gorge

gorge

n.f. [ du lat. gurges, gouffre ]
1. Partie antérieure et latérale du cou : Sa cravate lui serre la gorge.
2. Partie interne du cou, correspondant au pharynx et au larynx : Il se racle la gorge gosier être enroué
3. Litt. Seins d'une femme : Une gorge opulente poitrine
4. Passage étroit entre deux montagnes ; vallée étroite et encaissée : Les gorges du Verdon.
5. Partie creuse sur le pourtour d'une poulie, destinée à recevoir la corde, le câble, la chaîne.
Ça m'est resté en travers de la gorge,
Fam. je ne peux l'admettre ; je ne peux l'oublier.
Faire des gorges chaudes de qqch, de qqn,
Fam. prendre plaisir à s'en moquer ouvertement.
Faire rentrer à qqn ses paroles dans la gorge,
l'obliger à les rétracter.
Rendre gorge,
restituer par force ce que l'on a pris indûment.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

GORGE

(gor-j') s. f.
La partie antérieure du cou. Il a la gorge enflée. Mettre, tenir le poignard, le pistolet sur la gorge de quelqu'un.
Mettre, tenir le pied sur la gorge à quelqu'un [, Dict. de l'Acad.]
Il semblait présenter sa gorge au coup mortel [CORN., Hor. IV, 2]
Seigneur, voyez ces yeux Déjà tout égarés, troubles et furieux.... Cette gorge qui s'enfle [ID., Rodog. v, 4]
Elle avait le poignard contre sa gorge nue [ROTR., Herc. mour. IV, 4]
Tendre la gorge au couteau, ou, simplement, tendre la gorge, présenter la gorge pour être égorgé.
De festons odieux ma fille couronnée Tend la gorge aux couteaux par son père apprêtés [RAC., Iphig. V, 4]
Fig. Tendre la gorge, ne plus faire de résistance, renoncer à une résistance inutile. Tenir quelqu'un à la gorge, lui serrer la gorge avec les mains. Se tenir à la gorge, se dit de deux hommes qui se sont saisis l'un l'autre à la gorge.
Je remarque dans une chambre deux hommes en chemise qui se tiennent à la gorge et aux cheveux [LE SAGE, Diable boit. II, 3 (édit. de Paris, 1737).]
Fig. Tenir quelqu'un à la gorge, le réduire dans un état où il ne peut plus faire de résistance. Fig. En un autre sens, accabler, tourmenter.
Malgré la vue de toutes nos misères qui nous touchent, qui nous tiennent à la gorge [PASC., Grandeur, 7, édit. de FAUGÈRE.]
Fig. Prendre quelqu'un à la gorge, lui faire violence, le presser sans relâche.
Hélas ! c'est ce lutin-là qui me prend à la gorge ; elle veut que je l'aime [MARIVAUX, Surpr. de l'amour, II, 4]
Fig. Tenir le pied sur la gorge à quelqu'un, lui mettre, lui tenir le pistolet, le poignard, le couteau sur la gorge, lui porter un poignard à la gorge, lui faire violence.
J'ai été extrêmement étonné quand j'ai reconnu son écriture.... je ne crois pas pourtant qu'elle ait fait cela de sa volonté ; et il faut que vous lui ayez fait écrire le poignard sur la gorge [VOIT., Lett. 57]
Mais dis-moi, te portais-je à la gorge un poignard ? [CORN., Ment. V, 3]
Il me tient, le scélérat, le poignard sur la gorge [MOL., l'Avare, II, 1]
Par plaisanterie, la bourse sur la gorge, en offrant de l'argent.
Marton, monsieur, Marton, la bourse sur la gorge A voulu me séduire et surprendre ma foi [BOISSY, Sage étourdi, III, 5]
Fig. Avoir le poignard, le couteau sur la gorge, se dit de la personne qui est l'objet d'une violence. Couper la gorge à quelqu'un, le tuer, l'égorger. Des voleurs lui coupèrent la gorge. Fig. Couper la gorge à quelqu'un, le ruiner, faire avorter ses desseins, lui faire le plus grand tort.
Couper ainsi la gorge à cette petite créature [SÉV., 44]
Il se dit aussi de ce qui ruine, perd, fait tort.
Elle n'ose aller à Saint-Germain ; il ne peut parler à M. Colbert : cela nous coupe la gorge [SÉV., 128]
Il ne viendra rien d'ici qui vous coupe la gorge [ID., 176]
Cet argument, cette pièce lui coupe la gorge, lui ôte tout moyen de se défendre, de soutenir ses prétentions. On dit dans le même sens : Vous vous coupez la gorge par cette pièce. Fig. Couper la gorge à quelqu'un, lui gagner tout son argent au jeu.
Tandis qu'il couperait la gorge au pauvre Cameran [HAMILT., Gramm. 3]
Se couper la gorge, se donner la mort en s'ouvrant la gorge. Se couper la gorge l'un l'autre, s'entre-tuer. Se couper la gorge avec quelqu'un, se battre avec lui.
Il faut, si vous le trouvez bon, que nous nous coupions la gorge ensemble [MOL., Mar. forcé, 16]
Je suis votre valet, je n'ai point de gorge à me couper [ID., ib.]
