repos

repos

n.m.
1. Absence de mouvement : Vous devez laisser votre jambe au repos pendant une semaine immobilité, inaction
2. Fait pour qqn de se reposer, de cesser son activité ; temps correspondant : Elle a besoin de repos délassement, détente, répit vacances
3. Sout. État de qqn qui se repose ou dort : Être respectueux du repos des autres sommeil
4. Période, jour pendant lesquels qqn cesse son travail : Ils ont droit à une demi-heure de repos en fin de matinée pause congé
5. Litt. État de qqn qui est sans inquiétude ni préoccupation : Ses soucis lui ôtent tout repos sérénité, tranquillité ; angoisse, tourment
6. Position d'un soldat qui abandonne le garde-à-vous.
De tout repos,
qui procure une complète tranquillité : Un investissement de tout repos.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

REPOS

(re-pô ; l's se lie : un re-pô-z agréable) s. m.
Cessation de travail, d'occupation, et de ce genre de mouvement que donnent le travail, l'occupation (sens primitif d'un mot formé de pause). Le dimanche chez les chrétiens est le jour du repos.
On cherche le repos en combattant quelques obstacles ; et, si on les a surmontés, le repos devient insupportable [PASC., Pens. IV, 2, éd. HAVET.]
De ces deux instincts contraires [l'occupation au dehors et le désir du repos], il se forme en eux [hommes] un projet confus.... qui les porte à tendre au repos par l'agitation, et à se figurer toujours que la satisfaction qu'ils n'ont point leur arrivera, si, en surmontant quelques difficultés qu'ils envisagent, ils peuvent s'ouvrir par là la porte au repos [ID., ib.]
Il ne perdit rien par sa disgrâce.... et, ne pouvant servir le roi par ses actions et par ses discours, il le servit par son repos et par son silence [FLÉCH., le Tellier.]
Donnez-vous du repos ; Vous n'avez tantôt plus que la peau sur les OS [RAC., Plaid. I, 4]
Calypso.... l'interrompit pour lui faire prendre quelque repos [FÉN., Tél. IV]
M. l'abbé Bignon se procura enfin ce repos qui termine si dignement la vie des grands hommes, mais dont les grands hommes ne veulent jouir, et ne jouissent en effet, qu'après mille services rendus à la patrie et au genre humain [MAIRAN, Éloges, l'abbé Bignon.]
Le repas serait le repos, et durerait autant que l'ardeur du jour [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Ma bonne fée, au seuil du pauvre barde, Oui, vous sonnez la retraite à propos ; Pour compagnon, bientôt, dans ma mansarde, J'aurai l'oubli, père et fils du repos [BÉRANG., Adieu chansons.]
Elliptiquement, pour : reposez-vous, en termes de commandement militaire. Repos. En place repos. Fig.
Ces temps anciens où la foi chrétienne tressaillait d'une joie si pure lorsqu'on venait annoncer à ses pontifes austères et vénérables le repos du glaive de la persécution.... [MIRABEAU, Collection, t. V, p. 300]
Lieu propre à prendre du repos. On a distribué dans ce jardin différents repos.
Les nombreux villages qui peuplent la vallée sont presque tous situés sur les pontes rapides de la montagne ou sur de petits repos de ces mêmes pentes [SAUSSURE, Voy. Alpes, t. VIII, p. 33]
De temps en temps on trouvait des repos, c'est-à-dire de petites esplanades remplies d'herbages et de ronces [GENLIS, Mém. t. III, p. 249]
Terme d'architecture. Palier d'escalier qui interrompt la suite des marches, qui est souvent formé d'une marche plus large que les autres, et qui sert à se reposer ou à faciliter l'entrée des cabinets entre deux étages. Escalier sans repos.
Repos de la terre, jachère.
Sommeil. Prendre son repos. Depuis l'assassinat de Duncan, Macbeth avait perdu le repos.
J'aurai soin de ne pas troubler votre repos, Et de ne rien souffrir qui ne soit à propos [MOL., Tart. V, 4]
Astre ami du repos, des songes, du silence [LAMART., Harm. I, 10]
Lit de repos, espèce de lit où l'on se repose, où l'on dort le jour.
Elle était sur un lit de repos, avec une table devant elle, où il y avait plusieurs corbeilles pleines de rubans [LA FAYETTE, Princ. de Clèves, Œuv. t. II, p. 216, dans POUGENS.]
Dans le style soutenu, champ du repos se dit quelquefois pour cimetière. Fig. L'état des morts dans le tombeau.
Vous, madame, agréez pour notre grand héros, Que ses mânes vengés goûtent un plein repos [CORN., Sertor. V, 8]
Troubler le repos des morts, violer leur sépulture. Fig. Troubler le repos des morts, insulter à leur mémoire. Le repos éternel, l'état où sont les âmes des bienheureux. On dit en ce sens : prier Dieu pour le repos des âmes des morts.
