coucher

(Mot repris de couchai)

1. coucher

v.t. [ lat. collocare, placer ]
1. Mettre au lit : Coucher ses enfants lever
2. Étendre qqn sur le sol, sur une surface plane ; placer qqch horizontalement : Coucher un blessé sur un banc allonger
3. Offrir à qqn un lit pour dormir : Nous pouvons coucher cinq personnes héberger, loger
4. Incliner qqch vers l'horizontale, le courber ou le rabattre : Le vent couchait les blés pencher, ployer ; relever
Coucher une idée sur le papier ou par écrit ou noir sur blanc,
l'inscrire, la noter.
Coucher qqn sur un testament, sur une liste,
le désigner par écrit comme un des héritiers, un des participants à une action.
v.i.
Passer la nuit : Coucher à l'hôtel dormir
Coucher avec qqn,
avoir un rapport sexuel avec lui.
Nom à coucher dehors,
Fam. nom difficile à prononcer, à retenir.

se coucher

v.pr.
1. Se mettre au lit pour dormir : Je me suis couché tôt se lever
2. Se mettre dans la position horizontale : Se coucher sur le ventre s'allonger, s'étendre
3. Descendre sous l'horizon, en parlant d'un astre : Le soleil se couche à l'ouest se lever
4. Se courber, s'incliner : Les roseaux se couchent sous la bourrasque ployer

2. coucher

n.m.
1. Action de se coucher ou de coucher qqn pour la nuit ; moment où se fait cette action ; fait de passer la nuit dans un lieu : Le coucher a lieu à 10 heures. Prendre un médicament au coucher. Des voisins nous ont offert le coucher.
2. Moment où un astre descend sous l'horizon : Le coucher du soleil.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

coucher


Participe passé: couché
Gérondif: couchant

Indicatif présent
je couche
tu couches
il/elle couche
nous couchons
vous couchez
ils/elles couchent
Passé simple
je couchai
tu couchas
il/elle coucha
nous couchâmes
vous couchâtes
ils/elles couchèrent
Imparfait
je couchais
tu couchais
il/elle couchait
nous couchions
vous couchiez
ils/elles couchaient
Futur
je coucherai
tu coucheras
il/elle couchera
nous coucherons
vous coucherez
ils/elles coucheront
Conditionnel présent
je coucherais
tu coucherais
il/elle coucherait
nous coucherions
vous coucheriez
ils/elles coucheraient
Subjonctif imparfait
je couchasse
tu couchasses
il/elle couchât
nous couchassions
vous couchassiez
ils/elles couchassent
Subjonctif présent
je couche
tu couches
il/elle couche
nous couchions
vous couchiez
ils/elles couchent
Impératif
couche (tu)
couchons (nous)
couchez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais couché
tu avais couché
il/elle avait couché
nous avions couché
vous aviez couché
ils/elles avaient couché
Futur antérieur
j'aurai couché
tu auras couché
il/elle aura couché
nous aurons couché
vous aurez couché
ils/elles auront couché
Passé composé
j'ai couché
tu as couché
il/elle a couché
nous avons couché
vous avez couché
ils/elles ont couché
Conditionnel passé
j'aurais couché
tu aurais couché
il/elle aurait couché
nous aurions couché
vous auriez couché
ils/elles auraient couché
Passé antérieur
j'eus couché
tu eus couché
il/elle eut couché
nous eûmes couché
vous eûtes couché
ils/elles eurent couché
Subjonctif passé
j'aie couché
tu aies couché
il/elle ait couché
nous ayons couché
vous ayez couché
ils/elles aient couché
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse couché
tu eusses couché
il/elle eût couché
nous eussions couché
vous eussiez couché
ils/elles eussent couché
Collins French Verb Tables © HarperCollins Publishers 2011

