silence

silence

n.m. [ lat. silentium, de silere, se taire ]
1. Absence de bruit : Le silence qui règne dans ce lieu isolé calme, paix, tranquillité ; tapage, vacarme
2. Action, fait de se taire : La foule a observé une minute de silence. Le ministre lui a demandé le silence absolu sur cette affaire secret
3. Fait de cesser de donner de ses nouvelles, notamm. par lettre : Je commence à m'inquiéter de leur silence.
4. Absence de mention de qqch dans un écrit : Le silence de la loi sur ce délit omission
5. En musique, interruption plus ou moins longue du son ; signe qui sert à l'indiquer.
En silence,
sans faire de bruit ; sans prononcer un mot.
Passer qqch sous silence,
ne pas vouloir en parler, l'omettre sciemment.
Silence radio,
absence d'informations, de nouvelles ; fig., refus de commenter, de communiquer : Depuis sa démission, silence radio.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

SILENCE

(si-lan-s') s. m.
Etat d'une personne qui s'abstient de parler.
Il supportait beaucoup de choses qu'il n'approuvait pas [chez les prédicateurs] ; et, comme il ne refusait jamais ses louanges au mérite, il donnait volontiers son silence à ce qui ne méritait pas d'être loué [BALZ., Socrate chrét. X]
Faites-lui du silence, et l'écoutez parler [CORN., l'Illus. comique, II, 1]
Notre reine.... Doit rompre aux yeux de tous son silence obstiné [ID., Rodog. I, 1]
Il y a un silence de discrétion et de repos [LA ROCHEFOUC., Réfl. div. p. 129]
Il faut se tenir en silence autant qu'on peut, et ne s'entretenir que de Dieu, qu'on sait être la vérité [PASC., Pens. XXIV, 37, éd. HAVET.]
En amour un silence vaut mieux qu'un langage ; il est bon d'être interdit ; il y a une éloquence de silence qui pénètre plus que la langue ne saurait faire [ID., Amour.]
Rappelez en votre mémoire avec quelle circonspection elle ménageait le prochain, et combien elle avait d'aversion pour les discours empoisonnés de la médisance ; elle savait de quel poids est non-seulement la moindre parole, mais le silence même des princes [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
La reine d'Angleterre disait que les princes devaient garder le même silence que les confesseurs, et avoir la même discrétion [ID., ib.]
Il y a trois sortes de silence : le silence de zèle, le silence de prudence dans les conversations, et le silence de patience dans les contradictions [ID., Instr. aux Ursulines sur le silence, préamb.]
Nous avons fait silence afin de l'écouter [QUIN., Agrippa, V, 3]
... Un des campagnards, relevant sa moustache.... Impose à tous silence.... [BOILEAU, Sat. III]
Sa réponse [de Néron] est dictée, et même son silence [RAC., Brit. I, 1]
Pour garder jusqu'au bout un silence perfide [ID., Bajaz. III, 4]
Elle [Rome] se tait du moins ; imitez son silence [ID., Brit. III, 8]
Toute la troupe, étonnée, demeura dans le silence [FÉN., Tél. VII]
D'abord il se fit un profond silence dans toute l'armée [ID., Tél. X]
Bientôt règne entre nous ce doux silence qui est le plus tendre langage des amants [MONTESQ., Temple de Gnide, 5]
Obéir en silence est votre seule gloire [VOLT., Fanat. III, 6]
Le silence n'est point une contradiction [ID., Dict. phil. Contradictions.]
Je voudrais bien savoir à quoi sert le silence ; Il ne guérit de rien ; au contraire, il aigrit Les maux et les tourments du cœur et de l'esprit [LACHAUSSÉE, Gouvern. I, 1]
Le peuple n'a pas sans doute le droit de murmurer ; mais sans doute aussi il a le droit de se taire, et son silence est la leçon des rois [L'ABBÉ DE BEAUVAIS, Or. fun. Louis X]
Le silence est profond : la parole ferait un mal insupportable dans cet état de l'âme où tout est intime et intérieur [STAËL, Corinne, X, 4]
Un regard, un silence, un accent de sa voix.... ô lyre, en disent plus que ta vaine harmonie [LAMART., Nouv. méd. X]
Il se dit au pluriel.
J'aime assez qu'on s'explique ; Les silences de cour ont de la politique [CORN., Pulch. V, 4]
Elliptiquement, silence !
Chères sœurs, suspendons nos chants : Respectons ses chagrins ; elle approche, silence ! [C. DELAV., Paria, II, 6]
Silence au camp ! la vierge est prisonnière.... Silence au camp ! la vierge va périr [ID., Messén. Mort de Jeanne d'Arc]