Quiétude d'esprit, calme de l'âme.
Remettez-vous l'âme en repos, Quittez ces funestes propos [MALH., VI, 17]
Le repos d'esprit que donne à ceux qui sont innocents le témoignage de la conscience [ID., XXXIIIe livre de Tite Live, à Mgr le duc de Luynes]
D. Fernand : Prends du repos, ma fille, et calme tes douleurs. - Chimène : M'ordonner du repos, c'est croître mes malheurs [CORN., Cid, II, 9]
En Dieu seul est aussi le repos de sa course [de l'âme] [ID., Imit. III, 5]
Le repos ? le repos, trésor si précieux Qu'on en faisait jadis le partage des dieux [LA FONT., Fabl. VII, 12]
Rien ne donne le repos que la recherche sincère de la vérité [PASC., Pens. XXIV, 21, édit. HAVET.]
Enfin, ma chère enfant, il n'y a que vous que je préfère au triste et tranquille repos dont je jouis ici [SÉV., 562]
Rien ne troublera moins le repos de ma vie [ID., 73]
Je n'ai point trouvé.... que je le puisse quitter [l'abbé de Coulanges] dans l'âge où il est.... s'il mourait dans cette absence, mes remords ne me donneraient aucun repos [ID., 8 avril 1676]
On a bien prévu que.... tandis que les uns ne cesseraient de disputer.... les autres.... iraient enfin chercher un repos funeste et une entière indépendance dans l'indifférence des religions ou dans l'athéisme [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Il est impossible de désirer beaucoup de choses sans perdre le repos, qui vaut mieux que tout ce que l'on désire [BOURDAL., Pensées, t. II, p. 379]
Plus content en lui-même.... lorsque, dans le fond d'une sombre allée et sur un tribunal de gazon, il avait assuré le repos d'une pauvre famille, que lorsqu'il décidait des fortunes les plus éclatantes sur le premier trône de la justice [FLÉCH., Lamoignon.]
C'est au repos d'esprit que nous aspirons tous ; Mais ce repos heureux se doit chercher en nous [BOILEAU, Ép. V]
Hélas ! pour mon repos que ne le puis-je croire ? [RAC., Bajaz. I, 3]
Je ne doute pas que la vraie dévotion ne soit la source du repos [LA BRUY., XIII]
Le meilleur de tous les biens, s'il y a des biens, c'est le repos, la retraite et un endroit qui soit son domaine [ID., VIII]
Tous ces petits repos qu'on se procure sont bien fragiles ; l'âme n'en jouit qu'en passant [MARIV., Marianne, 8e part.]
Du repos dans le crime ! ah ! qui peut s'en flatter ? [VOLT., Oreste, I, 5]
La liberté est quelque chose de céleste ; mais le repos vaut encore mieux [ID., Lett. d'Argental, 1er fév. 1764]
Ce poids léger du temps que le travail emploie, Ce doux repos du cœur.... [LAMART., Harm. I, 5]
La splendeur imposante du siècle de Louis XIV ne permettait pas ces longs repos de l'âme sur elle-même [sentiment mélancolique] ; ou du moins, si de telles impressions pouvaient naître, elles appartenaient tout entières à la religion [VILLEM., Litt. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon.]
Mettre en repos sa conscience, en dissiper les scrupules.
Ce consentement doit mettre en repos votre conscience [BOSSUET, Lett. 53]
Ayant mis sa conscience en repos [HAMILT., Gramm. 8]
Mettre son âme en repos, se décharger de ses péchés par la confession. Être en repos, n'avoir point d'inquiétude.
Va, sois en repos, rentre, et me laisse faire [MOL., Éc. des maris, II, 1]
Soyez en repos sur la conduite de ceux qui sauront demander votre congé [SÉV., 27 nov. 1673]
Soyez en repos sur vos confessions passées [BOSSUET, Lett. Corn. 140]
On s'étonnait de me voir si en repos pendant tous les mouvements que certaines gens faisaient contre moi [ID., Rem. Réponse, IX, I, 15,]
Être en repos de quelque objet, ne pas avoir d'inquiétude sur cet objet.
Et moi à qui il reste tant d'autres choses à désirer.... j'ai été en repos de tout, quand j'ai vu que vous aviez soin de moi [VOIT., Lett. 33]
Soyez en repos de votre chère maman, qui se conserve pour vous [SÉV., 21 août 1689]
Le roi.... lui dit [à Pompone] ....qu'il était en repos de toutes les affaires secrètes dont il avait connaissance [ID., 7 févr. 1680]
J'avais l'esprit en repos de mille choses, en songeant qu'elle [Mme Deville] en aurait soin [du fils de Mme de Grignan] [ID., 25 déc. 1671]
Fig. Dormir en repos sur une affaire, n'en avoir aucune inquiétude. Se mettre en repos, se mettre l'esprit en repos, écarter toute inquiétude.
Mettez-vous en repos [CORN., Nicom. I, 1]
Mettez-vous donc l'esprit en repos [PASC., Prov. III]
Le confesseur [à l'aide de certaines décisions des casuistes] peut se mettre en repos touchant la disposition de son pénitent [ID., Prov. X]
Avoir l'esprit en repos, même sens.