COUCHER1

(kou-ché) v. a.
Mettre au lit. Coucher un enfant. Les valets de chambre viennent coucher leurs maîtres. Les garçons de la noce venaient coucher l'épousée.
Étendre quelqu'un ou quelque chose tout de son long sur la terre ou sur quoi que ce soit. Coucher une échelle. On coucha le blessé sur un matelas. Coucher une bouteille sur le côté, la vider. Terme d'horticulture. Plier les rameaux jusqu'à terre et les couvrir de terre pour qu'ils prennent racine. Terme de doreur. Coucher d'assiette, coucher une couleur rougeâtre pour servir de préparation à recevoir l'or. Coucher de fond, étendre une couleur sur les rouleaux de papier avant de les imprimer. Fig. Coucher quelqu'un sur le carreau, l'étendre sur la place mort ou grièvement blessé.
Dieu dans un moment a couché ce géant [Galérius] sur la terre [CHATEAUB., Mart. II, 314]
Ainsi le trait fatal dans les rangs se promène, Et comme des épis les couche dans la plaine [LAMART., Méd. II, 15]
Ils couchèrent sur la plaine environ mille cavaliers, plus de quinze mille fantassins et bon nombre d'éléphants [LE P. CATROU, dans DESFONTAINES]
Incliner, pencher, rabattre quelque chose. La pluie et le vent couchent les blés. Coucher le poil d'un chapeau. Coucher des galons, une dentelle sur une étoffe.
La brise qui soulève ou couche les épis [LAMART., Harm. I, 5]
Terme de marine. Coucher un bâtiment, l'incliner pour le caréner. On dit aussi que le vent couche un bâtiment, quand il l'incline sur le côté. Terme de manufacture. Ranger avec la brosse le poil sur un drap tondu à fin. Fig. Coucher le poil à quelqu'un, le flatter, le cajoler.
Coucher en joue, donner au fusil une position couchée, horizontale, en l'ajustant à l'épaule et contre la joue pour tirer. Fig.
Que l'on couchait en joue, et de plus d'un endroit, Celle dont il a vu qu'une lettre en avance Avait si faussement divulgué la naissance [MOL., l'Ét. IV, 1]
Il crut que ces longues paupières n'avaient jamais couché que lui en joue [HAMILT., Gramm. 7]
La villageoise est belle et jeune, je l'avoue ; Don Alphonse, en passant, peut la coucher en joue [SCARRON, Dom Japhet, I, 1]
Si tu t'aperçois que quelque parent de don Gonzale ait de grandes assiduités auprès de lui et couche en joue sa succession, tu m'en avertiras aussitôt [LE SAGE, Gil Blas, IV, 7]
Etendre en couche. Coucher une couleur, de l'or, de l'argent sur.... Terme de peinture. Coucher des couleurs, les étendre avec le pinceau l'une à côté de l'autre avant de les fondre.
Coucher quelque chose par écrit, mettre par écrit.
Couche de ses faveurs l'histoire par écrit [RÉGNIER, Sat. X]
Nous faisons profession de ne coucher dans ces mémoires que ce que nous tenons de celui même dont nous racontons les faits [HAMILT., Gramm. 11]
Voici comment Luther coucha l'article VI du sacrement de l'autel [BOSSUET, Variat. IV, § 35]
.... Tu te souviens qu'au village on t'a dit Que ton maître est nommé pour coucher par écrit Les faits d'un roi.... [BOILEAU, Ép. X]
On vient d'exiler un conseiller de notre parlement, parce qu'il a prêté sa plume à coucher les remontrances que le corps a cru devoir faire au roi [MONTESQ., Correspondance, 61]
Le vieil officier, de son côté, se piquait de savoir bien coucher par écrit [LE SAGE, Gil Blas, VII, 12]
Inscrire. Coucher quelqu'un sur une liste, sur l'état des pensions. Coucher un article en recette, en dépense.
Dans peu de temps, j'espère Y voir coucher [dans un testament] mon nom en riche caractère [REGNARD, Lég. I, 1]
Terme de jeu. Mettre comme enjeu. Il est grand joueur, il couche mille écus sur une carte. Coucher gros, jouer très gros jeu, et fig. risquer beaucoup. On dit, au neutre, coucher de tant. Fig. Coucher gros, avancer quelque chose d'extraordinaire : vieux en ce sens.
