neige

neige

n.f. [ de neiger ]
1. Eau congelée qui tombe des nuages en flocons blancs et légers.
2. La montagne l'hiver ; les sports d'hiver : Vacances de neige.
Blanc comme neige,
très blanc ; fig., innocent.
En neige,
se dit de blancs d'œufs battus jusqu'à former une mousse blanche et consistante : Monter des blancs en neige.
Neige carbonique,
dioxyde de carbone solidifié, utilisé en médecine pour la cryothérapie.
Œufs à la neige,
blancs montés en neige, cuits dans du lait bouillant et servis sur une crème anglaise.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

NEIGE

(nè-j') s. f.
Eau congelée qui tombe de l'atmosphère en flocons légers, d'un blanc éclatant.
Une belle plaine de neige d'environ quatre-vingts lieues de tour forme notre horizon [VOLT., Lett. d'Argental, 4 janv. 1767]
Les petits flocons qui en proviennent [des gouttes d'eau atmosphériques], se réunissant plusieurs ensemble, et ne se touchant que par quelques points de leur surface, ne composent que des flocons très légers ; c'est là ce que nous appelons neige [BRISSON, Traité de phys. t. II, p. 151, dans POUGENS]
Aux flancs des monts altiers, à leurs cimes glacées, L'hiver a suspendu les neiges entassées [ST-LAMB., Saisons, IV]
Rien n'est plus triste que la neige en Italie [STAËL, Corinne, XIX, 6]
L'armée marche enveloppée de vapeurs froides ; ces vapeurs s'épaississent : bientôt c'est un nuage immense qui s'abaisse et fond sur elle en gros flocons de neige [SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 11]
Là ils gémissent en vain ; bientôt la neige les couvre ; de légères éminences les font reconnaître ; voilà leur sépulture [ID., ib.]
De la neige les flocons sont les papillons de la saison [A. DE SOLAND, Proverbes et dictons rimés de l'Anjou, p. 2]
Quand la neige à minuit, lente, silencieuse, Tombe aux toits endormis [STE-BEUVE, Poésies, à David.]
Après ma mort, une avalanche De son linceul me couvrira, Et sur mon corps la neige blanche, Tombeau d'argent, s'élèvera [THÉOPHILE GAUTIER, le Chasseur.]
Neiges perpétuelles, celles qui ne fondent jamais.
Pour moi, j'arrivai dans des déserts affreux ; on y voit des sables brûlants au milieu des plaines, des neiges qui ne fondent jamais et qui font un hiver perpétuel sur le sommet des montagnes [FÉN., Tél. II]
Devenir blanc comme neige, pâlir extrêmement. Fig. Blanc comme neige, parfaitement innocent.
Penautier sortira [de l'affaire des poisons] un peu plus blanc que de la neige [SÉV., 22 juill. 1676]
Je ne fais non plus de cas de cela que des neiges d'antan, c'est-à-dire je n'en fais aucun cas. Cela grossit comme une boule de neige, c'est une pelote de neige qui grossit, cela fait la pelote, la boule de neige, se dit de tout ce qui s'augmente par la durée et l'accumulation.
Pour empêcher ce tumulte qui peut, comme une boule de neige, s'accroître merveilleusement [GUI PATIN, Nouv. lett. t. II, p. 377, dans POUGENS]
C'est la scène du Dépit amoureux, quand on ne le demande [le congé] que par le désespoir de n'être pas bien avec la princesse ; et puis il se fait une pelote de neige : le congé accordé est une douleur qui confirme la première [SÉV., Jour de Noël, 1671]
Par exagération et par plaisanterie. Tout ce qui est froid au moral.
Ninon l'a quitté [Ch. de Sévigné]... elle n'en parle pas avec beaucoup d'estime : c'est une âme de bouillie, dit-elle, c'est un corps de papier mouillé, c'est un cœur de citrouille fricassé dans de la neige [SÉV., 44]
Vous avez lu la Nouvelle Héloïse ; eh bien ! ma parole d'honneur, c'est de la neige fondue à côté de mon style de ce temps-là [CH. DE BERNARD, la Femme de 40 ans, § IV]
Neige, saison des neiges.
Les Ostiaks comptent par neiges et non par la marche apparente du soleil [VOLT., Russie, I, 1]
À la prochaine lune des fleurs, il y aura sept fois dix neiges, et trois neiges de plus, que ma mère me mit au monde [CHATEAUB., Atala, le Récit, les Chasseurs.]
Fig. Toute chose blanche comparée à la neige.
Il faut qu'avril jaloux brûle de ses gelées Le beau pommier, trop fier de ses fleurs étoilées, Neige odorante du printemps [V. HUGO, Orient. 33]
Neige, barbe blanche.
En vain une neige glacée D'Homère ombrageait le menton [LAMART., Médit. II, 26]
Il a de la neige sur la tête, se dit d'un vieillard dont les cheveux ont blanchi.
Glace de fruits faite avec du sucre et le jus de certains fruits.
La neige avec art préparée Aiguise nos sens émoussés ; On dirait que ces fruits glacés Sortent des jardins de Borée [BERNIS, Quatre saisons, Été.]
Œufs à la neige, plat sucré composé de blancs d'œufs battus en neige ferme et jetés quelques minutes dans du lait bouillant. Avec le reste du lait, les jaunes d'œufs, quelques aromates, on fait une crème qui se sert autour des blancs en neige.
Dentelle de peu de valeur.
Terme d'ancienne chimie. Neige d'antimoine, oxyde d'antimoine blanc sublimé.
Neige rouge, hydrophyte de la famille des phycées qui, en certaines circonstances, se développe en grande quantité sur la neige : c'est le protococcus nivalis, appelé aussi terre rouge de la neige [LEGOARANT, ]
Quand j'examinais de près cette neige rouge, je voyais que la couleur dépendait d'une poudre fine mêlée avec elle, et qui pénétrait jusqu'à deux ou trois pouces de profondeur, mais pas plus avant [SAUSSURE, Voy. Alpes, t. III, p. 45, dans POUGENS]
Familièrement et fig. De neige, sans valeur, digne de mépris.
Voyez le beau héros de neige, Pour avoir un tel privilége [SCARRON, Virg. VI]
Tiens, tiens, sans y chercher tant de façons, voilà Ton beau galant de neige, avec ta nonpareille [MOL., Dépit, IV, 4]
Ah ! le beau médecin de neige avec ses remèdes [DESTOUCHES, Tambour noct. I, 6]