Ma mère se porte parfaitement bien, ayez-en l'esprit en repos [CH. DE SÉV., dans SÉV. 557]
Se tenir en repos, même sens.
Tenons-nous en repos sur le tout [PASC., Prov III]
Soyez en repos sur mes affaires, ne vous en mêlez pas. Laissez-moi en repos, cessez de me fatiguer de vos importunités.
Porte-lui ma réponse, et nous laisse en repos [CORN., Hor. II, 2]
Messieurs, voulez-vous bien nous laisser en repos ! [RAC., Plaid. II, 10]
Je vous prie de me laisser en repos, et de ne m'importuner plus de vos querelles [MONTESQ., Lett. pers. 11]
N'avoir point de repos, n'être pas tranquille jusqu'à ce que.
Et, dès qu'un mot plaisant vient luire à mon esprit, Je n'ai point de repos qu'il ne soit en écrit [BOILEAU, Sat. VII]
Absence de troubles, de séditions, de guerres, de persécutions.
Telle est la règle qu'il [Basnage] prétend donner à tous les États protestants : l'hérétique, dit-il, y est en repos [BOSSUET, Déf. des Variat. 4]
Il y avait quarante-cinq ans qu'ils [les Gaulois d'Italie] demeuraient en repos ; la jeunesse qui s'était élevée durant ce temps ne songeait plus aux pertes passées, et commençait à menacer Rome [ID., Hist. I, 8]
Ils [les Juifs] ont remué tout l'univers contre ces disciples [de Jésus-Christ], et ne les ont laissés en repos dans aucune ville [ID., ib. II, 8]
Rome, fatiguée et épuisée par tant de guerres civiles, pour avoir du repos, est contrainte de renoncer à sa liberté [ID., ib. III, 7]
Ainsi leurs voisins n'ont jamais rien à craindre d'un tel peuple [de la Bétique], et ils ne peuvent espérer de s'en faire craindre ; c'est pourquoi ils les laissent en repos [FÉN., Tél. VIII]
Terme de banque. Valeur à couverture de tout repos, valeur pleinement garantie.
Des signatures de toute sûreté, de tout repos, comme on dit, sont négociées à des taux inférieurs à l'escompte fixé par la banque [BÉHIC, Enquête sur la banque, 1867, p. 264]
État d'un corps qui n'est pas en mouvement (sens qui provient, ce qui est rare, du passage d'une acception morale à une acception physique).
Je crois devoir avertir que ce qui gâte le plus la physique de M. Descartes est ce faux principe, que le repos a de la force ; car de là il a tiré des règles du mouvement qui sont fausses [MALEBR., Rech. vér. VI, 2, 9]
Le repos est la privation du mouvement dans un corps considéré comme mobile [DIDER., Opin. des anc. philos. (philos. péripatéticienne).]
Terme de physique. Persistance de toutes les parties qui composent un corps dans les mêmes rapports de situation relativement à certains objets qu'on regarde comme fixes. Repos absolu, état d'un corps qui reste dans la même partie de l'espace ; repos relatif, fixité d'un corps relativement à des corps mobiles qui l'environnent. Un homme est en repos dans un bateau ; mais, si le bateau marche, son repos n'est que relatif au bateau, puisqu'il se meut avec lui relativement au deux rives du fleuve. Les anciens, qui croyaient la terre immobile, concevaient le repos absolu ; pour nous ce repos absolu n'existe pas.
Immobilité, tranquillité. Se tenir en repos. Cet enfant ne saurait demeurer en repos.
Notre nature est dans le mouvement ; le repos entier est la mort [PASC., Pens. XXV, 7, éd. HAVET]
Elle a tous les jours la fièvre, et le repos la guérit ; il lui faut donc du repos [SÉV., 132]
La force m'abandonne, et le repos me tue [RAC., Bérén. IV, 1]
Inaction.
En attendant, tenez-vous en repos dans Jérusalem [BOSSUET, Hist. II, 7]
Il est vrai que le roi [Louis XIV] garde beaucoup de tranquillité, mais qu'ils [les ennemis] ne s'y trompent pas : son repos est agissant, son calme l'emporte sur toute l'inquiétude de leur vigilance [TH. CORN., Rép. au disc. de récept. de Fontenelle.]
Poétiquement.
Un effroyable cri, sorti du fond des flots, Des airs en ce moment a troublé le repos [RAC., Phèd. V, 6]
Tandis que la nature et les astres sommeillent Dans un repos silencieux [LAMART., Harm. I, 10]
Le repos de la contredanse, l'intervalle entre les figures de la contredanse.
Regardez donc, dans le repos de la contredanse, comme elle s'agite, avec quel air familier elle parle à tous ces jeunes gens [GENLIS, Ad. et Th. t. I. p. 500, dans POUGENS]
10° Il se dit de l'immobilité de parties destinées à se mouvoir.
Ces pennes dans leur repos s'étendent un peu au delà du milieu de la queue [BUFF., Ois. t. VI, p. 103]
État d'une arme à feu, lorsque le chien n'est ni abattu ni bandé. Mettre le chien d'une arme à feu dans son repos, au repos. Ce fusil est parti au repos. Gond à repos, celui dont le mamelon a une base saillante, propre à recevoir l'épaisseur de la penture.
