prix

prix

n.m. [ lat. pretium ]
1. Équivalence en monnaie, en argent d'une marchandise, d'un service : Quel est le prix de ce vase ? combien vaut-il ? ; coût tarif  cote, cours, valeur
2. Importance attachée à qqch ; ce qu'il en coûte pour obtenir qqch : Le prix de la liberté valeur salaire, tribut
3. Récompense décernée à qqn : Le prix Nobel de la paix.
4. Ouvrage qui a été couronné : Lire le dernier prix Goncourt.
À aucun prix,
en aucun cas : Je ne le ferai à aucun prix.
À tout prix,
coûte que coûte : Il faut à tout prix partir.
Hors de prix,
très cher.
Objet de prix,
objet de grande valeur.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

PRIX

(prî ; l'x se lie : un pri-z excessif) s. m.
Estimation, valeur d'une chose ; ce qu'on la vend, ce qu'on l'achète. Le prix c'est la valeur exprimée en numéraire.
Ne les vantez point tant, et dites-nous le prix [CORN., Galerie du Pal. I, 6]
Cléante : Le prix ? - Le libraire : Chacun le sait ; Autant de quarts d'écus, c'est un marché tout fait [ID., ib. IV, 14]
Mettez un prix à la pauvre captive, Je le payerai.... [LA FONT., Cal.]
Les huit ou les dix mille hommes sont au souverain comme une monnaie dont il achète une place ou une victoire : s'il fait qu'il lui en coûte moins, s'il épargne les hommes, il ressemble à celui qui marchande, et qui connaît mieux qu'un autre le prix de l'argent [LA BRUY., X.]
Le prix n'est que la valeur estimée d'une chose par rapport à la valeur estimée d'une autre [CONDIL., Comm. gouv. I, 2]
Le prix suppose la valeur ; c'est pourquoi on est si fort porté à confondre ces deux mots [ID., ib.]
À prix d'argent, pour une certaine somme.
Ce n'est qu'à prix d'argent qu'on dort en cette ville [Paris] [BOILEAU, Sat. VI]
Les rois et les hauts barons avaient affranchi plusieurs de leurs bourgeois à prix d'argent, dès le temps des premières croisades, pour subvenir aux frais de ces voyages insensés [VOLT., Hist. parl. II]
Le père de Bouchardon chercha à son fils, à prix d'argent, les plus parfaits modèles qu'il put trouver [DIDER., Observ. sur la sculpt. Œuv. t. XV, p. 313, dans POUGENS.]
À prix d'or, très cher. Acheter à bon prix, acheter à bon marché. Terme de commerce. Vendre à non-prix, vendre moins que la chose ne coûte, vendre à perte.
Elle [la veuve de J. Chartier] sera bientôt obligée d'en faire meilleur marché [de la bibliothèque de son mari], ou autrement les créanciers feront tout vendre à non-prix [GUI PATIN, Lett. t. II, p. 171]
Relever les prix, faire hausser les prix qui avaient baissé. Juste prix, prix modéré, prix convenable. Bas prix, vil prix, prix au-dessous de la valeur.
C'est une situation admirable.... mais il ne faut pas le vendre [un domaine] à vil prix, comme on vend aujourd'hui toutes les terres [SÉV., 303]
Fig.
En l'abondance de toutes choses que son empire [du sultan] produit, rien n'est jamais à si bas prix que la vie des hommes [BALZ., liv. II, lett. 5]
À haut prix, à grand prix. très cher, pour une grosse somme d'argent.
J'aurais pu te montrer nos duchesses fameuses Tantôt d'un histrion amantes scandaleuses, Fières de ses soupirs obtenus à grand prix [GILB., Le 18e s.]
Fig.
Vous mettez à trop haut prix.... les petits services que je vous ai rendus [SÉV., 30 mars 1689]
Une chose hors de prix, une chose excessivement chère.
Les vaches ne se vendent pas, les filles étaient chères à l'assemblée de Véretz, les garçons hors de prix [P. L. COUR., Gaz. du village, n° 4]
Une chose qui n'a point de prix, qui est sans prix, une chose de très grande valeur et dont le prix n'est point réglé.
Ils présentent alors à nos regards surpris Des chefs-d'œuvre d'orgueil sans mesure et sans prix [VOLT., Scythes, I, 1]
Fig.
Ces poëmes sans prix Rendront de leurs beautés votre oreille idolâtre [ROTR., St-Gen. I, 7]
C'est cela [des tendresses] qui n'a point de prix, et que je sens fort tendrement [SÉV., 494]