Ah ! la belle amitié ! je disais comme le maréchal de Grammont : si je vous faisais embrasser, messieurs, je ne vois rien qui vous empêchât de vous couper la gorge [SÉV., 461]
....De m'accorder le plaisir et l'honneur De me couper la gorge avec vous.... [DESTOUCH., Glor. III, 7]
Il en a menti par sa gorge, il en a audacieusement menti ; locution prise des combats judiciaires du moyen âge.
Et Dieu sait cependant s'ils mentent par la gorge [RÉGNIER, Sat. VI]
Vous avez menti par la gorge et, toutes les fois que le direz, mentirez [VOLT., Mœurs, 124]
Cet homme est chatouilleux de la gorge, s'est dit d'un fripon exposé à être pendu.
Gorge se dit aussi des animaux. Le dogue prit le loup à la gorge. Pigeon à grosse gorge. Ce moineau est mâle, il a la gorge noire. Fig. C'est un franc mâle, il a la gorge noire, signifie : c'est un bon compagnon.
Le dedans de la gorge, gosier. Mal de gorge. L'entrée de la gorge. Se mettre les doigts dans la gorge.
Un dragon enivré des plus mortels poisons.... Vomissant mille traits de sa gorge enflammée [CORN., Médée, II, 2]
Haro ! la gorge m'ard, Tôt ! tôt, dit-il, que l'on m'apporte à boire [LA FONT., Paysan.]
Il se plaint toujours beaucoup de ses vapeurs, et je crois bien qu'il espère se soulager par quelque dispute de longue haleine ; mais je ne suis guère en état de lui donner contentement, me trouvant toujours assez incommodé de ma gorge dès que j'ai parlé un peu de suite [RAC., Lett. à Boileau, 25 juillet 1687]
Arroser la gorge, boire. On dit qu'un ris ne passe pas le nœud de la gorge, quand il est contraint, forcé. Rire, crier à gorge déployée, à pleine gorge, rire, crier de toute sa force.
Tantôt nous en riions à gorge déployée, tantôt nous en pleurions à chaudes larmes [DIDEROT, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, 282, dans POUGENS]
Par opposition à gorge déployée.
Mme de Lavardin riait sous gorge [SÉV., 384]
À pleine gorge, en remplissant la gorge. Il sent l'eau-de-vie à pleine gorge. Fig.
Je ne doute pas que, quand vous lirez cette lettre à la belle Madelonne, elle ne se récrie que cela sent le P. Rapin et le P. Bouhours à pleine gorge [BUSSY-RABUTIN, Lett. à Mme de Sév. 14 mai 1677]
Fig. Faire rentrer à quelqu'un les paroles dans la gorge, l'obliger à rétracter ce qu'il a dit. Terme de musique vocale. Chanter de la gorge, chanter en resserrant la gorge avec effort.
On les exerce à la légèreté, et non à forcer le son, ou à le donner de la gorge, défaut de presque toutes les chanteuses françaises [GENLIS, Adèle et Théod. t. III, lett. 14, p. 98, dans POUGENS.]
On dit dans le même sens : voix de la gorge.
Terme de chasse. On dit qu'un chien a belle gorge, quand il a la voix grosse et forte.
Terme de fauconnerie. Gorge, le sachet supérieur de l'oiseau, qui se nomme vulgairement poche. Par métonymie, ce qui entre dans la gorge de l'oiseau, l'aliment qu'on lui donne. Enduire la gorge, se dit de l'oiseau qui digère trop vite les aliments. Donner bonne gorge, repaître généreusement un oiseau. Donner grosse gorge à un oiseau, lui donner une nourriture qui n'est pas détrempée dans l'eau. Gorge chaude, la chair des animaux vivants que l'on donne aux oiseaux de proie. Par extension.
Mettez les hommes chacun à part soi, que sera-ce qu'une gorge chaude au reste des animaux, et un peu de sang, qu'ils auront plus tôt épandu que désiré ? [MALH., le Traité des bienf. de Sénèque, IV, 18]
Notre bonne commère S'efforce de tirer son hôte au fond de l'eau, Contre le droit des gens, contre la foi jurée, Prétend qu'elle en fera gorge chaude et curée [LA FONT., Fabl. IV, 11]
Fig. et familièrement. Faire gorge chaude de quelque chose, se l'approprier (emploi qui a vieilli). Il comptait avoir cette succession, et en faire une gorge chaude, une bonne gorge chaude. Fig. Faire des gorges chaudes, une gorge chaude de quelqu'un, ou de quelque chose, faire des plaisanteries, exercer sa malignité.
Le duc de St-Aignan trouva l'aventure si plaisante qu'il en fit une gorge chaude au lever du roi [SAINT-SIMON, 95, 3]
Le soir le duc du Maine fit chez lui une gorge chaude fort plaisante de Fagon avec le Brun [ID., 405, 53]