11° Terme de versification française. Césure placée dans les vers décasyllabes après la quatrième syllabe, et dans les vers alexandrins après la sixième.
Que toujours dans vos vers le sens coupant les mots Suspende l'hémistiche, en marque le repos [BOILEAU, Art p. I]
La pause qui doit être placée dans les stances de six ou de dix vers, savoir dans celles de six après le troisième vers, et dans celles de dix après le quatrième et après le septième.
12° Terme de musique. Endroit où la phrase se termine, et où le chant se repose plus ou moins parfaitement.
Métastase a disposé les phrases, les repos, les nombres, et toutes les parties de l'air, comme s'il l'eût chanté lui-même [MARMONTEL, Œuv. t. V, 101]
13° Pause que l'on fait en prononçant un discours, en déclamant, en lisant à haute voix.
Rien de plus contraire à l'harmonie que des repos trop fréquents, et qui ne gardent nulle proportion entre eux ; aujourd'hui pourtant c'est le style qu'on voudrait mettre à la mode [D'OLIVET, Pros. franç. V, 2]
Lorsqu'il avait bien saisi le sens d'un morceau, je le lui déclamais, en marquant bien l'accent, la prosodie, la cadence des vers, les repos, les demi-repos, les articulations de la phrase [MARMONTEL, Mém. IX]
14° Se dit, dans les ouvrages d'esprit, de certains passages ou morceaux, sur lesquels le lecteur peut s'arrêter et se délasser de son application à ce qui précède. Narration qui sert de repos après des considérations abstraites.
15° Terme de peinture. Endroit du tableau où les détails sont plus rares, les lumières moins vives, afin que l'œil, ne s'y arrêtant pas, se fixe particulièrement sur l'action principale. Ménager des repos. Cette composition manque de repos. Attitudes des figures représentées sans mouvement ou avec peu de mouvement. Il y a beaucoup de repos dans cette figure. On ne sait si cette figure est en mouvement ou de repos, en repos, ou au repos. Par extension.
Jamais, dans les comédies de Molière, les caractères annoncés ne sont dessinés en repos [MARMONTEL, Œuv. t. IX, p. 463]
Terme d'architecture. Se dit des masses que l'on ne charge pas d'ornements, des parties qui restent unies, par opposition à celles qui sont travaillées.
La grande fabrique des tours de Notre-Dame [à Paris], malgré la multitude infinie des petits repos qui en divisent la hauteur et aident l'œil à les mesurer.... [DIDEROT, Salon de 1765, Œuvres, t. XIII, p. 234, dans POUGENS, au mot fabrique.]
16° Terme de marine. État d'un navire droit dans son assiette, qui n'est incliné ni par le vent ni par les lames.
17° Terme de poêlier. Repos de chaleur, voy. RÉSERVOIR.
18° Repos pour battre, se dit, au trictrac, quand l'adversaire a une dame découverte dans la table de son grand jan, et qu'on l'atteint avec l'un des dés, de façon à atteindre avec l'autre jusqu'à des dames découvertes dans le petit jan. Coin de repos, se dit, au même jeu, de la dernière flèche du grand jan, qui fait le coin du trictrac, et où l'on ne peut se placer qu'en y mettant deux dames à la fois.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Terre major [la grande terre, la France] remeindreit en repos [, Ch. de Rol. XLIV]
  • XIIe s.
    Se il longement estisoient [demeuroient] en pàiz et en repaus [, Job, p. 489]
    Tuit cil qui quierent lo deventrien [intérieur] repaus [, ib. 479]
  • XIIIe s.
    Repos n'est mie beatitude, porce que repos est quis por mieulx soffrir poine et travail, non pas por soi [BRUN. LATINI, Trésor, p. 328]
    Et il de son païs s'eslonge, Com cil qui le repos ne songe [, Blanche et Jehan, V. 105]
  • XIVe s.
    Les Eques n'ont pas donné lonc repos aux Romains [BERCHEURE, f° 59, recto.]
  • XVe s.
    Et estoient logés en un bois [les Escots] pour estre plus à repos, et pour plus secretement aller et venir quand ils voudroient [FROISS., I, I, 42]
    Et trouverent [les Gantois] le repos [berceau] où le comte avoit esté mis d'enfance [ID., II, II, 162]
    Certes, dames, dit le chevalier, il ne vit qui n'a repos [, Perceforest, t. III, f° 73]
  • XVIe s.
    Comme il estoit homme sans repos, il en donna si peu à l'armée ennemie, qu'elle tourna son dessein vers lui [D'AUB., Hist. I, 277]
    Il devint tellement amoureux, qu'il en perdoit le repos et le repas [, Nuits de Straparole, t. II, p. 196, dans LACURNE]
    Au monde n'a point de repos [LEROUX DE LINCY, Prov t. II, p. 232]
    Repos est demie vie [ID., ib. p. 412]

