venir

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venir

v.i. [ lat. venire ] (Auxil. être)
1. Se déplacer en direction de celui qui parle ou à qui l'on parle ; se diriger vers : Quand viens-tu à Lyon ? Je suis venue te rendre visite passer
2. S'étendre jusqu'à tel endroit ; s'élever jusqu'à tel niveau : L'eau vient habituellement jusqu'à ces rochers.
3. Avoir tel lieu comme point de départ : Elle vient de Rome, de chez ses parents. Le train venant de Paris entre en gare en provenance de
4. Avoir pour origine, pour source : Ce whisky vient d'Écosse provenir
5. Croître ; pousser ; se développer : Un sol où les légumes viennent bien, mal. Des boutons lui sont venus sur la peau apparaître
6. Avoir pour cause : Ton erreur vient d'un manque d'attention découler, résulter
7. Avoir lieu ; se produire : Cette panne de métro vient bien mal à propos survenir arriver
8. Apparaître, jaillir, en parlant d'un fluide : Ouvrez la vanne, l'eau va venir.
À venir,
qui va arriver : Il y aura de grands changements dans les années à venir futures
En venir à (+ n.),
aborder le point essentiel d'une analyse, d'une action : Venons-en aux faits en arriver à) ; aboutir à tel point de vue :
En venir aux mains,
en arriver à se battre.
Faire venir qqch,
le faire apporter, le commander : Faire venir un dîner d'un restaurant chinois.
Faire venir qqn,
l'appeler, le mander : Faites venir le directeur de l'hôtel.
Laisser ou voir venir,
ne pas agir avant de savoir de quoi il retourne exactement.
Ne faire qu'aller et venir,
se déplacer sans cesse, être toujours en mouvement ; ne pas s'attarder, ne rester que peu de temps.
Savoir où qqn veut en venir,
deviner son but, ses objectifs.
Venir de (+ inf.),
semi-auxiliaire servant à exprimer le passé proche : Elle vient de terminer ce rapport.
Y venir,
en arriver à admettre qqch, à se rallier à qqch ; se résigner à accepter qqch.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

venir


Participe passé: venu
Gérondif: venant

Indicatif présent
je viens
tu viens
il/elle vient
nous venons
vous venez
ils/elles viennent
Passé simple
je vins
tu vins
il/elle vint
nous vînmes
vous vîntes
ils/elles vinrent
Imparfait
je venais
tu venais
il/elle venait
nous venions
vous veniez
ils/elles venaient
Futur
je viendrai
tu viendras
il/elle viendra
nous viendrons
vous viendrez
ils/elles viendront
Conditionnel présent
je viendrais
tu viendrais
il/elle viendrait
nous viendrions
vous viendriez
ils/elles viendraient
Subjonctif imparfait
je vinsse
tu vinsses
il/elle vînt
nous vinssions
vous vinssiez
ils/elles vinssent
Subjonctif présent
je vienne
tu viennes
il/elle vienne
nous venions
vous veniez
ils/elles viennent
Impératif
viens (tu)
venons (nous)
venez (vous)
Plus-que-parfait
j'étais venu
tu étais venu
il/elle était venu/venue
nous étions venus
vous étiez venus
ils/elles étaient venus/venues
Futur antérieur
je serai venu
tu seras venu
il/elle sera venu/venue
nous serons venus
vous serez venus
ils/elles seront venus/venues
Passé composé
je suis venu
tu es venu
il/elle est venu/venue
nous sommes venus
vous êtes venus
ils/elles sont venus/venues
Conditionnel passé
je serais venu
tu serais venu
il/elle serait venu/venue
nous serions venus
vous seriez venus
ils/elles seraient venus/venues
Passé antérieur
je fus venu
tu fus venu
il/elle fut venu/venue
nous fûmes venus
vous fûtes venus
ils/elles furent venus/venues
Subjonctif passé
je sois venu
tu sois venu
il/elle soit venu/venue
nous soyons venus
vous soyez venus
ils/elles soient venus/venues
Subjonctif plus-que-parfait
je fusse venu
tu fusses venu
il/elle fût venu/venue
nous fussions venus
vous fussiez venus
ils/elles fussent venus/venues
Collins French Verb Tables © HarperCollins Publishers 2011

VENIR

(ve-nir) , je viens, tu viens, il vient, nous venons, vous venez, ils viennent ; je venais ; je vins, nous vînmes ; je viendrai ; je viendrais ; viens, qu'il vienne, venons, venez ; que je vienne, que nous venions, que vous veniez ; que je vinsse, que nous vinssions, qu'il vînt ; venant ; venu v. n.