Fig. Cet homme est sans prix, il est d'un rare mérite. En un sens opposé. Les effets publics sont sans prix, personne ne demande à en acheter. De prix, qui vaut beaucoup.
Corps piqué d'or, garnitures de prix [LA FONT., Court.]
Il ne brisera pas un meuble de prix [J. J. ROUSS., Ém. I]
Mettre un prix à quelque chose, en donner un certain prix.
Mets un prix à la paix, mets un prix à Palmire [VOLT., Fanat. I, 4]
Mettre la tête d'un homme à prix, promettre une certaine somme à qui le tuera.
Il [Sylla] inventa les proscriptions, et mit à prix la tête de ceux qui n'étaient pas de son parti [MONTESQ., Rom. 11]
Mettre à prix, vendre pour un certain prix.
Judas aima l'argent avant de mettre à prix son maître [MASS., Carême, Tiéd. 2]
Par extension, mettre à prix, accorder quelque chose moyennant une certaine concession.
On y ajoutera peut-être encore de mettre à prix le retour du parlement à Rennes [SÉV., 227]
Fig.
Si vous étiez un bien qui se pût mettre à prix, ma seule fidélité pourrait vous acquérir [SCARR., Rom. com. II, 14]
Être à prix, être l'objet d'un trafic.
La louange est à prix, le hasard la débite [RÉGNIER, Sat. X]
Cela vaut toujours son prix, se dit d'une chose qui conserve sa valeur, dont le prix ne baisse pas.
Prix fixe, prix fixé d'avance par le marchand et duquel il n'y a rien à rabattre. Vendre à prix fixe. Prix-fixe (avec un trait d'union), maison de commerce où l'on vend les marchandises à un prix déterminé et écrit sur les objets à vendre Les prix-fixes se sont fort multipliés à Paris. On dit aussi : magasin, boutique à prix fixe. Prix fait, le prix commun ou le prix convenu d'une chose. Marché à prix fait, ou, simplement, prix fait, marché à forfait. Un édifice construit à prix fait. En termes de banque.
Les prix des changes sont certains et incertains ; dans toutes les négociations de lettres de change tirées sur des places étrangères, il y a toujours une place qui donne le prix certain ou incertain, et une qui.... [P. GIRAUDEAU, la Banque rendue facile, p. 5]
Prix courant, le prix qui a cours sur le marché à un moment donné. Prix courant, feuille publique qui donne les prix courants.
On en peut voir le détail dans le prix courant qu'on imprime à Amsterdam [P. GIRAUDEAU, la Banque rendue facile, p. 387]
Fig. Valeur morale d'une personne ou d'une chose.
Il met à même prix les sages et les sots [RÉGNIER, Sat. V]
Le temps de chaque chose ordonne et fait le prix [CORN., Pomp. I, 3]
Notre humeur met le prix à tout ce qui nous vient de la fortune [LA ROCHEFOUC., Réflex. 47]
Enfin, qu'on doit tenir notre art en quelque prix [LA FONT., Fabl. I, 14]
Que l'homme s'estime son prix [PASC., Pens. I, 8, éd. HAVET.]
Je trouve que le prix de la plupart des choses dépend de l'état où nous sommes, quand nous les recevons [SÉV., 13 oct. 1673]
La reine [d'Espagne] la veut voir incognito [Mme de Villars] ; elle se fait prier, pour se donner un nouveau prix [ID., 5 janv. 1680]
Que ce tombeau nous convainque de notre néant, pourvu que cet autel, où l'on offre tous les jours une victime d'un si grand prix, nous apprenne en même temps notre dignité [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Une noble pudeur à tout ce que vous faites Donne un prix que n'ont point ni la pourpre ni l'or [RAC., Esth. III, 4]
Le rang qui lui donne du prix devant les hommes [MASS., Carême, Prosp.]
Il y a une grande différence entre le prix que l'opinion donne aux choses, et celui qu'elles ont réellement [J. J. ROUSS., Hél. v, 2]
Je connais mieux que vous le prix de la vie [SCRIBE, Hist. et prov. Le prix de la vie.]
Relever le prix, donner une plus grande valeur morale. Sa modestie relève le prix de ses autres vertus. Chacun vaut son prix, c'est-à-dire il ne faut pas déprécier celui-ci pour exalter celui-là, et aussi il n'est personne qui n'ait quelque bonne qualité.
Encore que chacun vaille ici-bas son prix [RÉGNIER, Sat. XI]