ÉTYMOLOGIE

  • Substantif verbal de reposer (voy. ce mot) ; Berry, repous ; wallon, ripoi ; prov. repaus ; cat. repos ; espagn. reposo ; port. repouso ; ital. riposo. La forme wallone ripoi est singulière ; elle a son analogue dans l'ancien français repui :
    Pur co est France franche, par les sainz ù je fui, Que cil qui mestier unt i viegnent à refui ; Mult seit il bien venu ; ci puet aveir repui [, Th. le mart. 54]
    Le sens paraît être retraite, demeure ; il se rattache probablement au bas-lat. repudiare, dont le radical podium avait donné pui (voy. APPUI, APPUYER).
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

repos

REPOS. n. m. Privation, cessation de mouvement. Cet enfant ne demeure jamais en repos. Se tenir en repos.

Il signifie aussi Cessation de travail, d'exercice, pour faire disparaître la fatigue. Il y a longtemps que vous travaillez, donnez-vous un peu de repos, prenez un peu de repos. Il faut faire succéder le repos au travail. Dans les moments de repos. Le jour est le temps du travail, la nuit est le temps du repos. Le septième jour de la semaine était chez les Juifs un jour de repos, qu'ils appelaient Sabbat. Le dimanche, chez les chrétiens, est le jour du repos. Mettre des troupes au repos. Cette verdure est un repos pour les yeux.

En termes de Commandement militaire, on dit elliptiquement : Repos! pour Suspendre l'exercice et permettre aux hommes de se délasser.

Lit de repos, Sorte de lit où l'on se repose, où l'on dort le jour.

Fig., Troubler le repos des morts, Les exhumer, violer leur sépulture. Il signifie aussi Parler contre la mémoire des morts, contre leur réputation.

Le repos éternel, L'état où sont les âmes des bienheureux. On dit en ce sens : Prier Dieu pour le repos des âmes des morts.

Champ du repos se dit, dans le style soutenu, pour Cimetière.