Résumé

Se transporter d'un lieu dans celui où se trouve la personne qui parle ou à qui l'on parle.
En termes de marine, venir à.
Arriver à l'endroit où est la personne qui parle.
Aller d'un lieu plus éloigné à un lieu plus proche de celui qui parle.
Aller d'un lieu proche à un lieu éloigné, mais seulement quand celui qui parle demande qu'on l'accompagne.
Aller et venir.
Il se dit des choses inanimées qui ont un mouvement.
Être apporté, en parlant des choses.
Quelquefois venir, devant un infinitif, ne fait guère que renforcer l'idée exprimée par cet infinitif.
10° Faire venir quelqu'un, le mander, lui donner ordre ou avis de venir.
11° Sortir, en parlant des liquides contenus dans un vaisseau.
12° Monter, s'élever.
13° Tomber fortuitement en la possession, en parlant des choses.
14° Être transmis d'âge en âge, en parlant de traditions, de livres, d'ouvrages.
15° Venir au monde, naître.
16° Apparaître à la surface du corps.
17° Survenir fortuitement, par accident, inopinément.
18° Laisser venir un coup, au jeu de la paume.
19° Venir par succession, en parlant de choses. Venir à succession, en parlant de personnes.
20° Échoir par quelque hasard.
21° Se produire suivant l'ordre des temps.
22° Fig. Il se dit des choses qui sont supposées se mouvoir.
23° Intervenir, se rencontrer à la traverse.
24° Être issu, être sorti.
25° Dériver, en parlant de mots, de langues.
26° Provenir, être reçu de.
27° Émaner, procéder.
28° Se former dans l'esprit, dans la mémoire, dans le cœur.
29° Naître, être produit.
30° Avoir une certaine croissance.
31° Il se dit de ce qui s'accomplit, vient comme il faut.
32° Venir à rien.
33° Venir à, passer à ce qui est de notre objet.
34° Venir à une chose, se résoudre à la faire, à l'accepter.
35° Se porter à quelque chose d'excessif.
36° Venir à, réussir à, atteindre.
37° En venir.
38° En venir à, aborder un sujet sur lequel on hésite.
39° Venir à, suivi d'un infinitif, marque quelque chose d'inattendu, de fortuit.
40° Venir de, suivi d'un infinitif, se dit d'une chose faite depuis peu de temps.
41° V. réfl. S'en venir.
42° S. m. Le venir.
43° Un venez-y-voir.
44° Va-et-vient.
Se transporter d'un lieu dans celui où se trouve la personne qui parle ou à qui l'on parle. D'où venez-vous ? Il est venu ici, ou, simplement, il est venu. Je viens pour vous dire. Venez nous voir. Il vient de Rome. Il est venu à pied, à cheval, en voiture. Qu'il vienne, je l'attends.
Elle va revenir.... elle vient, je la vois [CORN., Cid, III, 1]
Mes chiens n'appellent point au delà des colonnes Où sont tant d'honnêtes personnes [animaux malfaisants pendus] ; Il y viendra, le drôle ! il y vint, à son dam [LA FONT., Fabl. XII, 23]
Venez, venez, ma fille, on n'attend plus que vous ; Venez remercier un père qui vous aime, Et qui veut à l'autel vous conduire lui-même [RAC., Iphig. IV, 4]
Oui, je viens dans son temple adorer l'Éternel [ID., Athal. I, 1]
Seigneur, je viens à vous ; car enfin aujourd'hui, Si vous m'abandonnez, quel sera mon appui ? [ID., Mithr. I, 2]
Ils feront comme le roi d'Espagne, lequel se trouva mieux, dit Pascal, de croire sur les antipodes Christophe Colomb qui en venait, que le pape Zacharie qui n'y avait jamais été [D'ALEMB., Œuv. t. IV, p. 258]
L'esprit de la prière et de la solitude.... Appela de tout temps les âmes de son choix : Venez, venez, dit-il à l'amour qui regrette, Au génie opprimé sous un ingrat oubli.... [LAMART., Harm. I, 11]
Impersonnellement. Il vient dans cette maison toute sorte de gens. Venir au secours, à l'aide, venir pour secourir, pour aider.
Cet effort généreux de votre amour parfaite Vient-il à mon secours, vient-il à ma défaite ? [CORN., Poly. IV, 3]
Venir sur, marcher vers quelqu'un avec le dessein de l'attaquer.
Je l'ai surprise dans les bras d'un jeune homme, qui, dès qu'il s'est vu découvert, est venu sur moi [MONTESQ., Lett. pers. 159]
Fig. Il s'en est allé comme il était venu, il n'a rien fait de ce qu'il aurait dû faire.
Jean s'en alla comme il était venu, Mangeant le fonds avec le revenu [LA FONT., Son épit. faite par lui-même.]
Fig. Il semble qu'il vienne de l'autre monde, voy. MONDE 1, n° 24. Fig. De quel pays venez-vous ? d'où venez-vous ? se dit à ceux qui ignorent une nouvelle connue de tout le monde, ce qui se passe publiquement, ce qui est dans la pratique commune.
Mme Verteuil : Vous m'étonnez toujours ; mais d'où venez-vous donc ? - Formont : D'où je viens, madame ? - Mme Verteuil : Oui. - Formont : De mon pays, j'espère [COLLIN D'HARLEV., Mœurs du jour, II, 11]
Voir venir quelqu'un, l'apercevoir quand il est en marche pour venir. Du haut de la terrasse je le voyais venir. Fig. Voir venir quelqu'un, voir ce qu'il fera ou quel est son dessein.
Il ne manquera pas de vouloir se justifier ; je l'écouterai, je le verrai venir [LESAGE, Diable boit. 4]
Mais.... il est quelquefois très bon de voir venir [DORAT, Feinte par amour, III, 4]
Il voulait la maison ; voyons-le venir [A. DUVAL, Maison à vendre, sc. 15]
Je vous vois venir, je devine ce que vous pensez, ce que vous allez faire ou dire.
Lubin : Vous avez envie de me tirer les vers du nez. - G. Dandin : Non, ce n'est pas cela. - Lubin : Eh ! quelque sot.... Je vous vois venir [MOL., G. Dand. II, 7]
Le laquais de M. de Rozelles a voulu me faire jaser ; moi, qui connais cela, je l'ai vu venir [GENLIS, Théât. d'éduc. le Magistrat, II, 1]
Voir venir, se dit, à certains jeux de cartes, quand on jette une carte insignifiante pour engager les positions à se dessiner. Laisser venir, voir venir, attendre, ne pas se presser. Dans cette affaire nous n'avons qu'à laisser venir, qu'à voir venir.
Peine perdue que ce travail-là.... laissons-les venir ; je ne prends pas facilement l'épouvante [LESAGE, Turcaret, III, 9]
Terme de marine. Venir à, gouverner de manière à obtenir un résultat donné. Venir au vent, se dit d'un bâtiment qu'on incline de manière à recevoir plus de vent dans ses voiles. Venir é bâbord ou à tribord, se dit du navire à qui l'on fait décrire une courbe à droite ou à gauche de la route qu'il suivait.
Arriver à l'endroit où est la personne qui parle. Quel jour vient le courrier ? Il est parti de Lyon, et vient demain.
Aller d'un lieu plus éloigné à un lieu plus proche de celui qui parle. Il est venu de Rome à Lyon.
Aller d'un lieu proche à un lieu éloigné, mais seulement quand celui qui parle demande qu'on l'accompagne. Je pars pour Lyon, voulez-vous venir avec moi ? Venez avec nous aux Tuileries.
Venez sauver César de sa propre fureur [RAC., Brit. v, 8]
Aller et venir, se dit de ceux qui vont, qui partent, et qui reviennent.
Il fit bien valoir la beauté de la Provence, et comme tout y est vif et passant et brillant, à cause de ces vaisseaux et de ces galères, et de ceux qui vont et viennent d'Italie [SÉV., 18 août 1680]
Ne faire qu'aller et venir, être continuellement en mouvement. En un autre sens, ne faire qu'aller et venir, mettre très peu de temps à aller quelque part et revenir.
Il se dit des choses inanimées, qui ont un mouvement. La lumière vient de côté. Le vent vient du nord.
Les eaux venant des pôles n'ont pu gagner ces contrées méridionales encore brûlantes que quand elles ont été refroidies [BUFF., Add. théor. terr. Œuv. t. XIII, p. 163]
Impersonnellement. Il vient beaucoup de vent de ce côté. Fig. Ses revenus viennent bien, ils sont payés sûrement et régulièrement.
Être apporté, en parlant des choses. Cette denrée vient de l'Orient. Impersonnellement. Il vient du blé de cette province.
Vient-il de la province une satire fade, D'un plaisant du pays insipide boutade, Pour la faire courir on dit qu'elle est de moi [BOILEAU, Épît. VI]
Quelquefois venir, devant un infinitif, ne fait guère que renforcer l'idée exprimée par cet infinitif.
Que, devant Troie en flamme, Hécube désolée Ne vienne pas pousser une plainte ampoulée [BOILEAU, Art p. III]
Du haut de ce balcon votre malheureux frère Vint tomber tout sanglant... [DELILLE, Homme des ch. IV, variantes.]
On viendra nous dire..., on objectera... (tournure très usitée pour prévenir les objections).
10° Faire venir quelqu'un, le mander, lui donner ordre ou avis de venir. Faire venir une chose, donner l'ordre de la transporter dans le lieu où l'on est. Faire venir des provisions. Faire venir une voiture.
S'il n'était presque aussi difficile de me faire aller à Paris que de faire venir Paris ici (dans l'Angoumois) [BALZ., liv. XV, Lett. 2]
Cela fait venir l'eau à la bouche, se dit d'une chose agréable au goût dont l'idée excite l'appétit, et figurément de tout ce qui excite le désir. Fig. Faire venir l'eau au moulin, voy. MOULIN.
11° En parlant des liquides contenus dans un vaisseau, sortir. Le vin ne vient plus que goutte à goutte. On a voulu le saigner, mais le sang ne vint pas.
12° Monter, s'élever. Il ne me vient pas à l'épaule. Les eaux viennent jusqu'au premier étage.
Eh ! que feriez-vous donc si vous voyiez ma femme ? elle vient à peine à mes genoux, cependant.... [BARTHÉL., Anach. ch. 14]
13° Tomber fortuitement en la possession, en parlant des choses.
Je vous assure que les tablettes sont venues en ses mains de la même sorte [VOIT., Lett. 24]
Être transmis d'âge en âge, en parlant de traditions, de livres, d'ouvrages.
C'est de lui que nous vient cet art ingénieux De peindre la parole et de parler aux yeux [BRÉBEUF, Pharsale, III]
C'est par Théophraste que sont venus jusqu'à nous les ouvrages de ce grand homme [Aristote] [LA BRUY., Disc. sur Théophr.]
Le plus ancien traité de musique [celui d'Aristide] qui soit venu jusqu'à nous [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. XI, 1re part. p. 236, dans POUGENS.]
15° Venir au monde, naître.
Victorieux par mer et par terre, il [Auguste] ferme le temple de Janus ; tout l'univers vit en paix sous sa puissance, et Jésus-Christ vient au monde [BOSSUET, Hist. I, 9]
Cet enfant est venu à terme, il est né à l'époque ordinaire de la naissance. Il est venu avant terme, il est né avant le terme ordinaire de la grossesse. L'enfant vient bien, se dit durant l'accouchement, lorsque l'enfant se présente de la manière la plus naturelle. Cet enfant nouveau-né est bien venu, la mère en est accouchée heureusement.
16° Apparaître à la surface du corps. Une ébullition lui est venue. Impersonnellement. Il lui vient des boutons au visage.
Il lui vint [à Jésus] une sueur comme des gouttes de sang, qui découlaient jusqu'à terre [SACI, Bible, Évang. St Luc, XXII, 44]
S'il pouvait vous venir la petite vérole [BOURSAULT, Fabl. d'Ésope, III, 6]
17° Survenir fortuitement, par accident, inopinément. Un malheur ne vient jamais seul. Tout lui vient à souhait. Cela lui vient bien à point.
Tous ces maux qui viennent par la vanité me font toujours un malin plaisir [SÉV., 3 avr. 1686]
Impersonnellement. Je crains qu'il ne vienne une bourrasque, de la pluie. Il lui vint une grosse fièvre. Elliptiquement. Vienne une maladie, vienne un revers, s'il vient une maladie, un revers. S'il vient faute de lui, s'il meurt.
S'il vient faute de vous, mon fils, je ne veux plus rester au monde [MOL., Mal. imag. I, 9]
Cela lui vient de Dieu grâce, voy. GRÂCE, n° 7. Fig. Prendre le temps comme il vient, voy. TEMPS, n° 21.
18° Au jeu de la paume, laissez-moi venir ce coup-là, laissez-moi le jouer. À différents jeux de cartes. Laissez-moi venir cette main, laissez-moi faire cette main.
19° Venir par succession, échoir, avec un nom de choses pour sujet. Après la mort du père, les biens viennent aux enfants. Les biens qui viennent du côté de la mère. Avec un nom de personne pour sujet, obtenir par une sorte d'échéance. Venir à une succession par souche, par tête, par représentation.
La royale famille des Stuarts, qui, étaient venus à la succession de la couronne d'Angleterre par une fille de Henri VII [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Le fils venant de son chef à la succession du donateur [, Code civ. art. 848]
Ce roi vint jeune au trône, à la couronne, il y parvint jeune. Venir au sou la livre (locution vieillie), partager au sou la livre. Venir à compte, à partage, à composition, compter, partager, composer.
L'héritier venant à partager [, Code civ. art. 844]
20° Échoir par quelque hasard. J'ai mis à la loterie, et il m'est venu un bon billet.
21° Arriver suivant l'ordre des temps. Ceux qui viendront après nous. Il viendra un temps.
Que n'eût-elle pas donné pour obtenir ce miracle [devenir croyante] ? mais l'heure marquée par la divine Providence n'était pas encore venue [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Son heure est venue, sa mort, sa punition est prochaine.
Encore un peu plus outre, et ton heure est venue [CORN., Poly. IV, 2]
Son heure est venue signifie aussi qu'il subira quelque grande influence morale. Qui vient, prochain.
Car je n'aurai, s'il t'en souvient, Que trente ans à Noël qui vient [SCARR., Virg. IV]
Si vous continuez de vous bien porter, ma chère enfant, je ne vous irai voir que l'année qui vient [SÉV., 57]
Je crois toujours partir la semaine qui vient [ID., 258]
Vienne la Saint-Denis, viennent les Rois, quand la Saint-Denis arrivera, quand les Rois arriveront.
J'ai pourtant, voyez-vous ! quatre-vingt-dix-huit ans Vienne la Saint-Martin [REGNARD, Fol. amour. III, 4]
J'imagine, mon cher ange,... que vous ferez jouer Tancrède vienne la Saint-Martin [VOLT., Lett. d'Argental, 27 oct. 1760]
Populairement Elle aura quinze ans viennent les prunes, l'été prochain. À venir, qui doit venir, qui doit arriver. Le temps à venir.
Le corbeau sert pour le présage ; La corneille avertit des malheurs à venir [LA FONT., Fabl. II, 17]
Et par écrit Le sénat demanda ce qu'avait dit cet homme, Pour servir de modèle aux parleurs à venir [ID., ib. XI, 7]
Et ce triomphe heureux qui s'en va devenir L'éternel entretien des siècles à venir [RAC., Iphig. I, 5]
22° Fig. Il se dit des choses qui sont supposées se mouvoir. Les arts sont venus de telle contrée. Le choléra vient de l'Inde. La peste vient de l'Égypte.
Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi [RAC., Iphig. IV, 6]
Si vous refusez la paix et la justice qui viennent à vous, la paix et la justice seront vengées [FÉN., Tél. X]
Cela vint à ma connaissance, cette nouvelle est venue jusqu'à moi, j'ai appris cela, j'ai su cette nouvelle.
J'ai senti vivement la belle et brillante action du chevalier de Pompone ; elle vous viendra de tous côtés [SÉV., 12 juill. 1690]
23° Intervenir, se rencontrer à la traverse.
Les protestants sont venus ensuite, qui ont fort maltraité les miracles de l'une et l'autre Église [latine et grecque] [VOLT., Dict. phil. Miracles, II]
Venir à la traverse, traverser, troubler un dessein, une affaire.
24° Être issu, être sorti. C'est un homme qui vient de bon lieu. Il vient de bas lieu. Le chien doguin vient du dogue et du petit danois.
Ton illustre audace Fait bien revivre en toi les héros de ma race ; C'est d'eux que tu descends, c'est de moi que tu viens [CORN., Cid, III, 6]
Les deux plus puissantes monarchies qui se soient élevées alors, furent celle d'Égypte fondée par Ptolomée fils de Lagus, d'où viennent les Lagides, et celle d'Asie ou de Syrie fondée par Séleucus, d'où viennent les Séleucides [BOSSUET, Hist. I, 8]
