que

1. que

[ ] conj. sub. [ du lat. quia, parce que ]
1. Introduit une proposition complétive : Il demande que nous l'aidions. Elle a prouvé qu'elle avait raison. J'aimerais qu'il soit là.
2. (Suivi du subj.) Dans une proposition principale ou indépendante, introduit un ordre à la 3e personne, un souhait, une imprécation : Mais qu'elle se décide ! Qu'il aille au diable !
3. Dans une proposition subordonnée, reprend la conjonction qui introduit la première subordonnée : Puisque tout le monde est arrivé et qu'il est l'heure, nous pouvons commencer. S'il le veut et que vous le pouvez, faites-le.
4. Introduit le second terme d'une comparaison : Ces ordinateurs sont plus performants que les précédents. Elle est telle que je l'imaginais. Ce sont les mêmes que les autres.
5. Sert à former des locutions conjonctives : Elle fait en sorte que tous se sentent bien. Ils sont sortis après que la séance a été levée.
Ne... que,
marque l'exception, la restriction : Cette affaire ne fait que commencer elle commence seulement

2. que

[ ] pron. relat. [ lat. quem, accusatif de qui ]
Assure, dans une proposition relative, la fonction de complément d'objet direct : Les films que nous avons vus. Les personnes qu'elle a invitées arrivent. Les émissions que je veux voir passent la semaine prochaine.

3. que

[ ] pron. interr. [ du lat. quid, quoi ]
1. Sert à interroger sur une chose : Que puis-je faire pour vous ? Que devient cette réforme ? Que se passe-t-il ?
2. Introduit une interrogative indirecte à l'infinitif : Je ne sais que dire quoi
Remarque: Dans la langue parlée, on entend souvent les formules renforcées qu'est-ce que ?, qu'est-ce qui ?

4. que

[ ] adv. interr. [ de 3. que ]
Sout. Interroge sur la cause : Que ne le disiez-vous plus tôt ? pourquoi
adv. exclam.
1. (de) Indique une grande quantité : Que de questions sans réponses ! combien
2. Indique une forte intensité : Que cette femme est gentille ! comme
Ce que,
Fam. indique une intensité : Ce que la circulation est difficile en ville !
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QUE1