Voler sur sa gorge, se dit de l'oiseau qui vole après le gibier, aussitôt après s'être repu ; et fig. d'une personne qui danse aussitôt après être sortie de table. Rendre gorge, se dit de l'oiseau qui rend la viande qu'il a avalée. Par extension, rendre gorge, rendre ou vider sa gorge, vomir après un excès. Fig. Rendre gorge, restituer par force ce qu'on a pris ou acquis par des voies illicites.
Ah ! sandis, messieurs les coquins, vous rendrez gorge [DANCOURT, Déroute du Pharaon, sc. 26]
Faire rendre gorge à quelqu'un, l'obliger à restituer ce qu'il a pris.
Le sein d'une femme. Elle a une belle gorge, la gorge plate, trop de gorge.
Sa gorge est blanche, pleine, et l'on ne saurait voir Dans toute la nature une gorge plus belle [DESHOULIÈRES, Portr. de Mlle de Villène.]
Des faiseurs de stances et d'élégies amoureuses, de ces beaux esprits qui tournent un sonnet sur une absence ou sur un retour, qui font une épigramme sur une belle gorge, un madrigal sur une jouissance [LA BRUY., Disc. à l'Acad. fr. Préface]
Elle étale une gorge d'albâtre qui est la chose du monde la plus dégoûtante et qu'on ne connaît presque point dans nos climats [VOLT., Princ. de Babyl. 11]
Le prophète Isaïe se plaignait il y a déjà longtemps que les filles d'Israël allaient tête levée et la gorge nue [DIDEROT, Opin. des anc. philos. (Juifs).]
La gorge, la partie supérieure de la chemise d'une femme.
Entrée, ouverture plus ou moins rétrécie de certaines choses. La gorge d'une tabatière. Les pots à fleurs seront marqués et contremarqués au corps ; la gorge ou collet et carré du pied seront marqués du poinçon du maître, Règl. du 30 déc. 1679. La gorge d'une poulie, la cannelure qui règne sur la circonférence d'une poulie, et dans laquelle passe la corde. Partie de l'éventail sur laquelle est attaché un clou rivé qui retient les brins. Espèce d'étranglement que l'on forme à l'orifice de la cartouche d'une fusée. La gorge d'une cheminée, la partie qui s'étend depuis le chambranle jusqu'au couronnement du manteau. En termes d'architecture, la gorge des chapiteaux dorique et toscan en est la partie la plus étroite qui se nomme aussi gorgerin et colerin. Terme de charpenterie. Gorge d'amaigrissement, entaillement fait à angle aigu dans une pièce de charpente. Terme de botanique. L'entrée du tube d'une corolle, d'un calice ou d'un périgone.
Passage étroit entre deux montagnes.
Les peuples qui demeurent dans les cavernes, dans les îles, dans les marais, dans les gorges de montagnes, dans les rochers, conservent leur liberté comme les Suisses, les Grisons, les Vénitiens, les Génois [VOLT., Dial. 24]
De la plupart des lacs sortent des torrents qui, avec le temps, ont creusé des gorges d'une profondeur effrayante [RAYNAL, Hist. phil. VII, 25]
Et des monts du Frioul, des gorges du Tyrol, L'aigle rapide a déjà pris son vol [DELILLE, Convers. ch. I]
Nous descendîmes ensuite dans une gorge de vallon [CHATEAUBR., Itin. 1re part.]
Terme de fortification. Entrée d'une fortification du côté de la place. La gorge d'un bastion. La gorge d'une redoute, l'entrée de la redoute du côté de celui qui l'a construite pour se défendre.
Le roi [Murat] lui montre le nouveau flanc de l'ennemi : il faut l'enfoncer jusqu'à la hauteur de la gorge de leur grande batterie [des Russes] ; là, pendant que la cavalerie légère poussera son avantage, lui, Caulaincourt, tournera subitement à gauche avec ses cuirassiers, pour prendre à dos cette terrible redoute [SÉGUR, Hist. de Nap. VII, 11]
Demi-gorge, ligne qui va de l'angle de la courtine au centre du bastion.
10° Échancrure au bassin à barbe, dans laquelle on met le cou pour se faire faire la barbe.
11° En termes d'architecture, une moulure concave.
12° Pièce de bois en forme de gorge, qu'on place au bas d'une carte de géographie pour la maintenir tendue, et dans laquelle se loge la carte quand elle a été mise en cylindre sur son rouleau.
13° Nom qu'on donne, dans les environs de Paris, au froment qui reste dans les gerbes après qu'on en a ôté la semence par un léger battage.
14° Nom de différents oiseaux. Gorge blanche, sylvie grisette et mésange nonnette. Gorge bleue, la motacille suédoise de Gmelin et la fauvette gorge bleue de certains auteurs. Grosse gorge, le combattant, oiseau. Gorge jaune, le figuier ou fauvette trichas. Gorge noire, le rossignol des murailles. Gorge une, espèce de perdrix. Rouge gorge, voy ROUGE-GORGE.
15° Terme de manége. Gorge de pigeon, espèce d'embouchure pour le cheval.

