venue
(Mot repris de venus)venue
n.f.VENUE
(ve-nue) s. f.HISTORIQUE
- XIIe s. Dunc munta li evesques, ne s'i volt plus targier, E enveia avant sa venue nuncier [, Th. le mart. 110]
- XIIIe s. Moult firent grant joie de sa venue li Grieu et la gent de Constantinoble [VILLEH., XCII]Quant deables nous vient, je di que sa venue De tous maus nous revest, de tous biens nous esnue [J. DE MEUNG, Test. 1682]
- XIVe s. Il les aconceurent [atteignirent], et de plaine venue occuperent leur tentes [BERCHEURE, f° 38, verso.]Les rentes et les venues [revenus] d'icelle prevosté [DU CANGE, venuta.]
- XVe s. Si se recueillirent tous ensemble : là eut, de premiere venue, très bons poingnis [combats] et fors [FROISS., I, I, 99]Et gagnerent les Hainuyers, de venue, les premieres barrieres [ID., I, I, 137]Quand il fut parcreu, nature qui ne peut celer ce qu'elle donne, ne voult pas mucier en luy son noble sang et sa royale venue [, Bouciq. I, 2]Mirent la nuit embusches près et loing autour d'icelle cité sur les chemins et venues par où on y pouvoit issyr [, Hist. de la Toison d'or, t. II, f° 138, dans LACURNE]
- XVIe s. À l'ung de ceux donna de la lance telle venue, que plus d'une toise luy mist au travers du corps, et mist homme et cheval par terre [J. D'AUTON, Annal. de Louis XII, f° 46, dans LACURNE]Le jour se passa sans rien faire ès allées et venues de ces remuemens [AMYOT, Arist. 38]Mes jambes estoient toutes d'une venue [PALISSY, 320]Une santé pleine, telle qu'aultrefois la verdeur des ans et la securité me la fournissoient par venues [MONT., III, 310]Novarre, où son armée eut cette grande venue [défaite] sous la conduitte de M. de la Trimouille [BRANT., Cap. franç. t. I, p. 68]Aussi ay je ouy dire à un grand personnage qu'il se faut donner de garde d'un bouffon, d'un sot, d'un fol, d'un ivrogne et d'une putain ; car, quoy qu'ils tardent, ils donnent tousjours la venue [jouent quelque mauvais tour] [ID., Capit. estrang. t. I, p. 160]
ÉTYMOLOGIE
- Venu ; provenç. venguda. On trouve aussi au XVe siècle venure.
venue
Allées et venues, Action d'aller et de venir plusieurs fois, et particulièrement Pas et démarches qu'on fait pour une affaire. Le temps se passa en allées et venues.
VENUE se dit, dans le style soutenu, de l'Entrée en scène d'un personnage historique. Avant la venue de Malherbe.
La venue du Messie, L'incarnation du Fils de Dieu.
VENUE se dit aussi de la Manière dont poussent les arbres, les plantes. Cet arbre est d'une belle venue.
Il se dit, par extension, des Personnes. Ce jeune homme est d'une belle venue.
Être tout d'une venue se dit d'un Homme grand, mal fait; et d'une Taille longue, droite, qui n'est marquée ni aux épaules, ni aux hanches.
Pop., Il a la jambe tout d'une venue se dit d'un Homme qui n'a pas les mollets marqués.
Fig., Ce poème est d'une belle venue, Il est d'une belle composition, d'un beau mouvement.
venue
Venue, Accessus, Aduentus.
Grande venue de brebis et abondante, Bonus prouentus.
Tout d'une venue, Vno aditu.
Allées et venues pour quelques affaires, Concursatio et contentio.
Par la venue de son compagnon, Interuentu collegae.
Ta venue m'est fort aggreable, Optato aduenis.
A ma venue, Ad meum aduentum.
Il n'y a chose si souhaitée que ma venue, Nihil exoptatius aduentu meo.
Il ne vous a rien du monde cousté à ma venue, Aduentus meus ne mi nimo quidem vobis sumptui fuit.
Payer sa bien venue, Dare coenam aduentitiam, Bud. ex Suet.
venûe
VENûE, s. f. [Venû-e: 1re et 3e e muet, 2e long.] Arrivée dans le lieu où est la persone qui parle. "Dès que j'apris sa venûe, votre venûe. En ce sens il vieillit. Académ. On dit arrivée. = Venûe n'est plus d'usage que dans les phrâses suivantes. = La venûe du Messie, son premier avènement. — Alées et venûes; les pâs et les démarches que l'on fait pour une afaire. — Arbre d'une belle venûe, qui vient bien, qui est grand et droit. = On le dit aussi d'un jeune homme grand et bien fait. — Au contraire, homme tout d'une venûe, grand et mal fait. — Jambe tout d'une venûe, qui n'a point de mollet. = Au jeu de quilles, venûe se dit par oposition à rabat. C'est le coup qu'on joûe dabord de l'endroit dont on est convenu.
Rem. Ce mot, employé par Malherbe et Racan, n'est plus en usage, disait déja Ménage (il y a plus de cent ans), ni dans la belle Poésie, ni même dans la belle prôse.
Ceux-ci, de qui vos yeux admirent la venûe.
Malh.
Et tous ces petits Écrivains,
Qui faisoient naguère les vains,
Disparoissent à sa venûe.
Racan.
venue
venue
Ankunft, Eintreffen, Kommenarrival, coming, adventkomst, aankomst, (het) komenבוא (ז), הגעה (נ), הַגָּעָהvenuta (vəny)nom féminin