(ke) pron. relatif, ou mieux conjonctif
Lequel, laquelle, lesquels, lesquelles. Il ne s'emploie que comme régime ; il est des deux genres, et des deux nombres ; l'e s'élide devant une voyelle ou une h muette. Ces hommes que vous avez vus. Cette femme que vous connaissez. Les livres que vous lisez. Les choses qu'on vous a dites. Que construit avec un verbe suivi d'un verbe à l'infinitif dépendant lui-même de ce que.
Des disputes théologiques que l'on a toujours remarquées devenir frivoles à mesure qu'elles sont plus vives [MONTESQ., Rom. 22]
Que, d'après la construction ordinaire, ne doit pas être séparé de son antécédent ; cependant il est quelques cas où cela peut se faire : c'est le goût et l'oreille qui en décident ; mais il ne faut pas que la clarté en souffre.
Et j'ai des gens en main que j'emploierai pour vous [MOL., Mis. III, 7]
N'allez point présenter un espoir à mon cœur, Qu'il recevrait peut-être avec trop de douceur [ID., Mélic. II, 3]
Nous perdons des moments en bagatelles pures, Qu'il faudrait employer à prendre des mesures [ID., Tart. V, 3]
Que se dit archaïquement pour ce que, représentant le latin neutre quod.
Le roi [Henri IV manqué par Chatel] vit, et ce misérable.... Qui n'avait jamais éprouvé Que peut un visage d'Alcide [MALH., II, 4]
En cet emploi il se dit surtout avec les verbes avoir, savoir, pouvoir (joints à ne).
Mon esprit satisfait n'aura que désirer [RACAN, Psaume L.]
....C'est demain qu'elle [Médée] sort de nos terres ; Nous n'avons désormais que craindre de sa part [CORN., Médée, II, 4]
Surpris, ravi, confus, je n'ai que repartir [répondre] [ID., Suiv. III, 10]
L'autre aussitôt de s'excuser, Alléguant un grand rhume ; il ne pouvait que dire Sans odorat.... [LA FONT., Fabl. VII, 7]
Les traits du visage très beaux et si bien proportionnés qu'on n'y trouvait que reprendre [ID., Psyché, II, p. 163]
Ne sachant que conjecturer du dessein de son mari, ni à quelle mort se résoudre [ID., ib. II, p. 112]
Madame, je suis votre sœur, autrefois l'épouse de Cupidon, maintenant esclave, et ne sachant presque que devenir [ID., ib. p. 148]
S'il faut agir, je ne sais que faire ; s'il faut parler, je ne sais que dire [J. J. ROUSS., Confess. I]
Je n'ai que faire, je n'ai rien à faire.
Qui n'a point de procès, au palais n'a que faire [RÉGNIER, Sat. XVI]
Je n'ai que faire de, je n'ai aucun besoin de.
Il a été affermi dans son pouvoir par une force étrangère... qui n'a que faire des bonnes maximes pour produire les bons succès [BALZ., Socrate chrétien, VIII]
Je n'ai que faire de votre aide [MOL., Méd. m. lui, 1, 2]
Je n'ai que faire de vos dons [ID., l'Av. IV, 5]
Je n'ai que faire de vous dire.... il n'est pas nécessaire de vous dire.... Je n'ai que faire à cela, je n'ai aucun intérêt à cela. Je n'ai que faire là, je ne suis pas nécessaire là.
Vous êtes un sot de venir vous fourrer où vous n'avez que faire [MOL., Méd. m. lui, I, 2]
Je ne puis que faire à cela, je n'y puis, je n'y sais que faire, je ne peux qu'y faire, il ne dépend pas de moi d'y rien faire, d'y remédier.
Faire que fou, que sage, agir en fou, en sage ; en remplissant l'ellipse on a : faire [ce] que [ferait un] sage.
Disant qu'il ferait que sage De garder le coin du feu [LA FONT., Fabl. V, 2]
Que, construit avec un adjectif et le verbe être, fait une sorte de locution qui signifie étant (que est ici adjectif conjonctif ; voyez les exemples : la cruelle laquelle elle est ; innocent lequel il était).
La cruelle qu'elle est [la mort] se bouche les oreilles, Et nous laisse crier [MALH., VI, 18]
Innocent qu'il était, il [Jésus] voulut endurer [CORN., Imit. II, 1]
Comme un petit fou qu'il était [SCARR., Rom. com. I, 1]
David, tout roi qu'il était, instruit d'un secret si important, envisageait comme une béatitude l'attachement à cette loi [BOURDAL., Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 165]
Infortunés que vous êtes, vous avez abandonné la loi de votre Dieu, et c'est ce qui vous a perdus [ID., ib. p. 168]
Aveugle que j'étais ! je crus voir la nature.... [VOLT., Temple du Goût.]
Le libertin, mon Dieu, que c'était là ! [ID., Enf. prod. I, 1]
Il s'emploie en ce sens avec un autre verbe que être, pourvu que ce verbe suppose le verbe être. Habile qu'il se jugeait, il accepta la mission. Innocent qu'il se savait, il avait la tête haute. Avec un participe il signifie après que. Arrivé qu'il fut, il se mit à la besogne. Établi qu'il eut son monde en un bon endroit, il songea à lui. Après un adjectif et avec le subjonctif, dans le sens de quelque.... que.
Ma crainte toutefois n'est pas trop dissipée ; Et doux que soit le mal, je crains d'être trompée [MOL., Sgan. 22]
Aujourd'hui on dirait : si doux que soit, ou tout doux qu'est.
Que je crois, locution familière et elliptique pour : à ce que je crois.
Vous n'êtes pas d'ici, que je crois [MOL., G. Dand. I, 2]
[Il] Verra, que vous croyez, la promesse accomplie.... [ID., Sgan. 23]
On aura, que je pense, Grande joie à me voir après dix jours d'absence [ID., Éc. des f. I, 2]
Et ce sera bientôt ? - Cremante : Ce sera, que je crois, Dans huit jours au plus tard [QUIN., Mère coq. V, 4]
On dit de même : que je sache, à ce que je sache.
Il n'est point de destin plus cruel, que je sache [MOL., Amph. III, 1]
Ce que c'est, quelle chose c'est.
Il ne sait que par ouï dire Ce que c'est que la cour, la mer, et ton empire, Fortune.... [LA FONT., Fabl. VII, 12]
Je ne sais point, seigneur, ce que c'est que d'aimer [REGNARD, Démocr. III, 3]
Familièrement. Ce que c'est que de nous ! voyez quelle est la condition des humains.
Ce que c'est que de nous ! moi, cela me confond [REGNARD, le Légat. V, 7]
Archaïquement on supprimait ce.
Je ne sais que c'est de flatter personne [BALZ., liv. I, lett. 3]
Le roi ne sait que c'est d'honorer à demi [CORN., Hor. IV, 2]
Voilà, voilà que c'est de ne voir pas Jeannette, Et d'avoir en tout temps une langue indiscrète [MOL., l'Ét. IV, 8]
Ancienne construction de que, très usitée au XVIIe et au XVIIIe siècles, dans laquelle le membre où est que est rattaché par qui à un membre suivant et dépendant.
Et que pourra faire un époux Que vous voulez qui soit jour et nuit avec vous ? [LA FONT., Fabl. VII, 2]
Sur les éloges que l'envie Doit avouer qui vous sont dus, Vous ne voulez pas qu'on appuie [ID., ib. VIII, 4]
Mais pour guérir le mal qu'il dit qui le possède.... [MOL., Éc. des f. II, 6]
Toutes choses qu'on voit bien qui sont.... [BOSSUET, Connaiss. IV, 2]
On fit au comte d'Estrées une grande opération qu'on n'expliqua point, mais qu'on prétendit qui l'empêcherait d'avoir des enfants [SAINT-SIMON, 113, 238]
Le silence de l'Écriture sur ces démons que l'on prétend qui président aux oracles.... [FONTEN., Oracles, I, 5]
Si nous attendons.... nous attendons ce que Jésus-Christ a prédit qui n'arriverait jamais [MASS., Confér. Zèle contre les scandales]
Voici cette épître qu'on prétend qui lui attira tant d'ennemis [VOLT., Comment. sur l'ép. à Ariste (de Corneille).]
Cette construction a été employée, comme on voit, par les meilleurs écrivains ; elle est vive et très commode ; il serait fort utile de la remettre en honneur.
Que, interrogativement, quelle chose ?
Qu'est-ce-ci, mes enfants ? écoutez-vous vos flammes ? [CORN., Hor. II, 7]
Qu'est ceci ? dit-il à son monde ; Je trouve bien peu d'herbe en tous ces râteliers [LA FONT., Fabl. IV, 21]
De sorte que, ne voulant pas dire : je ne sais, il [Montaigne] dit : que sais - je ? dont il fait sa devise [PASC., Entret. avec M. de Saci.]
Hé ! que puis-je au milieu de ce peuple abattu ? [RAC., Athal. 1, I]
Que vous semble, mes sœurs, de l'état où nous sommes ? [ID., Esth. II, 9]
Que ne quitterait-on pas Pour plaire au maître du monde ? [QUINAULT, Proserp. I, 11]
Que sera-ce, s'il faut que je voie, que j'entende ce que je n'ose imaginer sans frémir ? [MONTESQ., Lett. pers. 155]
J'étais malheureux ; que suis-je donc aujourd'hui ? [J. J. ROUSS., Hél. III, 19]
Il se construit avec l'infinitif.
Que devenir ? Mais quand nous serions rois, que donner à des dieux ? [LA FONT., Phil. et Bauc.]
Le héraut du printemps lui [au milan] demanda la vie : Aussi bien, que manger en qui n'a que le son ? [ID., Fabl. IX, 18]
Familièrement. Que diable ? quelle chose, avec diable pris d'une façon exclamative.
Si vous n'êtes pas malade, que diable ne le dites-vous donc ? [MOL., Méd. m. lui, II, 9]
Que diable est-ce là ? les gens de ce pays-ci sont-ils insensés ? [ID., Pourc. I, 12]
Que interrogatif employé par redondance avec le verbe savoir.
Que sait-on ce qui arrivera ? [, Dict. de l'Acad. au mot SAVOIR]
Que sait-on s'il le voudra ? [, ib.]
Que savons-nous ce que la Providence garde à M. de Vardes ? [SÉV., 17 avr. 1682]
10° Qu'est-ce ? quelle chose est-ce ?
Qu'est-ce de moi ? faible est ma main.... [RÉGNIER, Stances relig.]
Qu'est-ce là ? lui dit-il - Rien. - Quoi ! rien ! - Peu de chose [LA FONT., Fabl. I, 5]
Qu'est-ce que... ? même sens.
Qu'est-ce que tout cela, qu'un avertissement... ? [LA FONT., Fabl. VIII, 1]
Dieux ! qu'est-ce que j'entends ? [RAC., Phèdre, II, 5]
Qu'est-ce qu'un livre de Jean-Jacques contre la comédie ? Jean-Jacques est-il devenu Père de l'Église ? [VOLT., Lett. Thiriot, 17 sept. 1758]
Qu'est-ce que ce Confucius dont on parle tant, si on le compare à Sidney et à Montesquieu ? [RAYNAL, Hist. phil. I, 21]
11° Que dans les phrases interrogatives, suivi de que, et signifiant quelle chose.... si ce n'est....
Et que puis-je espérer qu'un tourment éternel, Si je poursuis un crime, aimant le criminel ? [CORN., Cid, III, 3]
Que fais-tu, Jupiter, que du haut de la nue Tu n'en perdes la race [des puces], afin de me venger ? [LA FONT., Fabl. VIII, 5]
Mais quoi ! que feras-tu que de l'eau toute claire ? [MOL., l'Ét. III, 1]
Que peut-on donc avoir que de l'estime pour une religion qui connaît si bien les défauts de l'homme ? [PASC., Pens. XI, 11, édit. HAVET.]
Qu'ont été durant tout ce temps les Alboin, les Astolphe et les Didier, que des ennemis de Rome et de l'Église romaine ? [BOSSUET, Var. XIII, 34]
Hélas ! et qu'ai-je fait que de trop vous aimer ? [RAC., Bérén. V, 5]
Que font les obstacles que piquer vos désirs ? [MASS., Carême, Prière 2]
Qu'y entendons-nous que des peintures vagues et superficielles ? [ID., Carême, Confess.]
Que restait-il à un guerrier qu'à demander raison du tort qu'on lui faisait ? [MONTESQ., Espr. XXVIII, 14]
12° Que, pourquoi, à quoi ?
Que parlez-vous ici d'Albe et de sa victoire ? [CORN., Hor. IV, 2]
Que tardez-vous, seigneur, à la répudier ? [RAC., Brit. II, 2]
Que sert de se flatter, de dissimuler, etc. ? à quoi sert-il de se flatter, de dissimuler, etc.
? Du zèle de ma loi que sert de vous parer ? [RAC., Athal. I, 1]
En ce sens il se construit souvent avec ne.
Les ruines d'une maison Se peuvent réparer : que n'est cet avantage Pour les ruines du visage ? [LA FONT., Fabl. VIII, 5]
Si le choix est si beau, que ne le prenez-vous ? [MOL., Femm. sav. III, 7]
Que, en quoi ?
Que peut vous offenser sa flamme ou sa retraite, Puisque vous n'aspirez qu'à vous en voir défaite ? [CORN., D. Sanche, III, 6]
Que te peut nuire enfin une telle tempête ? [ID., Imit. III, 46]
Que lui était [à Dieu] nécessaire le témoignage d'aussi faibles créatures que nous le sommes ? [BOURDAL., Serm. pour le dim. dans l'oct. de l'Ascension, II]
13° Que exclamatif et dans le sens de combien (en cet emploi, que est équivalent au relatif latin quand il est exclamatif : O qui tuarum pennarum est nitor ! Phèdre.)
Mon Dieu, mon créateur, Que ta magnificence étonne tout le monde ! [MALH., I, 1]
Que bien plus aisément j'en saurais triompher ! [CORN., Rodog. IV, 3]
Que c'est un sort cruel d'aimer par politique ? [ID., Sertor. I, 3]
Qu'il est partout de traîtres ! Qu'il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres ! [ID., Nicom. V, 8]
Ah ! mon fils, que la tendresse d'un père est aisément rappelée, et que les offenses d'un fils s'évanouissent vite au moindre mot de repentir ! [MOL., Festin, V, 1]
Que ses douleurs l'ont rendue savante dans la science de l'Évangile ! [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Que nous nous pardonnons aisément nos fautes, quand la fortune nous les pardonne ! [ID., ib.]
Ô mon pauvre tyran, que tu as perdu à être si riche, et que Diogène a gagné à ne posséder rien ! [FÉNEL., Dial. des morts anc. 27]
Que les Français sont grands quand leur maître les guide ! [VOLT., Fontenoi.]
Qu'aimable et tendre doit être un mari qui peint sa femme sous des traits si charmants ! [J. J. ROUSS., Lett. au comte de B. 26 janv. 1765]
Que vous prenez de soins superflus ! [ID., Hél. III, 21]
Que de fous et de méchants dans ce meilleur des mondes possibles ! [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 11 août 1766]
Qu'aimable est la vertu que la grâce environne ! [A. CHÉNIER, l'Aveugle.]
14° Que, avec un nom de temps, signifie durant lequel, laquelle, lesquels, lesquelles.
Le jour suivant, que les vapeurs de Bacchus furent dissipées, Xanthus fut extrêmement surpris de ne plus trouver son anneau [LA FONT., Vie d'Ésope.]
Il perdit la voix Du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines [l'argent] [ID., Fabl. VIII, 2]
Et moi-même Au moment que je fais cette moralité.... [ID., ib. VIII, 4]
Du temps que les bêtes parlaient [ID., ib. IV, 1]
Un certain loup, dans la saison Que les tièdes zéphyrs ont l'herbe rajeunie, Et que les animaux quittent tous la maison [ID., ib. V, 8]
L'argent dans une bourse entre agréablement ; Mais, le terme venu que nous devons le rendre, C'est lors que les douleurs commencent à nous prendre [MOL., l'Ét. I, 6]
Je ne m'ennuyais point cet hiver que je vous avais [SÉV., 28 août 1675]
Vous devez prendre désormais quelque intérêt à mes affaires, tout au moins pour un an, qui est le temps que vous avez affermé le Buron [ID., à d'Hérigoyen, 20 juill. 1686]
J'y serai [à Grignan] jusqu'au mois de septembre, que j'irai à Bourbilly.... [ID., à Bussy, 15 juill. 1673]
Le temps n'est plus, ma chère fille, que ce m'était une grande consolation de recevoir une grande lettre de vous [ID., 17 janv. 1680]
Cette pauvre diablesse de Voisin, qui est à l'heure que je vous parle, brûlée à petit feu à la Grève [ID., 21 février 1680]
Où est le temps que vous ne mangiez qu'une tête de bécasse par jour, et que vous mouriez de peur d'être trop grasse ? [ID., 6 janv. 1672]
C'est un infortuné... qui ne se croit formé que pour les jours rapides qu'il paraît sur la terre [MASS., Carême, Prière 2]
Au commencement que l'évêque avait seul entre les mains tout le revenu de son Église, en était-il plus fastueux ? [ID., Confér. Us. des reven. ecclésiast.]
Une nuit que j'étais dans cet état tranquille où l'âme, plus à elle-même, semble être délivrée de la chaîne qui la tient assujettie [MONTESQ., Temple de Gnide.]
Au mois de juillet... que le pays [Montmorency] est plus agréable [J. J. ROUSS., Lett. à Malesherbes.]
Qu'elle soit toujours coiffée en cheveux jusqu'à l'âge de trente ans, qu'une pareille coiffure devient indécente et ridicule dans une femme [ID., Lett. à Mme Roguin, 31 mars 1764]
Dans ma jeunesse, que je croyais trouver dans le monde les mêmes gens que j'avais connus dans mes livres [ID., 2e lett. à M. de Malesherbes.]
Je joue de la harpe ou du clavecin jusqu'à huit et demie, que nous soupons [GENLIS, Ad. et Th. t. I, p. 31, dans POUGENS]
Par assimilation on a fait maintenant que, à présent que, sorte de conjonctions composées qui signifient en ce temps où, et qui sont formées comme pendant que, alors que.
L'Espagne pleurait seule ; maintenant que la France et l'Espagne mêlent leurs larmes et en versent des torrents, qui pourrait les arrêter ? [BOSSUET, Mar.-Thér.]
15° De la même façon on a fait, avec toutes sortes de substantifs et que, des composés où que signifie selon lequel, laquelle, lesquels, lesquelles.
De la façon enfin qu'avec toi j'ai vécu, Les vainqueurs sont jaloux du bonheur du vaincu [CORN., Cinna, V, 1]
On se défend d'abord, mais de l'air qu'on s'y prend On fait entendre assez que notre cœur se rend [MOL., Tart. IV, 5]
Elle [Mme de la Fayette] vous remercie tendrement de la manière que vous comprenez sa douleur [SÉV., 12 avr. 1680]
Commencez par décider... si je vendrai mes grains à Noël prochain au prix qu'ils se trouveront [ID., à Mme de Guitaut, 22 nov. 1692]
Elle [Mme de Fontevrault] pensa mourir de douleur en le voyant [son père] en l'état qu'il est [frappé d'apoplexie] [ID., 12 juin 1675]
Les écrits que vous m'avez fait l'honneur de m'envoyer n'envisagent point la matière du côté que je la regarde ici [BOSSUET, Lettres, 237]
Me voyait-il de l'œil qu'il me voit aujourd'hui ? [RAC., Andr. II, 1]
Comme un arbre plus d'une fois mort et déraciné, selon l'expression d'un apôtre, vous allez rester pour toujours sur le côté que vous tomberez [MASS., Carême, Inconst.]
Je tournai la tête du côté que partait la voix [LESAGE, Gil Blas, I, 1]
Le public ne prendrait pas le mot de secte dans le sens que je l'avais écrit [J. J. ROUSS., Lett. à M. de Bastide, 16 juin 1760]
Pardonnez si je ne puis voir les périls qui vous effrayent du même œil que les voit une mère [ID., Lett. à Mme de Créqui, 13 oct. 1758]
16° En dépit qu'il en ait, voy. DÉPIT 1, n° 2, et la remarque 2.