J'ai vu ici.... Mme de Montjeu, que je trouve fort aimable ; Mme de Toulongeon vaut son prix aussi [SÉV., à Bussy, 13 avril 1689]
Valoir son prix, en parlant de choses, n'être pas sans importance, sans intérêt.
Pensez-vous que cette nouvelle ne valût pas son prix dans la gazette de Hollande ? [SÉV., 352]
On dit de même : avoir son prix.
Pourtant un tel spectacle a bien son prix [J. J. ROUSS., Dédic.]
Fig. Ce qu'il en coûte pour obtenir quelque avantage.
Et veulent acheter crédit et dignités à prix de faux clins d'yeux et d'élans affectés [MOL., Tart. I, 6]
Ils ont résolu de l'en retrancher [Arnauld, de l'Église], à quelque prix que soit [PASC., Prov. III]
Dieu met la vie éternelle à ce prix [BOSSUET, Hist. II, 6]
Et dit-on à quel prix Roxane lui pardonne ? [RAC., Bajaz. III, 2]
Je voulais votre fille et ne pars qu'à ce prix [ID., Iph. IV, 6]
Si j'avais mis ta vie à cet indigne prix, Parle, aurais-tu quitté le dieu de ton pays ? [VOLT., Alz. v, 5]
Nous avons mis peut-être cette qualité [la délicatesse] à plus haut prix qu'aucun autre peuple de la terre [VAUVENARGUES, Délicatesse.]
Fig. Mérite d'une personne.
Tous ceux qui lui étaient bons [à Mme de Lafayette] avec M. de la Rochefoucauld, perdent leur prix auprès d'elle [lui mort] [SÉV., 419]
On croirait à vous voir, dans vos libres caprices, Décider du mérite et du prix des auteurs.... [BOILEAU, Sat. IX]
L'excellence d'une chose.
Certain Mogol vit en songe un vizir Aux champs Élysiens possesseur d'un plaisir Aussi pur qu'infini tant en prix qu'en durée [LA FONT., Fabl. XI, 4]
À propos de comédie, voilà Bajazet ; si je pouvais vous envoyer la Champmeslé, vous trouveriez la pièce bonne ; mais sans elle elle perd la moitié de son prix [SÉV., 125]
Dieu aime qu'on sente tout le prix des grâces qu'il nous fait [MASS., Avent, Conc.]
Fig. Récompense.
Et lui seul a des prix dignes de ma victoire [ROTR., Bélis. IV, 6]
Cruelle, est-ce là donc ce que vos injustices Ont réservé de prix à de si longs services ? [CORN., Illus. com. II, 3]
Cette dignité sacrée [le souverain sacerdoce chez les Juifs] fut le prix de la flatterie [BOSSUET, Hist. II, 5]
Ô dieux !... Si vous donnez les prix comme vous punissez [RAC., Théb. III, 3]
Le prix est sans doute inouï ... Mais plus la récompense est grande et glorieuse.... [ID., Esth. II, 6]
Je vais au roi des rois demander aujourd'hui Le prix de tous les maux que j'ai soufferts pour lui [VOLT., Zaïre, II, 3]
Le prix de, suivi d'un infinitif.
C'est ce qu'il n'est plus temps de vous dissimuler, Seigneur, et c'est le prix de m'avoir fait parler [CORN., Sur. II, 2]
Pour prix de, en récompense de.
Pour prix d'avoir si bien secondé vos souhaits [RAC., Mithr. I, 2]
Catherine fut reconnue czarine, pour prix d'avoir sauvé son époux et son armée [VOLT., Russie, II, 3]
Salaire Ceux qui tuent sans en recevoir aucun prix [PASC., Prov. VI]
Quelquefois, par antiphrase, punition, expiation.
Où Photin a reçu le prix de son audace [CORN., Pomp. v, 3]
Sous les Assyriens, leur triste servitude [des Hébreux] Devint le juste prix de leur ingratitude [RAC., Esth. III, 4]
Me préserve le ciel de soupçonner jamais Que d'un prix si cruel vous payez mes bienfaits ! [ID., Mithr. III, 3]
La mort fut le prix de sa sincérité, c'est-à-dire il fut mis à mort pour avoir été sincère.
Récompense promise à celui qui réussira le mieux dans quelque exercice de corps ou d'esprit.
Du plus habile chantre un bouc était le prix [BOILEAU, Art p. III]
Le fils d'Ulysse, qui était venu pour remporter le prix [FÉN., Tél. V]
Je viens ici pour tâcher de gagner le prix [DANCOURT, Prix de l'arquebuse, sc. 7]
Les marches d'Alexandre sont si rapides que vous croyez voir l'empire de l'univers plutôt le prix de la course, comme dans les jeux de la Grèce, que le prix de la victoire [MONTESQ., Esp. X, 14]