REPOS signifie encore Quiétude, tranquillité, exemption de toute peine d'esprit. Je suis en repos de ce côté-là. Il est dans un grand repos d'esprit sur cette affaire. Il a l'esprit en repos. Mettre sa conscience en repos. C'est une affaire, c'est un procès qui lui ôte le repos, qui trouble tout son repos. Il est dans une peine continuelle, il n'a aucun repos. Vivre en repos. Goûter un doux repos. Je n'ai trouvé, je n'ai retrouvé le repos que depuis que j'ai mis ordre à cette affaire. Mon repos en dépend. Il n'aura point de repos qu'il n'ait achevé. Il est là-dessus en plein repos, dans un parfait repos.

Soyez en repos sur mes affaires, Ne vous en mêlez pas.

Laissez-moi, veuillez me laisser en repos, laissez-moi donc en repos, Cessez de me fatiguer de vos importunités.

De tout repos, Qui offre une entière sécurité. Des valeurs de tout repos. C'est un cheval de tout repos.

REPOS signifie, en parlant des États, Exemption de trouble, d'agitation; tranquillité. Le royaume est dans un repos complet, absolu. La paix est faite, les peuples vont goûter un profond repos. Troubler le repos public.

Il signifie aussi Sommeil. Il ne dort plus, il a perdu le repos depuis quelque temps. Prendre son repos. Il dort, ne troublez pas son repos.

En parlant d'Armes à feu, il se dit de l'État où elles sont, lorsque, le chien n'est ni abattu, ni bandé, mais maintenu par un cran spécial. Mettre le chien d'un fusil au repos. Ce fusil est au repos. Le cran de repos. Dans ce sens et dans ceux qui précèdent, il n'a point de pluriel.

Il se dit, en termes de Versification française, de la Césure placée à tel ou tel endroit du vers, pour marquer une pause, un arrêt.

REPOS se dit aussi des Pauses que l'on fait en prononçant un discours, en déclamant, en lisant à haute voix. Dans le discours prononcé, les repos de la voix tiennent lieu de points et d'alinéa. Un lecteur habile sait se ménager des repos pour respirer sans effort.

Il se dit, en parlant des Ouvrages de l'esprit, de Certains morceaux, de certains passages d'une lecture facile, destinés à procurer une détente à l'esprit du lecteur. Cette narration agréable sert de repos, après des réflexions si graves.

Il se dit, en termes de Beaux-Arts, de l'Attitude des figures représentées sans mouvement ou avec peu de mouvement. Les anciens dans leur statuaire adoptaient le plus souvent l'attitude en repos.

En termes d'Architecture, il désigne une Sorte de petit palier qui interrompt la suite des marches et qui est souvent formé d'une marche plus large que les autres. Il y a dix marches jusqu'au premier repos. Les repos de cet escalier ne sont pas bien placés.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

repos

Repos, Quies, Requies.

Repos d'esprit, Euthymia, B.

Peu de repos, Modica quies.

Grand repos et assouvi, Otium pingue.

Avoir loisir et repos, ou intermission de quelque travail, A re aliqua conquiescere.

Quand nous aurons repos, Quum in otium venerimus.

Sans repos, ou qui n'a point de repos, Inquies.

Se donner repos, Collocare se in otium, Conuertere se ad otium.

Estre en repos de sa douleur, Acquiescere.

Estre en grand repos d'esprit, Tranquillo consistere animo.

Qui est en repos, Quietus, Tranquillus.

Qui n'est point à repos, ou n'est point attrempé ne accoisé, Insedatus.

Qui est sans repos, Irrequietus, Inquies.

Qui ne donne point de repos ne de relasche, Importunus.

Faire perdre le repos, Inquietare.

Ne laisser point une personne en repos, Exercere.

Jamais Anthoine ne me laissa en repos ne en paix, Nunquam per Antonium quietus fui.

Maintenir le repos et la paix, Tenere otium.

Oster quelqu'un de son repos, et le faire entendre à nos affaires, Iniicere manum quieti alicuius.

Prendre repos, Quietem capere.

Vivre en repos d'esprit, Quieto animo viuere.

