mie
1. mie
n.f. [ du lat. mica, parcelle ]2. mie
n.f. [ de m'amie, mon amie ]MIE1
(mie) s. f.HISTORIQUE
- XIIe s. Mès onc li cuens [le comte] ne volt [voulut] de vin gouster, Ne de blanc pein une mie adeser [, Bat. d'Aleschans, V. 2756]
- XIIIe s. Qui tant estraint crouste que mie [, Lai de l'ombre]L'escriture [les Juifs] n'entendent mie, La croste en ont et nous la mie [GAUTIER DE COINCY, p. 82]
- XVIe s. Une mie de pain chaud sortant du four, appliquée sur la douleur [O. DE SERRES, 919]
ÉTYMOLOGIE
- Provenç. mica, mia, miga, mitga ; espagn. miga ; du lat. mica panis, miette de pain, parcelle, pris ensuite pour la partie molle du pain.
MIE2
(mie) , particule explétive qui renforce la négation et qui n'est plus guère usitée.ÉTYMOLOGIE
- Provenç. mica, mia, miga, minga, minja ; ital. mica, miga ; du lat. mica, parcelle. Mie avec son sens propre de parcelle : Ils s'ostent des mains l'ung de l'autre les myes d'areine qu'ils trouvent, DESPER. Cymbal. 96 (voy. MIE 1.)
MIE3
(mie) s. f.HISTORIQUE
- XIVe s. Jehan Bretel, je cuit [pense] que vous menez Mauvaise vie à mie ou à moullier [LOUIS PASSY, dans Bibl, des chartes, t. V, 4e série, p. 468]Seignor, ne vos mentirai mie ; Li doiens avoit une mie Dont il si forz jalous estoit Toutes les foiz qu'ostes avoit.... [MÉON, Fabliaux et contes, t. II, p. 4]
- XVIe s. Un riche cordon que je puisse donner à ma mie [MONT., I, 245]
ÉTYMOLOGIE
- Abréviation de amie, déjà usitée dans le XIIIe siècle, et facilitée sans doute par la locution m'amie, t'amie, s'amie.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
- 3. MIE. Ajoutez : - REM. M'amie est l'ancienne forme seule correcte. Ma mie est un barbarisme, et mon amie est un solécisme, introduits tous deux par l'usage (voy. MON, Rem. 1).
mie
mie
mie
Il servait d'appellation familière dans le langage de la conversation : Écoutez-moi, ma mie. Que vous en semble, ma mie?
Il était encore le Nom que les enfants donnaient à leur gouvernante, à leur bonne. Cet enfant est inconsolable du départ de sa mie.
mie
Mie, penac. Ores est nom feminin, et signifie tout ce qui est enclos de la crouste du pain, Mica panis. Ores est adverbe renforceant la particule negative qui le precede (car il n'est onc usurpé sans autre adverbe negatif mis ou devant) comme, Il n'est mie homme de bien, Nullo pacto probus homo est. Comme si l'on disoit, Ne probitatis quidem vlla mica in eo est. Il ne viendra mie, Minime gentium veniet. Non mie que je vueille qu'il m'obeisse, Non quidem quod eum mihi obsequentem velim. Aucuns estiment que estant adverbe, il vienne de cet adverbe Latin Minime. Mais ne fait: ains en toutes ses significations vient de ce mot Latin Mica. Et comme Mica envers les Latins signifiant proprement cette papillote argentée qui a un esclat de lueur parmi le sable, est usité aussi pour la mie du pain, à cause de sa blancheur au pris de la crouste, qui est arse et tannée de la chaleur du four: ainsi par la mesme raison le François appelle Mie le mol du pain qui est entouré de la crouste, dont procede qu'en aucuns païs du Royaume de France on appelle Miche, ce pain parfaictement blanc, qui est pour les chanoines, qu'on appelle autrement pain de chapitre: Et és villages de la France Miche est appelé le pain qui est moindre, moins brun, et plus delicat à manger, que le grand pain fait en tourte. Entre les Latins Mica se prend pour le menu desbris d'une chose brisable et esmiable, disans: iceux Latins, Thuris mica, Mica salis, Auri mica. Et le François dit esmier, In micas redigere, ac confringere. Et par diminutif miette de pain quand la mie est froissée et brisée en petites parties: combien que ce diminutif Miette se prend en François pour tout menu desbris de pain, soit de la mie, ou de la crouste, ou bien il vient de cette negative, oumê Grecque.
mie
MIE, s. f. MIETTE, s. f. [Mî-e, Miète: dans le premier, ie est de deux syllabes; dans le second, il n'en fait qu'une: 1reè moy. au 2d.] Il y a de la diférence entre ces deux mots, qui ont tous deux raport au pain. La mie du pain, c'est tout ce qui n' est pas la croûte. Miette est une petite partie de la croûte. L. T. = Mie, amie. Autrefois les enfans apelaient leur gouvernante ma mie, sa mie: aujourd'hui ils disent ma bonne, sa bonne. = Mamie pour mon amie, se dit souvent par dérision. "Doucement, mamie; j'ai vingt-quatre heures devant moi pour vous répondre, et je ne dirai ma pensée qu'à la dernière minute. Mariv.
* Mie s'est dit autrefois au lieu de point, adverbe, avec la particule ne.
Beaux sires loups n'écoutez mie
Mere tançant son fils qui crie.
La Font.
On le dit encôre en Picardie.
Miette se dit par extension, d'un petit morceau d'une chôse à manger. "Vous ne lui en avez donné qu'une miette. "On a bien servi des plats sur cette table; mais il n'en est pas resté une miette.