Après avoir remporté vingt-huit fois le prix de l'art, d'autres disent seulement treize fois, Eschyle, vaincu par Sophocle.... [LÉVESQUE, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. I, p. 316]
Partager le prix, donner le prix à deux concurrents dont le mérite a été jugé égal et qui se partagent la récompense proposée. Partager le prix, se dit aussi de deux concurrents qui obtiennent le prix et entre lesquels on le partage. Il a manqué le prix de peu de voix, il s'en est fallu peu de voix qu'il ne l'ait obtenu. Fig. Remporter le prix, surpasser les autres en quelque chose.
C'est par là que Molière, illustrant ses écrits, Peut-être de son art eût remporté le prix, Si.... [BOILEAU, Art p. III]
Dans le même sens.
Il vous donne le prix de la beauté, le prix de l'esprit, le prix de la vertu [MAINTENON, Lett. à Mme de Pommereuil, 10 juillet 1655]
Il se dit au sens d'honneur dans les luttes où un prix est disputé.
Et si de t'agréer je n'emporte le prix, J'aurai du moins l'honneur de l'avoir entrepris [LA FONT., Dédic. des fables au Dauphin.]
[Dans les tournois] l'on crie : L'amour des dames, la mort des héros, louange et prix aux chevaliers [CHATEAUBR., Génie, IV, V, 4]
Prix décennaux, prix fondés par le premier empire, et décernés aux plus belles œuvres littéraires, aux plus belles découvertes scientifiques faites dans l'intervalle de dix ans.
Je ne croyais pas qu'il put être au monde un poëte plus en sûreté que moi contre les prix décennaux.... faire appartenir mon Hamlet aux prix décennaux, ce serait vouloir que le passé devînt le présent, pour me ramener malgré moi sous les récompenses d'aujourd'hui [DUCIS, Corresp. 27 nov. 1810]
Particulièrement. Dans les écoles, colléges et lycées, récompense en livres aux élèves qui ont fait les meilleures compositions. Le premier prix. Le second prix. Prix des nouveaux. Prix des vétérans.
Afin que cette distribution de prix fasse tout son effet, elle doit se faire avec une grande équité, sans que jamais la faveur y ait aucune part [ROLLIN, Traité des Ét. VI, 2e part. I, 2]
L'usage d'encourager la jeunesse au travail par des distributions solennelles de prix paraît avoir été ignoré dans ce temps [l'antiquité] ; du moins aucun monument n'en rappelle l'existence [NAUDET, Instit. Acad. inscr. t. IX, p. 440]
10° Encouragements offerts aux propriétaires ou possesseurs d'animaux qui dans un concours ou une épreuve ont atteint un but déterminé. On accorde une prime au bœuf le plus gras, au mouton à laine superfine, etc. mais on donne un prix au cheval qui est arrivé le premier et dans un temps fixé, dans une course.
11° Terme d'eaux et forêts. Prix de la feuille, indemnité que l'adjudicataire en retard d'exploiter est tenu de payer à l'État ou aux communes.
12° À tout prix, loc. adv. à un prix quelconque.
Le perron antique Où sans cesse, étalant bons et mauvais écrits, Barbin vend aux passants des auteurs à tout prix [BOILEAU, Lutr. v.]
Fig.
Où des beautés du jour la nation galante.... Promenant ses appas par la vogue enchéris, Vient en corps afficher des crimes à tout prix [GILB., Mon apologie.]
Vendre à tout prix, vendre une chose à quelque prix que ce soit. Fig. À tout prix, malgré tout.
Il ne faut pas vouloir ainsi son propre bonheur à tout prix [STAËL, Corinne, XVII, 7]
13° Prix pour prix, loc. adv. Toute compensation faite.
Compare prix pour prix Les étrennes d'un juge et celles d'un marquis [RAC., Plaid. I, 4]
Fig. En parlant des personnes. Ces deux hommes-là se valent, prix pour prix.
14° Au prix de, loc. prépos. En comparaison de.
Anciennes cités, si mal compassées au prix de ces places régulières qu'un ingénieur trace à sa fantaisie dans une plaine [DESC., Méth. II, 1]
Ce peu d'années au prix de l'éternité ne sera considéré que comme une goutte d'eau de la mer, ou un grain de sable [SACI, Bible, Ecclésiastiq. XVIII, 8]
La mort aux rats, les souricières N'étaient que jeux au prix de lui [un chat] [LA FONT., Fabl. III, 18]