La corneille.... Qui, croassant partout d'un orgueil effronté, Ne couche de rien moins que l'immortalité [RÉGNIER, Sat. II]
Vous couchez d'imposture et vous osez jurer ! [CORN., le Menteur, III, 5]
Il ne couche pas moins que de faire employer pour lui toutes les puissances [, Trévoux]
Tu couches d'imposture et tu m'en as donné [MOL., l'Ét. I, 10]
V. n. Prendre son repos de nuit. Coucher dans un lit, sur un matelas. Coucher sur la dure. Chambre à coucher.
Pygmalion ne couche jamais deux nuits de suite dans la même chambre, de peur d'être égorgé [FÉN., Tél. liv. III]
10° Loger ou passer la nuit. Il coucha dans une hôtellerie. Coucher en ville. Coucher dans la rue.
Elle le retenait souvent à coucher [HAMILT., Gramm. 6]
.... Vous ennuyez-vous point De coucher toujours seul ? une esclave assez belle Était à mes côtés ; voulez-vous qu'on l'appelle ? [LA FONT., Fabl. VIII, 11]
J'ai couché plus mal quelquefois, dit-il ; ayez seulement soin de cet enfant qui me conduit et qui est plus délicat que moi [MARMONT., Bélisaire, I]
Coucher à la belle étoile, et, populairement, coucher à l'enseigne de la lune, coucher en plein air. Coucher dans son fourreau comme l'épée du roi, ou, simplement, coucher dans son fourreau, coucher tout habillé.
11° Coucher avec une femme, avoir commerce avec elle.
Jupiter, en couchant avec Alcmène, fait une nuit de 24 heures [VOLT., Mœurs, miracles.]
On ne pouvait coucher ensemble la première nuit des noces, ni même les suivantes, sans en avoir acheté la permission [MONTESQ., Esp. XXVIII, 41]
Un autre vous promet de vous faire coucher avec les esprits aériens, pourvu que vous soyez seulement trente ans sans voir de femme [ID., Lett. pers. 58]
Déjà, pour commencer dans l'ardeur qui m'enflamme, Je vais dire partout qu'il couche avec ma femme [MOL., Sganar. 17]
12° Se coucher, v. réfl. Se mettre au lit. Ils se sont couchés fort tard.
Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ? [BOILEAU, Sat. VI]
Pour moi, fermant ma porte, et cédant au sommeil, Tous les jours je me couche avecque le soleil [ID., ib.]
Je ne me couche point qu'aussitôt dans mon lit Un souvenir fâcheux n'apporte à mon esprit Cent histoires de morts lamentables.... [ID., Sat. X]
Il se couche tranquillement sur une nouvelle qui se corrompt la nuit [LA BRUY., I]
T'attendre aux yeux d'autrui, quand tu dors, c'est erreur ; Couche-toi le dernier, et vois fermer ta porte [LA FONT., Fabl. XI, 3]
Familièrement. Se coucher comme les poules, se mettre au lit de très bonne heure. Populairement. Allez vous coucher, c'est-à-dire laissez-moi tranquille.
13° S'étendre.
Le reste.... se couche contre terre et sans faire aucun bruit Passe une bonne part d'une si belle nuit [CORN., Cid, IV, 3]
Éconduit, il [le courtisan] insiste ; repoussé, il tient bon ; qu'on le chasse, il revient ; qu'on le batte, il se couche à terre [P. L. COUR., Simple discours.]
Terme de manége. Le cheval se couche en vache, lorsque, dans le décubitus sternal, les talons de ses sabots et les extrémités des branches du fer viennent heurter et contondre la peau du sommet du coude. Se coucher sur la volte, se dit d'un cheval qui, malgré son cavalier, force ses inclinaisons dans les changements de direction. Être couché, étendu. Ce collet est mal taillé, il ne se couche pas bien sur l'habit.
Sur deux tréteaux boiteux se couchait une porte [RÉGNIER, Sat. X]
14° Passer au-dessous de l'horizon, en parlant des astres. Le soleil se couchera bientôt. À Paris, la Grande Ourse ne se couche jamais.

