silence
silence
n.m. [ lat. silentium, de silere, se taire ]SILENCE
(si-lan-s') s. m.HISTORIQUE
- XIIIe s. Silence te convient avoir, Silence est signe de savoir [, le Castoiement d'un père, dans le Dict. de DOCHEZ]
- XIVe s. Et fut silence faite [BERCHEURE, f° 67, recto]Une abusion est entre vous, que, si une de vous soit mise en silence par sa culpe, elle ne devroit lire, ne chanter, ne veer le sacrement de la messe [DU CANGE, silentium.]
- XVe s. En imposant, sur ce, silence à nostre procureur et à tous autres procureurs d'office [JUVÉNAL, Charles VI, 1415]Mais non pourquant tint il au fort Sa silence jusqu'à la mort [E. DESCH., Poésies mss. f° 509]
- XVIe s. ... D'un tel propos la silence rompit [MAROT, IV, 22]Tout le monde assistant et escoutant en bonne silence.... [RAB., Pant. II, 19]Frere Jean rumpant cestuy tant obstiné silence [ID., ib. IV, 63]Ils ne vont pas souvent aux champs, d'autant qu'ils ne peuvent supporter le requoy ni le silence de la solitude [AMYOT, De la curios. 13]Soit que la nuict, toute chose appaisant, Couvre la terre et guide le silence.... [DESPORTES, Œuv. chrét. Prière]
ÉTYMOLOGIE
- Provenç. silenci, s. m. et silencia, s. f. espagn. silencio ; ital. silenzio ; du lat. silentium, de silere, se taire, qu'on rapproche du goth. silan, être tranquille ; comparez aussi le bas-bret. sioul, tranquille. L'ancienne langue avait le verbe siler, se taire : XIIIe siècle. [Le rossignol] S'en va et si va silant [, Bibl. des chartes, 4e série, t. V, p. 323]
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
- SILENCE. Ajoutez :
- Ajoutez : XIIe s. Li intergetteiz silences de la voiz [, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 32]
HISTORIQUE
silence
Il s'emploie elliptiquement, par forme d'interjection, au lieu de Faites silence, faisons silence. Silence, messieurs. On dit aussi : Du silence; un peu de silence.
Fig., Imposer silence aux médisants, à la calomnie, au mensonge, etc., les réduire au silence, Faire que leurs médisances, leurs calomnies, etc., ne trouvent plus de crédit et qu'ils soient par là forcés de se taire.
Fig., Imposer silence à ses passions, Les réprimer, empêcher qu'elles ne troublent l'âme, qu'elles ne l'agitent.
SILENCE se dit, par extension, du Fait de ne pas exprimer sa pensée, oralement ou par écrit. Depuis longtemps, cet écrivain garde le silence. On l'a réduit au silence.
Passer une chose sous silence, N'en point parler. Passez cela sous silence. Je passe sous silence ses infidélités.
SILENCE se dit encore de l'Absence de mention d'une chose, du manque de témoignage sur un sujet, sur un fait. Les historiens font silence sur ce fait. Le silence des journaux sur cet incident est significatif.
Le silence de la loi se dit pour exprimer que Le fait dont il s'agit n'est pas prévu par la loi.
SILENCE se dit encore de la Cessation de commerce de lettres entre personnes qui étaient dans l'habitude de s'écrire. Il y a longtemps que je n'ai reçu de vos nouvelles : quelle est la cause de votre silence, de ce long silence? Après avoir été longtemps sans vous écrire, je romps enfin le silence.
Il désigne aussi le Calme, la cessation de toute sorte de bruit. Le silence de la nuit. Le silence des bois. Rien ne trouble le silence qui règne en ces lieux. Vivre dans la retraite et dans le silence.
Faire une chose dans le silence, La faire secrètement, avec mystère. Les conjurés concertèrent dans le silence la perte du tyran.
SILENCE, en termes de Musique, se dit de l'Interruption du son dans une phrase musicale. Ce morceau est coupé par des silences.
Il se dit aussi des Signes qui marquent cette interruption. Il y a sept sortes de silences : la pause, la demi-pause, le soupir, le demi-soupir, le quart de soupir, le huitième de soupir et le seizième de soupir. Observer les silences.
silence
Silence, Silentium.
Fort grand silence, Silentium acre et intentum.
Il y eut quelque temps silence, Silentium aliquandiu tenuit.
Faire silence, Attacere, Silentium dare, Conticere, Fauere linguis, Ore fauere.
Se taire et faire silence par commun accord, Consilescere.
Apres qu'on eut fait silence, Silentio facto,
Imposer silence, Silentium alicui imponere.
Le peuple tient silence, Silentium tenet populus.
silence
SILENCE, s. m. SILENCIEUX, EûSE, adj. [Silance, cieû, cieûze; en vers ci-eû, etc.] Silence est au propre, l'état d'une persone, qui se tait, qui s'abstient de parler. "Garder, observer, rompre le silence.
On observe en frapant un silence farouche.
Didon.
"Le silence des Historiens, sur ce fait, doit le rendre suspect. "Votre silence, sur cet article, prouve qu'il vous embarrasse. Anon. Pâsser sous silence; ne pas parler de, etc. = Fig. Cessation du bruit. "Silence de la nuit, des bois, des vents, etc.
Les flambeaux presque éteints sous ces portiques sombres,
Rendent plus éfrayans le silence et la nuit.
Didon.
Des victimes vous-même interrogez le flanc:
Du silence des vents demandez-leur la cause.