REMARQUE

  • 1. On dit : Faites ce que bon vous semblera, et non ce qui bon vous semblera. La construction est : Faites ce que bon vous semblera de faire.
  • 2. Que signifiant combien est un adverbe de quantité qui ne peut modifier un mot précédé d'un des adverbes bien, très , fort, extrêmement.
    Ainsi il y aura faute dans les vers suivants : Hélas ! après les pleurs que j'ai versés pour vous, Que cet heureux instant me doit être bien doux ! [CRÉBILLON, dans GIRAULT-DUVIVIER]

HISTORIQUE

  • IXe s.
    Si Lodwighs sagrament quae son fradre Karle jurat, conservat... [, Serment]
    In o quid il mi altresi fazet [, ib.]
  • Xe s.
    E de cel peril que super els metreiet [, Frag. de Valenc. p. 468]
    Cel edre [ce lierre] sost que [sous lequel] cil sedebat [, ib. p. 468]
  • XIe s.
    Ce dist Rolans : compainz, que faites-vous ? [, Ch. de Rol. CIV]
    Qu'est devenus li gascons Engelers [, ib. CLXXIII]
    Respont Rolanz : jà fereie que folz [, ib. LXXXI]
    Deus, dit li quens [le comte], or ne sai je que face [, ib. CXLVI]
    Eh ! reis amis, que [pourquoi] vous ici nen estes ? [, ib. CXXVI]
    An la sameine [semaine] qued il s'en dut aler [, St-Alexis, LIX]
  • XIIe s.
    Mult fait l'amours que vilaine Qui comence por faillir [, Couci, IV]
    Quant [je] voi venir le bel tanz et la flour, Que l'erbe vers resplent aval la prée [, ib. XVII]
    Sire, ce dist Sebile, savez que [ce dont] je vous prie ? [, Sax. VII]
  • XIIIe s.
    Tout droit en ce termine que je ici vous di [, Berte, I]
    Diex ! que ne savent or qu'ele est fame Pepin ? [, ib. LV]
    Moi ne chaut qu'on en fasse [, ib. XVI]
    Je ne sai que penser [, ib. XLIII]
    Pour le bien que il voient que Diex leur a rendu [, ib. CXXXVII]
    Que m'est-il avenu ? qu'ont ces gens empensé ? [, ib. X]
    En temps doux et joli Que erbelete poignent et pré sont raverdi [, ib. I]
    Entour la Saint Jehan que la rose est fleurie [, ib. II]
    L'eure soit beneoite, que je onques vous vi [, ib. LIX]
  • XIVe s.
    Il n'y a rien que metre ne que oster [aux œuvres bien faites] [ORESME, Eth. 44]
    Qu'est-ce que de fortune quant à tourner se prent ; Cellui n'est mie sages qui s'y fie forment [, Guesclin. 9780]
    Et que n'y aliez vous ? dit li prince briefment [, ib. 13544]
  • XVe s.
    Pour voir qu'on [ce qu'on] voudroit faire du roi, qui en prison estoit [Edouard II] [FROISS., I, I, 25]
    Et lui recorderent que une poignée de gens que ils estoient, avoient deconfit le roi d'Escosse et toute sa puissance [ID., 1, I, 307]
    Ils trouverent les nefs et les vaisseaux tous prests qu'on leur avoit amenés d'Angleterre [ID., I, I, 29]
    Avoit mis en deliberation s'il feroit mourir ses hostages, ou qu'il en feroit [COMM., II, 1]
    Voicy que je feroie [ID., III, 8]
    Sans nul besoin qu'il en soit [, ib. I, 5]
    Il me ferit une fois ou deux ; dont il fist que foul, car j'en fis pis que d'avant [, Les 15 joyes de mariage, p. 24]
  • XVIe s.
    Dont dist Gargantua : que diantre ! vous estes maulvais chevaulcheurs [RAB., Garg. I, 12]
    Un jour de vendredy, que tout le monde s'estoit mis en devotion [ID., Pant. II, 2]
    Beu que il eust, et rendu le hanap [ID., ib. IV, 51]
    Esmerveillez vous dadvantaige de la queue des beliers de Scythie, que pesoyt plus de 30 livres [ID., ib. I, 16]
    Là son precepteur repetoyt ce qu'avoyt esté leu [ID., ib. I, 23]
    Tout ce que leur estoyt servy à table [ID., ib. I, 23]
    Que feit-il ? - Que il feit, mes bonnes gens ? escoutez [ID., ib. II, 4]
    Que dyable de languaige est ceci ? [ID., ib. II, 6]
    Mais qu'est-ce que je mets si grand peine à refuter ceste rage brutale ? [CALV., Instit. 470]
    Qu'est-ce à dire que Dieu ne voit point les pechez, sinon qu'il ne les punit point ? [ID., ib. 511]
    Un grand vouloir de ne me souvenir D'homme que vive [MAROT, I, 381]
    Qu'estoy-je avant qu'entrer en ce passage ?... Qu'est-ce qu'aymer et s'en plaindre souvent ? ...Que suis-je donq'lorsque mon cœur en fend ?... [DU BELLAY, III, 55, recto.]
    Qu'ay je fait, que trop aymer ? [ID., IV, 34, verso.]
    À ce dernier roole, il n'y a plus que feindre [MONT., I, 67]
    Je ne suis pas bon naturaliste, qu'ils disent [ID., I, 61]
    Elle les a estably ez regions que bon luy a semblé [ID., I, 109]
    Qu'est-il plus farouche que de veoir.... [qu'y a-t-il de plus.... que de....] ? [ID., I, 118]
    Les voulez-vous [les philosophes] rendre juges des droicts d'un procez, des actions d'un homme ? Ils en sont bien prests : ils cherchent encores s'il y a vie ; que c'est qu'agir et souffrir [ID., I, 140]
    À treize ans que je sorti du college, j'avois achevé mon cours... [ID., I, 196]
    Sçavoir commander aux passions qu'il faut [LA BOÉTIE, 163]
    Elle monta mille fois les degrés D'une grand' tour qui descouvroit la plaine, Et les forests et chemins qu'elle pense Qu'on peut venir à Montaulban de France [ID., 486]
    Qu'est-ce qu'on pense qui donna à si petit nombre de gens.... le cœur de.... [ID., 17]
    Qu'est-ce qui engraisse plutost un cheval ? l'œil de son maistre [ID., 214]
    Je vous laisse à penser que, en lieu et avecques la compaignie qui y est, peult faire ou dire vostre cousine [MARG., Lett. 4]
    Ils ne sçavent que dire [ID., ib. 35]
    Que te semble de ce qu'un tel a fait ? [AMYOT, Lyc. 36]
    L'année que Phaedon fut prevost à Athenes [ID., Thésée, 44]
    Du costé que passe la riviere d'Anapus [ID., Timol. 31]
    Il reprit le chemin qu'il estoit venu [D'AUB., Hist. II, 475]
    Les princes penchent aisement du costé que leur inclination naturelle les conduit [ID., ib. II, 250]
    L'encre qu'on escrit [à écrire] [PARÉ, X, 8]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. quod, neutre de qui (voy. QUI). On peut penser que que représente quem, quam, quae aussi bien que quod ; mais la forme qued nous ramène à quod. Dans quelques cas qui n'ont pas prévalu, on a dit que pour qui, comme l'italien che.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. QUE. - REM. Ajoutez :
    Arrivé qu'il fut.., cette tournure est condamnée par Vaugelas, bien, dit-il, qu'une infinité de gens s'en servent, et en parlant et en écrivant. Malgré l'arrêt de Vaugelas, cette tournure est bonne et mérite d'être conservée.
    Que, dans l'usage ancien, pouvait être rapporté, non, comme à présent où cela est nécessaire, au verbe de la proposition subordonnée, mais au verbe, quand il s'en trouvait, d'une incise précédant le verbe de la proposition subordonnée.
    Je fais des vers qu'encor qu'Apollon les avoue, Dedans la cour peut-être on leur fera la moue [RÉGNIER, Sat. X]
    Au mot QUI, n° 13, comparez un emploi tout semblable.

