poison

poison

n.m. [ du lat. potio, potionis, breuvage, de potare, boire ]
1. Toute substance qui détruit ou altère les fonctions vitales : L'arsenic est un poison toxique
2. Fig. Ce qui exerce une influence dangereuse, pernicieuse : Cette idéologie est un poison pour la société.
n.
Fam. Personne méchante, acariâtre ; enfant insupportable, capricieux : « La Poison » est un film de Sacha Guitry.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

POISON

(poi-zon) s. m.
Nom générique de toutes les substances qui, introduites dans l'économie animale, soit par l'absorption cutanée, soit par la respiration, soit par les voies digestives, agissent d'une manière assez nuisible sur le tissu des organes, pour compromettre la vie ou déterminer très promptement la mort (voy. VENIN).
Le roi.... eût livré ce grand homme [Annibal], S'il n'eût par le poison lui-même évité Rome [CORN., Nicom. I, 1]
Elle [la duchesse d'Orléans] disait toutes ces choses en anglais, et, comme le mot de poison est commun à la langue française et à l'anglaise, M. Feuillet l'entendit et interrompit la conversation, disant qu'il fallait sacrifier sa vie à Dieu et ne pas penser à autre chose [Mme LA FAY., Hist. Henr. d'Angl.]
J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlantes veines Un poison que Médée apporta dans Athènes [RAC., Phèdre, V, 7]
Et le fer est moins prompt pour trancher une vie Que le nouveau poison que sa main me confie [ID., Brit. IV, 4]
Si la terre produit des poisons comme des aliments salutaires [VOLT., Jenni, 9]
Il fallait du courage, comme Storch, pour essayer sur soi-même les poisons [ciguë] qu'il voulait offrir aux autres comme des spécifiques [SENNEBIER, Art d'observ. t. I, p. 420, dans POUGENS]
Mon père en ce palais est mort par le poison [DUCIS, Hamlet, II, 5]
Cour des poisons, chambre royale établie à l'Arsenal en 1679, pour connaître et juger les crimes d'empoisonnement, maléfice, sacrilège et fausse monnaie. Terme de pratique. Crime d'empoisonnement. Accusation de poison.
Par exagération, breuvage, nourriture de mauvaise qualité.
Toutefois avec l'eau que j'y mets à foison, J'espérais adoucir la force du poison [BOILEAU, Sat. III]
Fig. Maxime pernicieuse, discours, écrit corrupteur.
Et si l'erreur s'épand jusqu'en nos garnisons, Elle y pourra semer de dangereux poisons [CORN., Sertor. IV, 3]
Il répand tant de poison dans ses discours [BOSSUET, Var. 9]
Des poisons qu'un flatteur distille, C'était à qui le nourrirait [BÉRANG., Étoiles qui f.]
Qui dit pamphlet dit un écrit tout plein de poison. -De poison ?, -Oui, monsieur, et du plus détestable, sans quoi on ne le lirait pas, s'il n'y avait du poison ; non, le monde est ainsi fait ; on aime le poison dans tout ce qui s'imprime [P. L. COUR., Pamphlet des pamphlets]
Le poison de l'hérésie, les dogmes des hérétiques.
Fig. Tout ce qui trouble la raison, agite le cœur.
La crainte, le regret, le déplaisir et tout ce qu'il y a de poisons froids dans l'amour [VOIT., Œuv. t. II, p. 10, dans POUGENS]
Enfin, je fis du poison de tout, et je vins voir Bélasire, plus désespéré et plus en colère que je ne l'avais jamais été [LA FAY., Zayde, Œuv. t. I, p. 214, dans POUGENS]
C'est un poison pour vous que la tristesse, et c'est la source des vapeurs [SÉV., à Bussy, 9 oct. 1675]
L'orgueil, qui est presque inséparable de la faveur, est un poison pénétrant et subtil qui se glisse insensiblement dans l'âme des grands [FLÉCH., Mme de Montausier.]
D'un regard enchanteur connaît-il le poison ? [RAC., Brit. II, 2]
Quel funeste poison L'amour a répandu sur toute sa maison ! [ID., Phèdre, III, 6]
Tout le reste n'a servi qu'à augmenter le poison qui brûle déjà dans mon cœur [FÉN., Tél. IV]
Défiez-vous de ces douces paroles ; ne lui ouvrez jamais votre cœur ; craignez le poison flatteur de ses louanges [ID., ib.]
Quand ils [les princes] n'ont jamais goûté que le doux poison des prospérités, ils se croient des dieux, ils veulent que les montagnes s'aplanissent pour les contenter [ID., ib. XXIV]
De quel poison charmant je me sens pénétré ! [VOLT., Samson, III, 3]
Heureux.... Pour qui les yeux n'ont point de suave poison ! [A. CHÉN., Élégies, 15]
Au féminin, dans le langage le plus trivial, une femme, une fille mauvaise comme du poison. Ampère raconte qu'il entendit une Canadienne qui appelait son enfant, dire : As-tu vu cette poison d'enfant ?