Son cercueil est fermé : Dieu l'a jugé ; silence ! [LAMART., Nouv. Médit. Bonaparte]
On dit aussi quelquefois : du silence, un peu de silence. Fig. Réduire au silence, ôter tout moyen de faire une réponse qui satisfasse.
Qu'on me parle tant qu'on voudra de combinaisons et de chances ; que vous sert de me réduire au silence, si vous ne pouvez m'amener à la persuasion ? [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Fig. Imposer silence aux médisances, à la calomnie, au mensonge, etc les réduire au silence, faire que les médisances, que les calomnies, que les mensonges ne trouvent plus crédit et n'osent plus se produire.
Prêt d'imposer silence à ce bruit imposteur [RAC., Iphig. III, 1]
Par analogie, il se dit du langage écrit. Le silence des journaux sur ce fait.
Le silence est la plus grande persécution : jamais les saints ne se sont tus [PASC., Pens. XXIV, 66]
Le seul qui s'y fait entendre [parmi les protestants] depuis tant d'années, et à qui, par un si grand silence, tous les autres semblent laisser la défense de votre cause, c'est le ministre Jurieu [BOSSUET, 1er avertissement, II]
Grand roi, si jusqu'ici, par un trait de prudence, J'ai demeuré pour toi dans un humble silence [BOILEAU, Disc. au roi.]
J'imite de Conrart le silence prudent [ID., Épît. I]
Le peu que nous venons de dire est suffisant pour engager les lecteurs éclairés à se tenir sur leurs gardes, à se défier et de la louange et du blâme, et du silence même ; car le silence a aussi sa malignité et son injustice [D'ALEMB., Œuvr. t. I, p. 383]
On dit dans un sens analogue : J'ai adressé une demande à cet administrateur, à cette administration ; mais il garde, elle garde le silence. Passer une chose sous silence, n'en point parler. Ancien terme de chancellerie et de matière criminelle. Le roi imposait silence à ses procureurs généraux, lorsqu'il leur défendait de poursuivre davantage l'affaire criminelle pour laquelle il avait donné des lettres d'abolition.
Le silence de la loi, se dit en parlant d'un cas que la loi n'a pas prévu.
Interruption dans un commerce de lettres. Je ne puis expliquer votre long silence. Après avoir été longtemps sans vous écrire, je romps enfin le silence.
La même raison, monsieur, qui fait votre silence, fait aussi le mien [SÉV., à Lamoignon, 27 août 1690]
Secret.
Tout cela sera plongé, s'il plaît à Dieu, dans le silence ; c'est tout le mieux [SÉV., 27 déc. 1688]
Cet amour s'est longtemps accru dans le silence [RAC., Mithr. I, 1]
Le secret et le silence sont les conditions d'un pacte entre le bienfaiteur délicat et son obligé [DIDER., Claude et Nér. II, 58]
Ce qui nuirait s'il était connu, doit demeurer à jamais caché ; et la vérité dangereuse a le silence pour asile [MARMONTEL, Cont. mor. Amitié à l'épr.]
[à Venise, sous l'inquisition d'État] La mort frappe sans bruit, le sang coule en silence [DUCIS, Othello, II, 7]
Oubli.
Elle [cette affaire] n'est bonne qu'à jeter dans l'abîme du silence [SÉV., 21 janv. 1689]
Leur vie [des pécheurs] passe comme l'ombre ; il vient un jour fatal où périssent toutes leurs pensées ; leur mémoire fait un peu de bruit, et va se perdre dans un silence éternel [FLÉCH., Mar.-Thér.]
Fig. Calme, absence de bruit.
On n'oit que le silence, on ne voit rien que l'ombre [THÉOPHILE, Pyrame et Thisbé, IV, 1]
Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie [PASC., Pens. XXV, 17 bis.]
Ma sœur, qui peut causer votre sombre tristesse ? Le silence des bois sert à l'entretenir [QUIN., Amad. II, 2]
Pour animer ma voix, J'ai besoin du silence et de l'ombre des bois [BOILEAU, Épît. VI]
Là parmi les douceurs d'un tranquille silence [ID., Lutr. I]
Des victimes vous-même interrogez le flanc ; Du silence des vents demandez-leur la cause [RAC., Iph. I, 2]
Il semble pendant la nuit que tout soit en repos ; on s'imagine que les étoiles marchent avec plus de silence que le soleil [FONTEN., Mondes, 1er soir.]
Un silence absolu porte à la tristesse ; il offre une image de la mort ; alors le secours d'une imagination riante est nécessaire [J. J. ROUSS., 5e prom.]