PROVERBES

  • Pour boire de l'eau et coucher dehors il ne faut demander congé à personne.
  • Il ne faut pas se dépouiller avant de se coucher, c'est-à-dire il ne faut pas faire, de son vivant, donation de son bien à des enfants ou à des héritiers.
  • Comme on fait son lit on se couche, c'est-à-dire il faut se résigner à subir les conséquences de sa conduite.
  • Si vous n'en voulez point, couchez-vous auprès, se dit très familièrement à une personne qui refuse une offre que l'on croit raisonnable.

REMARQUE

  • 1. Se coucher signifie se mettre au lit, s'étendre pour dormir : nous nous sommes couchés à minuit ; et coucher, v. n. signifie passer la nuit, le temps du sommeil : il a couché en ville. Ainsi il ne faut pas dire : il est allé coucher, mais il est allé se coucher, quand on parle de se mettre au lit ; mais on dirait : il est allé coucher dans la rue, c'est-à-dire il est allé passer la nuit dans la rue.
  • 2. Coucher, v. n. ne se construit qu'avec l'auxiliaire avoir ; cependant Racine a dit : Il y serait couché sans manger ni sans boire, Plaid. I, 1. C'est une licence que rien n'empêcherait d'imiter en poésie.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Sur un perron de marbre bloi se culche [, Ch. de Rol. II]
    Descent à piet, à la terre se culche [, ib. CXLVIII]
    Quant il se dresse, li soleilz est culchet [, ib. CLXXVII]
    S'en ma merci [il] ne se cuizt à mes piez.... [, ib. CLXXXIX]
  • XIIe s.
    Et el sepoucre cocher et repouser [, Ronc. p. 6]
    Quant à tes piés [elle] se coucha à bandon [, ib. p. 48]
    [Il] Coche s'adens, durement s'humelie [, ib. p. 55]
    Dès le matin jusqu'à soleil couchant [, ib. p. 68]
    Sa chemise qu' [il] eut vestue, [il] M'envoia pour embrasser ; La nuit, quant s'amour m'arguë, [je] La met delez moi couchier [, Dame de faiel, dans Couci]
    E à la nue terre se culchout en ses dras Que il aveit le jur, ne changout altres pas [, Th. le mart. 102]
  • XIIIe s.
    De paour [elle] va à dens sur la terre couchier [, Berte, XI]
    En croi sur l'herbe drue doucement [elle] se couchoit [, ib. XXVIII]
    Vous deus dedens ma chambre ensemble [je] coucherai [, ib. LVII]
    Rois, ce n'est pas ma fille qui ci estoit couchie [, ib. X]
    Quant il vinrent laiens, si se coucierent et reposerent jusques à l'endemain après la messe que il alerent au castiel où li cuens estoit [H. DE VALENC., XVI]
    Li rois Loeys ses peres se coucha au lit mortiel, et le convint partir de cest siecle [, Chr. de Rains, p. 10]
    Dont sont tous nos François cochié à genoillon ; Or oïez de Jhesu, en qui croire devon, Com a fait grant vertu, por confondre Mahon [, Ch. d'Ant. III, 618]
    Si tost com ou sepulcre [le St-Sépulcre] iert m'ofrande coucie, Et je l'aurai baisié et m'orison fenie [, ib. I, 912]
    Par devant le segneur desoz qui il couque et lieve [BEAUMANOIR, 58]
    Et s'il ne le trueve d'aventure, il doivent aler fere lor semonce à lor ostel où il est couquans et levans [ID., 50]
    Dusqu'à tant que les paroles sont couquies en jugement [ID., VI, 14]
    Quant je fus couchié en mon lit, là où je eusse bien mestier [besoin] de reposer [JOINV., 230]
    Il m'apoia, au passer que je fis, de son glaive entre les deux espaules, et me coucha sur le col de mon cheval [ID., 225]
  • XVe s.
    Mon très redouté et souverain seigneur, je me mets et couche du tout en vostre ordonnance et en la disposition de vostre haut et noble conseil [FROISS., II, III, 93]
    Après ce coup là veïssiez Autres coups aller et tenir, Et flourins aller et venir ; L'un couchoit de seize tous francs [E. DESCH., Poésies mss. f° 392, dans LACURNE, au mot effacer.]
    Auquel [Brissonnet] il faisoit conseiller de se faire prestre et que il le feroit cardinal, à l'autre couchoit [promettait] d'une duché [COMM., VII, 2]
    Qui sçauroient le coucher en meilleur langage que moy [ID., Prol.]
    Coucher une lance en arrest [ID., I, 3]
    Il dresse le bras dextre à tout la lance au poing ....et quant il fut temps de coucher, il coucha tout droit bonne lance, et tourna sur son ennemy [, Perceforest, t. V, f° 6]
    Couchier à dix, lever à six [LEROUX DE LINCY, Prov. 1. II, p. 164]
  • XVIe s.
    Mais qu'il s'allast coucher, et qu'il couchast bien soigneusement la medaille sur ses roignons [MONT., I, 95]
    Au lieu de coucher ces advis sur ses meurs, chascun les couche en sa memoire [ID., I, 116]
    Les femmes couchant à part de leurs maris [ID., I, 237]
    On les couchoit sur des charriotes pleines de bruyere [ID., I, 238]
    Je couche de peu [j'avance, je risque peu], car.... [ID., IV, 124]
    Il les portoit l'un après l'autre par terre à chacune rencontre, sans que jamais sa lance fut couchée en vain [YVER, p. 534]
    La confiscation des meubles appartient au seigneur duquel le confisqué est couchant et levant [domicilié] [LOYSEL, 840]
    Drogues couchées avec le pinceau [PALISSY, 313]
    Nous ne laisserons pas de coucher par escript les choses dignes de memoire que nous avons peu amasser du roy Numa [AMYOT, Numa, 2]
    Il ne luy restoit plus qu'à coucher l'edict en bons termes [ID., Solon, 25]
    Ils les trouverent qu'il estoit ja soleil couché [ID., Pyrrh. 2]
    Il se trompoit, car il n'eust seu coucher d'un nom plus desagreable aux habitans que celui du roi [D'AUB., Hist. II, 441]
    Se coucher en chapon le morceau au bec [se coucher de très bonne heure] [, Débat de folie et d'amour, p. 99, dans LACURNE]
    Qui se couche avec les chiens, se leve avec les puces [COTGRAVE, ]
    Qui avec malheureux couche, il a froid, quoiqu'il lui touche [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 383]
    Ils ne sont pas trestous couchez encore, qui auront malvais repos anuict [PALSGR., p. 422]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. côchai ; picard et rouchi, couker ; wallon, coûkî ; namurois, couchî ; provenç. colgar, colcar ; ital. colcare, corcare, coricare ; du latin collocare, mettre, poser, de col, pour cum, avec, et locare, placer (voy. LOUER). Le sens général de placer a été réduit au sens particulier de mettre dans un lit ou dans une position analogue à celle qu'on a dans le lit : coucher une lance en arrêt. L'espagn. et le portug. colgar signifient appendre.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. COUCHER. Ajoutez :
    15° Fig. Se coucher auprès, se passer de (métaphore tirée du chien qui se couche auprès de la nourriture qu'il dédaigne).
    Il [d'Hacqueville] fera valoir vos raisons à M. de Pompone, et, après cela, s'ils ne sont contents, vous leur permettrez de se coucher auprès [SÉV., 29 déc. 1675]