QUE2

(ke) conj.
Sert à unir deux membres de phrase ; ce qui distingue ce que du que relatif qui unit un nom et un membre de phrase, c'est que celui-ci peut se tourner par quoi ou par lequel, laquelle, accompagné du nom qu'il rappelle, tandis que que conjonction ne le peut pas. Vous dites qu'il viendra.
Je crois qu'avec cela, mon cher marquis, je croi Qu'on peut par tout pays être content de soi [MOL., Mis. III, 1]
Dans ces locutions : Je dis que oui, Il soutient que non, oui et non représentent des propositions. Après certains verbes qui veulent de avec un substantif, on peut aussi mettre que. je vous instruis, je vous informe que votre frère est arrivé. Je vous avertis qu'il est temps de partir. On a dit aussi que après supplier.
Si j'ai oublié dans ma première lettre de faire mention du prélat, je vous supplie que je répare ce défaut dans celle-ci [SÉV., à Bussy, 27 févr. 1679]
Après certains verbes et certaines constructions qui impliquent possibilité, doute, négation, interrogation, commandement, on met le subjonctif. Je ne crois pas qu'il vienne. Il suffit que vous le disiez. Il faut qu'il parte. C'est dommage qu'il ait ainsi parlé.
Est-il possible que vous partiez ? Voilà qui m'étonne, qu'en ce pays-ci les formes de la justice ne soient point observées [MOL., Pourc. III, 2]
Et ne croyez pas que ce fût sur des matières.... [MASS., Carême, Vérité de la relig.]
Ô Dieu ! en permettant que la sagesse humaine tombât dans des égarements si monstrueux [ID., Carême, Vérité de la religion.]
Cependant on peut mettre aussi l'indicatif ; mais le sens est un peu différent.
Croyez-vous qu'il suffit d'être sorti de moi ? [CORN., le Ment. V, 3]
C'est dommage, Garo, que tu n'es point entré Au conseil de celui que prêche ton curé [LA FONT., Fabl. IX, 4]
Ah ! madame, il suffit pour me rendre croyable, Que ce qu'on vous promet doit être inviolable [MOL., D. Garc. I, 3]
Est-il possible que toujours j'aurai du dessous avec elle ! [ID., G. Dand. II, 13]
Est-il possible que vous serez toujours embéguiné de vos apothicaires et de vos médecins ? [ID., Mal. imag. III, 3]
Et que, continuant une pensée commencée par un infinitif.
Mais voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats, Et que seuls désormais en vain ils se défendent [CORN., Cid, IV, 3]
J'ai cru sa mort pour vous un malheur nécessaire, Et que sa haine injuste augmentant tous les jours.... [ID., Pomp. III, 2]
Considérant l'état des choses, et qu'il serait peut-être difficile au roi son maître de conserver ni Dunkerque ni les autres places de Flandre [PELLISSON, Hist. de Louis XIV, liv. I, 1662]
Néère, ne va point te confier aux flots, De peur d'être déesse, et que les matelots N'invoquent au milieu de la tourmente amère La blanche Galatée et la blanche Néère [A. CHÉN., Fragments d'idylles.]
Que s'emploie semblablement, sous-entendu disant, exposant.
M. de Pompone ne put retenir quelques larmes, en lui parlant [au roi] du malheur qu'il avait eu de lui déplaire ; que, pour sa famille, il l'abandonnait aux bontés de Sa Majesté ; que toute sa douleur était.... [SÉV., 7 févr. 1680]
Dans une phrase où se trouvent deux propositions en regard l'une de l'autre, l'une régissant, l'autre régie, quand la première est au passé, on doit mettre la seconde au présent, si elle exprime une chose vraie indépendamment de toute époque, une action qui se fait ou peut se faire en tout temps, ou bien encore lorsqu'il s'agit de quelque chose qui existe au moment où l'on parle.
Vous m'avez dit, tout franc, que je dois accepter Celui que pour époux on me veut présenter [MOL., Tart. II, 4]
Qu'est-ce que vous me voulez, mon papa ? ma belle maman m'a dit que vous me demandez [ID., Mal. imag. II, 11]
On m'a dit qu'on ne connaît plus certaines planètes qui tournent autour de Jupiter, auxquelles Galilée donna en mon honneur le nom d'astres de Médicis [FONT., Dial. de Cosme de Médicis et de Bérénice]
Il concluait que la sagesse vaut mieux que l'éloquence [VOLT., Taureau blanc.]
Cependant mettre l'imparfait n'est pas une faute ; seulement la pensée est un peu différente ; l'imparfait se dit quand on veut exprimer quelque chose de relatif.
....Je t'ai déjà dit que j'étais gentilhomme, Né pour chômer et pour ne rien savoir [LA FONT., Papefig.]
Son père Antonin lui avait appris [à Marc-Aurèle] qu'il valait mieux sauver un seul citoyen que de défaire mille ennemis [BOSSUET, Hist. I, 10]
Je n'ai pas oublié, prince, que ma victoire Devait à vos exploits la moitié de sa gloire [RAC., Bérén. III, 1]
On met l'imparfait du subjonctif après un temps passé. Je craignais, j'ai craint, j'avais craint qu'il ne vînt. On le met aussi après le conditionnel passé. J'aurais voulu qu'il ne vînt pas. Après le conditionnel futur, on met le présent ou l'imparfait. Je voudrais qu'il vienne ou qu'il vînt ; voy. la remarque 2. On pourrait, après le présent, mettre l'imparfait du subjonctif dans une phrase de cette espèce : On craint que la guerre, si elle éclatait, n'entraînât des maux incalculables. C'est de la sorte que Racine a dit : Hélas ! on ne craint point qu'il venge un jour son père ; On craint qu'il n'essuyât les larmes de sa mère, Andr. I, 4.
Que retranché, nom que l'on donne, dans certaines grammaires latines, à la tournure latine qui exprime par le verbe à l'infinitif et le nom à l'accusatif ce que nous exprimons par que entre deux verbes ; Burnouf l'appelle proposition infinitive.
C'est donc par l'idiotisme de l'une et de l'autre langue qu'il faut expliquer ces façons de parler, et non par les règles ridicules du que retranché [DUMARS., Œuv. t. IV, p. 82]
En tête d'un chapitre ou d'une section d'un livre, on met que pour indiquer de quelle matière il y est traité.
Que Dieu s'est voulu cacher [PASC., Pens. XI, 5, éd. HAVET.]
Par inversion, la proposition où est que peut se mettre avant l'autre. Que cela soit, j'y consens. Que l'on veuille agir ainsi, c'est ce que je ne crois pas.
Mais que tous, tant que nous sommes, Nous mentions, grand et petit, Si quelque autre l'avait dit, Je soutiendrais le contraire [LA FONT., Fabl. IX, 1]
Que le bon soit toujours camarade du beau, Dès demain je chercherai femme [ID., ib. VII, 2]
Que ce soit l'homme ou la femme qui ait introduit le péché dans le monde, c'est la même chose, selon saint Augustin [MALEBR., Rech. Éclairc. liv. I, t. IV, p. 126 dans POUGENS]
Que tous les hommes presque se sauvent, la foi nous défend de le croire [MASS., Carême, Élus.]
Que ce consul [Cicéron] ait été un bon poëte, un philosophe qui savait douter, un gouverneur de province parfait.... ce n'est pas là le mérite dont il s'agit ici [VOLT., Rome sauv. Préf.]
Que ainsi placé équivaut quelquefois à soit que.
Que sa prétention fût ou non légitime, Encor ce traitement paraît-il inhumain [ROTR., Antig. IV, 1]
Du reste, que vous réussissiez ou que vous ne réussissiez pas, c'est un soin dont il vous décharge [BOURDAL., Exhort. sur l'obéiss. relig. t. I, p. 283]
Tout ce que nous faisons, que nous pleurions, que nous nous réjouissions, il doit être d'une telle nature, que nous puissions du moins le rapporter à Jésus-Christ [MASS., Carême, Élus.]
Ainsi placé, que équivaut encore à s'il arrive, s'il arrivait, s'il fût arrivé. Qu'il fasse le moindre excès, il est malade, s'il arrive qu'il fasse le moindre excès, il en est malade.
Que Nicias eût envoyé le plus petit détachement pour s'opposer à l'approche de Gylippe, il était maître de Syracuse, et tout était fini [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 667, dans POUGENS]
Que son maître [du chien] paraisse, et ses sens sont calmés [DELILLE, Trois règ. VIII]
Que s'emploie de même pour il faut que.
Que je vous retrouve à mon retour modeste, douce, timide, docile [MAINTENON, Lett. à Mlle d'Aubigné, 11 mai 1693]
Que je vous gronde ; vous doutez de mes sentiments, parce que vous n'en voyez pas de marques [MAINTENON, Lett. à Mme de Brinon, t. II, p. 233, dans POUGENS]
Que je vous conte une réponse qui m'a fait plaisir, parce qu'elle m'a paru au-dessus de son âge [d'un enfant] [ID., Lett. à Mme de Montespan, 1677, t. I, p. 65]
Dans une phrase exclamative il équivaut à : faut-il ? Qu'il se soit oublié à ce point !
Bon Dieu ! que la tiédeur des chrétiens ait réduit votre Église à leur faire une loi de la participation à votre corps et à votre sang ! qu'il ait fallu des menaces pour les conduire à l'autel, et les obliger de s'asseoir à votre table ! [MASS., Avent. Disp. à la comm.]
Il exprime le souhait, l'imprécation, le commandement, le français ne possédant l'impératif qu'aux secondes personnes et à la première du pluriel, et y suppléant avec que et le subjonctif ; dans ces locutions, que, bien que en tête de la phrase, n'en est pas moins entre deux propositions dont la première est sous-entendue : je prie que, j'ordonne que, etc. Que je meure si.... Qu'il parte aussitôt.
Que la foudre à vos yeux m'écrase si je mens ! [CORN., le Ment. III, 5]
Que puissiez-vous avoir toutes choses prospères ! [MOL., le Dép. III, 4]
Que maudit soit l'amour, et les filles maudites Qui veulent en tâter, puis font les chattemites ! [ID., ib. V, 4]
Le pauvre homme ! allons vite en dresser un écrit, Et que puisse l'envie en crever de dépit ! [ID., Tart. III, 7]
Élevez maintenant, ô Seigneur, et mes pensées et ma voix ; que je puisse représenter à cette auguste audience l'incomparable beauté d'une âme que vous avez toujours habitée ! [BOSSUET, Mar.-Thér.]
Que son nom soit béni ; que son nom soit chanté ; Que l'on célèbre ses ouvrages Au delà des temps et des âges, Au delà de l'éternité ! [RAC., Esth. III, 9]
Salut, père étranger, et que puissent tes vœux Trouver le ciel propice à tout ce que tu veux ! [A. CHEN., le Mendiant.]
Que s'emploie seul et représente différentes locutions conjonctives. Il représente : afin que.
Que se met pour afin que, M. d'Ablancourt disant dans son Lucien : Monte vite, que je t'attache [VAUGEL., Nouv. Rem. Observ. de M*** p. 485, dans POUGENS]
Faites, faites entrer ce héros d'importance, Que je fasse un essai de mon obéissance [CORN., Sertor. II, 2]
Rendez-vous propre mon expérience : que j'aie vécu pour vous et pour moi [MAINTENON, Lett. à M. d'Aubigné, 25 juin 1684]
Dans une phrase interrogative, il représente : qui fait que, pour que.
Mais que vous a-t-il fait, que pour lui seulement Vous vous rendiez rebelle à mon commandement ? [CORN., la Suiv. V, 8]
Qu'est-ce que l'homme, ô grand Dieu, que vous en faites état et que vous en avez souvenance ? [BOSSUET, Sermons, Quinquag. I]
Qu'avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangez point ? [BOILEAU, Sat. III]
Accompagné de ne, il représente : de peur que.
Fuyez, qu'à ses soupçons il ne vous sacrifie [CORN., Médée, I, 5]
Cliton, ne raille point, que tu ne me déplaises [ID., Ment. V, 4]
Il représente : avant que.
Je pensai.... que je ne devais point entreprendre d'en venir à bout [établir des principes de la philosophie], que je n'eusse atteint un âge bien plus mûr que celui de vingt-trois ans que j'avais alors [DESC., Méth. II, 13]
Ne venez point ici que vous n'ayez de mes nouvelles [SÉV., à Ménage, 1650]
Il n'y a point au monde de si pénible métier, que celui de se faire un nom : la vie s'achève que l'on a à peine ébauché son ouvrage [LA BRUY., II]
Il représente : et néanmoins. L'ennemi semblerait dispersé, que l'on devrait veiller encore. De telles nouvelles seraient indubitables, que je ne les tairais pas moins.
On est souvent un fort honnête homme, qu'on n'est pas un très bon chrétien [SÉV., 4 oct. 1677]
Il représente : pendant que.
La voiture aux provisions est venue, que j'étais malade [J. J. ROUSS., Lett. à M. de Lorenzy, 3 nov. 1760]
Il représente : si bien, de telle façon que.
J'ai une tendresse pour mes chevaux, qu'il me semble que c'est moi-même [MOL., l'Av. III, 5]
Par un prompt désespoir souvent on se marie, Qu'on s'en repent après tout le temps de sa vie [ID., Femm. sav. V, 5]
Je suis dans une colère, que je ne me sens pas [ID., Mar. forcé, 6]
Il sera berné.... qu'il n'y manquera rien [REGNARD, Attendez-moi sous l'orme, 14]
On dit de même : Que c'est une bénédiction.
Elle engraissait, que c'était une bénédiction [HAMILT., Gramm. 10]
Quand le Camus disait mon frère le cardinal, il se rengorgeait que c'était un plaisir [SAINT-SIMON, 281, 72]
Que signifiant de ce que.
Nous faisions la guerre au bonhomme d'Andilly, qu'il avait plus d'envie de sauver une âme qui était dans un beau corps qu'une autre [SÉV., 19 août 1676]
Que signifiant à ce que.
Je comprends qu'en effet vous perdez un peu que je ne sois plus à Paris [SÉV., 17 mai 1680]
Que signifiant lorsque.
La vie est trop courte, et la mort nous prend, que nous sommes encore tout pleins de nos misères et de nos bonnes intentions [SÉV., 27 juin 1679]
Vous croyez avoir résisté jusqu'au sang et remporté la victoire, qu'il faut recommencer le combat [MASS., Mystères, Résurrect.]
Je n'avais aucune idée des choses, que tous les sentiments m'étaient déjà connus [J. J. ROUSS., Conf. I]
Que signifiant puisque. Sans doute vous avez été malade, qu'on ne vous a vu depuis six mois.
Vous êtes donc brouillé avec lui, que vous ne lui parlez plus ? Comment voudriez-vous qu'ils [vos chevaux] traînassent un carrosse, qu'ils ne peuvent pas se traîner eux-mêmes ? [MOL., l'Av. III, 5]
Il représente : depuis que. Il y a dix ans qu'il est parti. Il représente : autant que.
Fîtes-vous jamais la cuisine ? - Non, dit-elle, qu'il me souvienne [P. L. COUR., Conversation chez la comtesse d'Albany]