Il regarde, il écoute ; hélas ! dans l'ombre immense, Il ne voit que la nuit, n'entend que le silence [DELILLE, Imaginat. IV]
Le silence des tombeaux s'est substitué au murmure des places publiques [VOLNEY, Ruines, II]
Le silence est profond dans cette ville [Venise], dont les rues sont des canaux ; et le bruit des rames est la seule interruption à ce silence [STAËL, Corinne, XV, 7]
[Durant la nuit] Un silence pieux s'étend sur la nature [LAMART., Harm. II, 4]
En le personnifiant.
J'écoute, à demi transporté, Le bruit des ailes du Silence Qui vole dans l'obscurité [SAINT-AMAND, le Contempl.]
Fig. Absence d'agitation morale.
Si nous imposons silence à nos sens [BOSSUET, Hist. II, 6]
Le silence des passions, le temps où elles laissent l'âme libre et calme.
Il faut briser ses chaînes, s'élever par des efforts redoublés jusqu'au monde intellectuel, s'approcher peu à peu de la suprême intelligence, et en contempler la nature divine dans le silence des sens et des passions [BARTHÉL., Anach. ch. 54]
Imposer silence à ses passions, les réprimer, empêcher qu'elles ne troublent l'âme.
Interruption dans un bruit.
Il n'y a point d'intervalle sensible entre les vibrations ; il n'y a point de silence entre les sons : voilà pourquoi le son paraît continu [CONDIL., Traité anim. ch. 6]
Les échos assoupis ne livrent au zéphire Que des soupirs mourants, de silences coupés [LAMART., Méd. II, 2]
10° Terme de musique. Chacun des moments pendant lesquels, dans le courant d'un morceau, les chanteurs ou les instruments se taisent.
Ces différentes phrases [du chant du rossignol] sont entremêlées de silences, de ces silences qui, dans tout genre de mélodie, concourent si puissamment aux grands effets [BUFF., Ois. t. VIII, p. 121]
Les sons et leur durée ne sont pas les seuls éléments de la musique ; le silence plus ou moins long y joue aussi un rôle fort important [FÉTIS, la Musique, I, 6]
Par extension.
Silences, signes répondant aux diverses valeurs des notes, lesquels, mis à la place de ces notes, marquent que tout le temps de leur valeur doit être passé en silence [J. J. ROUSS., Dict. de mus. silence.]
11° Il se dit, dans la déclamation, des suspensions que fait celui qui parle.
Il [Lekain] a quelquefois des silences trop longs ; il en faut comme en musique, mais il ne faut pas les prodiguer [VOLT., Lett. d'Argental, 17 avr. 1762]
Si Mlle Durancey entend, comme je le crois, le grand art des silences [ID., ib. 11 févr. 1767]
12° Terme de peinture. Se dit, par opposition à fracas, du calme ou de la simplicité qui règne dans une composition, dans le coloris et la disposition des lumières. Il y a du silence dans ce tableau.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Silence te convient avoir, Silence est signe de savoir [, le Castoiement d'un père, dans le Dict. de DOCHEZ]
  • XIVe s.
    Et fut silence faite [BERCHEURE, f° 67, recto]
    Une abusion est entre vous, que, si une de vous soit mise en silence par sa culpe, elle ne devroit lire, ne chanter, ne veer le sacrement de la messe [DU CANGE, silentium.]
  • XVe s.
    En imposant, sur ce, silence à nostre procureur et à tous autres procureurs d'office [JUVÉNAL, Charles VI, 1415]
    Mais non pourquant tint il au fort Sa silence jusqu'à la mort [E. DESCH., Poésies mss. f° 509]
  • XVIe s.
    ... D'un tel propos la silence rompit [MAROT, IV, 22]
    Tout le monde assistant et escoutant en bonne silence.... [RAB., Pant. II, 19]
    Frere Jean rumpant cestuy tant obstiné silence [ID., ib. IV, 63]
    Ils ne vont pas souvent aux champs, d'autant qu'ils ne peuvent supporter le requoy ni le silence de la solitude [AMYOT, De la curios. 13]
    Soit que la nuict, toute chose appaisant, Couvre la terre et guide le silence.... [DESPORTES, Œuv. chrét. Prière]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. silenci, s. m. et silencia, s. f. espagn. silencio ; ital. silenzio ; du lat. silentium, de silere, se taire, qu'on rapproche du goth. silan, être tranquille ; comparez aussi le bas-bret. sioul, tranquille. L'ancienne langue avait le verbe siler, se taire : XIIIe siècle.
    [Le rossignol] S'en va et si va silant [, Bibl. des chartes, 4e série, t. V, p. 323]