    REMARQUE

      2. Ajoutez : L. Racine dit dans ses Remarques que il y serait couché est une faute d'impression ; mais rien ne justifie cette allégation.

COUCHER2

(kou-ché ; l'r ne se lie jamais) s. m.
Action de se mettre au lit. J'étais à son coucher. Le coucher du roi ou, simplement, le coucher, réception qui précédait le coucher du roi.
Je viens du coucher, où le discours n'a roulé que sur vous [HAMILT., Gramm. 7]
Petit coucher, l'intervalle de temps entre le bonsoir que le roi donnait à tout le monde étranger, et le moment où il se couchait effectivement, pendant lequel il demeurait avec les officiers les plus nécessaires de sa chambre ou avec ceux qui avaient un privilége particulier pour y rester.
Pour aller au Louvre au petit coucher [MOL., Préc. sc. 8]
On écrit aussi couché.
Moi, pourvu que je puisse être au petit couché, Je n'ai point d'autre affaire où je sois attaché [MOL., Mis. II, 5]
Dicton juridique. Au coucher se gagne le douaire, le douaire n'est point acquis à la femme avant que le mariage ne soit consommé.
Position d'une personne étendue horizontalement. Coucher en supination ou sur le dos, coucher en pronation ou sur le ventre, et coucher sur l'un ou l'autre côté.
Couchée. Il ne paya rien pour son coucher.
Manière dont on couche. Un bon coucher. Il est délicat pour le boire, pour le manger et pour le coucher.
Le coucher dessus la dure, la psalmodie de la nuit et le travail de la journée attirent le sommeil à ce corps si tendre [BOSSUET, la Vallière.]
La garniture du lit, matelas, etc.
Terme d'astronomie. Moment où un astre passe sous l'horizon. Au coucher du soleil. De beaux couchers de soleil. Les couchers et les levers du soleil. Les astronomes distinguent trois couchers des étoiles : le cosmique, l'acronyque et l'héliaque. Se dit aussi des tableaux qui représentent le soleil se couchant. Il a dans sa galerie un très beau coucher de soleil.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Il luy fut donné deux autres villes, l'une pour son vestir, l'autre pour son coucher [AMYOT, Thém. 53]
    La mollesse au vestir et coucher [MONT., I, 183]
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

coucher

COUCHER. v. tr. Étendre de son long sur la terre, sur un lit, etc. Il le coucha sur l'herbe. On coucha le blessé sur un matelas. Saint Louis en mourant voulut qu'on le couchât sur la cendre. On le dit aussi en parlant des Choses. Coucher une statue par terre. Coucher une armoire, une chaise, une poutre, une échelle, etc.

Il signifie particulièrement Mettre quelqu'un au lit, le déshabiller, l'aider à se mettre au lit, Coucher un enfant, un malade.

Se coucher, Se mettre au lit. Il se couche de bonne heure. On dit plaisamment dans ce sens Un couche-tôt.