Que l'homme, revenu à soi, considère ce qu'il est au prix de ce qui est [PASC., Pens. I, 1, édit. HAVET.]
Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est au prix de Paris un lieu de sûreté [BOILEAU, Sat. VI]
Il [le roi] marche vers Tholus, et tes flots [les flots du Rhin] en courroux Au prix de sa fureur sont tranquilles et doux [ID., Ép. IV]
Qui n'accepterait avec joie Le génie au prix du malheur ? [V. HUGO, Odes, IV, 6]
Absolument.
Alcyone n'était au prix que médiocrement affligée [BALZ., liv. VII, lett. 6]
Il n'était ambre, il n'était fleur Qui ne fût ail au prix [LA FONT., Fabl. VII, 7]
Et quant aux merveilles Dont votre divin chant [de l'âne] vient frapper les oreilles, Philomèle est, au prix, novice dans cet art [ID., ib. XI, 5]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    [Ils] Ne prisent vos menaces le pris d'une chastaine [châtaigne] [, Sax. XX]
    Evesques et baruns e chevaliers de pris [, Th. le mart. 55]
    Chevaus de pris [, Ronc. p. 7]
  • XIIIe s.
    Et là doit-on faire chevalerie, Où on conquiert paradis et honor Et pris et los et l'amor de s'amie [QUESNES, Romancero, p. 93]
    Que Alleman estoient chevalier de haut pris [, Berte, v]
    Il secoru son seigneur, si qu'il en ot moult grant pris [honneur] [VILLEH., LXXII]
    Li venderes prent blés, aveines ou vins, à plus quier [cher] pris qu'il ne valent [BEAUMANOIR, XLIV, 20]
    Li pris des deniers de vente si est tex [tel] que ne croist ne n'apetice [ID., XXVII, 17]
  • XVe s.
    Il les acheta et en eut bon prix [bon marché] [LOUIS XI, Nouv. XCIX]
    Ha, gentil cheval, qui ton prix d'or vaulx, or as trouvé ton maistre [, Perceforest, t. II, f° 46]
  • XVIe s.
    Et voyez combien, au prix [en comparaison], il [César] va se serrant où il parle.... [MONT., I. 57]
    [Une troupe] achetant une honteuse fuyte au mesme prix qu'elle eust eu d'une glorieuse victoire [ID., I, 63]
    Je me recognois, au prix de ces gents là, si foible et si chestif.... [ID., I, 155]
    Revenir de la paulme ou du bal avecques le prix de cet exercice [ID., I, 178]
    Acquerir une chose au prix de sa vie [ID., II, 243]
    Les nouvelles ne sont pas comme les marchandises, on les donne pour le prix qu'elles coustent [DESPER., Contes, I]
    Le prix de l'homicide qui tuoit un des proscripts estoit deux talents [AMYOT, Sylla, 66]
    Au pris qu'ilz approchoient, les Parthes s'en fuyoient [ID., Crassus, 46]
    Ils vouloient donner bataille, à quelque prix que ce fust [D'AUB., Hist. I, 277]
    En baillant à coupper et lier les bleds à tasche ou à prix fait ; c'est à dire, sçavoir que donner en blot pour ce faire [O. DE SERRES, 59]
    Quand nous lisons dans nos vieux titres et enseignemens quelques maisons et heritages, tant en la ville qu'es champs, vendus à non prix, tant s'en faut que ce soit un argument de la felicité de ce temps là, qu'au contraire c'est une demonstration très certaine du malheur qui estoit lors en regne, par la longue suite des troubles ; la richesse d'un pays cause l'abondance du peuple, qui fait que toutes choses y sont cheres ; le peu de peuple au contre fait le non prix [PASQUIER, Lett. t. I, p. 656]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. prey ; provenç. pretz ; esp. prez, precio ; portug. preço ; ital. prezzo, du latin pretium, que Curtius rapproche des verbes grecs signifiant acheter, vendre.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    PRIX.
    Ajoutez, à la fin :
  • Premier second grand prix, deuxième second grand prix, se disent, dans le langage de l'Académie des beaux-arts, de degrés subordonnés de récompenses.
    L'Académie n'a pas jugé qu'il y eût lieu de donner, à la suite de ce concours, un premier grand prix ; elle a décerné un premier second grand prix à M. Boisson.... et un deuxième second grand prix à M. Deblois [, Journ. offic. 25 oct. 1874, p. 7194, 2e col.]
  • REMARQUE