Il ne faut point plaider qui veut vivre en repos de son esprit, Iuri ac foro iudiciali familiaritatem renuntiare necessitudinemque statuat homo mentis non obnoxiae, B.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

repôs


REPôS, s. m. REPOSER, v. a. et n. REPOSÉE, s. f. REPOSOIR, s. m. [Repô, pozé, zée, zoar: 1re e muet, 2e lon. au 1er. Dans le verbe, elle est longue devant l'e muet: il repôse, repôsera, etc.] Repôs est 1°. Cessation ou privation de mouvement. "Un corps en repôs. "La matière est indiférente au mouvement et au repôs. "Cet enfant ne saurait demeurer en repôs. "Laissez-moi en repôs.
   Messieurs, voulez-vous bien nous laisser en repôs?
       Racine.
"Le trop grand repôs nuit à la santé. = 2°. Cessation de travail : se doner ou prendre du repôs.
   Donnez-vous du repôs,
   Vous n'avez tantôt plus que la peau sur les os!
       Les Plaideurs.
"Il faut faire succéder le repôs au travail. = 3°. Tranquilité: exemption de peine d'esprit. "Soyez en repôs de ce côté-là. "Il est dans un grand repôs d'esprit sur cette afaire. "Être, vivre en repôs.
   Ecoutez-vous du sang le dangereux murmure,
   Pour des enfans ingrats, qui bravent la nature?
   Venez; votre repos sur eux doit l' emporter.
   - Du repos dans le crime! Ah! qui peut s'en flater!
       Oreste.
= Repôs public. "Les perturbateurs du repôs public. = Le repôs éternel: "Prier pour le repôs des âmes des morts. — Troubler le repôs des morts, flétrir leur mémoire par des satires. = 4°. Someil. "Prendre son repôs: ne troublez point son repôs. "Il a perdu le repôs depuis six mois. = 5°. En parlant d'armes à feu, l'état où elles sont lorsque le chien n'est ni abatu, ni bandé. "Mettre un fusil en son repôs. = 6°. En Poésie, césûre. "Les grands vers ont leur repôs à la 6e; les vers de dix syllabes, à la quatrième syllabe. En termes d'Architectûre, palier d'un degré. "Escalier sans repôs. "Les repôs de cet escalier ne sont pas assez grands.
   Rem. Repôs n'a de pluriel que dans ce dernier sens, et en termes de peintûre et ouvrages d'esprit. "Dans les ouvrages come dans les tableaux, il faut ménager des repôs et des ombres; tout ne doit pas être également saillant et brillant. = On dit, au figuré, être en repôs, ou avoir l'esprit en repôs; et dans le style famil. Dormir en repôs sur, etc. Mde de Sévigné substitûe la prép. de à la prép. sur. "Soyez en repôs de votre chère maman. "Je crois que vous devez avoir l'esprit en repôs de ma santé. M. De Coulanges a aussi employé l'ablatif. "Je suis plus en repôs de vous à Grignan que si vous étiez ici. — En repôs sur vous serait ridicule dans cette ocasion. Il faut dire, sur votre compte, ou sur ce qui vous regarde. — Voitûre avait doné l'exemple de ce faux régime. "J'ai été en repôs de tout, quand j'ai vu que vous aviez soin de moi. = On dit, laissez-moi en repôs; le Peuple dit, de repôs, non seulement dans les Provinces méridionales, mais à Paris et au delà de la Loire. "Eh bien! ma mère, écoutez-moi. — Laissez-moi de repôs. Th. d'Éduc. La Rosière.
   Repôs, oisiveté: Il y a de la diférence entre les deux. On est en repos, quand on travaille doucement et sans être agité par les passions, ni inquiété par les besoins. Le repos n'exclut donc point le travail: il n'exclut que la peine, l'inquiétude et une agitation excessive. Au contraire, on peut être oisif, sans être en repos, parce qu'on peut éprouver dans l'oisiveté du trouble, de l'agitation, de l'inquiétude. L'Ab. Trublet.
   REPOSER, 1°. actif, mettre dans une situation tranquille. "Reposer sa jambe sur un tabouret, sa tête sur un oreiller. "Cela repôse le teint, le rend frais; repôse les humeurs, les calme. = 2°. Neutre, dormir. "Il n'a pas reposé de toute la nuit. — Être dans un état de repôs. "Il ne dort pas, il repôse. = 3°. Être placé: c'est dans ce lieu que le st. Sacrement repôse, que repôsent les reliques de ce Saint; que le corps de ce Hérôs repôse. Et figurément.
   Je laisse à votre zèle à régler toute chose,
   Et ce n'est qu'en vous seul que mon espoir repôse.
       Rousseau.
= 4°. En parlant des liqueurs, se rasseoir. "Cette eau est trouble: il faut qu'elle repôse quelque tems. "Quand ce vin sera reposé, il sera bon. = 5°. Laisser reposer: il devient alors actif. "Laisser reposer du vin, une liqueur. Laisser reposer une terre labourable, la laisser en jachères. Laisser reposer un ouvrage, le garder quelque tems sans le relire, afin de le revoir plus à loisir. Laisser reposer ses esprits, les laisser rasseoir, se calmer, aprês le mouvement de quelque passion violente. = 6°. Se reposer: cesser de travailler, d'agir. "Qui s'amuse se repose; c'est même la meilleure manière de se reposer: un repos ennuyeux n'en seroit point un. L'Ab. Trublet. = Se reposer sur quelqu'un de quelque afaire; s'assurer sur les soins qu'il en prendra. "Je m'en repôse sur vous.
   À~ servir ton dessein nous contribûrons tous,
   Et tu peux du succès te reposer sur nous.
       Rousseau.
= On le dit même des chôses en régime. "Ils se repôsent de leur élévation sur leurs titres. Massill.
   Rem. Reposer, au propre, a un sens diférent, suivant qu'il est réciproque ou neutre. Reposer signifie, ou être en repôs, ou dormir; mais se reposer n'a que le 1er sens. "Le Saint étant une nuit en oraison... à l'heure que les Religieux se reposoient. Vie de S. Jean de la Croix. Il falait, à l'heure qu' ils reposoient. = Reposer, au figuré, se dit des chôse inanimées. "Ces lèvres où repôse le sourire. Jér. Dél. "Les intérêts bien entendus du Monarque reposeront toujours sur la fidélité et la justice.
   REPOSÉ, ÉE, adj. "Cheval frais et reposé. Eau reposée. Teint reposé, tel que les jeunes persones ont acoutumé de l'avoir, quand elles ont bien reposé la nuit. Il ne se dit que des femmes. Acad.Rousseau le dit d'un homme; mais il le met dans la bouche du flateur.
   Avez-vous vu jamais
   Un teint plus vif, un air plus réposé, plus frais
   Que celui que Monsieur montre sur son visage.
= À~ tête reposée, adv. Mûrement et avec réflexion.
   REPOSÉE, s. f. Lieu où une bête faûve repôse. "Ils ont trouvé le cerf à la reposée.
   REPOSOIR, autel qu'on élève dans les lieux ou pâsse la procession de la Fête-Dieu, pour y faire reposer le Saint-Sacrement.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