Quel bruit ? - Que cet enfant vient d'illustre origine [RAC., Athal. III, 4]
Ce peuple venait d'une race de géants qui était de la même origine que les Cyclopes [FÉN., Tél. I]
Les blancs, et les nègres, et les rouges, et les Lapons, et les Samoyèdes, et les albinos ne viennent certainement pas du même sol [VOLT., Mœurs, 3]
Si les Groenlandais tirent leur origine des Islandais ou des Norwégiens, comme l'ont avancé plusieurs auteurs, ou si, comme le prétend M. P., ils viennent des Américains [BUFF., Suppl. à l'Hist. nat. Œuv. t. XI, p. 249]
C'est un homme qui est venu de rien, il n'avait rien, il n'était rien, et il a fait fortune.
25° Dériver, en parlant de mots, de langues. Ce mot vient de tel autre. Le français vient, pour la plus grande partie, du latin. Cette expression vient du grec. Amiral vient de l'arabe.
26° Provenir, être reçu de. L'or et l'argent viennent d'Amérique.
Je les reçois [des présents] de fort bon cœur, et je recevrai toujours de même tout ce qui me viendra de votre part [VOIT., Lett. 24]
Ah ! gardez-vous de l'une et l'autre main ; Cette coupe est suspecte, elle vient de la reine [CORN., Rodog. v, 4]
Qu'admira-t-on davantage, ou de ce que ce secours vint si à propos, ou de ce qu'il vint d'une main dont on ne l'attendait pas ? [BOSSUET, Anne de Gonz.]
27° Émaner, procéder.
L'homme trahit sa foi, d'où vinrent les notaires [RÉGNIER, Sat. VI]
Ma faveur fait ta gloire, et ton pouvoir en vient [CORN., Cinna, v, 1]
La victoire ne dépend point de la grandeur des armées ; mais c'est du ciel que nous vient toute la force [SACI, Bible, Machab. I, III, 19]
D'où vous vient aujourd'hui ce noir pressentiment ? [RAC., Athal. I, 1]
Mon mal vient de plus loin [SACI, Phèdre, I, 3]
Les grandes pensées viennent du cœur [VAUVENARGUES, Max. et réfl. 127]
Les jansénistes et les molinistes n'ont point eu de mortification plus cuisante que de n'avoir pu s'égorger en bataille rangée ; d'où vient cela ? [VOLT., Dict. phil. Les pourquoi.]
D'où viennent ces lits de tourbes qui s'étendent depuis Bruges par tout le plat pays de la Flandre jusqu'à la rivière d'Aa ? [BUFF., Add. théor. terr. Œuv. t. XIII, p. 174]
Ces philosophes qui nient que nos connaissances viennent des sens [CONDILL., Logiq. I, 6]
D'où vient que ? quelle est la cause que ?
Mais, ma mère, d'où vient que vous sortez si vite ? [MOL., Tart. I, 1]
D'où vient qu'en m'écoutant, vos yeux, vos tristes yeux Avec de longs regards se tournent vers les cieux ? [RAC., Brit. v, 1]
Absolument et familièrement. D'où vient ? quelle est la cause ? quel est le motif.
M.Oronte : Cela ne se peut pas, madame. - Mme Oronte : D'où vient, monsieur ? - M. Oronte : D'où vient ? voulez-vous que nous manquions de parole à M. Orgon, notre ancien ami ? [LESAGE, Crisp. rival de son maître, 6]
Mais d'où vient donc, dis-moi ? quelque part qu'on s'arrête, en Calabre ou ailleurs, tout le monde se met à faire la révérence, et voilà une cour [P. L. COUR., Lett. à M***, 25 juin 1806]
D'où vient, avec un verbe à l'infinitif.
D'où vient le redouter, moi qui peux lever les yeux sur lui avec la noble assurance... ? [RICCOBONI, Œuv. t. I, p. 346, dans POUGENS]
D'où vient prendre pour un tendre sentiment les simples marques de ton estime ? [ID., ib. t. VI, p. 194]
28° Se former dans l'esprit, dans la mémoire, dans le cœur, en parlant d'idées, de sentiments.
Il lui vint à l'esprit, dans l'esprit que.... Tout ce que je fais me vient naturellement, c'est sans étude [MOL., Préc. 10]
En voici un [passage] qui me vient sur ce verset du psaume XLI [BOSSUET, Ét. d'Orais. x, 25]
J'aurais dit tout net : je suis le fils d'un paysan, si le mot de fils d'un homme de la campagne ne m'était pas venu [MARIV., Pays. parv. 4e part.]
Lorsque je l'ai aimé, c'était un amour qui m'était venu ; à cette heure que je ne l'aime plus, c'est un amour qui s'en est allé [ID., Double inconst. III, 8]
C'est une idée [charger M. Hénin de la pacification de Genève] qui me vient ; il ne me l'a point du tout suggérée [VOLT., Lett. d'Argental, 21 déc. 1765]
Quand je m'étais mis à mon papier, il ne me venait presque plus rien de ce que j'avais composé [J. J. ROUSS., Conf. VIII]
Je dis ce qui me vient, et l'on peut me le rendre [GRESS., le Méch. I, 4]
29° Naître, être produit. Cette plante vient de bouture. La vigne ne vient pas dans ce pays. Les melons viennent là en pleine terre. Ce semis commence à venir. Les dents viennent à cet enfant. Il lui est venu deux dents.
On lit avec un grand plaisir dans le livre de la Vieillesse l'élégante description que Cicéron y fait de la manière dont vient le blé [ROLLIN, Traité des Ét. v, art. 3 et 4]
L'esprit ne vient qu'en France ; c'est pour ainsi dire son terroir ; et nous en fournissons tous les autres peuples de l'Europe [BOISSY, Franç. à Lond. sc. 16]
On a vraiment bien raison de dire : plantez là des filles ; il y viendra des garçons [COMTE DE CAYLUS, Féeries, Prince Muguet, Œuv. t. VIII, p. 318, dans POUGENS.]
Fig. La raison lui viendra avec l'âge.
30° Avoir une certaine croissance. Cet arbre vient bien, vient mal. Cet enfant ne vient pas bien.
Notre prince de Dombes vient bien, et madame sa mère s'est tirée avec vigueur de cette grande affaire [MAINTENON, Lett. à Mme de Brinon, t. II, p. 256, dans POUGENS]
On dit aussi : Cet enfant a de la peine à venir Venir à bien, croître comme il faut.
La nature est prodigue en semences de plantes ; il lui suffit que, sur un grand nombre de perdues, il y en ait quelqu'une qui vienne à bien [FONTEN., Malebranche.]
On craint que son fruit, que son enfant ne vienne pas à bien, se dit d'une femme souffrante ou qui a éprouvé quelque accident durant sa grossesse. Ses enfants ne viennent pas à bien, les enfants de cette femme meurent très jeunes.
31° Il se dit de ce qui s'accomplit, vient comme il faut. Venir à maturité, en maturité. Venir bien à, convenir. Cette robe vient bien à sa taille.
Ce galetas qui de rien ne nous sert Lui viendra bien [LA FONT., Orais.]
C'était une affaire toute trouvée, et qui venait fort bien à la chose [MOL., Impromptu, 1]
Douze mille arpents de terre ; vous et moi connaissons des gens à qui cela viendrait fort bien [P. L. COUR., Simple discours.]
Ce que je vais dire vient à mon sujet, convient au sujet de mon discours. Ces nuances, ces couleurs viennent bien ensemble, elles font bon effet ensemble. En termes d'art. Ressortir.
Je crains que ce groupe ne vienne pas assez sur le devant [DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 302, dans POUGENS]
Ces figures sont bien venues, mal venues, elles sont bien réussies, mal réussies.
Il y a quelques parties à l'envers qui sont venues presque aussi nettes qu'à l'endroit [DIDER., Peint. en cire, t. XV, p. 469, dans POUGENS]
On dit dans le même sens qu'une photographie est bien venue, mal venue. Terme d'imprimerie. Cette feuille, cette estampe est bien venue, mal venue, elle est sortie bien tirée, mal tirée de dessous la presse.
32° Venir à rien, diminuer beaucoup, se réduire presque à rien. Il maigrit, il vient à rien. Si vous laissez tant bouillir cette sauce, elle viendra à rien. Fig. Tous ses grands projets viendront à rien, ses grands projets échoueront misérablement. En un sens analogue.
Mes flèches et mon arc me viennent à mépris [RÉGNIER, Dial.]
33° Venir à, avec un nom de personne pour sujet, passer à ce qui est de notre objet. Venir au fait. Venir à la conclusion.
Je viens maintenant à notre question [PASC., Prov. XVII]
Sans craindre aucune chose, Je prends donc la parole, et je viens à ma cause [RAC., Plaid. III, 3]
Je suais sang et eau pour voit si du Japon Il viendrait à bon port au fait de son chapon [ID., ib. III, 3]
C'est à quoi je voulais venir. - Eh ! viens-y donc [BRUEYS, Grondeur, I, 3]
Je pressens votre objection ; j'y vais venir à l'instant [J. J. ROUSS., Hél. v, 3]
On dit de même : Venir sur.
Quand il [d'Ormesson, rapporteur dans le procès de Fouquet] est venu sur un certain article du marc d'or, Pussort a dit : voilà qui est contre l'accusé [SÉV., à Pompone, 11 déc. 1664]
34° Venir à une chose, se résoudre à la faire, à l'accepter.
Si faudra-t-il qu'elle y vienne pourtant [LA FONT., Magn.]
Le fond de son caractère est porté au dogme abominable de la tolérance : un jour il y viendra [VOLT., Voyages de Scarmentado.]
Faire venir à la raison, réduire à la raison, soit par la persuasion, soit par contrainte. Faire venir à jubé, voy. JUBÉ.
35° Se porter à quelque chose d'excessif. Il vint à un tel point d'insolence.... Il vint jusqu'à me déclarer.... Par menace. Qu'il y vienne, qu'il ait la hardiesse, l'audace de. Il se dit des choses en un sens analogue. Son insolence vint au point de mériter une correction. Les choses vinrent à un point que..., à tel point que..., si avant que..., elles furent portées à un tel excès, si loin, que....
36° Venir à, réussir à, atteindre. Venir à bout de ses desseins, de ses entreprises. Venir à bout de faire une chose, réussir à la faire. Venir à bout de ses ennemis, les surmonter. Venir à son but, à ses fins, réussir à ce qu'on voulait. On a dit dans le même sens : venir à chef.
Le pis de leur méchef Fut qu'aucun d'eux ne put venir à chef De son dessein.... [LA FONT., Rémois.]
On dit aussi : venir au-dessus.
Par ce moyen la seconde commère Vint au-dessus de ce qu'elle entreprit [LA FONT., Gageure.]
37° Venir se construit avec la particule en qui lui donne plus de force en indiquant à l'esprit quelque chose d'antécédent d'où l'on part.
La cour étonnée en viendra à un accommodement [RETZ, Mém. t. I, liv. II, p. 412, dans POUGENS]
Les deux armées furent environ cinq jours en présence, sans que Maxime en voulût venir à un combat décisif [FLÉCH., Hist. de Théodose, III, 7]
...J'espérais de mourir à vos yeux Avant que d'en venir à ces cruels adieux [RAC., Bérén. IV, 5]
En venir à son honneur, réussir dans ce qu'on avait entrepris. En venir aux mains, commencer à se battre. En venir aux reproches, aux injures, aux grosses paroles, aux coups, etc. porter la dispute jusqu'aux reproches, aux injures, aux coups.
Et s'il fallait encor que l'on en vînt aux coups, Je combattrais... [CORN., Hor I, 4]
La plupart des ménages en vinrent aux coups [VOLT., Avent. de la mémoire.]
En venir aux extrémités, à la violence, à la force, employer les moyens extrêmes, la violence, la force.
Valère : N'en venons point, s'il vous plaît, à de fâcheuses extrémités.... - Sganarelle : Parbleu ! venez-en à tout ce qui vous plaira [MOL., Méd. malgré lui, I, 6]
Il faut en venir là, se dit de tout ce qui est nécessaire, inévitable.
Mais il faut toujours en venir là : il est très vrai qu'il y a quelque chose de divin.... dans les maladies qui travaillent les États [BALZ., Socrate chrétien, 8]
On le dit aussi de ce qu'on regarde comme le plus expédient. Après avoir bien réfléchi, ils virent qu'il fallait en venir là. Il en vint jusqu'à le menacer, il poussa l'audace, la violence jusqu'à la menace. Ils en vinrent au point de faire telle chose, ils furent réduits à faire telle chose, ou ils se portèrent à des extrémités telles qu'ils firent telle chose.
Les colons en vinrent jusqu'à brouter l'herbe [RAYNAL, Hist. phil. XIII, 27]
Il se dit des choses en un sens analogue.
Là commencent les guerres puniques, et les choses en viennent si avant que chacun de ces deux peuples jaloux croit ne pouvoir subsister que par la ruine de l'autre [BOSSUET, Hist. III, 7]
38° En venir, aborder un sujet sur lequel on hésite.
Puisque enfin il en faut venir aux sectes de ces derniers siècles [BOSSUET, 5e avert. 3]
C'est là que j'en voulais venir, c'est où j'en voulais venir, c'est le but où tendaient mes paroles ou mes actions.
Discours d'enthousiaste ! on voit où vous en voulez venir [BEAUMARCH., Mère coupable, I, 12]
On dit de même : Où veut-il en venir ?
Par quel hasard à Montargis, toi, mon cher Dorlis ? - Dorlis, à part : Où veut-il en venir ? [PICARD, Voy. interr. II, 6]
Même signification sans la particule en.
Pourquoi m'en faites-vous aujourd'hui souvenir ? Je ne vois pas encore où vous voulez venir [SCARR., D. Japh. d'Arm. I, 7]
39° Venir à, suivi d'un infinitif marque quelque chose d'inattendu, de fortuit. Nous vînmes à parler de telle chose. S'il venait à mourir. Je vins tout à coup à me le rappeler. La chose viendra à se savoir.
Comme les premiers navigateurs qui se hasardèrent en pleine mer sans octant et sans boussole, vinrent cependant à découvrir les principales parties du globe [BERN. DE ST-PIERRE, Liv. III, Harm. anim.]
40° Venir de, suivi d'un infinitif, se dit d'une chose faite depuis peu de temps.
L'ours, porté d'un même dessein, Venait de quitter sa montagne [LA FONT., Fabl. VIII, 10]
Et quelle âme, dis-moi, ne serait éperdue Du coup dont ma raison vient d'être confondue ? [RAC., Andr. III, 1]
Si tu venais d'entendre Quel funeste dessein Roxane vient de prendre [ID., Bajaz. I, 4]
Damilaville vient de mourir ; il était l'auteur du Christianisme dévoilé et de beaucoup d'autres écrits ; on ne l'a jamais su [VOLT., Lett. Villevieille, 20 déc. 1768]
On dit de même familièrement : Il vient de venir.
41° S'en venir, v. réfl. Même sens que venir.
Les plus exquises choses qui soient au monde sont là assemblées comme en abrégé ; venez-vous-y-en, je vous en prie ; car je n'ai garde d'y aller sans vous [, Francion, liv. IX, p. 367]
Mais ne la vois-je pas qui s'en vient droit à moi ? [TRISTAN, Marianne, II, 3]
Un jour, au dévot personnage Des députés du peuple rat S'en vinrent demander quelque aumône légère [LA FONT., Fabl. VII, 3]
L'ours, très mauvais complimenteur, Lui dit : viens-t'en me voir [ID., ib. VIII, 10]
Laisse-moi fuir ; cesse de rire De l'indocilité qui me fait envoler, Lorsque d'un ton si doux, on s'en vient m'appeler [ID., ib. VIII, 21]
Hier au soir, sur la brume, Un chat-huant s'en vint votre fils enlever [ID., ib. IX, 1]
42° S. m. Le venir, l'action de venir, usité seulement en cette locution : l'aller et le venir Fig. Avoir l'aller pour le venir, ne rien obtenir. S. m. Terme familier et ironique. Un venez-y-voir, bagatelle, chose qui mérite à peine d'être remarquée.
D'un panache de cerf sur le front me pourvoir : Hélas ! voilà vraiment un beau venez-y-voir [MOL., Sgan. 6]
On lui exprime qu'on lui est obligé ; grand venez-y-voir [MARIV., Pays. parv. 6e part.]
Je n'avais pas vingt ans quand cela m'arrivait ; vous passez quarante, beau venez-y-voir [ID., ib.]
44° Mouvement de va-et-vient, voy. VA-ET-VIENT. Fig. Proverbes. La balle vient au joueur, voy. JOUEUR. Après la pluie vient le beau temps, un temps heureux succède à des circonstances fâcheuses. Tout vient à point à qui sait, à qui peut attendre, on vient à bout des choses quand on sait ou quand on peut attendre, avoir de la patience. Le bien lui vient en dormant, voy. DORMIR. Qui chapon mange, chapon lui vient, le bien vient à ceux qui en ont déjà. Les maladies viennent à cheval et s'en retournent à pied. Va-t'en voir s'ils viennent, voy. VOIR. Il se conjugue avec l'auxiliaire être.