REMARQUE

  • Selon Ménage : " Il faut dire : On lui a fait écrire cela le poignard à la gorge et non pas le poignard sur la gorge comme dit Voiture dans ses lettres. " L'usage a donné raison à Voiture. Il est de fait que sur n'a rien de fautif.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Del gros del poing li a tele donée, à pou la gorge ne lui a effondrée [, Bat. d'Aleschans, V. 6830]
  • XIIIe s.
    Nois [neige] qui par iver s'apure Est, envers sa gorge [d'une dame], oscure à remirer [BRUNEAU DE TOURS, p. 10]
  • XIVe s.
    Vers lui s'adresce touz iriez, Si avoit haucié le pié destre, Dessus la gorge li volt metre Qui miex l'en cuidoit mestroier [, Ren. 5098]
    Et cil par la gorge l'aert, à deus poins l'estraint, si l'estrangle [, la Rose, 12568]
    Et ausi puent à Dieu les gorges où traïson est et mençonge [, Psautier, f. 10]
    Li essaucement de Dieu sunt en leur gorges [des fidèles] [, ib. f° 179]
  • XVe s.
    Et furent ceux de la garnison d'Ardembourch plus soigneux de garder leur ville.... et honorerent grandement entre eux les quatre dessus dits ; car, si ils n'eussent esté, d'Ardembourch estoit perdue, et ils avoient tous les gorges coupées [FROISS., II, III, 229]
    Or convient un large colet Es robes de nouvelle forge, Par quoy les tettins et la gorge, Par la façon des entrepans, Puissent estre plus apparans [E. DESCH., Miroir de mariage, p. 27]
    Et alors le duc ayant en gorge tousjours les mots de l'autre avocat passé [G. CHASTEL., Chron. des ducs de Bourg. III, 32]
    Et si luy escript qu'il luy feroit gehir [avouer] de sa gorge la desloyauté qu'il avoit fait [FENIN, 1424]
    C'est un morcel fort amer, Car il me tient fort en gorge [, Resurrect. de N. S. J. C]
    Incontinent que l'autre ouyt Ce bruit, il me print à la gorge [VILLON, Monol. du franc archer de Bagnolet.]
  • XVIe s.
    Bren, ma plume, n'en parlez plus.... Vous me feriez rendre ma gorge [MAROT, III, 46]
    Elle a tres bien ceste gorge d'albastre, Ce doux parler, ce cler tainct, ces beaux yeux [ID., III, 78]
    ... S'ils le nient, leur impieté sera desja assez conveincue ; en confessant ils se couperont la gorge [CALV., Instit. 93]
    Les maulx qui me tiennent à cette heure à la gorge [MONT., III, 205]
    ... Que luy mesme avec ses propres voix logeoit le tyran dedans la forteresse, qui luy mettroit un jour le pied sur la gorge [AMYOT, C. d'Utiq. 45]
    Il y eut des meschans qui coupperent la gorge à ceulx qu'ils sçavoient avoir de l'or et de l'argent [ID., Anton. 62]
    Il se prit à japper à pleine gorge [ID., Aratus, 9]
    Crier à gorge rompue [DESPER., Contes, LXXI]
    J'ai fait une gorge chaude d'une couple de perdrix [ID., ib. LXXIV]
    Je dis, madame, que Monsieur que voilà a bien estudié ; mais de payer ses estudes de nos gorges [de notre vie], nous n'en pouvons pas comprendre la raison [D'AUB., Hist. II. 337]
    Les bandes espagnolles qui tenoient le pied sur la gorge au païs, se r'alierent [ID., ib. II, 385]
    Je luy appris à rire du coin des dents, à parler de la gorge, à peigner ses cheveux, au moins aux pauses des discours [ID., Conf. II, 1]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. gorga, gorja ; portug. gorja ; ital. gorga, gorgia ; du latin gurges. gouffre ; la gorge ayant été comparée à une ouverture béante. Comp. le sanscr. gargara, tourbillon, radical gar, avaler.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    GORGE.
    Ajoutez :
  • Fig. Sauter à la gorge, se dit de quelque chose qui presse et inquiète.
    L'embarras de choisir un autre général sautait à la gorge [SAINT-SIMON, t. VIII, p. 343, éd. Chéruel.]
  • REMARQUE