Que.... ne signifiant sans que.
Et ce bien, par la fraude entré dans ma maison, N'en sera point tiré que dans cette sortie Il n'entraîne du mien la meilleure partie [MOL., le Dép. III, 3]
Je vous donne avis qu'il n'avouera jamais qu'il est médecin, que vous ne preniez chacun un bâton, et ne le réduisiez à force de coups [ID., Méd. mal. lui, I, 5]
Il aime quelquefois sans qu'il le sache bien, Et croit aimer aussi parfois, qu'il n'en est rien [ID., Mis. IV, 1]
10° Il est corrélatif de tel, quel, même, autre.
Tout autre que mon père L'éprouverait sur l'heure [CORN., Cid, I, 5]
Montre-toi digne fils d'un père tel que moi [ID., ib. I, 5]
Et moi, ma fille, je vous aime avec la même inclination que ce fleuve [le Rhône] va de Lyon à la mer ; cela est un peu poétique, mais cela est vrai [SÉV., 30 juill. 1677]
Quel grand homme que ce Guillaume prince d'Orange ! [VOLT., Dict. phil. Venise.]
On trouve quelquefois, dans ces phrases, après que l'ellipse de celui, celle, ceux, celles.
Mon père, trop sensible aux droits de la nature, Quitta tout autre soin que de sa sépulture [de mon frère] [CORN., Médée, III, 3]
Il est corrélatif aussi des adverbes de comparaison et des comparatifs. Il est plus heureux que sage. Rien ne l'a tant réjoui que d'apprendre.... Si peu que rien.
Il y a dans la jalousie plus d'amour-propre que d'amour [LA ROCHEFOUC., Max. 324]
Il n'est meilleur ami ni parent que soi-même [LA FONT., Fabl. IV, 22]
Les rois non plus que le soleil n'ont pas reçu en vain l'éclat qui les environne [BOSSUET, Marie-Thér.]
La reine pleine de foi ne se propose pas un moindre modèle que Marie [ID., ib.]
Notre reine heureuse par la naissance qui lui rendait la piété aussi bien que la grandeur comme héréditaire... [ID., ib.]
Que bien que mal, en partie bien, en partie mal.
La volatile malheureuse.... Droit au logis s'en retourna : Que bien, que mal elle arriva Sans autre aventure fâcheuse [LA FONT., Fabl. IX, 2]
On dit aujourd'hui plutôt : tant bien que mal. Si.... que, dans le sens de assez... pour.
Je fus si heureux que de faire d'abord amitié avec lui [BALZ., à la reine de Suède.]
11° Que signifiant si ce n'est, autre que, autrement que.
Par qui sont aujourd'hui tant de villes désertes ?... Que par ces enragés ? [MALH., II, 12]
Combien de divers automates ou machines mouvantes l'industrie des hommes peut faire, sans y employer que fort peu de pièces ! [DESC., Méth. V, 9]
Le chasser, c'est vous faire un puissant ennemi, Sans obliger par là le vainqueur qu'à demi [CORN., Pomp. I, 1]
Et sa manne cachée est difficile à voir Qu'à ces yeux épurés que la grâce illumine [ID., Imit. I, 1]
Le désir de savoir est naturel aux hommes ; Il naît dans le berceau sans mourir qu'avec eux [ID., ib. I, 2]
C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix.... Eh ! qui connaît que vous les beautés et les grâces ? [LA FONT., Fabl. VII, Dédic. à Mme de Montespan.]
Hélas, suis-je en pouvoir de faire des résolutions ? et, dans la dépendance où je me vois, puis-je former que des souhaits ? [MOL., l'Av. IV, 1]
Ont-elles répondu que oui et non à tout ce que nous avons pu leur dire ? [ID., Préc. 1]
Descendons-nous tous deux que de bonne bourgeoisie ? [ID., Bourg. gent. III, 12]
Il est impossible de faire une démarche avec sens et jugement, qu'en la réglant par la vue de ce point [l'immortalité de l'âme], qui doit être notre dernier objet [PASC., Pens. IX, I, édit. HAVET.]
Rien ne donne l'assurance que la vérité [ID., ib. XXIV, 21]
La pratique générale et universelle défendait de communier les pécheurs qu'après l'accomplissement de leur pénitence [ARNAULD, Fréq. communion, 2e part. ch. 15]
Il ne dit pas une parole qu'en italien [SÉV., 2 sept. 1676]
Point de fièvre, qu'intérieure et imperceptible [ID., 17 nov. 1688]
À quoi peut-il aboutir qu'à notre perte ? [BOURDAL., Carême, III, 3, Pas. de Dieu, 19]
D'où lui peut venir cette force que de Dieu ? [ID., Dominic. I, Sainteté et force de la loi, 242]
Après qu'il eut perdu toute espérance d'en pouvoir obtenir que de l'amitié [FLÉCHIER, Grands jours d'Auvergne, p. 13e, 2e édit.]
Vous voyez des gens qui entrent sans saluer que légèrement [LA BRUY., VIII]
Vos esclaves me disent que vous êtes enfermé, et que vous ne pouvez me recevoir que d'une heure entière [ID., VI]
Pourquoi le temps vous est-il donné, que pour demander à Dieu qu'il oublie vos crimes ? [MASS., Carême, Prière 1]
Et la supériorité que lui donnait le rang et le mérite, l'aperceviez-vous que dans le soin aimable qu'il avait de l'oublier ? [ID., Or. fun. Prince de Conti.]
Ai-je fait un seul pas que pour te rendre heureuse ? [VOLT., Alz. I, 4]
12° Que précédé de pas ou de point, et signifiant si ce n'est.
Ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu, Et ne l'auront point vue obéir qu'à son prince [CORN., Hor. III, 6]
Je jure les rayons du jour qui nous éclaire Que tu ne mourras point que de la main d'un père [ID., le Ment. V, 3]
Le sujet est simple et du nombre de ces événements connus, où il ne nous est pas permis de rien changer qu'autant que.... [ID., Sert. Au lecteur.]
M. d'Ormesson n'a point découvert cela que lorsqu'il n'y a plus eu de remède [SÉV., 11 déc. 1664]
Mardi ils [les juges de Fouquet] s'assembleront tous dès le matin, et ne se sépareront point qu'après avoir donné un arrêt [ID., ib.]
Nous n'avons point de roi que César [BOSSUET, Hist. II, 10]
L'Égypte n'avait point vu de grands édifices que la tour de Babel, quand elle imagina ses pyramides [ID., ib. III, 3]
Cette locution a vieilli, et c'est dommage. En tout cas, il faut se garder de la confondre avec la locution vicieuse où ne.... que est joint à pas ou à point : Je n'ai pas que cela à faire (voyez ci-dessous la remarque 1).
13° Ne pouvoir pas.... que.... ne, c'est-à-dire il est impossible que.... ne.
Dans le fond, je suis de votre sentiment, et vous ne pouvez pas que vous n'ayez raison [MOL., l'Av. I, 7]
On dit de même : il n'est pas que.... ne....
Il n'est pas que vous ne sachiez quelques nouvelles de cette affaire [ID., l'Avare, V, 2]
14° Non que..., c'est-à-dire il ne faut pas dire que...
Non que pour cela j'osasse entreprendre d'abord d'examiner toutes celles difficultés] qui se présenteraient [DESC., Méth II, 13]
15° Ne.... que signifiant seulement. Je ne veux que le voir. Je n'ai de volonté que la tienne. Je ne possède de maison que celle que j'habite.
On n'entend que des cris, on ne voit que des larmes [CORN., Cid, III, 6]
Je ne vous reproche pas de craindre les juges, mais de ne craindre que les juges ; c'est cela que je blâme [PASC., Prov. XII]
Inconnu dans l'église, ignoré dans ce lieu, Je ne pourrai donc plus être vu que de Dieu [BOILEAU, Lutr. IV]
Ce n'est que dans le siècle de Jésus-Christ qu'on a commencé à parler de tous ces messies [BOSSUET, Hist. II, 10]
Je serais au désespoir qu'on me soupçonnât d'avoir été le traducteur de ce livre hardi [l'ABC], dans mon jeune âge ; car, en 1762, je n'avais que soixante-neuf ans [VOLT., Lett. Mme du Deffant, 26 déc. 1768]
Allons ; et pour Camille elle n'a qu'à dormir [A. CHÉN., Élég. XVII]
Ne.... que, avec un comparatif ou avec trop, sert à affirmer plus fortement.
Il n'y a que trop longtemps que vous trompez le monde, et que vous abusez de la créance qu'on avait en vos impostures [PASC., Prov. X]
Vos conseils sur mon cœur n'ont eu que trop d'empire [RAC., Iphig. I, 3]
L'auteur n'est pas l'ami du comte de Lalli ; il s'en faut beaucoup ; son témoignage n'en est que plus recevable quand il atteste les mêmes griefs qui faisaient le désespoir de Lalli [VOLT., Louis XV, 34]
Ils ne font que sortir, ils sortent à chaque instant. Ils ne font que de sortir, ils viennent de sortir. Ne.... que s'explique par une ellipse : Il n'y a que lui, il n'y a [autre] que lui ; il n'est que blessé, il n'est [autre chose] que blessé.
16° Il n'est que de, voy. ÊTRE 1, n° 14.
17° Il sert à former un grand nombre de locutions conjonctives : avant que, après que, afin que, dès que, loin que, sans que, soit que, etc.
18° Il remplace comme, quand, si, lorsqu'à des propositions qui commencent par ces mots, on en joint d'autres de même nature.
Comme nous avons déjà dit, et que nous le verrons plus clairement ailleurs [BOSSUET, Connaiss. I, 17]
Si, selon la doctrine du grand apôtre, on trouve la sainteté dans les emplois les plus bas, et qu'un esclave s'élève à la perfection [ID., le Tellier.]
Quand tout cédait à Louis et que nous crûmes voir revenir le temps des miracles où les murailles tombaient au bruit des trompettes.... [ID., Mar.-Thér.]
Que, remplaçant comme et quand, veut l'indicatif. Remplaçant si, il veut le subjonctif ; cependant, par exception, on trouve aussi l'indicatif.
Si je n'ai pas eu des sentiments humbles, et que j'ai élevé mon âme, Seigneur, ne me regardez pas.... [BOSSUET, Polit. X, VI, 13]
Que remplaçant pourquoi.
C'est pourquoi il [Jésus-Christ] a souffert et est mort pour sanctifier la mort et les souffrances, et que, comme Dieu et comme homme, il a été tout ce qu'il y a de grand et tout ce qu'il y a d'abject [PASC., Lett. sur la mort de son père]
Pourquoi avez-vous tous conspiré contre moi, et que personne ne m'avertit où est le fils d'Isaïe ? [BOSSUET, Pol. III, II, 10]
Pourquoi dit-on prêter l'oreille, et que prêter les yeux n'est pas français ? [VOLT., Comm. Corn. Rem. Rodog. V, 3]
[Réaumur m'apprendra-t-il] Pourquoi l'aspic affreux, le tigre, la panthère N'ont jamais adouci leur cruel caractère, Et que, reconnaissant la main qui le nourrit, Le chien meurt en léchant le maître qu'il chérit ? [ID., Sur la modération.]
Que remplaçant jusques à quand.
Jusques à quand jugerez-vous avec injustice, et que vous regarderez, en jugeant, non le droit, mais les personnes ? [BOSSUET, Polit. VIII, I, 1]
19° Que précède élégamment la conjonction si au commencement d'une phrase.
Détale vite et cours ; Que si ce loup t'atteint, casse-lui la mâchoire [LA FONT., Fabl. VIII, 17]
Que si le mort n'était convaincu d'aucune faute, on l'ensevelissait honorablement [BOSSUET, Hist. III, 3]
Que si son rang la distinguait, j'ai eu raison de vous dire qu'elle était encore plus distinguée par son mérite [ID., Duch. d'Orl.]
20° Que corrélatif de ce. Si je ne vais plus chez vous, c'est que je crains d'y rencontrer votre cousin.
C'est là que ceux qui étaient autrefois enchaînés ensemble ne souffrent plus aucun mal [SACI, Bible, Job, III, 18]
C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix [LA FONT., Fabl. VII, à Mme de Montespan.]
S'il [l'enfant] n'a l'oiseau, c'est fait que de sa vie [ID., Fauc.]
En cette construction, que de se met souvent devant un infinitif.
Ce n'est pas ce qu'on croit que d'entrer chez les dieux : Cet honneur a souvent de mortelles angoisses [LA FONT., Fabl. XII, 11]
C'est donner que de faire un marché de cette sorte [SÉV., 187]
Dans quelque prévention où l'on puisse être sur ce qui doit suivre la mort, c'est une chose bien sérieuse que de mourir [LA BRUY., XVI]
On supprime quelquefois le de.
C'est crime qu'envers lui se vouloir excuser [CORN., Hor. V, 2]
Ô l'utile secret que mentir à propos ! [ID., Ment. II, 6]
C'est l'acheter trop cher que l'acheter d'un bien Sans qui les autres ne sont rien [LA FONT., Fabl. IV, 13]
Souvent, dans ces tournures, que s'emploie pour donner plus de force à ce qu'on dit.
Tant c'est chère denrée Qu'un protecteur ! [LA FONT., Fabl. VIII, 18]
Bon ! voilà ce qu'il nous faut, qu'un compliment de créancier [MOL., D. Juan, IV, 2]
La douce chose que d'aimer, lorsque l'on ne voit point d'obstacle à ces aimables chaînes dont deux cœurs se lient ensemble ! [ID., Scapin, III, 1]
C'est peut-être la décision de la destinée de Mlle de Grignan que ce voyage [SÉV., 12 mai 1680]
Ce m'est une religion que la vénération que j'ai pour cette maison [ID., 22 mai 1682]
C'est un malheur inséparable du bien qu'a produit l'imprimerie, que cette foule de pièces scandaleuses publiées à la honte de l'esprit et des mœurs [VOLT., Charles XII, Lett. Norberg.]
Étonnant mystère que l'amour ! [STAËL, Corinne, XVIII, 5]
21° Familièrement. Si j'étais que de vous, ou si j'étais de vous, voy. ÊTRE 1, n° 12.
Le duc de Créquy, en parlant au maréchal de Clérambault, lui dit dans la chaleur de la conversation : Monsieur le maréchal, si j'étais que de vous, je m'irais pendre tout à l'heure. Hé bien, lui répliqua le maréchal, soyez que de moi [, Opusc. lang. franç. p. 256, dans POUGENS]
22° Cela ne laisse pas que d'être inquiétant, voy. LAISSER, n° 20.
23° Oh que non, que non, que non pas, se dit dans le langage familier, pour : non.
Vous bavarderez : oh que non ! Louis : Répondez : n'avez-vous pas vos maux, Partant des médecins ? - Marcel : Oui-da ! pour nos troupeaux ; Mais pour nous, que non pas ! [C. DELAVIGNE, Louis XI, III, 3]
Que si, que non, querelle, dispute.
Sur le que si, que non tous deux étant ainsi [LA FONT., Fabl. IX, 14]
On la reçut [la Discorde] à bras ouverts, Elle et que si que non, son frère, Avecque tien et mien, son père [ID., ib. VI, 20]
Être toujours sur le que si, que non, être toujours prêt à contrarier. Que non pas, correspondant à un comparatif.
Tout ce que vous m'avez dit, je l'aime mieux une feinte, que non pas une vérité [MOL., Princ. d'Él. V, 2]
Cette tournure a vieilli ; pourtant elle est indispensable quand la construction amènerait deux que de suite : il vaut mieux tuer le diable, que non pas que le diable nous tue (voy. NON, n° 5).