REMARQUE

  • 1. Venir régit l'infinitif sans préposition quand il exprime la venue. Je viens vous voir. Il régit l'infinitif avec la préposition de quand il marque une action faite depuis peu de temps. Je viens de le voir. Il régit l'infinitif avec la préposition à, quand il marque une action fortuite. Si je viens à le voir....
  • 2. Dans cette phrase de Necker : Des avantages incertains, avenirs, il y a deux fautes ; il faut retrancher l's, et écrire à venir en deux mots.
  • 3. Pour la différence entre venir et aller, voy. ALLER aux synonymes.
  • 4. Dans certaines provinces on dit : il s'est en venu. C'est une faute ; dites : il s'en est venu.
  • 5. Au XVIIe siècle on mettait plus volontiers, quand deux verbes se suivaient, le dernier étant réfléchi, le pronom personnel avant le premier verbe.
    J'avais entre mes mains et sa vie et sa mort, Et je me viens de voir arbitre de son sort [CORN., Suite du Menteur, I, 6]
  • 6. Dans le XVIIe siècle, quelques-uns disaient vindrent, au lieu de vinrent ; et les courtisans disaient viegne au lieu de vienne. Au reste, il y avait beaucoup de tendance, dans l'ancien français, à confondre le son de l'n, précédée ou suivie d'un i, avec gn.
  • 7. Pour la construction de en et y avec s'en venir, voy. EN et Y.