      Ajoutez :
    • 2.
      Il était inacceptable que les citoyens fussent appelés devant des espèces de confesseurs financiers, et que, le pistolet sur la gorge, ils fussent contraints de choisir entre leur intérêt et leur devoir, [, Journ. offic. 4 janv. 1872, p. 38]
      On disait naturellement le poignard sur ou sous la gorge ; si on remplace poignard par pistolet, comme cela se fait souvent, la locution devient absurde : on égorge avec le poignard, mais non avec le pistolet.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

gorge

GORGE. n. f. Partie antérieure du cou. On le dit aussi en parlant des Animaux. Un chien qui prend un taureau à la gorge. Pigeon à grosse gorge.

Couper la gorge à quelqu'un, L'égorger, le tuer. Se couper la gorge.

Se couper la gorge l'un à l'autre, S'entre-tuer. Si vous n'allez pas apaiser la querelle, ils se couperont la gorge.

Se couper la gorge avec quelqu'un, Se battre en duel avec lui. Il veut se couper la gorge avec son rival.

Gorge-de-pigeon, Couleur composée et mélangée qui parait changer suivant les différents aspects du corps coloré, comme celle de la gorge des pigeons. Du taffetas gorge-de- pigeon. Une robe gorge-de-pigeon.

Fig., Tendre la gorge, Livrer sa vie, sans résistance, à un assassin.

Fig., Tenir quelqu'un à la gorge, Le réduire dans un état à ne pouvoir faire aucune résistance à ce qu'on veut de lui.

Fig., Prendre quelqu'un à la gorge, Le contraindre avec violence à faire quelque chose. S'il n'a point d'argent pour vous payer, le prendrez-vous à la gorge? On dit, dans le même sens, Tenir le pied sur la gorge à quelqu'un; lui mettre, lui tenir le pistolet, le couteau, le poignard sur la gorge; et, dans un sens analogue, Avoir le poignard, le couteau sur la gorge, en parlant de la Personne qui est l'objet d'une violence.

Il désigne spécialement le Cou et le sein d'une femme. Elle a la gorge belle. Elle a la gorge plate. Montrer, découvrir sa gorge. Cacher, couvrir sa gorge. Avoir la gorge découverte.

Il désigne, par extension, la Partie supérieure de la chemise d'une femme.