Iphigénie.
= Silencieux ne se dit que des persones. Taciturne, qui ne parle guère. "C'est un homme fort silencieux: elle est bien silencieûse aujourd'hui!
Rem. 1°. Silence n'a pas de pluriel; et il ne se joint pas avec le pronom un. Ce n'est qu'en Musique, qu'on dit des silences; un silence, pour signifier une marque, qui désigne un repôs dans le chant. Hors de là on dit toujours silence au singulier. "Vous l'assurez, dit-il, que malgré vos silences votre père comun (Descartes) et votre mère font une liaison entre vous et lui. Sév. Je crois qu'il falait dire, malgré votre silence réciproque; ou de part et d'aûtre.
Ils étoient quelquefois suivis par un silence. FONTEN. Dites, par le silence. = Avec une épithète, un silence fait fort bien. "Un long, un profond; un morne silence. Acad. "Un souris malin, un geste expressif, un silence perfide, sont souvent plus cruels qu'une violente satire. Anon.
Un éternel silence
Cachera cet amour, dont ma gloire s'ofense.
Fonten.
"Mentor, les yeux baissés, gardant un silence modeste, suivoit Télémaque. Fénélon, = 2°. Faire silence, se taire. Terre, faites silence! Écoutez Israel. Athalie. = Il se dit sans régime~. "M' ayant fait ensuite silence, j'ouvris mon livre des Évangiles. Miss. Du Lev Le pronom me est de trop. = 3°. Imposer silence; faire taire. Il est beau au figuré. "La misère ôse rârement réclamer les lois établies pour la protéger; et le crédit souvent leur impose silence. MASSILL.
Prêt d'imposer silence à ce bruit imposteur,
Achille en veut conoitre et confondre l' Auteur.
Iphigénie.
Un devoir rigoureux, dont rien ne me dispense,
Doit forcer pour toujours votre amour au silence.
RHADAMISTE.
"Ils ont aquis à leurs partisans le droit d'imposer le silence à quiconque n'est pas de leur avis. LING. Il me semble que dans cette expression, silence se dit sans article et que le est superflu. Avec prescrire, ou comander, je pense que le silence irait fort bien. = 4°. On dit, rompre le silence, et non pas rompre son silence, comme a dit Corneille:
Il atend votre humen, pour rompre son silence.
Agégilas.
On sait bien que ce n'est pas le silence d'un aûtre. C'est comme garder son lit, j'ai mal à mon pied, etc. Voy. GARDER. = 5°. Garder le silence parait être une expression consacrée par l'Usage. Voltaire, qui avait besoin d'une syllabe de plus, a substitué, observer à garder.
Sur ce qu'on vu vos yeux observez le silence. Cic.
Observez le silence est une expression de Couvent. On a vu plus haut, observer un silence farouche, mais il y a de la diférence d'une expression à l'aûtre. = M. Linguet fait régir l'ablatif à garder le silence. "Puisque le Ministre prudent en a gardé le silence. On dit sur, ou là dessus. = Demeurer en silence a le même sens; mais il ne se dit qu'au propre, et sans régime. "Calipso étonée et atendrie demeroit en silence. TÉLÉM. = 6°. Quelques-uns et La Touche entre aûtres écrivent silentieux avec un t; aparemment à cause de l'étimologie latine, silentium; mais l'analogie française mérite la préférence, silence. = Selon M. Andry, cet adjectif n'est en usage que dans le discours familier. "Vous êtes bien silencieux aujourd' hui. — L'Acad. n'en distingue point l'usage. — Il parait que taciturne serait plus noble, mais il n'a pas tout-à-fait le même sens. On peut être silencieux par intervales; mais quand on est taciturne, on l'est toujours. Il ne signifie pas seulement, qui parle peu, comme silencieux, ou même, qui ne dit mot, il veut dire, qui est d'humeur à parler peu, ce qui est habitude et vient du caractère. On ne pourrait donc pas dire: vous êtes bien taciturne aujourd'hui; car on pourrait répondre avec vérité, Monsieur l'est toujours, ou, je le suis toujours. = Suivant M. l'Ab. Roubaud, le silencieux garde le silence: le taciturne garde un silence opiniâtre. Le premier ne parle pas quand il pourroit parler: le second ne parle pas, même quand il devroit parler. Le silencieux n'aime pas à discourir; le taciturne y répugne, etc.~ Nouv. Syn. Fr.
silence
silence
silence, quiet, hush, quietness, restאלם (ז), דמי (ז), דממה (נ), הדממה (נ), היאלמות (נ), השתתקות (נ), שוך (ז), שקט (ז), שתיקה (נ), דְּמָמָה, הִשְׁתַּתְּקוּת, שֶׁקֶט, שְׁתִיקָהstilte, rust [muziek], stilzwijgenтишинаtichoStille, Ruhe, Schweigensilencioησυχία, σιωπήsilêncioтишина, молчаниеsilenzio, calma, pausa, quieteصَمْتstilhedhiljaisuustišina静けさ침묵stillhetciszatystnadความเงียบsessizliksự im lặng沉默沉默 (silɑ̃s)nom masculin
sans parler, sans faire de bruit marcher en silence
silence
[silɑ̃s] nmgarder le silence → to keep silent, to say nothing
garder le silence sur qch → to keep silent about sth, to say nothing about sth
silence! → be quiet!
passer qch sous silence → to pass over sth (in silence)
réduire au silence → to silence