REMARQUE

  • 1. " à Rome, il n'y avait pas que les esclaves qui fissent le métier de gladiateurs. Construction barbare, bien que fort usitée aujourd'hui. On n'en trouverait pas un seul exemple dans toute la littérature française avant la fin du XVIIIe siècle. Le plus ancien que j'aie rencontré est de Maurice Dupin, petit-fils du maréchal de Saxe et père de Mme Sand. C'est dans une lettre qu'il écrit à sa mère en 1798. Je ne connais, avant cette date, aucun exemple de pareille faute dans les écrivains français. Grammaticalement, cette construction signifie précisément le contraire de ce qu'on veut lui faire dire quand on l'emploie aujourd'hui. Je n'en veux pour preuve que les vers de Corneille (voy. ci-dessus, n° 11 : Ils ne l'auront point vue obéir qu'à son prince, c'est-à-dire si ce n'est à son prince). Tel est le sens français et correct de cette tournure, quoique aujourd'hui un grand nombre de personnes et même d'écrivains l'emploient fréquemment dans le sens opposé. Pour eux, le vers de Corneille voudrait dire : ils ne l'auront point vue obéir seulement à son prince ; c'est justement tout le contraire. Voici d'où vient la confusion : ils s'imaginent que cette tournure il n'y a pas que, est l'opposé de il n'y a que ; tandis qu'au fond, soit grammaticalement, soit logiquement, ces deux tournures ne sont qu'une ; témoin le vers de Corneille. En effet, en ajoutant simplement le mot pas à la tournure il n'y a que, on croit ajouter une seconde négation à la première, ce qui serait nécessaire pour que l'une des tournures signifiât le contraire de l'autre ; mais, en réalité, on n'y ajoute rien du tout, si ce n'est le mot pas, mot purement explétif, qui, soit qu'on le mette, soit qu'on l'omette, fait virtuellement partie de la première négation, et ne saurait, à lui tout seul, en constituer une seconde (voy. ci-dessous un exemple de Marot où pas joue exactement le rôle que lui attribue M. Deschanel en cette locution). Ne tout seul, ou, à volonté, ne pas n'est qu'une seule et même négation. Corneille a bien dit ce qu'il voulait dire ; mais les auteurs d'à présent, se servant de la même tournure pour signifier le contraire, font un barbarisme de phrase et un non-sens, " DESCHANEL, Journ. des Débats, 23 août 1860. En place de la construction vicieuse : Il n'y a pas que lui qui ait fait cela, on dira : Il n'y a pas seulement lui qui a fait cela, ou mieux Il n'est pas le seul qui ait fait cela ; Je n'ai pas vu que lui, dites : Il n'est pas le seul que j'aie vu. C'est par une autre tournure heureuse et juste que la Fontaine a exprimé ce que nous rendons par cette locution barbare de ne.... pas.... que :
    Moins d'ennemis attaquent leur pudeur [des femmes du monde] ; Les autres [les cloîtrées] n'ont pour un seul adversaire : Tentation, fille d'oisiveté ! [LA FONT., Mazet.]
  • 2. Je voudrais qu'il vienne ou qu'il vînt. L'imparfait exprime une contemporanéité : Quand j'avais de l'argent, je le dépensais. Semblablement, le conditionnel exprimant une contemporanéité avec la condition, on met à l'imparfait le verbe du membre où la condition est exprimée : Si j'avais de l'argent, je le dépenserais. Semblablement enfin on met l'imparfait du subjonctif dans le membre subordonné : Si j'avais de l'argent, je le dépenserais de manière qu'il profitât. Mais cela est une pure affaire d'oreille ; la syntaxe n'y est pour rien ; bien plus l'idée est non d'un passé, mais d'un futur ; et il serait peu usité, mais non fautif de dire : de manière qu'il profite. Cette liberté devient encore plus effective quand le conditionnel est pris absolument et sans condition exprimée ; alors il est non-seulement permis de mettre le présent du subjonctif, mais, la plupart du temps, cela vaut mieux que l'imparfait et est moins apprêté et moins puriste : Je voudrais qu'il vienne ou qu'il vînt ; il me serait agréable que cela se fasse ou se fît ; je désirerais que vous passiez chez moi, et non que vous passassiez, etc.

HISTORIQUE

  • Xe s.
    Elle n'out escoltet les mals conseilliers, Qu'elle Deo raneiet [renie] [, Eulalie]
    El li enorte, dont lei nonque chielt [dont elle ne se soucie], Qued elle fuie le nom christien [, ib.]
    Dunc si rogavit Deus ad un verme, que percussist cel edre [ce lierre] [, Fragm. de Valenc. p. 468]
    Preietz [priez] li que de cest periculo nos liberat [, ib. p. 469]
  • XIe s.
    Par le sien Deu, qu'il ait mercit de mei [, Ch. de Rol. VI]
    Jà [il] ne verrat passer cest premer meis Que jel suivrai.... [, ib.]
    Sa coustume est qu'il parole à leisir [, ib.]
    Se Deus ce done que je de là repaire.... [, ib. X]
    Pierre n'i a que toute ne seit neire [, ib. LXXVI]
    Al champ estez, que ne seions vaincuz [, ib. LXXX]
    Sa hanste est fraite, [il] n'en a que un tronçon [, ib. CIV]
    Quant tu es mors, dolur est que je vif [vive] [, ib. CXLIX]
  • XIIe s.
    Entre ci que as portes n'i ot arrestoison [de l'ennemi] [, Sax. VIII]
    Que Dex par sa vertu vous ramaint sauvement ! [, ib. XX]
    Plus [ils] ont paor de mort que n'aient de prison [, ib. XXII]
    Il parla hautement, que l'oïrent plusors [plusieurs] [, ib. XXVII]
  • XIIIe s.
    Bien i ot vint mile home que femes que enfans [VILLEH., CLXV]
    La quarte bataille fist li quens Looys de Blois et de Chartain, et moult ert grans et redoutée, que [car] moult i avoit de bone gent et bons chevaliers [ID., LXIX.]
    Tant chevaucha li empereres Alexis, qu'il fu près de nostre gent, si que bien porent traire des unes batailles aus autres [ID., LXXXII]
    Charles Martiaus saut sus, que il plus ne detrie [retarde] [, Berte, II]
    La clarté [elle] fait oster, qu'on n'i put rien choisir [voir] [, ib. XII]
    Car encor cuidoit-ele que ce fust amisté [, ib. X]
    Puis [elle] dist entre ses dens, que nuls ne l'a oït.... [, ib. LIII]
    Si soit m'ame assolue, que c'est Berte vo [votre] femme ! [, ib. CXXIV]
    Après ce que Symons fu ainsi adoubés, Et que li rois li ot donné grans herités [, ib. CXXXII]
    Puis qu'ainsi est la chose et venue et alée, Et que.... [, ib. CXV]
    Que vont querant cil fol bergier, Qu'il ne vienent à ma dame servir ? [HUES DE LA FERTÉ, Romanc. p. 184]
    Et li homme estoient si baignié, que tout estoient tout ensi comme mort que de la gielée, que du froit [H. DE VALENC., XXVIII]
    Si m'en estors [m'en tirai] au miex que poi [je pus], Retenuz i fusse à bien poi ; Mès que fuiant, que deffendant.... Maugré trestoz mes anemis Fis-je tant que el bois me mis [, Ren. 8723]
    J'atens par vous joie et santé ; Que jà par autre ne l'auré [, la Rose, 1921]
    Que se il ne respondeit, il n'i poreit avoir esguart [, Ass. de J. 76]
    Le rei dou roiaume de Jerusalem ne tient son roiaume que de Dieu [, ib. I, 29]
    Que ce soit voirs [vrai] que escuiers pot avoir, quant il se combat, capel de fer à visiere et les autres armes que noz avons dites, il apert par la bataille qui fu.... [BEAUMANOIR, LXI, 63]
    Quant le roy vit que il n'avoit pooir d'ilec demourer, que [sans que] mourir ne le convenist li et sa gent, il ordena et atira [disposa].... [JOINV., 237]
  • XIVe s.
    Ainsi furent ils trois jours et trois nuits sans pain.... et après, par l'espace de quatre jours, qu'il leur convenoit acheter un pain mal cuit six esterlins, qui ne dust valoir qu'un parisis.... [FROISS., I, I, 39]
    Pour garder les destroits et les passages contre les Anglois, qu'ils ne passassent d'Angleterre par deça la mer pour venir en France [ID., I, I, 78]
    Et fit garder le Havre et le port de Calais, si près que rien n'y pouvoit entrer ni issir, que tout ne fust confondu [ID., I, I, 315]
    Estoyent bien six mille hommes, qu'uns qu'autres [ID., liv. I, p. 103, dans LACURNE]
    Car leur langue mal parliere Tourne que [comme] moulins à vent [ID., Poésies mss. p. 22, dans LACURNE]
    Mais trop fort esprouvé ai De son regart Comment li rai Sont trencant que [comme] fers de haste [, ib. p. 145]
    Il n'est qu'un roy qui ait titre certain, Et tous regnes procedent de ce roy : C'est un seul Dieu, qui est le souverain [E. DESCH., Ball. Amour de Dieu.]
    Il les fist demourer devant l'hostel de la ville, et qu'ilz le attendissent [COMM., II, 4]
    Quant ilz furent joinctz, celluy qui estoit dessus l'arbre demanda à son compaignon par serment ce que l'ours luy avoit dit en l'oreille, que si long-temps lui avoit tenu le museau contre l'oreille [ID., IV, 3]
    Et depuis le traicté d'Arras avoient peu veu de guerre qui eust duré, et à mon advis qu'ilz avoient esté en repos plus de trente-six ans [ID., I, 2]
    Entre les Bourguignons lors c'estoient les plus honorez que ceulx qui descendoient avec les archiers [ID., I, 3]
    Ils venoient à nous dix hommes, vingt hommes, que de pied que de cheval [ID., I, 4]
    Incontinent que les nouvelles vindrent, à grant peine se peurent ilz sauver qu'ilz ne feussent prins [ID., V, 2]
    Il ne falloit que tenir encores trois jours qu'ilz ne eussent eu du secours [ID., V, 5]
    Et qu'il luy diroit chose qu'il ne vouldroit pour une duché qu'il ne le seust [ID., V, 6]
    Ainsi que fut ledit Pierre à Florence, tout homme luy fit mauvais visage [ID., VII, 8]
  • XVIe s.
    Ô que bien heureux feut celluy qui.... [RAB., Pant. II, 2]
    À quoy luy feut respondu que ouy [ID., ib. II, 10]
    Ô le bon compagnon que c'est ! [ID., ib. I, 39]
    Mis ordre qu'elle eut à ces choses, elle monte à cheval [BEAUGUÉ, Guerre d'Écosse, I, 14]
    Que l'on choisisse la quelle qu'on voudra de ces deux definitions [CALV., Inst. 1027]
    Tant s'en falloit, que les femmes feussent si faciles, comme l'on dit qu'elles furent depuis, que l'on ne sçavoit anciennement en la ville Sparte, que c'estoit que d'adultere [AMYOT, Lyc. 31]
    Mais qui dirons nous, luy demanda lors Artabanus, que tu sois ? [ID., Thém. 49]
    Ilz estimoient estre plus expedient que leurs officiers eussent en reverence les cerimonies du service des dieux, que qu'ilz vainquissent en bataille leurs ennemis [ID., Marcel. IV]
    Il la feit transporter, qu'elle estoit encore vivante, en une autre maison [ID., Sylla, 71]
    Des cachettes que personne ne sçavoit que luy [ID., Lucul. 64]
    Sa gravité estoit meslée d'une maniere de crainte, qu'il [de sorte qu'il] sembloit qu'il redoubtast la presence du peuple [ID., Nicias, 3]
    Caesar leur commanda qu'ilz s'en saisissent sans tuer ny blecer personne, et sans esmouvoir tumulte, que le moins qu'il leur seroit possible [ID., César, 41]
    Il tua sur le champ cinquante mille hommes de ses ennemis, sans perdre que cinquante soudards [ID., ib. 69]
    Ils renvoyerent le mesme messager par le mesme chemin qu'il estoit venu [ID., Cam. 45]
    Ô que cela me vient bien mal à poinct ! [DU BELLAY, III, 55, recto.]
    Qu'est plus sainct entre les roys Que les droicts De ceste charge honnorable ? [ID., III, 56, verso]
    ... Et que le mal qui en pourroit venir Ne pourroit pas tumber que sur la teste Du mal parlant, qui trop se monstra beste [MAROT, I, 356]
    Vous vous plaingnez que rien je ne vous donne, Et je me plains que je n'ay que donner [ID., III, 79]
    N'osant parler, que de sa gorge n'ysse Mugissement, comme d'une genisse [ID., IV, 53]
    Il y a si long temps que nous n'avons eu que malades icy, que je n'eusse sceu escripre que mauvaises nouvelles [MARG., Lett. XI]
    Croyés que jamais je ne congneus que c'est d'ung frere que maintenant [ID., ib. XXXIII]
    J'espere, si le temps s'adoulcist ou qu'elle [la malade] fasse une pierre [un calcul], que ce sera la guerison [ID., ib. XL.]
    Ils ne le feront pas, que le medecin ne leur ayt.... [MONT., I, 72]
    Pourtant est à Socrates action divine que la generation [ID., I, 99]
    Pauvre fol que tu es [ID., I, 73]
    Ô le beau garçon que voilà [ID., I, 127]
    Bien crains-je que nous lui aurons [au nouveau monde] très fort hasté sa ruine par nostre contagion, et que nous luy aurons bien cher vendu nos opinions et nos arts [ID., III, 6]
    Il faut que les seigneurs s'esveillent avant que ceux qui sont à leurs services, et qu'ils.... [LA BOÉTIE, 97]
    C'estoit une conspiration contre verité, que ce qui fut arresté en leur assemblée [des évêques ariens], et non pas une saincte union de volontez [LANOUE, 66]
    Tu es un heretique ; et, à la verité, c'est un mot qui est aujourd'hui fort commun en la bouche de plusieurs, et s'en trouvent que, si on leur avoit osté l'usage de ceste parole.... ils seroient aussi estonnez qu'un avaricieux qui a perdu sa bourse [ID., 71]
    Envieilli par les blessures qui lui perçoient le visage, et mesmes qu'il en avoit dans la bouche [D'AUB., Hist. II, 334]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, eq, eque ; provenç. et espagn. que ; ital. che ; du lat. quod (voy. QUE 1).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. QUE. Ajoutez :
    Que, seul avec le verbe au subjonctif, signifiant s'il arrive que....
    Taisez-vous, Lui dis-je, ou que je vous entende ! [BÉRANGER, Le troisième mari]
    C'est une sorte de menace : si je vous entends, je me fâcherai.