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    SILENCE. Ajoutez :
    13° Terme de télégraphie. Interruption dans la transmission télégraphique.
    La municipalité a installé M. F...., mort actuellement ; les employés du télégraphe n'ont pas voulu l'accepter, et, vous connaissez l'expression télégraphique, ils ont fait silence ; j'étais à Oran, et, pendant une journée ou une demi-journée, je suis resté sans communications télégraphiques [, Journ. offic. 22 avril 1875, p. 2913, 2e col.]
    Des précautions avaient été prises à l'avance, en prévision d'une invasion du télégraphe ; le cas échéant, le signal silence devait être communiqué à toutes sections correspondant avec Alger [, ib. 16 avril 1875, p. 2744, 1re col.]

    HISTORIQUE

    • Ajoutez : XIIe s.
      Li intergetteiz silences de la voiz [, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 32]
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

silence

SILENCE. n. m. Fait de ne pas parler; État de celui qui s'abstient de parler. Observer le silence. Faire silence. Imposer silence. Rompre le silence. Garder le silence sur une chose. Mon silence vous en dira plus que mes paroles. Le silence est quelquefois éloquent. Un silence prudent. Je vous demande du silence, un instant de silence. Une minute de silence. Il souffre en silence. On a acheté son silence. Un long silence. Un profond silence. Le silence règne.

Il s'emploie elliptiquement, par forme d'interjection, au lieu de Faites silence, faisons silence. Silence, messieurs. On dit aussi : Du silence; un peu de silence.

Fig., Imposer silence aux médisants, à la calomnie, au mensonge, etc., les réduire au silence, Faire que leurs médisances, leurs calomnies, etc., ne trouvent plus de crédit et qu'ils soient par là forcés de se taire.

Fig., Imposer silence à ses passions, Les réprimer, empêcher qu'elles ne troublent l'âme, qu'elles ne l'agitent.

SILENCE se dit, par extension, du Fait de ne pas exprimer sa pensée, oralement ou par écrit. Depuis longtemps, cet écrivain garde le silence. On l'a réduit au silence.

Passer une chose sous silence, N'en point parler. Passez cela sous silence. Je passe sous silence ses infidélités.

SILENCE se dit encore de l'Absence de mention d'une chose, du manque de témoignage sur un sujet, sur un fait. Les historiens font silence sur ce fait. Le silence des journaux sur cet incident est significatif.

Le silence de la loi se dit pour exprimer que Le fait dont il s'agit n'est pas prévu par la loi.

