marbre

marbre

n.m. [ lat. marmor ]
1. Roche calcaire, dure, souvent veinée de couleurs variées, capable de recevoir un beau poli et qui est très employée dans les arts : Une pierre tombale en marbre.
2. Objet, statue en marbre ; plateau, tablette de marbre : Une collection de marbres. Le marbre d'une coiffeuse.
3. Table sur laquelle, dans une imprimerie, on place les pages pour les imprimer, les corriger : La une du journal est au marbre.
De marbre,
qui ne manifeste aucune émotion ; froid et insensible : Elle est restée de marbre en apprenant la nouvelle impassible, imperturbable
Gravé ou inscrit dans le marbre,
établi de façon sûre et définitive : Un contrat gravé dans le marbre.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

MARBRE1

(mar-br') s. m.
En général, nom donné à toute variété de calcaire à grains fins susceptible de poli, et qui par sa blancheur ou par ses couleurs plus ou moins vives peut être employé à la décoration des édifices ou dans l'ameublement.
Paros, fameuse par ses marbres [SCARR., Virg. III]
Cependant l'humble toit devient temple ; et ses murs Changent leur frêle enduit aux marbres les plus durs [LA FONT., Phil. et Baucis.]
Un bloc de marbre était si beau Qu'un statuaire en fit l'emplette : Qu'en fera, dit-il, mon ciseau ? Sera-t-il dieu, table ou cuvette ? [ID., Fabl. IX, 6]
D'abord elle a d'Auguste aperçu la statue ; Et mouillant de ses pleurs le marbre de ses pieds.... [RAC., Brit. V, 8]
Et que du sein des monts le marbre soit tiré [ID., Esth. III, 9]
Et qu'un sang pur par mes mains épanché Lave jusques au marbre où ses pas ont touché [ID., Athal. II, 8]
Le titre de conquérant n'est écrit que sur le marbre ; le titre de père du peuple est gravé dans les cœurs [MASS., Human. des grands.]
Les marbres d'Italie sont en fort grand nombre, et ont plus de réputation que tous les autres marbres de l'Europe ; celui de Carrare, qui est blanc, se tire vers les côtes de Gênes, et en blocs de telle grandeur que l'on veut [BUFF., Min. t. II, p. 28]
Animer le marbre, le tailler en statues pleines de vie et de beauté.
Le christianisme ne saurait pas moins animer le marbre que la toile [CHATEAUBR., Génie, III, I, 5]
Marbre statuaire, marbre propre à faire des statues, qui est sans taches ni veines. Marbre antique, tout marbre dont les carrières ne sont plus connues ou exploitées. Marbre brut, marbre tel qu'il sort de la carrière. Marbre piqué, celui qui n'est taillé qu'à la pointe. Marbre dans sa passe, se dit des tranches de marbre qui ont été débitées parallèlement au lit du banc. Marbre en contre-passe, marbre débité sur la hauteur du banc. Marbre ébauché, celui qui est travaillé à double pointe, pour la sculpture, ou approché avec le ciseau pour l'architecture. Marbre dégrossi, celui qui est équarri, suivant la disposition d'une figure, avec la scie et la pointe. Marbre fini, celui qui est terminé avec le petit ciseau et la râpe. Marbre cameloté, celui qui, étant d'une seule couleur, ne laisse pas de paraître tabisé, après avoir reçu le poli, tel que celui de Namur. Cela est dur, est froid comme le marbre, comme du marbre, comme marbre, se dit de choses très dures et de choses qui font éprouver au toucher un vif sentiment de froid. On dit aussi : comme un marbre.
L'un des deux compagnons grimpe au faîte d'un arbre ; L'autre, plus froid que n'est un marbre, Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent [LA FONT., Fabl. V, 20]
Fig. et familièrement. Être froid comme un marbre, être comme un marbre, être extrêmement calme ou réservé, paraître ne s'émouvoir de rien.
Je restai comme un marbre à ce discours [MARIV., Pays. parv. 1re part.]
On dit dans le même sens : Il est de marbre, c'est un marbre. On dit aussi, par exagération : Pour entendre ces propos de sang-froid, il faudrait être de marbre. Un cœur de marbre, une personne que rien n'échauffe, ne touche, n'attendrit.
Sous un visage d'homme il porte un cœur de marbre [TRISTAN, Panthée, I, 7]
Je n'étais pas de marbre, elle avait le cœur tendre [TH. CORN., Baron d'Albikrac, V, 3]
Un visage de marbre, un visage qui ne laisse paraître aucune émotion.
À chacune de mes réponses le major écrivait avec un visage de marbre [MARMONTEL, Mém. VI]
Fig. Cela échaufferait du marbre, se dit de paroles, d'une ardeur capable de communiquer de la chaleur aux cœurs les plus froids.
Hispal haranguait de façon Qu'il aurait échauffé des marbres [LA FONT., Fiancée.]