repos

nom masculin repos
1.  Absence de mouvement.
2.  Fait de cesser une activité.
3.  Littéraire. État de tranquillité.
apaisement, ataraxie, calme, paix, sérénité, silence -littéraire: quiétude.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

repos

Pause, Ruhe, Stille, Absatz, Erholungrest, repose, break, calm, calmness, composure, intermission, pause, quiet, recess, silence, quietness, deadlock, half-landing, immobility, inaction, interlude, interval, lull, peacefulness, respite, stagnation, stillness, tranquilityrust, bedaardheid, bewegingloosheid, gerustheid, kalmte, pauze, roerloosheid, rustigheid, stilstand, stilte, strakheid, vredigheid, restאתנחתא (נ), מנוחה (נ), מרגוע (ז), נוח (ז), נופש (ז), נפישה (נ), עמידת נוח (נ), פוגה (נ), רגיעה (נ), רענון (ז), שבות (נ), שקט (ז), אֶתְנַחְתָּא, מְנוּחָה, מַרְגּוֹעַ, נוֹחַ, רְגִיעָהpouse, rus, stilstanddescans, pausa, silencipause, ro, restkvieto, paŭzo, ripozo, senmoveco, trankvilecodescanso, meseta, pausa, silencio, reposo, restotauko, leporiposo, pianerottolo, ripiano di sosta, chiuso, quiete, sostaspokój, odpoczynekdescanso, repouso, alívio, calma, pausa, quietude, serenidade, sossego, suspensão, tranqüilidade, restopaus, rast, ro, vila, vilopausξεκούραση, ρεπάρω, ρεπό, υπόλοιποотдыхراحَةzbytekostatak休み나머지restการพักผ่อนdinlenmephần còn lại休息почивка休息 (ʀəpo)
nom masculin
1. fait de ne pas travailler prendre du repos
2. tranquillité, calme venir troubler le repos de qqn
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

repos

[ʀ(ə)po] nm
(= répit, relâchement) → rest
au repos [organe, corps] → at rest; [soldat] → at ease
en repos → at rest
(fig) (= tranquillité) → peace and quiet; (mental)peace of mind
ne pas être de tout repos
Le trajet n'a pas été de tout repos → The trip didn't exactly go smoothly.
(MILITAIRE) repos! → at ease!
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005