PROVERBES

  • Des neiges et un bon hiver mettent bien des biens à couvert.
  • La neige qui tombe engraisse la terre.
  • Neige au blé est tel bénéfice Comme au vieillard la bonne pelisse.
  • On ne voit cygne noir ni nulle neige noire.
  • Il en faut autant qu'il faut de pelotes de neige à chauffer un four, se dit d'une chose qui ne sert aucunement à ce qu'on veut faire.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Autresi blanche come neif sur gelée [, Ch. de Rol. CCXI]
  • XIIe s.
    Gorge blanche plus que n'est nois ne lis [, Couci, p. 125]
  • XIIIe s.
    Gesir as chans sour la gielée et sor la noif, sans loge et sans pavillon [HENRI DE VALENC., XXVII]
    Li autres principaus [vent] qui vient de la tramontane done nues et froidure, et qui li est encoste, vers couchant, donne noif et grelle [BRUN. LATINI, Trés. p. 122]
  • XIVe s.
    Et de nege cheï tant et si longuement, Que l'endemain au jour, ains prime vraiement, Fu de nege cinq piez et plus.... [, Guesclin. 19584]
  • XVe s.
    Un gresil et une noige va commencer si fort que merveilles fut [FROISS., II, II, 41]
    Neige et gresil sont en terre bouté ; On oit chanter chascun parmi la rue [E. DESC., Saison de guerre.]
    Dictes moy où n'en quel pays Est Flora la belle romaine.... Mais où sont les neiges d'antan ? [VILLON, Ball. des dames du temps jadis.]
  • XVIe s.
    Un seul trait de ses yeux, tous mes sens enchantant, Ne suffisoit que trop pour me forcer à croire Que la neige estoit noire [DESPORTES, Diverses amours, Plainte.]
    Laissans rouler sans nul empeschement ceste petite pelote de neige, en peu de temps elle se fit grosse comme une maison [LANOUE, 697]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, nivaie ; namur. nive ; Hainaut, nive ; bourg. noge ; provenç. nicx, neu, nieu ; cat. neu ; esp. nieve ; port. et ital. neve ; du lat. nix, nivem, anc. lat. ninguis, dans Lucrèce ; grec, il neige. Comparez le goth. snaivs, l'anc. h. all. sneo, l'all. Schnee, l'angl. snow, l'anc. irl. sneachta. Les formes germaniques et celtiques annoncent qu'en latin et en grec une s initiale est tombée ; tout cela conduit au sanscrit snih, être humide. Le français a deux formes : neif, noif, qui vient de nix, nivem, et neige, qui vient de nivea, pris substantivement. Quant au wallon nivaie, il vient de nivalia.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    NEIGE. Ajoutez :
    10°
    Arbre de neige, plusieurs arbrisseaux à fleurs blanches nombreuses, tels que le viburnum opulus, [BAILLON, Dict. de botan. p. 257]
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

neige

NEIGE. n. f. Eau congelée qui tombe sur la terre, en flocons blancs et légers. De gros flocons de neige. Ce temps couvert nous amènera, nous apportera de la neige. Il tombe de la neige. De la neige fondue. De la neige durcie. La campagne est couverte de neige. Les premières neiges. Neiges éternelles. Il s'est perdu dans les neiges. Un torrent formé par la fonte des neiges. Se lancer des boules de neige.