SILENCE se dit encore de la Cessation de commerce de lettres entre personnes qui étaient dans l'habitude de s'écrire. Il y a longtemps que je n'ai reçu de vos nouvelles : quelle est la cause de votre silence, de ce long silence? Après avoir été longtemps sans vous écrire, je romps enfin le silence.

Il désigne aussi le Calme, la cessation de toute sorte de bruit. Le silence de la nuit. Le silence des bois. Rien ne trouble le silence qui règne en ces lieux. Vivre dans la retraite et dans le silence.

Faire une chose dans le silence, La faire secrètement, avec mystère. Les conjurés concertèrent dans le silence la perte du tyran.

SILENCE, en termes de Musique, se dit de l'Interruption du son dans une phrase musicale. Ce morceau est coupé par des silences.

Il se dit aussi des Signes qui marquent cette interruption. Il y a sept sortes de silences : la pause, la demi-pause, le soupir, le demi-soupir, le quart de soupir, le huitième de soupir et le seizième de soupir. Observer les silences.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

silence

Silence, Silentium.

Fort grand silence, Silentium acre et intentum.

Il y eut quelque temps silence, Silentium aliquandiu tenuit.

Faire silence, Attacere, Silentium dare, Conticere, Fauere linguis, Ore fauere.

Se taire et faire silence par commun accord, Consilescere.

Apres qu'on eut fait silence, Silentio facto,

Imposer silence, Silentium alicui imponere.

Le peuple tient silence, Silentium tenet populus.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

silence


SILENCE, s. m. SILENCIEUX, EûSE, adj. [Silance, cieû, cieûze; en vers ci-eû, etc.] Silence est au propre, l'état d'une persone, qui se tait, qui s'abstient de parler. "Garder, observer, rompre le silence.
   On observe en frapant un silence farouche.
       Didon.
"Le silence des Historiens, sur ce fait, doit le rendre suspect. "Votre silence, sur cet article, prouve qu'il vous embarrasse. Anon. Pâsser sous silence; ne pas parler de, etc. = Fig. Cessation du bruit. "Silence de la nuit, des bois, des vents, etc.
   Les flambeaux presque éteints sous ces portiques sombres,
   Rendent plus éfrayans le silence et la nuit.
       Didon.
  Des victimes vous-même interrogez le flanc:
  Du silence des vents demandez-leur la cause.
      Iphigénie.
= Silencieux ne se dit que des persones. Taciturne, qui ne parle guère. "C'est un homme fort silencieux: elle est bien silencieûse aujourd'hui!
   Rem. 1°. Silence n'a pas de pluriel; et il ne se joint pas avec le pronom un. Ce n'est qu'en Musique, qu'on dit des silences; un silence, pour signifier une marque, qui désigne un repôs dans le chant. Hors de là on dit toujours silence au singulier. "Vous l'assurez, dit-il, que malgré vos silences votre père comun (Descartes) et votre mère font une liaison entre vous et lui. Sév. Je crois qu'il falait dire, malgré votre silence réciproque; ou de part et d'aûtre.
   Ils étoient quelquefois suivis par un silence. FONTEN. Dites, par le silence. = Avec une épithète, un silence fait fort bien. "Un long, un profond; un morne silence. Acad. "Un souris malin, un geste expressif, un silence perfide, sont souvent plus cruels qu'une violente satire. Anon.
   Un éternel silence
   Cachera cet amour, dont ma gloire s'ofense.
       Fonten.
"Mentor, les yeux baissés, gardant un silence modeste, suivoit Télémaque. Fénélon, = 2°. Faire silence, se taire. Terre, faites silence! Écoutez Israel. Athalie. = Il se dit sans régime~. "M' ayant fait ensuite silence, j'ouvris mon livre des Évangiles. Miss. Du Lev Le pronom me est de trop. = 3°. Imposer silence; faire taire. Il est beau au figuré. "La misère ôse rârement réclamer les lois établies pour la protéger; et le crédit souvent leur impose silence. MASSILL.
   Prêt d'imposer silence à ce bruit imposteur,
   Achille en veut conoitre et confondre l' Auteur.
       Iphigénie.
  Un devoir rigoureux, dont rien ne me dispense,
  Doit forcer pour toujours votre amour au silence.
       RHADAMISTE.
"Ils ont aquis à leurs partisans le droit d'imposer le silence à quiconque n'est pas de leur avis. LING. Il me semble que dans cette expression, silence se dit sans article et que le est superflu. Avec prescrire, ou comander, je pense que le silence irait fort bien. = 4°. On dit, rompre le silence, et non pas rompre son silence, comme a dit Corneille:
   Il atend votre humen, pour rompre son silence.
       Agégilas.
On sait bien que ce n'est pas le silence d'un aûtre. C'est comme garder son lit, j'ai mal à mon pied, etc. Voy. GARDER. = 5°. Garder le silence parait être une expression consacrée par l'Usage. Voltaire, qui avait besoin d'une syllabe de plus, a substitué, observer à garder.
   Sur ce qu'on vu vos yeux observez le silence.       Cic.
Observez le silence est une expression de Couvent. On a vu plus haut, observer un silence farouche, mais il y a de la diférence d'une expression à l'aûtre. = M. Linguet fait régir l'ablatif à garder le silence. "Puisque le Ministre prudent en a gardé le silence. On dit sur, ou là dessus. = Demeurer en silence a le même sens; mais il ne se dit qu'au propre, et sans régime. "Calipso étonée et atendrie demeroit en silence. TÉLÉM. = 6°. Quelques-uns et La Touche entre aûtres écrivent silentieux avec un t; aparemment à cause de l'étimologie latine, silentium; mais l'analogie française mérite la préférence, silence. = Selon M. Andry, cet adjectif n'est en usage que dans le discours familier. "Vous êtes bien silencieux aujourd' hui. — L'Acad. n'en distingue point l'usage. — Il parait que taciturne serait plus noble, mais il n'a pas tout-à-fait le même sens. On peut être silencieux par intervales; mais quand on est taciturne, on l'est toujours. Il ne signifie pas seulement, qui parle peu, comme silencieux, ou même, qui ne dit mot, il veut dire, qui est d'humeur à parler peu, ce qui est habitude et vient du caractère. On ne pourrait donc pas dire: vous êtes bien taciturne aujourd'hui; car on pourrait répondre avec vérité, Monsieur l'est toujours, ou, je le suis toujours. = Suivant M. l'Ab. Roubaud, le silencieux garde le silence: le taciturne garde un silence opiniâtre. Le premier ne parle pas quand il pourroit parler: le second ne parle pas, même quand il devroit parler. Le silencieux n'aime pas à discourir; le taciturne y répugne, etc.~ Nouv. Syn. Fr.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