HISTORIQUE

  • Xe s.
    Qued avuisset de nos christus mercit Post la mort, et à lui nos laist venir [, Eulalie]
    Est venu de cist tres dies [, Fragm. de Valenc. p. 467]
    Si vint grances [sic] iholt [chaud] [, ib. p. 468]
  • XIe s.
    Il pout [put] venir à sainte yglise [, Lois de Guill. I]
    En cest païs nos est venuz cunfundre [, Ch. de Rol. II]
    [ils] Vindrent à Charles, ki France ad en baillie [, ib. VII]
    La noit [ils] demurent, tresque vint al jur cler [, ib. X]
    Ki qu'el cumpert [qui que ce soit qui le paye], venuz en sont ensemble [aux mains] [, ib. CXXII]
  • XIIe s.
    Et dist un mot qui li vint à plaisir [, Ronc. p. 101]
    Li mesager li sont venu devant [, ib. p. 121]
    Dites al duc qu'à moi veigne à parler [, ib. p. 157]
    La mort me vient, que tant ai desirée [, ib. p. 175]
    Quant nous venimes en la bataille grant [, ib. p. 181]
    Car guerpi la bataille, si t'en vien avec mi [, ib. p. 193]
    Nule chançon ne m'agrée, S'el ne vient de fine amor [, Couci, I]
    Onques de vous ne me vint se mal non [, ib. VII]
    Se par merci ne vieng [je] à guerredon.... [, ib.]
    Que [vous] m'ocirez, se vous vient à talent [si vous le voulez] [, ib. X]
    Quand [je] voi venir le bel tanz et la flour [, ib. XVII]
    Son douz regart qui vient d'une estencele Mon cuer [cœur] en moi ferir [, ib. XVIII]
    Ses ieuz, son vis, qui de joie sautele, Son aler, son venir, Son biau parler et son gent maintenir [, ib. XVIII]
    Guiteclins de Sassoigne, quand ce vint à son tans, De sa premiere fame ot deus vaslez enfans [, Sax. v]
    Il n'en vanront à chief [à bout], mes cuers le senefie [l'annonce] [, ib. XXXII]
    Tant [elle] fu sage et courtoise et de bele façon, Que nouveles en vindrent au Saisne Brunamont [, ib. III]
  • XIIIe s.
    Et les gens du païs vindrent à merci au fil de l'empereour de Constantinoble, et tant li donerent que pais firent à lui [VILLEH., LX.]
    Et nous vos prions par Dieu, chiers sires, que vous preigniez la croix et que vous en vengniez avec nous [ID., XXXIX.]
    Certes nenil ; ne me vint en penser, Qu'onques nul jour je vous daignasse amer [QUESNES, Romanc. p. 108]
    Maugré tous sains et maugré Dieu aussi, Revient Quesnes, et mal soit il vegnant ! [HUES D'OISI, ib. p. 103]
    Puisque je ving à terre [depuis que je suis né] [DU CANGE, venire.]
    S'en venoit li lions come beste enragie [, Berte, II]
    Car nus ne vient à vie, ne conviene finer [, ib. III]
    Qui de bien est venus, drois est qu'à bien retraie [, ib. VIII]
    Quant [elle] vint de pasmoison, la parole [elle] a emprise [, ib. XXX]
    Car deux larrons venoient de marcheans guetier [, ib. XXXVIII]
    Mais si viennent les chose com Dieu plaist et agrée [, ib. LXVIII]
    Dont vient ce que ma fille se fait ainsi haïr ? [, ib. LXXIV]
    Quant [ce] vint après mangier, Blanchefleurs plus n'atent [, ib. LXXXIII]
    Puisqu'ainsi est la chose et venue et alée [, ib. CXV]
    Bien set que il est mal venuz, Se il pooit estre tenuz [, Ren. 1875]
    À tot le mont ai fait anui, Dolanz et repentanz en sui ; Or voil venir à repentance De quanque je fis en m'enfance [, ib. 10821]
    Moult as empris plus fole emprise De l'amor que tu as emprise ; Si la te venist miex [il te vaudrait mieux] lessier, Se de ton preu vues apressier [, la Rose, 5818]
    Et Dieu est droiturier, si ne devroit soufrir que celui qui si desleaument tornast le garent, en venist au dessus par bataille [, Ass. de Jerus. I, 250]
    De toz cas de crieme on pot apeler ou venir à gages, se li accuseres en veut fere accusation [BEAUMANOIR, LXI, 2]
    Et quiconques erre contre le [la] foy, il doit estre amonestés par sainte Eglise qu'il delaissent lor erreur et viegnent à amendement de sainte Eglise [ID., XI, 25]
    Et encore parlerons noz d'aucuns [cas] qui noz venront en memore [ID., XI, 29]
    Avoir à clercs, toison à chien, Ne pueent pas venir à bien [RUTEB., 229]
    Quant vint au vendredi [JOINV., 214]
    Venés vous en, vous ne faites riens ici [ID., 281]
  • XIVe s.
    Nous avons moult perdu, puisque nous viemes Cl [, Hugues Capet, v. 1869]
    Vienne qui puet venir ! pensons de chevauchier [, Guesclin. 18273]
    Là fussent mal venu et de corps et de vie.... [, ib. 985]
    Cilz argens que je porte ne me doit demeurer, Et en vendra de l'autre pour moi à rachater [, ib. 14220]
  • XVe s.
    Tant que temps et lieu venront que j'en devrai parler [FROISS., I, I, 4]
    En ce temps vint en propos et volonté au roi Edouard d'Angleterre qu'il feroit refaire et redifier le grand chastel de Windsore.... [ID., I, I, 213]
    Si lui fit [le roi d'Angleterre à Jean de Copelant] grand chere et le prit par la main et lui dit : à bien vienne mon escuyer, qui par sa vaillance a pris notre adversaire le roi d'Escosse.... [ID., I, I, 308]
    Au terme de 37 ans quand un homme est dans sa force et en son venir, et il est bien de toutes parties [ID., II, III, 70]
    Gardez votre corps, vous estes jeune et à venir, et tel vous monstre beau semblant qui vous aime moult petit [ID., II, II, 237]
    Et s'il avenoit qu'ils fussent en discord ni en guerre un temps à venir [ID., I, I, 125]
    Comme elle feust venue de bast [était bâtarde] et ne feust née en loyal mariage.... [DU CANGE, venire]
    Et quand Madame l'ouyt ainsi parler, et par raison, et qu'il n'entend pas où elle veult venir... [, Jeh. de Saint. 7]
    Ung entre les autres y vy, Qui souvent alloit et venoit, Et pensant com homme ravy, Et gueres de bruit ne menoit [A. CHART., la Belle dame sans mercy.]
    M'a compté le roy Edouard que en toutes les batailles qu'il avoit gagnées que, dès ce qu'il venoit au dessus, il mon toit à cheval et cryoit qu'on saulvast le peuple et qu'on tuast les seigneurs [COMM., III, 5]
    Que plus aysement on viendroit à paix en faisant.... [ID., v, 15]
    Et quant ce vint que le conte d'Eu et le chancellier eurent prins congé.... [ID., I, 1]
    Il ne s'attendoit point que les choses veinssent jusques à la voye de faict [ID., I, 2]
    Et son pere venu à l'extreme vieillesse [ID., I, 1]
    Si ce qui avoit esté commencé fust venu à effect [ID., I, 8]
    Il s'en fallut bien peu qu'ilz n'en vinssent à leur intention [ID., II, 12]
    De mal venir [par malheur], tout à cette belle heure que ces armes se faisoient, veci bon mari d'arriver [LOUIS XI, Nouv. XLIII]
    Et, de bien venir [par bonheur], il n'y avoit qu'une paroi entre ces deux chambres [ID., ib. LII]
    Congé et lixanse d'aller, venir et sejourner par tout nostre pays d'Anjou [, Bibl. des ch. 1871, p. 474]
  • XVIe s.
    Laissez venir donc France et sa routte [troupe] [J. MAROT, V, 17]
    N'y a cellui qui ne se viegne offrir, Pour te garder jusqu'à la mort souffrir [ID., v, 18]
    Ceulx du chasteau si lourdement tiroient, Qu'il n'estoit tour qui ne vensist par terre [ID., V, 29]
    Prenant au pis venir, s'il adveint que fortune.... [ID., V, 117]
    Ung homme armé vint arriver en salle, Le glaive au poing, parlant en tel maniere [ID., V, 237]
    Les pluyes venantes outre leur saison [CALV., Inst. 137]
    Je vouldroys qu'il venist chose à propos, où j'eusse povoir de me revencher de tant de plaisirs que chacun jour me faictes [MARG., Lett. 72]
    Cuydant par ce moyen faire que leurs delits et forfaits ne viennissent en lumiere, ils se sont portez pour appelans [ID., ib. 159]
    Dimanche qui vient [ID., ib. 36]
    Mais lui en veint à telle superstition.... [MONT., I, 17]
    Venant à mourir [ID., I, 30]
    Les fauttes qui viennent de nostre foiblesse [ID., I, 54]
    Des advertissements venants de telle personne [ID., I, 59]
    Ils penserent à la perte qu'ils venoient de faire [ID., I, 63]
    L'esté venu il gaigna.... [ID., I, 261]
    Le nom de la vaillance vient de valeur [ID., II, 67]
    Les souliers lui semblerent bien venir à ses pieds, comme les bottines à ses jambes [DESPER., Contes, XCVI]
    Amulius, quand ce vint à faire leurs partages, feit deux lots de tous leurs biens [AMYOT, Rom. 4]
    Les Latins appelent louves les femmes qui abandonnent leur corps à tous venans [ID., ib. 6]
    Il eut toute pareille adventure au retour qu'il avoit eue au venir [ID., Cam. 45]
    Ilz aront l'aler pour le venir [G. DU GUEZ, dans PALSGR. p. 971]
    Ô le plaisir que c'est de sentir venir moindre [italien venir meno, défaillir] Son ame, tant amour heureusement l'estreint [BAÏF, Œuv. p. 62, dans LACURNE]
    Les praticiens et bourgeois disans que toutes servitudes viennent à restraindre et abolir, et toute liberté à soustenir [, Coust. gén. t. I, p. 448]
    Des paroles ils viennent au poil [COTGRAVE, ]
    Il ne demeure pas trop qui vient [ID., ]
    Qui vient est beau, qui apporte encore plus beau [ID., ]
    Qui tost vient à son hostel, mieux luy en est à son souper [ID., ]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, veindre, veinre ; wallon, vini ; prov. et esp. venir ; port. vir ; it. venire ; du latin venire ; ombrien, ben . On remarquera veindre, qui suppose venire (i bref), au lieu de venire (i long).
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