    • Prix fait s'est dit figurément :
      Le roi saint Louis visitait comme par un prix fait les hôpitaux et servait les malades de ses propres mains [SAINT FRANÇOIS DE SALES, Introd. à la vie dévote, III, 1]
      C'est-à-dire saint Louis visitait les hôpitaux comme s'il y eût été astreint par un marché.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

prix

PRIX. n. m. Estimation d'une chose, ce qu'elle se vend, ce qu'on l'achète, ce qu'on la paie. Prix raisonnable. Prix modique. Prix excessif. Prix convenu. Bas prix. Haut Prix. Prix moyen. Au plus haut prix. Au plus bas prix. À quel prix? À ce prix. C'est le prix. C'en est le prix. Un diamant d'un grand prix. Mettre le prix. Régler, fixer, déterminer, taxer le prix. Hausser, baisser les prix. Augmenter, diminuer le prix. Le prix du blé est augmenté. Le blé est augmenté de prix. Convenir du prix. Vendre à vil prix, à prix coûtant, au prix coûtant, au prix de fabrique, à prix débattu. Je ne regarde point au prix. Je ne rabattrai rien de mon prix. Quel est votre prix? Est-ce bien là votre dernier prix? Il y a des marchandises, de la marchandise à tout prix. À prix d'argent. Il n'a pas encore payé le prix de ce domaine. Il vient de consigner le prix de la maison qu'il a achetée. À la dernière foire, les prix ont été fort élevés.

Juste prix, Prix convenable, prix modéré. Vendre à juste prix.

Prix fait, Prix commun ou prix convenu d'une chose. Vous n'obtiendrez aucun rabais, c'est un prix fait. On dit familièrement dans le même sens : C'est un prix fait comme celui des petits pâtés.

Marché à prix fait ou simplement Prix fait, Marché à forfait. Un édifice construit à prix fait.

Prix fixe, Prix fixé d'avance par le marchand et dont il n'y a rien à rabattre. Vendre à prix fixe.

Prix courant, Le prix qui a cours sur le marché à un moment donné.

Prix de revient, Prix auquel revient une marchandise à un industriel ou à un commerçant.

Un bon prix, Un prix élevé. Il a vendu sa propriété un très bon prix.

De prix se dit des Choses de grande valeur. Des meubles de prix.

Une chose hors de prix, Une chose excessivement chère. Tout est hors de prix dans cette ville.

Une chose qui n'a pas de prix, qui est sans prix, Une chose qui est d'une très grande valeur et dont le prix n'est pas réglé. Un diamant de cette beauté et de cette grosseur est sans prix. Ce tableau n'a pas de prix.

Fig., Cet avantage, cette faveur est sans prix, se dit d'une Chose de grande valeur, unique en son genre.

À prix d'or, En payant très cher. On ne peut obtenir cette chose qu'à prix d'or.

Mettre à prix, Priser, fixer la valeur d'un objet dans une vente. Ce meuble a été mis à prix très bas. On dit dans le même sens : Cet immeuble est mis en vente sur une mise à prix d'un million.

Mettre la tête d'un homme à prix, Promettre une somme d'argent à qui le tuera.

Cela vaut toujours son prix se dit d'une Chose qui conserve sa valeur, dont le prix ne peut baisser. Les bons livres valent toujours leur prix.

PRIX se dit figurément de Tout ce qu'il en coûte pour obtenir quelque avantage. Il a acheté la victoire au prix de son sang, au prix de sa vie. Le succès est à ce prix. Il a résolu d'en venir à bout, à quelque prix que ce soit, n'importe à quel prix. Pourvu que j'obtienne ce que je demande, qu'importe à quel prix? Je ne veux pas de vos services à ce prix. Vous mettez vos bons offices à trop haut prix.

Il désigne aussi, figurément, le Mérite d'une personne, l'excellence d'une chose. C'est un homme dont on ne connaît pas le prix. Je connais tout le prix de votre affection. J'attache beaucoup de prix à son amitié. Cette circonstance augmente, double, relève le prix de son action, donne un grand prix, un nouveau prix à son action. La grandeur n'est pas d'un tel prix qu'il faille l'acheter si cher. Il connaît le prix du temps. Les productions des arts n'ont aucun prix pour lui, aucun prix à ses yeux. La manière dont ce service est rendu en double le prix.

Il signifie encore figurément Récompense. Vous recevrez le prix de vos soins. Je n'exige aucun prix de mes peines. Est-ce là le prix de mes services? Pour prix de ses services, il ne reçut que des outrages. La vertu trouve son prix en elle-même. On doit faire de bonnes actions sans en attendre aucun prix.

Il signifie aussi Châtiment, expiation. Il a reçu le prix de ses forfaits. L'opprobre est le prix, est le juste prix d'une conduite si infâme.