Il se prend aussi pour le Gosier. Avoir mal à la gorge. Avoir un mal de gorge. Il lui est resté une arête, un os dans la gorge.

En termes de Musique vocale, Chanter de la gorge, se dit d'un Chanteur qui ne sait modifier sa voix qu'en resserrant la gorge avec effort. On dit, dans le même sens, Voix de la gorge.

Rire à gorge déployée, crier à pleine gorge, Rire, crier de toute sa force.

Il a menti par la gorge, se dit pour donner fortement un démenti à quelqu'un. Vous en avez menti par la gorge.

Fig. et fam., Faire rentrer à quelqu'un les paroles dans la gorge, L'obliger à désavouer les propos offensants qu'il a tenus.

Pop., Rendre gorge, Vomir après avoir trop bu ou trop mangé. Il signifie, figurément et familièrement, Restituer par force ce qu'on a pris, ce qu'on a acquis par des voies illicites. Cet intendant s'était scandaleusement enrichi : on lui a fait rendre gorge.

En termes de Fauconnerie, Gorge chaude, La chair des animaux vivants que l'on donne aux oiseaux de proie.

Fig. et fam., Faire des gorges chaudes, Faire des plaisanteries plus ou moins malveillantes sur quelqu'un ou quelque chose. L'accoutrement de cet original parut très ridicule : on en fit des gorges chaudes.

Il désigne, par analogie, l'Entrée, l'ouverture, l'orifice de certaines choses. Arriver à la gorge d'un souterrain.

Il se dit encore d'un Passage entre deux montagnes. Les gorges du Tarn, du Var. L'armée souffrit beaucoup en traversant les gorges étroites de ces montagnes.

En termes d'Architecture, il signifie Moulure concave.

La gorge d'une poulie, La cannelure, le creux demi-circulaire qui règne sur la circonférence d'une poulie. On dit de même La gorge d'une serrure.

GORGE se dit aussi d'un Bâton ou morceau de bois tourné auquel on attache les estampes, les cartes de géographie, etc., pour pouvoir les rouler.

gorgé

GORGÉ, ÉE. adj. Qui a beaucoup de voix, une bonne voix, en parlant d'un Chien. Un chien bien gorgé.

Il signifie spécialement, en termes de Blason, Qui a le cou ceint d'une couronne dont l'émail est différent de celui de l'animal, en parlant d'un Lion, d'un cygne ou de quelque autre animal.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

gorge

Gorge, Signifie quelquesfois le profond de la bouche, attenant au gosier. Selon ce on dit, Il a menti par sa gorge, Il est pendu par la gorge, On luy a couppé la gorge, on l'a esgorgeté, ou esgosillé. Dont aussi Couppegorge, m. penac. Est appelé un vallon qui est pardelà Lysieux, où maint passant est esgorgeté par les voleurs et guetteurs de pas. Quelquesfois la poche de l'oiseau où il met sa viande en serre, dont elle est apres digerée peu à peu, et selon ce les Faulconniers disent, donner raisonnable, bonne, ou grosse gorge, à un oiseau, et l'oiseau a passé, enduit, ou mis à val sa gorge. Ingluuies, Rumen. Quelquesfois la poitrine d'une femme à prendre depuis le col jusques aux tetins du large de la croiseure, et selon ce on dit, Elle va en nuë gorge, Detecto pectore. Elle a belle ou laide gorge, et de cette derniere signification semble que les mots Gorgias, Gorgiase, et Gorgiaseté soient descendus, parce qu'anciennement tant hommes que femmes portoient les habits esgorgetez, et avoient le haut de la poitrine descouvert, lequel pour cette cause ils tenoient lavé, poli et net, avec un collet de chemise esgorgetée, fronsée mignonnement et ouvrée.

Couper la gorge à aucun, Iugulare.

Coupement de gorge, Iugulatio.

Ce qu'on applique à la gorge, Focale focalis.

Rendre sa gorge, Vomere.

Frapper à la gorge, Iugulum petere. B.