Coucher quelqu'un par terre, le coucher sur le carreau, sur le champ de bataille, L'étendre sur la place, mort ou très blessé. Il coucha son homme par terre. À peine les hommes étaient-ils sortis de la tranchée que le feu des mitrailleuses en coucha cinquante sur le sol. Plus de vingt mille hommes étaient couchés sur le champ de bataille.

Fig., Coucher quelqu'un sur l'état des pensions, sur une liste, etc., L'inscrire sur l'état des pensions, sur une liste, etc. On dit plus ordinairement Porter sur l'état des pensions, sur une liste, etc.

Fig. et fam., Coucher par écrit, Mettre par écrit. Il ne suffit pas de faire cette promesse verbalement, il faut la coucher par écrit. Coucher une clause, un article dans un acte, dans un contrat. On dit plus ordinairement Porter une clause dans un contrat. Coucher un article en recette, en dépense, Employer un article sur l'état de la recette, de la dépense. Cette façon de parler vieillit. On dit plus ordinairement Porter un article en recette, en dépense.

Par extension, Coucher en joue, Ajuster son fusil et viser, pour tirer sur quelqu'un, sur quelque chose. J'avais déjà couché l'animal en joue.

SE COUCHER signifie S'étendre tout de son long sur quelque chose. Il s'est couché par terre. Se coucher sur un lit, sur un sofa. Se coucher sur le ventre, sur le dos, etc.

Il signifie particulièrement Se mettre au lit. Ils se sont couchés fort tard. Allez vous coucher.

Fam., Se coucher comme les poules, Se mettre au lit de très bonne heure.

Fig. et pop., Allez vous coucher, Laissez- moi tranquille.

Prov. et fig., Comme on fait son lit, on se couche, Il faut s'attendre au bien ou au mal qu'on s'est préparé par la conduite qu'on a tenue, par les mesures qu'on a prises.

Il se dit figurément du Soleil et des autres astres et signifie Descendre sous l'horizon. Le soleil se couchera bientôt. Il y a une heure que la lune est couchée.

COUCHER signifie quelquefois simplement Pencher. Couchez un peu votre papier, vous écrirez plus commodément.

Il signifie également Courber, incliner ce qui est naturellement droit. La grêle, la pluie et le vent couchent les blés, les herbes. Coucher un sarment, un cep de vigne. Coucher les branches d'un arbuste en terre pour faire des nouveaux plants. Coucher le poil d'un chapeau, d'une étoffe. On dit aussi Le vaisseau s'est couché sur le flanc.

Coucher des couleurs signifie particulièrement, en termes de Peinture, Étendre des couleurs avec le pinceau l'une à côté de l'autre, avant de les fondre.

En termes de Botanique, Tige couchée, Tige qui ne s'élève point, qui reste étendue sur la terre.

Papier couché, Papier qui a reçu une couche de plâtre ou de kaolin pour le rendre plus sensible à l'impression.

Il s'emploie aussi intransitivement et signifie Être étendu pour prendre son repos. Coucher dans un lit, dans des draps, entre deux draps. Coucher sur un matelas, sur la plume, mollement, durement. Coucher sur la dure, sur une paillasse, sur la terre, à terre, sur le ventre, sur le dos, sur le côté. Coucher tout habillé. Chambre à coucher. Quand nous arrivâmes, tout le monde était couché.

Il signifie aussi Loger la nuit en quelque endroit en y prenant du repos. Il coucha à l'hôtel. Ils allèrent coucher à tant de lieues de Paris. Coucher dehors. Coucher dans la rue. Coucher en ville. Le mauvais temps ne leur ayant pas permis d'aborder, ils couchèrent dans le bateau.

Fig. et fam., Coucher à la belle étoile. Voyez BEAU.

Fam., Un nom à coucher dehors, Un nom difficile à prononcer et à retenir.

coucher

COUCHER. n. m. Action de se coucher, C'est l'heure de son coucher. Le coucher du roi, ou simplement Le coucher, L'heure à laquelle le roi recevait ceux qu'il admettait à lui faire leur cour avant qu'il se retirât pour se coucher. Le petit coucher du roi, ou simplement Le petit coucher, L'espace de temps qui restait depuis que le roi avait donné le bonsoir jusqu'à ce qu'il se mit au lit.

Fig., Le coucher d'un astre, Le moment où il descend et se cache sous l'horizon. Au coucher du soleil. De beaux couchers de soleil. En termes de Peinture, Ce tableau représente un coucher de soleil, Il représente l'aspect du ciel et de l'horizon au moment où le soleil se couche. On dit aussi Un coucher de soleil, Un tableau qui représente un coucher du soleil.