Il se dit spécialement de la Récompense offerte à celui qui réussira le mieux dans quelque exercice, dans quelque ouvrage. Le prix de la course. Le prix, le grand prix de peinture, de sculpture, d'architecture. Le prix d'éloquence. Le prix de poésie. Un prix académique. Proposer un prix. Disputer un prix, le prix. Remporter, mériter le prix. Donner, décerner, adjuger le prix. La distribution des prix. Composer pour les prix. Concourir pour le prix. Il a remporté tous les prix de sa classe. Le prix d'honneur.

Il a manqué le prix de peu de voix, Il s'en est fallu de peu de voix qu'il ne l'obtînt.

Partager le prix, Donner le prix aux deux concurrents qui ont le mieux réussi et dont le succès a été jugé égal. On a partagé le prix entre ces deux auteurs. Ces deux concurrents se sont partagé le prix.

Fig., Remporter le prix, Surpasser les autres en quelque chose. Il remporta le prix de la danse. Dans toutes les réunions où elle se trouve, elle remporte le prix de la beauté.

PRIX, joint à la désignation de la récompense, se dit aussi de la Personne, de l'ouvrage qui a remporté cette récompense. Ce peintre est un prix de Rome. Ce constructeur d'appareils, prix d'honneur à la dernière exposition.

PRIX POUR PRIX, Locution adverbiale qui marque une certaine proportion entre deux choses, d'ailleurs fort différentes l'une de l'autre. Prix pour prix, votre drap est plus cher que mon velours. Il vieillit.

Il s'emploie figurément en parlant des Personnes. Considérez bien les qualités de ces deux hommes, et vous verrez que, prix pour prix, l'un vaut l'autre. Il vieillit.

AU PRIX DE, loc. prép. En comparaison. Ce service n'est rien au prix de celui qu'il m'avait rendu.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

prix


PRIX, s. m. [Pri, et devant une voyèle, priz] 1°. Valeur, estimation de ce qu'une chôse vaut. "Chaque chôse a son prix. "C'est le prix, le juste prix. Voyez VALEUR = 2°. Ce qu'une chôse se vend. "Bâs prix, haut prix, prix moyen: vendre à vil prix, au prix coutant, au prix courant. = 3°. Ce qu'il en coûte pour obtenir quelque avantage. "Acheter la victoire au prix de son sang, de sa vie. = 4°. Mérite d'une persone, ou excellence d'une chôse. "Homme dont on ne conait pas le prix: je conais le prix de votre amitié; le prix de votre ouvrage. = 5°. Ce qui est proposé pour être doné à celui, qui réussira le mieux dans quelque exercice du corps ou de l'esprit. "Le prix de la course, de la peintûre, de la sculptûre, d'éloquence, de poésie. "Composer pour le prix, ou pour les prix. Remporter le prix. La distribution des prix. = Fig. Remporter le prix, surpasser les aûtres en quelque chôse. "Par-tout elle remporte le prix de la beauté. Il a remporté le prix de la danse. = Prix, Récompense (synon.) Les prix sont réglés, convenus; c'est afaire de justice: les récompenses sont plus ou moins arbitraires; c'est afaire d'équité... Le salaire d'un ouvrier est le prix de son travail: une gratification sera la récompense de son assiduité. Les gages sont le prix des services d'un domestique; un legs ou une pension de retraite sera la récompense de ses longs et agréables services, etc. Extr. des Syn. Fr. de M. l'Ab. Roub.
   REM. Doner les prix, pour récompenser, n'est pas une bone expression. M. Racine le fils la blâme dans les Frères Énemis:
   Si vous donez les prix, comme vous punissez.
   Relever le prix, ne se dit qu'au figuré; comme: sa modestie relève le prix de ses aûtres vertus. Dans le propre, on dit, augmenter le prix. Le P. Bouhours critique lui-même ce qu'il avait dit dans l'Entretien de la Mer. "Elles ne vaudroient pas tant (ces perles), si le luxe et l'opinion n' en relevoient tous les jours le prix. — Il devait dire, n' en augmentaient le prix.
   À~ prix de, adv. "À~ prix d'argent. * M. l'Abé Poulle dit, à prix de travail. "La vérité est pour nous une conquête pénible: nous l'achetons à prix de travail. — Je doute que cette expression soit aprouvée de tout le monde. — À~ quelque prix que ce soit, quoiqu'il en coûte. Il se dit au propre et au figuré. "Il faut l'avoir; il veut en venir à bout, à quelque prix que ce soit. — Pour prix de s'emploie sur-tout au fig. "Voilà ce que j'ai obtenu pour prix de mes soins: de l'ingratitude, des insultes, des perfidies. — Prix pour prix: "Considérez les qualités de ces deux hommes, et vous verrez que, prix pour prix, l'un vaut bien l'aûtre.
   On dit, faire le prix, et mettre le prix, ou un prix à: le P. Rapin confond ces deux régimes. "Faisant lui seul le prix à tout ce qui en est digne. Il falait, mettant le prix à, etc. "Il n'a pas payé sa renomée par le prix qu'il faut ordinairement mettre à cette fumée; c'est-à-dire, par les tracasseries, qui empoisonent la vie d'un Homme de Lettres, en quelque genre que ce soit. Linguet. — On dit, dans le même sens figuré, atacher du prix ou un prix à... "Ceux qui sont en état de sentir le prix de la sécurité domestique, et à en atacher un à l'éducation tranquille de leurs familles, etc. Id. "J'atache un grand prix à ce portrait (de mon fils); car je le destine à ma future Belle-fille. Th. d' Educ.
   Doit-on dire, acheter quelque chôse au prix de sa vie, ou bien, au prix de sa mort? il semble qu'on ne devrait dire que le 1er; et c'est le seul en éfet que dise l'Académie. Cependant l'Auteur des Réflexions, etc. assûre que l'usage a autorisé aussi le second. "J' acheterois de tout mon coeur le Paradis au prix de ma vie, au prix de ma mort. "L'honeur de vous plaire, dit le P. Bouhours, n'est pas une chôse si avantageûse, que je veuille l'acheter au prix de ma mort Andry de Bois-regard. L. T. = Au prix de, en comparaison de. Voy. AUPRèS et PRèS.
   On dit, proverbialement, que chacun vaut son prix, pour dire, qu'il ne faut pas tant élever le mérite d'une persone, qu'on rabaisse celui des aûtres. = Être hors de prix, extrêmement cher. — N'avoir point de prix, être sans prix, être d'une três-grande valeur. "Ce tableau n' a point de prix: ce diamant est sans prix. — Cet homme est sans prix, d'un mérite râre et extraordinaire. = Mettre la tête d'un homme à prix, promettre une somme pour récompense à celui qui le tuera.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

