éclater, etc. = Au pluriel, on le dit de certaines pointes que les limaçons, quelques insectes, et quelques serpens, portent sur la tête. Les limaçons montrent, ou resserrent leurs cornes.
On dit, en style proverbial, d'un homme surpris d'un évènement auquel il ne s'atendait pas, qu'il en est aussi étoné que si les cornes lui étaient venues à la tête. — On dit aussi, entendre de corne, c. à. d., tout de travers. — On dit encôre, d'une chôse très-dûre, c' est de la corne, aussi dur que de la corne. — Faire les cornes à quelqu'un; faire, par dérision, avec deux doigts, un signe, qui représente les cornes. — Montrer les cornes, se mettre en état de se défendre. = Le proverbe dit: On prend les hommes par les paroles, et les bêtes, par les cornes. — Corne d'abondance, attribut de Cérès. V. TROMPER.
corne
Horn, Hupe, Eselsohrhorn, corn, antlerhoorn, toeter, eelt(plek), ezelsoor [boek], hoornschoen [hoef], spriet, uitstekende punt/hoek, voelhoorn, oor, tuit, claxonקרן (נ), קֶרֶןhoringbanya, corn, trompakornoclaxon, cuerno, bocinakürttandukróghorn, bilhornboynuzрог, рожок, гудокcornoبُوْق, قَرْنklakson, rohhornκέρατο, κόρναsarvirogovlje, truba角경적, 뿔hornbuzina, chifreเขาสัตว์, แตรkèn báo hiệu, sừng喇叭, 角 (kɔʀn)nom féminin