Fig., Blanc comme neige, Parfaitement innocent. Il sortit de cette affaire blanc comme neige.

Prov. et fig., Cela fait la boule de neige se dit des Séditions qui croissent progressivement, des Sommes qui grossissent par l'accumulation des intérêts, etc.

En termes de Cuisine, OEufs à la neige, Blancs d'oeufs battus de manière qu'ils forment une mousse semblable à de la neige, et qu'on fait cuire dans du lait bouillant.

En termes de Botanique, Boule de neige, Espèce de viorne dont les fleurs blanches sont rassemblées en boules.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

neige

Neige, Nix niuis.

Neige glacée, Niuosa grando.

Une vieille neige et croupie qui est toute orde, Tabida nix.

Les neiges demeurent sur les terres, et ne se fondent point, Detinent terras niues, Sedent niues.

Un couloir à couler la neige, Niuarium.

Rafreschi de neiges, Niuatus.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

neige


NEIGE, s. f. NEIGER, v. n. NEIGEUX, EûSE, adj. [Nège, nègé, né-geû, geû-ze; 1re è moy. au 1er, é fer. aux aûtres. 2e e muet au 1er, é fer. au 2d, lon. aux 2 dern. — Pluche écrit comme on prononce, nège: le Dict. de Trév. met neige ou nège: l'Acad. ne met que le 1er. Cet i est bien inutile dans tous ces mots: on devrait le suprimer.] Pluie qui s'étant gelée en l'air, tombe en flocons blancs sur la terre. "Il tombe de la neige. "Il y avoit deux pieds de neige dans le chemin. Boire à la neige. Blanc comme neige, plus blanc que la neige. = Il se dit au figuré: la neige et les glaces de la vieillesse. La neige de ses cheveux blancs. "les antres ténébreux, les solitudes les plus profondes, la cendre, le cilice, la neige et les glaces de la vieillesse n'ont pas toujours pu garantir les Anges du désert. Neuville. "Le feu infernal, que vous cachez sous la neige de vos cheveux blancs, vous brûle encôre et vous consume avec autant d'ardeur que jamais. Id. = On dit proverbialement, des chôses, qui augmentent par succession de tems, comme des intérêts, qui s'acumulent, des bruits qui courent et grossissent d'un moment à l'aûtre, que c' est la pelote, le peloton, ou la boule de neige, que c'est une pelote de neige qui grossit; que cela grossit comme une pelote, comme une boule de neige. = On dit aussi: homme de neige, de quelqu'un qu'on veut mépriser.
   Voyez le beau Héros de neige,
   Pour avoir un tel privilège.
       Scarron.
"Un bel homme de neige; un beau Docteur de neige. Cette locution est populaire. = Et pour témoigner le peu de cas qu'on fait d'une chôse: je m'en soucie aussi peu, dit-on, que des neiges d'antan: c. à. d. de l'an passé.
   NEIGER est neutre impersonel. Il se dit de la neige qui tombe. "Il neige bien fort. "Il a neigé hier: Il y a aparence qu'il neigera demain. = Fig. (st. famil.) On dit d'un homme qui a les cheveux blancs, qu'il a neigé sur sa tête.
   NEIGEUX, chargé de neiges. Il ne se dit qu'en ces phrâses. "Tems neigeux, saison neigeûse.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Traductions

neige

Schnee, Schneeball, schneiensnowsneeuw, cocaïneשלג (ז), שֶׁלֶגsneeuснягneusníhsneχιόνιneĝonievelumilumisaljusnjórneve, nevicatanixsne, snøśniegnevenea, zăpadăснегsnöthelujikarснігثَلْجsnijegหิมะtuyết (nɛʒ)
nom féminin
1. flocons blancs qui tombent du ciel faire des boules de neige
2. se rendre dans une station de sports d'hiver
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neige

[nɛʒ] nf
snow
neige fondue (par terre)slush; (qui tombe)sleet
neige poudreuse → powder snow
un bonhomme de neige → a snowman
(CUISINE) battre les œufs en neige → to whip the egg whites until stiff, to beat the egg whites until stiff
neige carbonique nfdry ice
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005
Collins Multilingual Translator © HarperCollins Publishers 2009