    REMARQUE

      Ajoutez :
    • 3. L'usage ancien admettait en certains cas un que explétif, que l'usage moderne rejette.
      Il me fit.... L'honneur que d'approuver mon petit jugement [RÉGNIER, Sat. VIII]
    • 4. Régnier a dit :
      Mais étant mauvais peintre ainsi que mauvais poëte, Et que j'ai la cervelle et la main maladroite [RÉGNIER, Sat. X]
      Et que représente et étant. Cette tournure n'est plus en usage.
    • 5. Je meure, s'est dit pour que je meure.
      C'est cela, ou je meure, interrompit le sultan : continuez, vous avez réellement bien de l'esprit [CRÉBILLON, fils, le Sopha, ch. II]
      Cette locution n'est pas bonne ; elle prêterait à trop d'amphibologie.

QUE3

(kué) s. m.
Terme d'imprimerie. Petit que, c'est-à-dire le point et virgule ( ;), ainsi dit de la manière d'écrire le mot latin que, dans les manuscrits (q ;).
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

que

QUE. Pronom relatif des deux genres et des deux nombres, servant de complément au verbe qui le suit. L'e s'élide devant une voyelle ou une h muette. Celui que vous avez vu. Les gens que vous avez obligés. La personne que vous connaissez. Les espérances que vous lui avez données. Pour le peu qu'il m'en coûte. Les guerriers grecs qu'Hector a tués.

Il sert encore d'attribut dans la proposition qui le suit. Ne voyez-vous pas, aveugle que vous êtes, le piège qui vous est tendu? La cruelle qu'elle est... Voilà ce que je suis.

Il remplace aussi, en parlant des Choses, Pendant lequel, dans lequel, etc. L'hiver qu'il fit si froid. Le jour que cela est arrivé. Au moment que je le reverrai.

Précédé de c'est, il forme une locution toute faite, c'est... que, qui sert ordinairement à attirer l'attention sur le complément, l'attribut ou l'adverbe qui se trouve placé dans la première partie de la phrase. C'est de vous que je parle. C'est à cette personne que je m'intéresse. C'est lui que j'appelle. C'est pour elle qu'on a fait cela. C'est dans cette maison qu'il habite. C'est là qu'il demeure. Où est-ce qu'on trouvera ce livre? Est-ce demain qu'il viendra?

QUE se dit aussi pour Quelle chose. Je ne sais qu'en penser. Il ne sait plus que faire ni que dire.

Je n'ai que faire, Je n'ai aucune affaire. Je n'ai que faire de lui, Je n'ai aucun besoin de lui. Je n'ai que faire de ses dons, de ses conseils, Je n'ai nul besoin de ses dons, de ses conseils. Je n'ai que faire de vous dire... Il n'est pas nécessaire de vous dire... Je n'ai que faire à cela, Je n'ai aucun intérêt à cela. Je n'ai que faire là, Je ne suis pas nécessaire là. Je ne sais que faire à cela, Il ne dépend pas de moi d'y rien faire, d'y remédier.

Advienne que pourra, Qu'il arrive ce qu'il pourra arriver.

QUE est aussi pronom interrogatif et signifie Quelle chose. Que faites-vous? Que vous en semble? Que vous en reviendra-t-il? Qu'attendez- vous? Qu'est-ce que c'est? Que pensez-vous faire? Que faire? Que devenir? Fam., Que diable dites-vous là?

Par extension, Que sert de se flatter? À quoi sert de se flatter? Que m'importe? En quoi cela m'importe-t-il?

que

QUE. conj. Il s'emploie entre deux membres de phrase qui ont chacun leur verbe exprimé ou sous-entendu, pour marquer que le dernier est régi par le premier, ou lui est subordonné. Il faut que je le paie. Il est juste que vous le dédommagiez. Il se peut que je me trompe. J'exige qu'il parte. Je trouve que vous avez raison. J'avoue que cela est surprenant. Je crains qu'il ne s'en trouve mal. Vous dites qu'il a de l'esprit; moi, je soutiens que non. Par inversion, Que cela soit, j'y consens.

Elliptiquement, Qu'il fasse le moindre excès, il est malade, S'il arrive qu'il fasse le moindre excès, il en est malade. Qu'il parle, tout se fait, Quand il se met à parler, tout le monde se tait.

QUE s'emploie avec ellipse du premier membre de phrase, dans le titre des chapitres et des sections d'un livre, pour indiquer Quelle matière on y traite. Que la vertu est le plus grand de tous les biens.

Il est aussi particule de souhait, d'imprécation, de commandement, de consentement, de répugnance, de blâme, etc., et s'emploie avec ellipse des verbes dont on se sert pour souhaiter pour commander, pour consentir, etc.; il gouverne alors le subjonctif. Que je meure, si cela n'est pas vrai! Qu'il parte tout à l'heure! Qu'il fasse ce qu'il lui plaira! Que je trahisse mon ami! je mourrais plutôt. Qu'il se soit oublié à ce point! Qu'on n'ait pas eu plus de respect pour un homme de tant de mérite!

Il est également particule d'admiration, d'ironie, d'indignation; et alors il signifie Combien. Que Dieu est puissant! Que de fois je suis venu ici! Que de services il m'a rendus! Qu'il fait beau! Que vous êtes aimable! Que je regrette de ne pas vous avoir rencontré!

Il est aussi corrélatif des mots Tel, quel, même, autre, meilleur, pire, et se met toujours après. Un homme tel que vous. Il est tel que je le voulais. Telle est sa puissance que rien ne lui résiste. Sa mémoire est telle qu'il n'oublie jamais rien. Quel que soit son espoir. Quelles que soient ses vues. Quelle faute que cette démarche! Ce vêtement est du même drap que le vôtre. C'est bien un autre homme que vous ne disiez. Il a bien d'autres vues que vous ne croyez. C'est autre chose que ce que j'avais en vue. Votre vin est meilleur que le mien. Ce vin-là est encore pire que le premier.

Il est également corrélatif des adverbes de comparaison et d'autres adverbes comme tant, tellement, autrement, quelque, etc. Il est aussi modeste qu'habile. Il est plus heureux que sage. J'en ai moins que vous n'en avez. Rien ne l'a tant affligé que cette nouvelle. Tant tués que blessés. J'en ai tant que je n'en sais que faire. Il est tellement en colère qu'on aura bien de la peine à l'apaiser. Il agit autrement que vous. Quelque grand seigneur qu'il soit. Tout grand seigneur qu'il est. Quelque puissants qu'ils soient. Tout riches qu'ils sont. Si peu que rien.

Il signifie encore Si ce n'est. À qui puis-je confier ce secret qu'à vous seul? Il ne peut rien résulter de vos projets, que des fautes et des malheurs.

Il s'emploie dans certaines phrases avec ellipse des mots Autre chose ou Autrement; et alors il est toujours précédé de la négation. Ainsi on dit : Il ne cherche que la vérité, Il ne cherche autre chose que la vérité. Il ne dit que des sottises, Il ne dit rien autre chose que des sottises. Il ne parle que par sentences, Il ne parle point autrement que par sentences. Il ne fait que boire et manger, Il ne fait autre chose que boire et manger.

Ne... que peut aussi être considéré comme synonyme de l'adverbe Seulement. Je ne veux que le voir, Je veux seulement le voir.

QUE s'emploie avec ellipse de certaines prépositions et de certains adverbes auxquels on a coutume de le joindre. Ainsi on dit : Approchez, que je vous parle, Afin que je vous parle. Il ne fait point de voyage qu'il ne lui arrive quelque accident, Sans qu'il lui arrive quelque accident. Il était à peine sorti ou À peine était-il sorti que la maison s'écroula, Lorsque la maison s'écroula. Il y a dix ans qu'il est parti, que je ne l'ai vu, Il s'est écoulé dix ans depuis qu'il est parti, depuis que je ne l'ai vu. Retirez-vous, qu'il ne vous maltraite, De peur qu'il ne vous maltraite. Je n'irai point là que tout ne soit prêt, Avant que tout soit prêt. Qu'il perde son procès ou qu'il le gagne, il partira, Soit qu'il le perde, soit qu'il le gagne.

Fam., Si j'étais que de vous, Si j'étais à votre place. Si j'étais que de vous, je m'y prendrais de cette manière. On dit plus ordinairement : Si j'étais de vous.

Cela ne laisse pas que d'être inquiétant. Voyez LAISSER.

QUE se dit encore pour Comme, Quand, Si, etc., lorsque, à des propositions qui commencent par ces mots, on en joint d'autres de même nature. Comme il était tard et qu'on craignait la chute du jour... Quand on est jeune et qu'on se porte bien... Si vous le rencontrez et qu'il vous demande où je suis...

Il s'emploie aussi par redondance. Que s'il m'allègue... Que si vous m'objectez... S'il m'allègue, si vous m'objectez.

Il s'emploie souvent pour donner plus de force à ce qu'on dit. C'est une belle chose que de garder le secret. C'est se tromper que de croire... Dans ces exemples, on peut supprimer le que. C'est une belle chose de garder le secret. C'est se tromper de croire...