silence

nom masculin silence
1.  Absence de bruit.
agitation, bruit, charivari, clameur, cri, fracas, tapage, tintamarre, tumulte, vacarme -familier: boucan, chahut, raffut, tintouin -littéraire: turbulence -populaire: bastringue, bousin.
2.  Fait de se taire.
pause, repos, temps d'arrêt.
3.  Fait de ne pas mentionner.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

silence

silence, quiet, hush, quietness, restאלם (ז), דמי (ז), דממה (נ), הדממה (נ), היאלמות (נ), השתתקות (נ), שוך (ז), שקט (ז), שתיקה (נ), דְּמָמָה, הִשְׁתַּתְּקוּת, שֶׁקֶט, שְׁתִיקָהstilte, rust [muziek], stilzwijgenтишинаtichoStille, Ruhe, Schweigensilencioησυχία, σιωπήsilêncioтишина, молчаниеsilenzio, calma, pausa, quieteصَمْتstilhedhiljaisuustišina静けさ침묵stillhetciszatystnadความเงียบsessizliksự im lặng沉默沉默 (silɑ̃s)
nom masculin
1. absence de bruit le silence de la nuit
2. fait de ne pas parler garder le silence Silence !
sans parler, sans faire de bruit marcher en silence
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silence

[silɑ̃s] nm
[lieu, personne] → silence
garder le silence → to keep silent, to say nothing
garder le silence sur qch → to keep silent about sth, to say nothing about sth
silence! → be quiet!
passer qch sous silence → to pass over sth (in silence)
réduire au silence → to silence
(MUSIQUE)rest
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005