prix

nom masculin prix
1.  Valeur d'échange d'un bien.
2.  Ce qu'il en coûte pour réussir.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

prix

Preis, Prämie, Wert, Fahrpreisprice, prize, premium, charge, award, cost, bounty, reward, fee, purse, fareprijs, premie, beloning, prijswinnaar, waarde, koers, vervoerprijsאשכר (ז), דמים (ז״ר), מחיר (ז), ערך (ז), פרס (ז), מְחִיר, עֵרֶךְ, פְּרָסpryspremi, preu, primacena, ocenění, jízdnépræmie, pris, billetprispremio, prezoprecio, premio, billete, tarifahinta, palkinto, matkalipun hintaदामáranugerah, harga, penghargaanprezzo, premio, importo, pregio, tariffapris, billettpris, premiecena, nagroda, opłatapreço, prémio, prêmio, recompensa, tarifapreţpris, biljettpris价格, , 奖赏, 费用τιμή, αντίτιμο, βραβείο, έπαθλο, ναύλοςцена, приз, стоимость проездаأُجْرَةُ السَّفَر, جَائِزَة, سِعْرcijena, nagrada, vozarina価格, 賞, 運賃가격, 상, 승차 요금ค่าโดยสาร, ราคา, รางวัลfiyat, ödül, ücretgiá, giải thưởng, tiền véцена價格 (pʀi)
nom masculin
1. valeur en argent de qqch le prix d'une maison
2. récompense obtenir le premier prix
3. sport compétition sportive courir le Grand Prix
4. valeur de qqch le prix de la liberté attacher du prix à qqch
5. absolument Il veut à tout prix te parler.
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

prix

[pʀi] nm
(= valeur, coût) → price
Je n'arrive pas à lire le prix de ce livre → I can't see the price of this book.
acheter qch à prix d'or → to pay a fortune for sth
à tout prix → at all costs
Je veux éviter ça à tout prix → I want to avoid this at all costs.
à aucun prix → not at any price
Je n'irai là-bas à aucun prix → I'm not going there at any price.
au prix fort → at a very high price
hors de prix → outrageously expensive
Les repas sont hors de prix ici! → Meals here are outrageously expensive!
mettre à prix → to set a reserve price on (Grande-Bretagne), to set an upset price on (USA)
(= récompense) → prize
Cécile a eu le prix de la meilleure actrice → Cécile got the prize for best actress.
(ÉDUCATION)prize
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005
Collins Multilingual Translator © HarperCollins Publishers 2009