Il désigne aussi l'Usage du lit, la façon dont on est couché, soit bien, soit mal. Il ne paya rien pour son coucher, pour le coucher.

Il se dit encore de la Garniture d'un lit, comme matelas, lit de plume, etc. Un bon, un mauvais coucher.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

coucher

Se coucher par terre, ou estre couché, Decumbere, Cubare, Semble que Coucher vienne de Cubare, mutando b, in ch.

Coucher pour dormir, Discubare.

Coucher dehors, Abnoctare.

Se coucher devant, Praeoccidere.

Se coucher souvent en un lieu, Cubitare.

Se coucher de sommeil qu'on a, Sternere se somno.

Coucher à part, Secubare.

Coucher aupres, Accubare, Accumbere.

Coucher sus, Supercubare.

Coucher avec la femme d'aucun, Cubile alicuius inire.

¶ Coucher les vignes en terre, Vineas in terram prosternere, Humare taleas.

¶ Coucher ou rediger par escrit, Mandare scriptis, Commendare monumentis, Peragere res gestas.

Coucher par escrit la parole d'aucun, Memoriae prodere sermonem alicuius.

Coucher par escrit et garder par le benefice de l'escriture la memoire des choses, etc. Custodire literis quae a summis viris dicta sunt.

Coucher par son testament, Cauere testamento.

Coucher parmy ses comptes, Rationibus inferre.

Coucher au chapitre des dons, Expensum ferre liberalitati regis. B. ex Plin. iun.

Coucher obscurement une sentence ou jugement, Formas rerum iudicatarum ambigue et perplexe concipere. Bud.

Coucher quelque chose premierement en art, Instituere artem alicuius rei.

Estre couché, Cubare, Procumbere, Recumbere, Iacere.

Estre couché et estendu au devant et par le chemin, Obiacere, Praeiacere.

Estre couché et estendu entre-deux, Interiacere.

Estre couché et estendu dessous, Subiacere.

Estre couché tout plat et tout estendu, Recubare, Iacere prostratum.

Il est couché au lict fort malade, Iacet grauiter.

Jetté et couché aux pieds, Stratus ad pedes.

Estre couché avec sa femme ou autre, Concumbere, aut Concubare.

Couché contre terre tout de son long et estendu, Fusus humi toto corpore.

Estre couché sur quelque chose, Incubare.

Estre couché sur l'herbe, In herba recumbere.

Couché sur le ventre, Pronus in ventrem.

Beuf qui se couche en labourant, Bos decumbens in sulco, Bos cubitor. B.

Qui ne sont point couchez en l'estat, Praeteriti.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