Morceau de marbre taillé et poli. On a gravé cette inscription sur un marbre. Le marbre d'une commode, d'une cheminée. Placez un marbre sur ces papiers, de peur que le vent ne les disperse.
Quel marbre à la postérité Fera paraître votre gloire ? [MALH., VI, 3]
Absolument. Un marbre, une statue en marbre. Le plus beau marbre de ce musée.
Au plur. Marbres, des ouvrages de marbre, échantillons de différents marbres. Il y a de beaux marbres dans ce cabinet.
Ces marbres qui ne couvrent que de la poussière, attestent la vénération des peuples [DIDER., Cl. et Nér. I, 97]
MM. Sévin et Fourmont rapportèrent de Grèce un grand nombre d'inscriptions, échappées à l'ignorance des habitants qui emploient à faire de la chaux ces marbres précieux que nous allons y chercher avec tant de fatigues et de périls [CONDORCET, Maurepas.]
Marbres d'Arundel, d'Oxford ou de Paros, les marbres antiques recueillis à Paros au commencement du XVIIe siècle, présentés à l'université d'Oxford par le comte d'Arundel qui les avait fait apporter du Levant, et contenant les événements depuis la fondation d'Athènes par Cécrops [1582 avant J. C.] jusqu'à l'archontat de Diogénète [264 de la même ère], ce qui comprend un intervalle de 1318 années. Marbres d'Elgin, se dit des bas-reliefs qui ont été enlevés par lord Elgin au Parthénon et au temple de Thésée d'Athènes, et qui font maintenant partie du Musée britannique.
Pierre sur laquelle les imprimeurs posent les pages pour les imposer, et les formes pour les corriger. Il se dit aussi de cette partie de la presse sur laquelle on place la forme. Un marbre de pierre. Un marbre de fonte.
Pierre qui sert à broyer les drogues et les couleurs.
Bloc sur lequel on allonge et on aplatit sous le marteau les tables d'étain de glaces pour les réduire en feuilles.
Terme de verrerie. Plaque de fonte sur laquelle l'ouvrier verrier roule la matière qu'il a cueillie.
Table de marbre, nom donné à trois juridictions qui siégeaient au palais, la connétablie, l'amirauté et les eaux et forêts, et dont les juges prenaient place autour d'une grande table de marbre.
Le grand Corneille était, dans sa jeunesse, avocat du roi à la table de marbre de Rouen [, Dict. de l'Acad.]
Chambre de la table de marbre, nom donné en particulier à la juridiction des eaux et forêts. Table de marbre, table qui se trouvait dans la salle du palais de justice à Paris, et qui servait aux clercs de la basoche pour y représenter des farces, soties ou moralités.
10° Marbre artificiel, composition de gypse en forme de stuc, où l'on mêle des couleurs qui la font ressembler au marbre naturel.
11° Terme de peintre en bâtiment. Marbre feint, représentation des divers accidents du marbre. Marbre jeté, celui qui imite les porphyres. Marbre chiqueté, celui qui imite les granits.
12° Terme de relieur. Teinte qu'on donne aux reliures et qui imite les accidents d'un marbre.
La racine est le plus beau marbre qu'on ait imaginé [LESNÉ, la Reliure, p. 199]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Sur un perron de marbre bloi se culche [, Ch. de Rol. II]
  • XIIe s.
    Tost les degrés de mabre [il] est montés al donjon [, Sax. XI]
  • XIIIe s.
    Puis l'enfoïrent soz un arbre, Et par desus mistrent un marbre ; S'i ont escrit le non la dame [, Ren. 10116]
  • XIVe s.
    Une cote de marbre [étoffe faite de fils de diverses couleurs] nuefve [neuve], à femme [DU CANGE, marbretus.]
    Deux flacons de marbre noir [DE LABORDE, Émaux, p. 380]
  • XVe s.
    Un coffre de bos paint au quel estoyent XXIII corporaux et une pierre de malbre à liscer lesdiz corporaux [ID., ib.]
    Ha ! cuer plus dur que le noir marbre, En qui mercy ne peult entrer [A. CHART., la Belle dame sans mercy.]
  • XVIe s.
    Terrines à filtrer, marbres pour distiller en lieu humide [PARÉ, III, 638]
    Le marbre n'a que faire de peinture [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. mâbre ; wallon, marm ; provenç. marme, marbre ; espagn. marmol ; portug. marmore ; ital. marmo ; du lat. marmor ; terme grec signifiant brillant : la pierre brillante.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. MARBRE. Ajoutez :
    13° Dans plusieurs provinces, un marbre, une bille avec laquelle jouent les enfants, à cause que les billes sont souvent en marbre. Jouer aux marbres.
    14° Bloc d'acier parfaitement uni sur lequel les serruriers et les forgerons dressent les surfaces planes de certains objets.

MARBRE2

(mar-br') s. m.
Terme de marine. Cylindre du treuil, à chevilles, sur lequel s'enroule la drosse qui sert à manœuvrer le gouvernail d'un grand bâtiment.