venir

VENIR. (Je viens, tu viens, il vient; nous venons, vous venez, ils viennent. Je venais. Je vins. Je viendrai. Je viendrais. Viens, venons. Que je vienne. Que je vinsse. Venant. Venu.) v. intr. Se transporter d'un lieu à un autre dans lequel est, était ou sera celui qui parle, ou à qui l'on parle, ou dans lequel on suppose celui qui parle. Il est venu ici. Il est venu à pied, à cheval, en voiture. Il viendra demain. Il va venir. Il vint à nous tout effrayé. Le voilà qui vient. Il vint à ma rencontre. Il est vertu au- devant de moi. Venez que je vous parle. Il viendra ce soir pour vous parler. Quand viendrez- vous nous voir? Je le rencontrai qui venait de Versailles. Je serai ce soir à tel endroit, venez m'y rejoindre. Absolument, Il est venu. Impersonnellement, Il venait dans cette maison toutes sortes de gens.

Ne faire qu'aller et venir, Être toujours en mouvement. Il signifie aussi Revenir promptement. Je serai ici dans un instant, je ne fais qu'aller et venir.

Mouvement de va-et-vient. Voyez VA-ET- VIENT.

Fig. et fam., Il semble qu'il vienne de l'autre monde se dit en parlant d'un Homme qui paraît ignorer ce qui se passe publiquement, les choses que tout le monde sait. On dit dans le même sens : D'où venez-vous? De quel pays venez-vous?

Fig., Je le verrai venir, il faut le voir venir, Je verrai, il faut voir ce qu'il fera, quel est son dessein. Je vous vois venir, Je devine ce que vous pensez, ce que vous allez faire ou dire.

Fig., Laisser venir, voir venir, Attendre, ne pas se presser. Laissons-le venir, nous verrons quel parti nous devons prendre. Dans cette affaire, nous n'avons qu'à voir venir.

Faire venir quelqu'un, Le mander, lui donner ordre ou avis pour qu'il vienne. Faites venir votre domestique. Il a fait venir le médecin.

VENIR se dit aussi du Mouvement qui se fait d'un lieu éloigné à un lieu plus proche de celui qui parle. Il est venu de Rome à Lyon.

Il se dit encore du Mouvement qui se fait d'un lieu éloigné au lieu où est celui qu'on fait parler. César ordonna à Labiénus de venir le joindre. César fit venir des Gaules telle légion.

Il se dit en outre du Mouvement qui se fait d'un lieu proche à un lieu éloigné, mais seulement lorsque celui qui parle invite un autre à l'accompagner. Je m'en vais à Rome, voulez- vous venir avec moi? Nous allons nous promener, venez avec nous.

Il signifie également Arriver au lieu où est celui qui parle. Quel jour vient le courrier? À quelle heure viennent les lettres? Quand viendra- t-il? Il viendra ce matin. Vous venez fort à propos.

Il se construit avec le pronom personnel et la particule. En dans ces divers sens : Il s'en vint nous voir. Nous nous en vînmes ensemble. À quelle heure s'en viendra-t-il?

VENIR se dit aussi des Choses inanimées; dans ce sens, on l'emploie souvent comme verbe impersonnel. Ces eaux viennent des montagnes. Le vent vient du nord. Il vient du vent de ce côté-là. Ouvrez la fenêtre, il viendra de l'air. Il venait des bouffées de chaleur.

Fig. et fam., Cela fait venir l'eau à la bouche se dit d'une Chose agréable au goût et dont l'idée excite l'appétit quand on en parle ou qu'on en entend parler. On le dit aussi, figurément, de Tout ce qui peut exciter les désirs. Ce que vous avez raconté des avantages de cette entreprise lui a fait venir l'eau à la bouche.

Faire venir quelque chose, Donner ordre ou commission pour qu'une chose soit envoyée d'un lieu quelconque au lieu où l'on est. Faire venir des truffes du Périgord. Faire venir des provisions de la campagne.

Fig. et fam., Faire venir l'eau au moulin, Procurer du profit par son industrie ou à soi ou aux siens.

VENIR signifie encore Monter, atteindre. Les eaux viennent jusqu'au premier étage. Votre fils me vient à l'épaule.

Il signifie, en outre, Provenir, être reçu de. Beaucoup de métaux précieux viennent de l'Asie. J'accepte volontiers ce qui vient de vous. Cela vient de bonne main. Cela vient d'une personne que j'estime fort. Les arts nous sont venus de ce pays. Celle maladie est venue de l'Orient. Impersonnellement, Il vient beaucoup de blé, de vin de cette région.

Il se dit aussi des Liquides qu'on tire de ce qui les contenait et signifie Sortir. Cette huile ne vient que goutte à goutte. On voulut le saigner, mais le sang ne vint pas.

Il se dit encore des Choses qui arrivent inopinément, fortuitement; dans ce sens, on l'emploie souvent comme verbe impersonnel. Tout lui vient à souhait. Cela lui vient bien à point. Un malheur ne vient jamais seul. Il lui vint une grosse fièvre. Il vint une bourrasque, une tempête. S'il vient quelque changement.

Elliptiquement, Vienne une maladie, un revers, etc., Qu'il arrive une maladie, un revers, etc. Des flatteurs l'entourent; vienne une disgrâce, il sera seul.

Venir à la traverse, Traverser, troubler un projet, une affaire.

Cela vint à ma connaissance, cette nouvelle est venue jusqu'à moi, le bruit en est venu jusqu'ici, J'ai appris cela, J'ai su cette nouvelle, le bruit en est parvenu jusqu'ici.

Prov., Tout vient à point à qui peut attendre, à qui sait attendre, Avec le temps et la patience on vient à bout de tout.

Prov., La fortune vient en dormant, Les biens de la fortune arrivent quand on s'y attend le moins,

VENIR se dit particulièrement de Ce que l'esprit conçoit, imagine, ou se rappelle. Les idées lui venaient en foule. Il me vient une idée, un souvenir. Il me vint en tête un soupçon. Il me vient un scrupule, un doute. Ce goût lui est venu naturellement. Il me vint à l'esprit de lui faire cette proposition. Il me vint en pensée, il me vint en tête, il me vint à l'esprit que...

Il signifie aussi Arriver par succession, échoir. Les biens qui viennent du côté du père, de la mère.

Il signifie, en outre, Succéder, arriver suivant l'ordre des choses. Le printemps vient après l'hiver. Ceux qui viendront après nous verront cela. Il viendra un temps. Un jour viendra. Il faut prendre le temps comme il vient. Quand le moment en sera venu.

L'année, le mois, la semaine qui vient, L'année prochaine, le mois prochain, la semaine prochaine.

Vienne l'été, vienne l'automne, etc., Quand l'été arrivera, quand l'automne arrivera, etc. Populairement, Elle aura quinze ans viennent les prunes, L'été prochain.

VENIR signifie encore Être issu, être sorti. Il vient de cette maison par les femmes. C'est un homme qui vient de bon lieu.

Ce mot vient de tel autre, Il en est dérivé. On dit de même : Ce mot, cette expression vient du grec, vient de l'espagnol.

VENIR signifie aussi Naître, pousser, être produit. Les oliviers ne viennent pas dans cette région. Il ne vient point de blé dans ce pays. On ne saurait faire venir cet arbre dans nos forêts. Les melons, les orangers, la canne à sucre viennent là en pleine terre. Cette plante vient de bouture. Les dents commencent à venir à cet enfant. Fig., La raison lui viendra avec l'âge. Impersonnellement, Il lui vient des boutons à la figure.

Cet enfant est venu à terme, Il est né à l'époque normale de la naissance. Il est venu avant terme, Il est né avant le terme ordinaire de la gestation.

Venir bien, Profiter, croître comme il faut, réussir. Dans le sens contraire, Venir mal. Cet arbre vient bien, vient mal. On dit aussi : Il a de la peine à venir.

En termes d'Imprimerie, Cette feuille, cette estampe est bien venue, est mal venue, Son tirage est bon, est mauvais.

VENIR signifie aussi Procéder, émaner. De là vient qu'il y a si peu de bonne foi dans le monde. Son mal vient de loin. D'où vient cet usage, cette façon de parler? D'où vient cette animosité? On a dit que les grandes pensées viennent du coeur. Tous ces malheurs viennent de ce que...

