couard
(Mot repris de couards)couard, e
adj. et n. [ de l'anc. fr. coue, du lat. cauda, queue ]COUARD
(kou-ar ; le d ne se lie jamais) s. m.HISTORIQUE
- XIe s. Pour tout l'or Deu [il] ne volt estre cuard [, Ch. de Rol. LXIX]
- XIIe s. Mais li cohart n'i auront [en paradis] ja pardon [, Ronc. p. 71]Et non porquant la terre d'outremer [je] Voi en si très grant balance Qu'en chantant [je] veuil prier le roi de France Que ne croie cowairt ne losengier [qui lui conseillent de quitter la croisade] [QUESNES, Romancero, p. 100]Quant il ont en bataille fiché leur estendart, Ne le maintiennent mie à guise de coart [, Sax. XI]Li reis ad dous [deux] privez, Sorel e dan Blanchart, Tost funt del buen malvais e del hardi cuart [, Th. le mart. 56]
- XIIIe s. Il n'i ot si coart qui maintenant ne fust garnis de hardement [H. DE VALENC., IV]Ce dist Renart : trop ies coarde, Ce fis ge por toi esmaier, Einsi te voloie essaier [, Ren. 1800]Se il [le bailli] estoit couars, il n'oseroit courocier le rice home qui aroit à fere contre le povre [BEAUMANOIR, 20]
- XIVe s. Il n'est pas dit couart pour ce, se il craint infame ou que l'on ne face villanie à ses gens [ORESME, Eth. 79]
- XVe s. Si sont Lombards de leur nature riches et couards ; nous y ferons nostre profit [FROISS., III, IV, 20]Peu de chose est de fol espoir, Et c'est assés, au dire voir ; Car le cowart il fait hardi ; Et le joli, Selon les mours qui sont en li, Il li fait ordenance avoir [ID., Virelay.]
- XVIe s. Auprès du feu couards tiennent gros termes [J. MAROT, p. 38, dans LACURNE]C'est une qualité tousjours couarde et basse [MONT., I, 6]Nous le rendons servile et couard [l'entendement], pour ne luy laisser la liberté de rien faire de soy [ID., I, 163]Il n'y a homme si couard qui n'ayme mieulx tumber une fois, que demourer tousjours en branle [ID., I, 251]Ouy, dit-il, je suis couard, voirement timide ès choses villaines et deshonnestes [AMYOT, De la mauv. honte, 6]Moy plus couard, je ne requiers sinon.... Mourir oisif en ton giron, Cassandre [RONS., 44, 933]
ÉTYMOLOGIE
- Provenç. coart ; espagn. et portug. cobarde ; ital. codardo ; du latin cauda, queue (voy. ce mot) : qui est de la queue, c'est-à-dire qui se tient en arrière, ou qui porte la queue basse comme les animaux qui ont peur. Coart est le nom du lièvre dans le roman de Renart.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
- COUARD.
couard
couard
Couard, m. acut. Est celuy qui est timide, Timidus, Meticulosus. L'Espagnol dit Covarde. Aucuns dient qu'il vient de ce mot Couë, Cauda, usité en aucunes provinces de ce Royaume. Ou parce qu'un chien et autre beste couëe, quand elles ont peur, fuyent la queue serrée entre les fesses, Ou parce que ceux qui menent la queuë d'un conflict ou bataille, sont des moins hardis et fuyards, quand l'avant-garde et bataille sont rompuës. Mais en ce ils parlent en ignorants. Car comme Tite Live au li. 8. et Vegece au liv. 2. ch. 15. et 16. dient, et l'on void encores par usage au ranger d'une bataille, l'Arriere-garde a de tout temps esté et est fournie des plus valeureux et mieux armez.
couard
*COUARD, s. m. COUARDISE, s. f. Poltron, poltronerie. L'Acad. dit du 1er, qu' il est vieux, et du second, qu'il vieillit.
Rem. Ménage dit que couard n'est plus de la belle poésie: il pouvait ajouter, ni de la belle prôse. Il ne peut plus entrer, ainsi que couardise, que dans le style comique ou très-familier.