ÉTYMOLOGIE

  • Ce mot est une corruption d'arbre, et c'est ainsi que plusieurs meuniers, ou même des experts de campagne, disent le marbre du moulin, le marbre de la roue, etc. pour l'axe ou l'arbre de la roue, LEGOARANT.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

marbre

MARBRE. n. m. Sorte de pierre calcaire, dure et solide, qui sert principalement aux ouvrages de sculpture et d'architecture. Une carrière de marbre. Marbre blanc. Marbre noir. Marbre veiné, jaspé. Scier, polir, travailler le marbre. Une figure, une statue, une colonne, un tombeau de marbre. Un bloc de marbre. La dureté, la froideur, l'éclat du marbre. Toute la façade de cette église est incrustée de marbre. Marbre de Carrare, de Paros. Marbre antique. Graver sur le marbre.

Marbre statuaire, Marbre propre à faire des statues, qui est sans tache ni veine, à la différence de celui qu'on emploie pour les ouvrages d'architecture.

MARBRE se dit aussi d'un Morceau de marbre taillé et poli. On a gravé cette inscription sur le marbre. Le marbre d'une cheminée, d'une commode.

Il se dit des Ouvrages de marbre et des échantillons de différents marbres. Ce musée possède de beaux marbres. Les marbres d'Elgin.

MARBRE, en termes d'Imprimerie, se dit de la Table de pierre ou de métal sur laquelle on pose les pages, pour les imposer, et les formes, pour les corriger. Un marbre de pierre. Un marbre de fonte.

Il désigne également, dans les journaux, les articles composés et mis en réserve, pour paraître le moment venu. Avoir du marbre, Avoir par devers soi de la composition toute prête.

Il se dit également de la Partie de la presse sur laquelle on place la forme.

Il se dit aussi, en termes d'Arts, de la Pierre qui sert à broyer les drogues et les couleurs.

TABLE DE MARBRE s'est dit, en termes d'ancienne Jurisprudence, de Chacune des juridictions de la connétablie, de l'amirauté et des eaux et forêts. Le grand Corneille était, dans sa jeunesse, avocat du roi à la table de marbre de Rouen.

Fig. et fam., Être froid comme un marbre, froid comme marbre, Être extrêmement calme ou réservé, paraître ne s'émouvoir de rien. On dit dans le même sens Être de marbre, rester de marbre. On dit aussi, par exagération, Pour entendre ces propos de sang-froid, il faudrait être de marbre.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

marbre

Marbre, m. penacut. Marmor.

Image faite de marbre, Simulachrum e marmore.

Pavé de marbre, Marmoratus.

Resemblant à marbre, ou dur comme marbre, Marmorosus.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

marbre


MARBRE, s. m. MARBRIER, s. m. MARBRIèRE, s. f. [2e e muet au 1er, é fer. au 2d, è moy. et long au 3e, bre, brié, briè-re.] Aûtrefois on prononçait abre, mabre, trouvant trop dure la prononciation de marbre, arbre. On est revenu depuis longtems de cette prononciation radoucie. Th. Corn. Voîture. = Marbre, pierre calcaire extrêmement dure et solide, qui reçoit le poli. "Dur, froid, comme marbre. Scier, polir le marbre. = Fig. Il est de marbre, c'est un homme dur et froid. "Son coeur, tout marbre qu'il est, s'amollit à cette vûe. Jér. Dél. Dans cette phrâse, il est employé adjectivement. On dirait, dans la prôse ordinaire, tout de marbre qu'il est. "Je restai comme un marbre à ce discours. Mariv. c. à. d. interdit, immobile.
   MARBRIER, ouvrier, qui travaille à scier et à polir le marbre. Acad. Qui travaille en marbre ou en façon de marbre. Rich. Port. Ouvrier, qui taille, qui polit le marbre, qui le tire des carrières. Trév. Il se dit aussi du Maître, qui conduit et entreprend les ouvrages. Ibid. La définition de l'Acad. est la moins bone de toutes. On ne dit pas marbrier absolument de celui qui ne fait que scier et polir le marbre. Il ne se dit guère que de celui, qui le tire de la carrière, de l'ouvrier qui le façone et qui en fait divers ouvrages, et du Maître, qui fait travailler, et qui vend ces ouvrages façonés.
   MARBRIèRE, carrière d'où l'on tire le marbre.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Traductions

marbre

Marmormarblemarmerשיש (ז), שַׁיִשׁmarmormarmoromármolmarmer, pualammarmolapis, marmormármoremarmorμάρμαροرُخَامٌmramormarmorimramor大理石대리석marmormarmurмраморหินอ่อนmermerđá cẩm thạch大理石мрамор大理石 (maʀbʀ)
nom masculin
pierre très dure une cheminée en marbre
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marbre

[maʀbʀ] nm
(= pierre) → marble
une statue en marbre; une statue de marbre → a marble statue
rester de marbre → to remain stonily indifferent
(= statue) → marble
un marbre de Rodin → a Rodin marble
[table, commode] → marble top
(TYPOGRAPHIE)stone, bed
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005