REMARQUE

  • Poison était autrefois féminin, comme le veut l'étymologie ; Malherbe lui a encore donné ce genre : César assiégeant Corfinium, Domitius, qui était dedans, commanda à un qui était son serviteur et son médecin tout ensemble de lui donner de la poison, le Traité des bienf. de Sénèque, III, 24. Ce genre se conserve dans la bouche du peuple.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Que je vos ai la poison [potion] quise [cherchée], Qui bone est contre vostre mal [, Ren. 19362]
    Atten et sueffre la detrece Qui orendroit [maintenant] te cuit et blece ; Car ge sai bien par quel poison [potion] Tu seras tret à garison [, la Rose, 2043]
  • XIVe s.
    Poisons pour tuer cerf ou sanglier [, Ménagier, II, 5]
  • XVIe s.
    Le vin pur, qui autrement est un certain remede contre la poison de la ciguë, si vous le meslez avec le jus de la ciguë rend la force de la poison irremediable [AMYOT, Com. discern. le flatt. 36]
    La substance du poison et contre-poison [PARÉ, XXIII, 2]
    La contre-poison doit estre plus forte que la poison, à fin qu'elle domine [ID., XXIII, 14]
    Il est aysé de le garantir de l'impression de cette poison [l'éloquence] [MONT., I, 381]
    Colere, envie, despit, haine, avarice, cupidité, et toute affection particuliere, la poison mortelle du jugement et tout bon sentiment [CHARRON, Sagesse, p. 412, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. poizo, poyzon ; espagn. pocion ; ital. pozione ; du lat. potionem, potion (voy. ce mot). Poison n'a signifié d'abord qu'un breuvage, puis, à la longue, s'est particularisé et a signifié un breuvage malfaisant. Le genre, qui naturellement était féminin, a changé vers le XVIe siècle.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

poison

POISON. n. m. Substance qui, introduite dans l'organisme, altère ou même détruit les fonctions vitales. Poison subtil. Poison lent. Poison mortel. Il n'y a pas d'antidote contre ce poison. Donner du poison. Prendre du poison. On découvrit dans ses entrailles les traces du poison. La présence du poison fut constatée. Cela prévient, empêche l'effet du poison. Préparer du poison.

Il se dit, figurément, des Maximes pernicieuses, des écrits et des discours qui corrompent le coeur ou l'esprit. Les productions licencieuses sont un poison mortel. Le poison de la flatterie. L'esprit de parti est un poison qui altère tous les sentiments, toutes les opinions.

Il se dit aussi des Choses qui troublent la raison, qui agitent le coeur, qui nuisent au bonheur de la vie. L'ennui est le poison de l'existence. Le chagrin peut être un poison mortel.

Fig. et pop., C'est une poison, C'est une méchante femme.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

poison

Poison, Forte a Potione, quasi Potion. Venenum, Virus malum, Toxicon.

Poison pour faire aimer, Philtra philtrorum.

Donner poison à autruy et le tuer, Facere malum venenum, Venenum alicui infundere, Veneno necare, Spargere venena, Tollere veneno.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

poison


POISON, s. m. [Poa-zon.] Venin. Suivant M. Beauzée, le premier, dans le sens propre, se dit des plantes ou des préparations dont l'usage est dangereux pour la vie; et le 2d, se dit du suc de ces plantes, et de la qualité de ces préparations. "La cigûe est un poison; le suc qu'on en exprime en est le venin. Le sublimé est un poison violent: il renferme un venin corrosif, qui done la mort avec des douleurs horribles. — Pour les animaux vénimeux, on dit venin, et non pas poison. "Le venin de la vipère, du scorpion. Au figuré, poison désigne de l'art et du dessein; venin n'exprime qu'une malignité subtile et dangereûse. "Certains Philosophes modernes, afectent de répandre dans leurs écrits, un poison d'autant plus séduisant, qu'ils font continuellement l'éloge de l'humanité, de la raison, etc. Rien n'est plus subtil que le venin de cette audacieûse Philosophie, qui ataque les fondemens de la société même. Voy. VENIN.
   POISON est beau au figuré. "Tout le reste n'a servi qu'à augmenter le poison qui brûle déja dans mon coeur. Télém. "Le poison du vice me gâgne: mon coeur est déja corrompu. Marm.
   Pardonez au transport de mon ame éperdue:
   Je ne conoissois pas le poison qui me tue.
   Rem. Anciènement, on faisait ce mot féminin. On disait la poison: on le dit encôre dans quelques Provinces.
   Mon ame en vos yeux but la poison amoureuse.
       Ronsard.
  Je sentois la poison dans mes os écoulée.
      Desportes.
  D'où s'est coulée en moi cette lâche poison.
       Malherbe.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

poison

nom masculin poison
1.  Substance toxique.
2.  Familier. Personne désagréable.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

poison

Giftpoisonvergif, gif, gift, venijn, zwadder, iets erg vervelends, kreng, serpent, mispuntארס (ז), מי ראש (ז״ר), סם המוות (ז), ראש פתנים (ז), רעל (ז), תרעלת (נ), אֶרֶס, רַעַל, רעלسم, سُمّjedgiftδηλητήριοvenenoسم毒物, 毒药venenoядvelenomyrkkyotrovgifttruciznavenenogiftยาพิษzehirthuốc độcотрова毒藥 (pwazɔ̃)
nom masculin
produit dangereux pour la santé un poison mortel
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

poison

[pwazɔ̃] nmpoison
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005