Il signifie encore Arriver à un point donné, à un résultat. Les choses vinrent à un point que... à un tel point que... si avant que.... Elles furent portées à un tel excès, si loin que... il vint à un tel point d'insolence que..., Il fut, il devint si insolent que...

Par menace, Qu'il y vienne, Qu'il s'en avise, qu'il ait cette hardiesse.

Venir au fait, à la question, à la discussion d'une affaire, à la conclusion, Parler de la chose dont il s'agit, agiter la question, discuter une affaire, conclure.

Venir à composition, Composer.

Venir à maturité, Mûrir.

Venir à rien, Diminuer beaucoup, se réduire presque à rien. À force de bouillir, cette sauce est venue à rien. À force de maigrir, cet homme vient à rien. Tous ses grands projets viendront à rien.

Venir à bout de ses desseins, de ses entreprises, Y réussir. Venir à bout de faire une chose, venir à bout d'une chose, Parvenir à faire une chose, parvenir à la fin d'une chose, en trouver la fin. Venir à bout de ses ennemis, En triompher.

Venir à son but, à ses fins, Arriver à son but, à ses fins, réussir.

En venir aux reproches, aux menaces, aux injures, aux coups, Pousser l'aigreur de la conversation, porter la dispute jusqu'aux reproches, aux menaces, aux injures, aux coups.

En venir aux mains, Commencer à se battre. Les deux adversaires étaient prêts à en venir aux mains.

En venir aux extrémités, à la violence, à la force, Employer la violence, la force. Il fallut en venir à un procès, Il fallut plaider.

Il faut en venir là se dit de la Mort et de tout ce qu'on regarde comme nécessaire, comme inévitable. On le dit aussi de Ce qu'on regarde comme plus expédient. Après avoir bien réfléchi, bien discuté, vous verrez qu'il faut en venir là.

C'est là que je voulais en venir, c'est où je voulais en venir, C'est à ce but que tendaient mes actions, mes discours. On dit de même : Où veut-il en venir?

Ils en vinrent au point de faire telle chose, Ils furent réduits à faire telle chose; ou bien Ils se portèrent à de telles extrémités qu'ils firent telle chose.

Venir à une succession, Hériter. Venir à une succession par tête, par souche, par représentation.

Venir au monde, Naître.

VENIR s'emploie suivi de à et d'un infinitif pour marquer ce qu'une action a d'inattendu, de fortuit, ou pour exprimer le dernier terme d'une gradation, etc. S'il venait à mourir, S'il arrivait qu'il mourût. Si le secret venait à être découvert, Si, par hasard, le secret était découvert. Je vins tout à coup à me le rappeler, Tout à coup je me le rappelai. Nous vînmes à parler de telle chose, Nous parlâmes de telle chose, la conversation tomba sur tel sujet. Il vint jusqu'à me déclarer..., Il poussa l'entêtement, l'audace, etc., jusqu'à me déclarer... On dit de même : Il en vint jusqu'à le menacer, jusqu'à l'insulter, etc.

Suivi de de et d'un infinitif, il signifie Avoir fait depuis très peu de temps la chose exprimée par cet infinitif. Je viens de lui parler. Vous veniez de sortir quand il est arrivé. Il vient de mourir. Impersonnellement, Il vient de pleuvoir.

À VENIR, Locution qui tient lieu d'adjectif et dont on se sert pour dire Qui doit venir qui doit arriver. Le temps à venir. Les siècles à venir.

Le participe passé VENU s'emploie comme adjectif. Soyez le bien venu, soyez la bien venue, Formule de bienveillance ou de civilité dont on se sert à l'égard d'une personne qui arrive. On écrit aussi Bienvenu en un seul mot. Voyez BIENVENU.

Être bien venu partout, Être bien reçu partout.

Être mal venu à, N'avoir pas le droit de, n'avoir pas raison de. Il est mal venu à lui reprocher cette action quand c'est lui-même qui la lui a conseillée.

Être nouveau venu, Être nouvellement arrivé.

VENU s'emploie aussi substantivement. Un nouveau venu, Un homme qui vient d'arriver ou d'être admis dans une société. Une nouvelle venue. Les nouveaux venus.

Le premier venu, Celui qui arrive le premier. La première venue. Les premiers venus.

Fig., Confier son secret au premier venu, Le confier sans discernement au premier que l'on rencontre.

Fig., Ce n'est pas le premier venu, C'est un homme qui n'est pas sans valeur.

Le dernier venu, Celui qui arrive le dernier; le dernier admis. La dernière venue. Les derniers venus.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

venir

Venir, neut. acut. Est fait du Latin Venire par apocope, et signifie ar river à quelque lieu.

Venir et arriver, Aduenire.

Venir souvent, Ventitare.

Venez ca, Heus, Eho.

D'ou viens-tu? Vnde agis te? Plaut.

Vien ça ici à moy, Adesdum.

Vien ça à moy, Ehodum ad me.

Mais vien ça bon homme, Ehodum bone vir.

Vien vers moy, Recipe te ad me.

On vient à moy, Itur ad me.

On est venu à moy, Ad me ventum est.

Les perles et pierres pretieuses viennent à l'heritier, Margaritae gem maeque ad haeredem transeunt.

Tout bien te vienne, Bene sit tibi.

On est ja venu à cela, Ad hoc res rediit, Bud. ex Terent.

Il estimoit qu'ils viendroyent là à la fin, Quo necessario descensuros existimabat, B.

Venir à bout de quelque entreprinse, ou en venir à chef et la parfaire, Perpetrare.

Venir à bout d'un mauvais garçon, Adolescentem perditorum mo rum in ordinem cogere.

Venir au dessus d'un affaire, Negotij difficultatem superare.

Venir au dessus de ses atteintes, Tenere propositum.

Venir au plus haut qu'on peut, Peruenire ad culmen.

Ceste chose est venue en commun proverbe, Increbuit haec res pro uerbio.

Cela vient tresbien, Hoc percommode cadit.

Cela leur veint bien que cestuy la fut tué, Bono eis fuit illum occidi.

Tout l'affaire vient à bien, Negotium omne iam succedit sub ma nus.

La chose n'est pas venue à bien en ceste maniere, prenons un autre moyen, Hac non successit, alia aggrediamur via.

Je ne vi jamais à qui les choses viennent moins à bien, et qui se portent plus mal, Non vidi cui minus procedat, quicquid facere occoe perit.

Les choses viennent mal, Vertunt res male.

Cela viendra à quelque grand mal, Haec res euadet in aliquod ma gnum malum.

La chose ne vint pas comme on esperoit, Haudquaquam ad spem e uentus respondit.

¶ Venir à rien, Ad nihilum venire, redigi, concidere.

Toutes tes promesses viennent à neant, In cassum cadunt omnia tua promissa.

Venir au devant, Praeuenire, et aussi Obuiare, Venire obuiam, Oc currere.

Venir devant aucun, Congredi coram.

Venir contre les loix, Leges effringere, Nullam legum rationem habere.

Venir contre quelque chose de grande roideur, Impetum facere.

Venir contre quelqu'un à course de cheval, Concitare equum contra aliquem.

Venir sur le marché d'un autre, et l'emporter avant qu'il y aye peu met tre son denier, Praemercari.

Venir sur les lieux contentieux, In rem praesentem venire, Budaeus ex Cic.

¶ Il vient sur le soir, sur le vespre, sur le tard, Aduesperascit.

Celuy qui premier me viendroit au devant, Qui mihi primus occur risset.

Ce temps là me venoit, au devant des yeux, Versabatur mihi ante ocu los tempus illud.

Venir au devant des entreprinses des ennemis, Praeripere consilia ho stium, Praeuertere.

Venir au poinct, A tricis et cauillationibus facessere, quod aequum bonumque est amplecti, C'est arriver à la raison.

Venir franchement au poinct, Recta pedem conferre, Bud.

Venir au secours, Subsidio, aut Suppetias venire.

Venir au senat, Committere se, aut venire in senatum.

Venir jusques au lieu, Peruenire.

Ils viennent jusques aux portes, Portis succedunt.

¶ La chose est venue jusques là, que si, etc. Adeo res redijt, vt, etc.

Cela est venu de toy, Ortum est illud abs te.

O comme les choses viennent l'une de l'autre, Vt aliud ex alio incidit.

¶ Venir en bruit et renom, Inclarescere.

Venir en avant, Venire in medium.

Il veut venir en avant, Crescere vult, B. ex Cic.

La chose est venue petit à petit en avant, Subrepsit haec res paulatim.

Venir en grande diligence, Aduolare.

Faire venir en personne en jugement, Inducere, B.

Venir en force, S'enforcir, Inualescere, Praeualescere.

Venir en usage, In consuetudinem venire.

Venir en obeissance, In ius ditionemque venire, B. ex Liu.

Fay les venir seoir, la viande se gaste, Discumbant quaeso, corrumpi tur iam coena.

Fay le moy venir, Cedo hominem, B. ex Terent.

¶ Tenir tout à poinct, Opportunitate aduenire, Opportune venire.

Puis qu'il te vient si à poinct, Quoniam ita tibi quadrat, B. ex Cic.

S'il vient à point, Si vsus veniat.

Il en viendra ce qu'il pourra, (Hominis inconsulti atque audacis oratio) Sorteve bona aut mala id agam, nihil equidem curo.

Vienne qui vienne, je feray cela, Nullius rationem habebo hoc in in cepto (confidentis ac temerarij oratio.)

Je n'ay rien veu qui vint mieux à poinct, Quod melius caderet, nihil vidi.

¶ Faire venir devant soy, Attrahere ad se aliquem.

Faire venir le medecin, Medicum adhibere, Aduocare.

Faire venir un homme à quelque chose, Adducere hominem in, siue ad rem aliquam.

Faire venir à la raison, Ad obsequium redigere, Bud. ex Sueton. Co gere in ordinem.