coucher


COUCHER, v. act. et neut. [Kou-ché; 2e é fer.] Mettre quelqu'un au lit, ou s'y mettre soi même; coucher un enfant, un malade: des valets qui couchent leur Maître, des femmes de chambre qui couchent leur Maîtresse, qui les aident à se déshabiller, et à se coucher. — Coucher dans un lit, sur un matelas, sur la dûre. — C'est aussi passer la nuit en quelque endroit. "Nous allâmes coucher à Lyon. "Coucher dans un bateau, dans un carrosse. = Coucher, renverser: "Les vents, les pluies couchent les blés. = Mettre par écrit, coucher sur le papier, dans un acte. = Mettre au jeu: il couche à chaque coup, cent pistoles sur une carte. = Se coucher, être couché: Il s'est couché à minuit; il est couché depuis dix heures. Le Soleil se couche à présent, à cinq et vingt minutes. La Lune est déjà couchée.
   Rem. Quand coucher est sans régime, on l'emploie au réciproque, et non pas au neutre. On doit, vous coucherez avec moi; il a couché à l'auberge; mais on ne dit pas allez coucher; on doit dire, allez vous coucher. Regnard a fait cette faute dans le Joueur:
   Et va coucher sans bruit.
Il faut dire: et va se coucher.
   Racine donne au neutre le v. être pour auxiliaire:
   Il y seroit couché sans manger ni sans boire.
       Plaideurs.
Il y seroit couché n'est pas français, dit d' Olivet, pour signifier, il y auroit passé la nuit. On dit, en des sens très-diférens, coucher et se coucher. Le premier, tantôt actif et tantôt neutre, prend pourtant toujours l'auxiliaire avoir: le second est réciproque, et prend l' auxiliaire être. — Racine le Fils prétend que c'est une faute d'impression, et qu'on doit lire: il s'y seroit couché, etc. Mais il n'a pas fait réflexion que, se coucher signifie simplement se mettre au lit, ou s'étendre tout de son long sur quelque chôse. Or, ce n'est point assurément là ce que l'Auteur a voulu dire. D'Olivet.
   COUCHER, pour mettre, par écrit, n'est plus que du style familier. On ne dirait point dans une Histoire, comme a fait Pellisson dans celle de l'Académie: "M. de Cerisy le coucha par écrit. — On disait aussi, cet homme couche bien par écrit, pour dire: il écrit d' un bon style. En ce sens, il vieillit, dit l'Acad.
   On dit encôre, mais seulement dans le style familier, coucher, ou être couché sur l'état, sur le rôle. La Fontaine dit dans la Fable de l'Âne et de ses Maîtres.
   ...Il obtint changement de fortune;
   Et sur l'état d'un Charbonier
   Il fut couché tout le dernier.
   Autre plainte, etc.
   On dit, proverbialement, coucher à la belle étoile, coucher dehors. Coucher dans son fourreau, tout vétu. — Coucher en joûe, au propre, mirer avec une arme à feu; au figuré, avoir en vûe quelque place: Il couche en joue cet emploi. — Coucher sur le carreau, renverser, tuer. — Comme on fait son lit, on se couche; les afaires vont selon la peine qu'on se done.
   Rem. Coucher avec une femme, est une expression basse et peu digne du style de l'Histoire. Voltaire dit, d'Alphonse de Portugal: "Il avait eu publiquement, d'une courtisane, un enfant, qu'il avait reconnu. Il avait couché très-long-temps avec la Reine. Malgré tout cela, elle l'accusa d'impuissance. — Tous les styles sont mélés, dans le Siecle de Louis XIV, le chef-d'oeuvre de Voltaire; et le faut être, ou bien aveugle, ou excessivement prévenu, pour le citer comme un modèle d' écrire l'Histoire.
   COUCHER, s. m. Il n'a point de pluriel, et ne s'unit point avec des adjectifs. Le lever et le coucher du Roi. Le coucher du soleil. "Il est délicat pour le boire, pour le manger et pour le coucher. — Il ne prend d'épithète que quand il signifie la garnitûre d'un lit, comme matelas, lit de plume, etc. Bon, ou mauvais coucher.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

coucher

nom masculin coucher
Moment où un astre disparaît.
crépuscule -littéraire: brune.

coucher

verbe transitif coucher
1.  Placer horizontalement.
2.  Incliner vers l'horizontale.

coucher (se)

verbe pronominal coucher (se)
1.  Se mettre au lit.
dormir -familier: faire dodo -populaire: se pager, se pieuter.
2.  Se mettre à l'horizontale.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

coucher

(kuʃe)
verbe transitif
1. mettre dans un lit coucher un enfant
2. allonger coucher un blessé sur le sol

coucher

legen, schlafenlay, put to bed, go down, go to bed, screw, setneerleggen, leggen, vlijen, naar bed brengen, inbedstoppen, naarbedbrengen, (het) naar bed gaan, in bed leggen, in een laag uitstrijken, laten overnachten, neer-, onderdak, ondergang [zon], onderkomen, opschrijven, overnachten, slapen, in bed stoppenהשכיב (הפעיל), שקיעה (נ), הִשְׁכִּיבlæggeenlitigi, kuŝigi, sekskuniĝiacostar, colocar, ponerleggjaleggedeitar, estenderaşezaложиться, лежать, ночевать, трахатьläggaδειλινό, ξαπλώνωcoricarsi, coricare, dormire, pernottare, tramonto
verbe intransitif
1. passer la nuit Il couchera chez moi.
2. avoir des rapports sexuels avec qqn Ils couchent ensemble.
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

coucher

[kuʃe]
nm
[astre] → setting
(pour dormir) au moment du coucher → at bedtime
à prendre avant le coucher (MÉDECINE) → take before going to bed
vt
(pour la nuit) [+ enfant] → to put to bed
(pour une position plus confortable) [+ blessé] → to lay down
(= loger) [hôte] → to put up; [résidence] → to sleep
On peut coucher jusqu'à dix personnes → We can sleep up to ten people.
[+ objet] → to lay on its side
(= écrire) → to inscribe
vi
(= passer la nuit) → to spend the night, to sleep
Ensuite on a couché à Chamonix → Then we spent the night in Chamonix.
coucher avec qn → to sleep with sb, to go to bed with sb [kuʃe] vpr/vi
(pour dormir) → to go to bed
Je me suis couché tard hier soir → I went to bed late last night.
(pour se reposer) → to lie down
[soleil] → to set, to go down
coucher de soleil nmsunset
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005