On le tenoit à la gorge, Quum faucibus premeretur, expressa est ab eo confessio. B.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

gorge


GORGE, s. f. GORGÉE, s. f. GORGER, v. act. [2e e muet au 1er, é fer. aux 2 aûtres; long au 2d.] Gorge, est 1°. la partie du devant du cou. Prendre quelqu'un à la gorge. "Chien qui prend un taureau à la gorge. = Il se prend aussi pour le gosier. "Mal à la gorge ou mal de gorge. On dit en ce sens gorgée pour la quantité de liqueur, qu'on peut avaler à la fois. "Une gorgée de bouillon; et gorger, pour doner à manger avec excès: on les a gorgés de vin et de viandes; Fig. On les a gorgés de biens. "Les soldats se gorgèrent de butin. "Le Néron de l'Angleterre. (Henri VIII.) gorgé de richesses éclésiastiques ne s'en trouva que plus paûvre. Linguet.
   2°. GORGE, signifie quelquefois le sein d'une femme. "Elle a trop de gorge. Avoir la gorge découverte. = 3°. Gorge de montagnes, détroit, passage entre deux montagnes. = 4°. Gorge, (n°. 1°.) entre dans {B343b~} beaucoup d'expression figurées, presque toutes du style familier. = Suivant Ménage, on doit dire; on lui a fait écrire cela le poignard à la gorge, et non pas sur la gorge, comme dit Voitûre; mais l' usage est pour le dernier; et l'Acad. dit, mettre, tenir le poignard sur, et non pas à la gorge. = Prendre un homme à la gorge, exiger quelque chôse de lui avec violence. = Couper la gorge à quelqu'un, le ruiner. "Il ne peut parler à M. Colbert: cela nous coupe la gorge. Sév. Se couper la gorge, dire ou faire quelque chôse de nuisible à ses intérêts. — C'est aussi se battre en duel.
   Pour de moindres sujets quelquefois on s' égorge.
   J'ai vu qu'en cas pareils on se coupoit la gorge.
       Barthe.
= Rire sous gorge ou sous cape, (le 2d est le plus usité) rire tout bâs, et sans qu'il y paraisse. "M. de Lavardin rioit sous gorge et contoit tout cela fort plaisamment. Sév. On dit, dans le même sens, d'un ris forcé, qu'il ne pâsse pas le noeud de la gorge. = Rire à gorge déployée, c'est au contraire faire des éclats de rire. = Avoir un noeud à la gorge, être triste au point de pouvoir à peine parler. = Faire rendre gorge, forcer à restituer. Il se dit ordinairement sans régime. d'Avrigni lui fait régir l'ablatif: "Qu'avant six mois, il lui feroit rendre gorge de tout ce qu'il avoit pris. Cette queûe était inutile et rendre gorge sufisait. = Faire gorge chaûde d'une chôse, s'en divertir, en faire son profit.
   Elle en fera gorge chaûde et curée.
       La Font.
* Mentir par la gorge, vieille expression. "Si vous avez voulu nous charger... que nous ayions fait chose, qu'un gentilhomme aimant son honeur ne doive faire; nous disons que vous avez menti par la gorge. Cartel de François I, à Charles V.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

gorge

nom féminin gorge
1.  Partie du cou.
cou, gosier -familier: kiki -populaire: sifflet.
2.  Littéraire. Poitrine d'une femme.
3.  Vallée encaissée.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

gorge

Hals, Gurgel, Kehle, Rachen, Brust, Busen, Felsschlucht, Hohlkehle, Keilrille, Klamm, Schlucht, Schlundthroat, gorge, bosom, breastkeel, keelgat, strot, bergengte, borsten, gleuf, groef, halsגרון (ז), לוע (ז), ערוץ (ז), קניון (ז), גָּרוֹן, לֹעַ, עָרוּץ, קַנְיוֹןkeelgorjahrdlo, krkstrube, halsgorĝogargantatoroktenggorok, tenggorokangola, gorga, gorgiafauces, gutturstrupe, halsgardłogarganta, gorjagîtгорлоstrupe, halsboğazحَلْق, حَنْجَرَةλαιμός, λάρυγγαςkurkkugrloのど목구멍คอ, ลำคอcổ họng喉咙 (gɔʀʒ)
nom féminin
1. partie du cou se protéger la gorge
2. fond de la bouche avoir mal à la gorge
3. passage étroit entre deux montagnes descendre des gorges en kayak
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gorge

[gɔʀʒ] nf
(partie du cou)throat
avoir mal à la gorge → to have a sore throat
J'ai mal à la gorge → I've got a sore throat.
avoir la gorge serrée → to have a lump in one's throat
(littéraire) (= poitrine) → breast
(GÉOGRAPHIE)gorge
les gorges du Tarn → the Tarn gorges
(= rainure) → groove
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005