Faire venir pour son fils un maistre d'estrange pays, Filio doctorem accire.

¶ Venir à la cognoissance de quelque chose, Comprehendere, Rem percipere.

Venons à parler d'Archesilas, Ad Archesilam veniamus.

Dont venoit ceste, etc. Ex quo magnitudo animi existebat.

Il viendra un temps que je me vengeray de toy, Erit vbi te vlciscar.

Douleur qui vient, Impendens dolor.

Ce qui vient sans main mettre, Aduentitius, quod sponte vltroque obuenit.

Venant, Veniens, Accedens.

Aller dire le bon jour et bien venu, Ire gratulatum sospitem venis se, Bud. ex Liu.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

venir


VENIR, v. n. [1re e muet.] Je viens, nous venons; ils viennent, ou, viènent; je venois ou venais; je vins, je suis venu, je viendrai; je viendrois, ou, viendrais: viens, que je vienne ou viène; je vinsse; venant, venu. = 1°. Se transporter d'un lieu à un aûtre. Il se dit du lieu où l'on n'est pas à celui où l' on est; et aler du lieu où l'on est à celui où l'on n'est pas. Vaugelas dit, dans sa belle traduction de Quinte Curce. "Alexandre vint mettre le Siège devant Célène. Il semble qu'il falait dire: ala mettre le Siège, etc. Quinte Curce, qui parle, n'étant pas à Célène, lorsqu'il écrivait l'Histoire d'Alexandre. = Venir se dit pourtant au lieu d'aler, quand on y joint avec moi, ou avec nous. Un homme, qui est à Paris dira fort bien a un aûtre: Viendrez-vous avec moi à Versailles? Voulez-vous venir avec nous à Londres? Aler n'irait pas bien dans ces ocasions et aûtres semblables. = 2°. Venir se dit aussi des chôses, qui arrivent fortuitement: "Tout lui vient à souhait: cela lui vient bien à point. "Un malheur ne vient jamais seul. "Quand le tems en sera venu. — Et comme verbe impersonel. "Il viendra un tems que vous vous en repentirez. "Il lui vint une ébullition de sang: il lui vient toujours beau jeu. = Fig. "Cela vint à ma conaissance: cette nouvelle est venûe jusqu'à moi: le bruit en est venu jusqu'ici. "Il m'est venu une pensée; il me vint en pensée, en tête, dans l'esprit, j'ai eu, ou j'eus la pensée, etc. = 3°. Échoir. "Aprês la mort du père et de la mère, les biens viènent aux enfans. "Cette terre lui est venûe du côté de sa mère. "À~ la loterie, il ne me vient que des billets blancs. = 4°. Être issu; Sortir. "Il vient de bon, ou, de bâs lieu. "Il vient de cette maison par les femmes. = Dériver. "Ce mot vient de celui-là. = Naître, croître: il ne vient point de blé dans ce pays-là. "On ne saurait faire venir de vin en cette Province. = Fig. "La raison lui viendra avec l'âge. = Le vin est au bâs: il vient trouble: le sang ne vint que goutte à goutte. = 5°. Procéder, émaner: "Cela vient de bone main; d'une persone que j'aime fort. De-vient que, etc. "Tous ces malheurs viènent de ce que, etc. = 6°. Parvenir. "Ce Prince vint jeune à la courone. = 7°. Croître, profiter. "Cet arbre vient bien. = Convenir Cet habit vient bien à la tâille: cette coifûre, cette perruque vient bien à l'air du visage. = 8°. S. m. "L'aller et le venir. = 9°. À~ venir, espèce d'adjectif. "Les tems, les siècles à venir.
   Rem. 1°. Venir régit l'infinitif sans prép. quand cet infinitif a raport au lieu où l'on arrive; et l'infinitif avec la prép. de quand il se raporte au lieu que l'on quite. "Je viens chercher mon livre. "Je viens de le porter à, etc. Avec ce dernier régime, il marque un tems pâssé depuis peu. Ainsi, je viens de porter signifie j'ai porté depuis peu. = Dans certaines ocasions, il régit la prép. à. "Il vint à passer par-là. = Souvent, il ne fait qu'ajouter plus de force au verbe qu'il régit: s'il venait à mourir, c. à. d. s'il mourait: si le secret venait à être découvert; s'il était découvert: nous vînmes à parler, nous parlâmes, etc. = 2°. En venir régit à devant les noms et les verbes. "Ils en vinrent aux mains, aux reproches, aux menaces, aux invectives, etc. "Nous en vînmes enfin à discuter la seconde question. = 3°. Venir entre dans beaucoup d'expressions, qui sont plus du sens figuré que du propre. — Venir à bout d'une chôse, y réussir; d'une persone, la surmonter. "Il est venu à bout de son dessein: il viendra à bout de ses énemis. = Venir à rien, dépérir. "Cette terre vient à rien. SÉV. = Voir venir, attendre. "Ils nous menancent: nous les verrons venir. Il signifie aussi, deviner ce qu'un autre va dire. "Je vous vois venir: je vois ce que vous m'allez dire. "Quand il a voulu me tourner pour savoir le nom de celui que vous préfériez, je l'ai vu venir, et j'ai répondu que je n'étois pas instruit parfaitement. Th. d'Éduc. = Venir en pensée que: "Il me vint en pensée que vous pourriez le faire. — Rien ne me vient: il ne se présente rien à mon esprit. "Je restai muet: rien ne me vint. Mariv. = D'où vient que, conoissant à fond ces deux méchans hommes, vous les gardez encore auprês de vous? Télém. = Plusieurs disent, en pareils câs, d'où vient les gardez-vous? On dit, selon l'usage: pourquoi les gardez-vous? ou bien: d' où vient que vous les gardez? Dans le Journ. de Mons. on critique avec raison ce vers de M. Léonard.
   Et d'où vient suis-je triste, inquiète, abatue?
Il falloit, y dit-on, d'où vient que je suis triste, etc. Piron emploie d'où vient avec l'infinitif.
   Que te veut-il? Pourquoi s'enfuit-il à ma vue?
   Quels étoient vos complots? D' où vient paroître émue?
C'est le régime de pourquoi; mais le Poète n' a pas peut-être voulu le répéter. = Venir précède quelquefois son nominatif. "Peu de jours après vint un ordre de la Cour, qui commettoit au Tribunal des Lettres le jugement de l'afaire des prisoniers. Lett. Édif. = * Aûtrefois on disait, quand ce vint à, pour, quand on vint à: "Quand ce vint à la promesse réciproque, il se trouva des dificultés, etc. = * Un Missionaire a employé venir pour devenir. "Ses ocupations vinrent enfin si grandes et si continuelles, que, etc. Dites, devinrent. * J'en viens, pour, je viens de faire, est un gasconisme. "Voulez vous boire — J'en viens. "Voulez-vous prendre une tasse de café? J'en viens. Desgr. Gasc. Corr. = On dit, le mois qui vient, l'année qui vient, pour dire, le mois prochain, l'année prochaine. = On dit aussi, à ceux qui ne savent pas une nouvelle: D'où venez-vous? De quel pays venez-vous? Il semble que vous veniez de l'aûtre monde.
   Venu, ûe, partic. et adj. "Soyez le bien venu, la bien venûe, Termes de civilité. Ils se disent, dans le st. famil. lorsqu'on reçoit une persone chez soi, ou qu'on se troûve à son arrivée. — Être bien venu par tout; c. à. d. bien reçu. — Nouveau venu; nouvellement arrivé. "Il est nouveau venu. — C' est un nouveau venu, se dit de celui qui vient d'être reçu dans une société. Le premier, le dernier venu; celui qui est arrivé le premier, qui arrive le dernier. — Confier son secret premier venu, sans choix et sans discernement.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

venir

verbe venir
1.  Se déplacer en direction de.
3.  Croître, en parlant de végétaux.
4.  Avoir pour origine.
5.  Découler de quelque chose.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

venir

kommen, heraufkommencome, turn out, turn up, happen, be, cumkomen, groeien, overkomenבא (פ')komvenirpřijítkommevenivenirtullajönkomavenire, sgorgare来るvenirekommepójść, przychodzić, przyjśćvir, chegar, irvenikommagelmekέρχομαιприходить, родитьсяيَأْتِيdoći오다มาđến (vəniʀ)
verbe intransitif
1. se déplacer Il n'est pas venu. Je viendrai te voir. Viens chez moi ! faire venir qqn
2. arriver d'un lieu D'où venez-vous ? Le train vient de Paris.
3. avoir fait il y a peu de temps Je viens de lui téléphoner.
4. naître
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

venir

[v(ə)niʀ]
vi
(provenance) → to come
Il viendra demain → He'll come tomorrow.
Il est venu nous voir → He came to see us.
venir de → to come from
faire venir [+ docteur, plombier] → to call, to call out
faire venir quelqu'un → to call somebody out
On a fait venir le médecin → We called the doctor., We called the doctor out.
(pour exprimer le passé immédiat) venir de faire → to have just done
Je viens d'y aller → I've just been there.
Je viens de le voir → I've just seen him.
Je viens de lui téléphoner → I've just phoned him.
(autres locutions) en venir à faire → to come to do
j'en viens à croire que → I'm coming to think that
il en est venu à mendier → he has been reduced to begging
où veux-tu en venir? → what are you getting at?, what are you driving at?
en venir aux mains → to come to blows
à venir
les années à venir → the years to come
les générations à venir → the generations to come
je te vois venir → I know what you're after, I can see where you're going
d'où vient que ...? → how is it that ...?
venir au monde → to come into the world
vb impers
(pour exprimer une éventualité) s'il vient à ...
s'il vient à pleuvoir → if it should rain, if it happens to rain
s'il venait à neiger → if it should snow, if it happens to snow
il me vient ...
Il me vient une idée → An idea has just occurred to me.
Il m'est venu des soupçons → I was beginning to be suspicious.
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005