En ce sens il s'emploie aussi devant les noms, mais on ne pourrait le supprimer qu'en changeant toute la construction. Ce sont des qualités nécessaires pour régner que la douceur et la fermeté.

QUE forme en outre, avec divers mots, des locutions conjonctives comme Afin que, avant que, après que, bien que, dès que, depuis que, encore que, loin que, pour que, parce que, sans que, à moins que, attendu que, vu que, en sorte que, de manière que, de façon que, d'autant que, outre que, pourvu que, soit que, etc. Voyez AFIN, AVANT, APRÈS, etc.

QUE est aussi adverbe interrogatif au début de certaines phrases et signifie Pourquoi. Que ne se corrige-t-il? Que ne demeurez-vous? Que n'est-il plus diligent? Que n'avez-vous soin de vos affaires? En ce sens il s'emploie plus rarement sans négation. Que tardez-vous? Que différez-vous?

QUE est aussi adverbe exclamatif au début de certaines phrases et signifie Combien. Que vous êtes aimable! Que de temps perdu! Que de beaux jours passés en votre compagnie!

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

que

Que, quelquesfois est nom, et ores interrogatif, comme, Que veut-il? Quid vult? quid quaerit? Ores relatif, de tout genre, comme, Le livre que tu escrits, Liber quem scribis. La femme que tu as espousé, Vxor, quam duxisti. Et quelquesfois conjonction, comme, Je sçay que tu as de l'argent, Scio quod pecuniam habes. (Pour exprimer le terme François mot à mot) Je sçay que tu viendras aux nopces, Scio quod nuptiis affuturus es. Et par fois adverbe de telle signification qu'est Partim ou tum en Latin. Nicole Gilles en la vie de Charles vii. Et prindrent lesdits Hongres en tirant vers Grece et Constantinople huit vingts, que citez, que villes murées, Expugnarunt centum sexaginta partim (aut tum) ciuitates, partim pagos moenibus cinctos, id est, quarum aliae ciuitates, aliae pagi muro circundati.

Qu'est cela? Quid hoc rei est?

Qu'en est-il? Quid tum?

Escri moy qu'est-ce qu'il luy semble de cecy, Quid sententiae sit de hac re scribe.

Qu'est-il de faire? Quid nunc agimus?

Qu'y feroy-je? si tu as arresté de le faire, fay-le, Quid istic? si certum est facere, facias.

Qu'y feroit-il? Quid faceret?

Qu'est-ce à dire celà? Quid istuc verbi est?

Qu'est-ce doncques, si ce n'est, etc. Quid, si non hoc contumelia est?

Que veux-tu que je die, Quid quaeris?

Que diras-tu si je te monstre deux fois plus, etc. Quid si duabus partibus doceo te, etc.

La cognois-tu? P. Que fay-je donc? Nostin'P. Quidni?

Que fais-tu? Quam rem agis? Quid agis?

Qu'est-ce que fait ici Cherea? Quidnam Chaerea hic rerum gerit?

Qu'y eust-il fait autre chose? Quid fecisset aliud?

Que demanderoy-je autre chose? Quid, quid aliud volui dicere?

Que sera-il fait de toy? Quid de te futurum est? Vel, Quid de te fiet?

Qu'est-ce qui fait que tu es assis en ce lieu? Quid est cur tu in isto loco sedeas?

Que penses-tu faire? Quid vis tibi, aut quid quaeris?

Qu'en as-tu affaire? Quid tua id refert?

Qu'a cestuy-là qui vient si esmeu? Quid ille commotus venit?

Que ne te tais? tu ne te soucie de rien, Quin taces?

Il monstre qu'est-ce qu'il a deliberé de faire, Quid sui consilij sit ostendit.

Que je prie à Dieu qu'il, etc. Vt te equidem Deus quantum est Syre perdat.

Que ce meschant homme-là se moque de moy? Dit par grand courroux, Impuratus me ille vt etiam irrideat?

Que tu ne die, etc. Vt non dicas, etc.

Qu'il ne tienne point à Pamphile, In Pamphilo vt nihil sit morae.

Voicy la sixieme année que nous besoignons à ceci, Hic annus sextus est postquam rei huic operam damus.

Voici le troisiéme jour que je l'ay ouy, Tertius hic dies est quod audiui.

Plus tost que moy, Potius atque ego, vel quam ego.

Avoir plus deux fois de ferremens que de gens, Ferramenta duplicia, quam numerus seruorum exigit, reposita habere.

Je diray ceci tant seulement, c'est qu'il ne m'est rien si aggreable que ce que tu l'aimes, Tantum dicam. nihil mihi gratius esse, quam quod eam diligis.

Cela est plus beau que quand, etc. Hoc pulchrum est, prae quam vbi sumptus petunt.

Il est plus grand que nous ne l'exprimerons, Maius quam quantum a nobis exprimetur.

Aussi vray que si Apollo l'avoit dit, Non magis verum Apollinis, atque hoc responsum est.

Me veux-tu rien dire que je m'en aille? Nunquid vis quin abeam?

Je ne me puis garder ou tenir que je ne te l'envoye, Facere non possum quin ad te mittam.

Il ne s'en faut rien que je ne soy miserable, Prorsus nihil abest quin sim miserrimus.

Ils estoient detenus du vent qu'elles ne pouvoient parvenir au mesme port, Vento tenebantur quo minus in eundem portum peruenire possent.

Jamais je ne sors si matin que je ne te voye au champ, Nunquam tam mane egredior, quin te in fundo conspicer.

Que ne voles-tu ici et viens voir le, etc. Quin tu aduolas, et sedem inuisis illius nostrae reip. germanae.

Que ne m'en vay-je? Quin abeo?

Que aucun, Nequis.

Que aucune deduction et rabat ne se fist, Ne qua deductio fieret.

Je te prie que tu ne la delaisse point, Te obtestor, ne abs te hanc segreges, neu deseras.

Que je sçache, Quod equidem sciam.

Non pas que j'en aime, etc. Non pol quo quemquam plus amem, aut plus diligam, eo feci.

Je ne le dy pas pourtant que je doute de ta loyauté, Non eo dico C. Aquili, quo mihi veniat in dubium tua fides.

Elles sont si doulces, que non seulement, etc. Ita sunt dulces, vt non legantur modo, sed etiam ediscantur.

Que si aucun se trouve qui soit, etc. Sin aliquis excellet vnus e multis, etc.

Que si je me fusse deporté, il, etc. Quod si quiessem, nihil euenisset mali.

Pleust à Dieu qu'il fust en ma puissance de le faire, Vtinam esset facultatis meae.

Pourveu que tu le puisses faire aiséement, et que tu ayes le loisir, Quod commodo tuo fiat.

Pourveu qu'il ne t'en vienne aucun mal, Quod commodo valetudinis tuae fiat.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

que


QUE, [prononcez Ke, e muet: les Gascons et les Provençaux mal élevés prononcent , é fer. C'est une des faûtes les plus comunes dans les Provinces méridionales.] Cette particule est tantôt pronom relatif, et tantôt conjonction.
   I. Elle se met pour l'accusatif: 1°. de qui; car qui ne s'emploie dans ce câs que quand il est régi par des prépositions, en qui, sur qui, avec qui, etc. Mais quand c'est un verbe, qui le régit à l'acusatif, alors il faut nécessairement se servir de que, qui se met toujours avant le verbe, qui le régit: "Le Prince, que je sers: la femme qu'il a épousée: les énemis, que vous craignez: les Mûses, que je cultive, etc. S'il est suivi d'une voyelle, il perd l'e final et prend une apostrophe: le livre qu'il a lu: l'état qu'elle a embrassé. = 2°. Il est acusatif de lequel: "L'homme, que Dieu créa à son image et non pas, lequel, etc. = De quoi, sur-tout dans les interrogations: "Ce que j'ai résolu: il n'est rien que je ne fasse: que voulez-vous? que demandez-vous, etc. Dans ce dernier câs, il est pronom absolu. Il est de tout genre: mais il se dit seulement des chôses. Quand il s'agit des persones, on emploie qui: "Qui demandez-vous? = 3°. Quoique l'emploi naturel du pronom relatif que soit d'exprimer un acusatif, il y a pourtant des façons de parler, autorisées par l'usage, où il tient lieu tantôt du datif: "C'est à vous que je parle, pour, à qui je parle; tantôt de l'ablatif: c'est de cette somme que je vous demande le payement, au lieu de dont, ou, de laquelle REST. Dans cette phrâse, que sert-il? il est mis pour le datif ou l'ablatif de quoi: "De quoi ou à quoi sert-il?
   Et l'aride vertu, limitée en soi-même
   Que sert-elle? qu'à rendre un malheureux qui l'aime
   Encor plus malheureux.
       Rousseau.
Rem. L'amour de la clarté demande qu'on place le que relatif tout près de son substantif, et l'ôreille est acoutumée à ne rien entendre qui les sépâre. M. l'Ab. d' Olivet blâme ces vers de l'Iphigénie de RACINE:
   La Reine permettra que j'ôse demander
   Un gage à votre amour, qu' il me doit acorder.
On dirait en prôse: La Reine permettra que j'ôse demander à votre amour un gage qu'il me doit acorder. L'inversion de Racine est dûre, même en vers. D'Olivet. J'ajouterai que, pour peu qu'on manque d'atention, en entendant lire ou déclamer ces vers, on croit que c'est l'amour, et non pas le gage qu'on doit acorder, parce que le que relatif est placé immédiatement aprês amour. — On a relevé la même faûte dans les Barmécides.
   Moi-même prês de lui, voisin du rang suprême,
   Qu'il comble de faveurs, qu' il honore et qu'il aime.
Ces trois que paraissent se raporter à rang suprême, et non pas à moi-même. C'est une minutie gramaticale, dira-t'on; mais c'est l'observation de ces minuties, qui sone de l' aisance et de la clarté au style. Ann. Litt. Voyez QUI, n°. 4°. à la fin. = Que relatif ne doit pas se raporter à deux noms diférens, dont l'un est régissant, et l'aûtre régi. "Ils s'autorisent dans cette censûre amère, des désordres des hommes puissans, que leur élévation rend publics, et l'impunité plus hardis. Linguet. Que régit publics, qui se raporte à désordres, et hardis, qui se raporte à hommes puissans. C'est aussi une faûte contre la netteté du discours que de mettre plusieurs que de suite, qui ne se raportent pas au même nom.
   Bonheur fatal, dangereuse fortune,
   Et que le Ciel, que souvent importune,
   L'avidité, etc.
       Rouss.
Le 1er que se raporte à fortune, et le 2d, à ciel. Cela fait un mauvais éfet en prôse; à plus forte raison, en vers. = Que, pronom interrogatif, fait marcher le nominatif aprês le verbe. Régulièrement, on doit dire: qu'avaient donc à craindre ses enfans (de Cromwel) et non pas, comme dit d'Avrigni: "que ses enfans avoient-ils donc à craindre? — Ce dernier tour, peu régulier, est familier à Neuville: "Que Dieu nous montrera-t' il alors, que ce que nous voyons aujourd'hui? Que Dieu nous dira-t'il, que ce que nous lui donnons droit de nous dire? Il serait plus régulier de dire: qu'est-ce que Dieu nous montrera alors, etc. Qu'est-ce que Dieu nous dira? etc. Mais qu'est-ce que est lâche et traînant; et si l' usage consacrait le tour employé par Neuville, il serait plus favorable à l'éloquence: aujourd'hui, il parait encôre dur et sauvage, parce qu'on n'y est pas acoutumé. — Delà cette règle, que: le pronom que ne peut jamais servir pour le nominatif, qu'il ne soit joint à être, et à ce: "Que doit-il (Dieu) aux hommes? Que leur apartient-il? Sév. Le 1er que va bien; il est acusatif; mais le 2d est irrégulier, étant nominatif. Il faut: qu'est-ce qui leur apartient? — Il parait que cette faûte a été produite par l'analogie avec les phrases suivantes: que vous faut-il? Que vous manque-t-il? Mais là que est régime; il est nominatif, et le verbe est impersonel. = Quand le que relatif est employé dans un sens interrogatif et négatif tout à la fois, il faut mettre les deux négations ne et pas. C'est à quoi a manqué souvent P. Corneille. En voici un exemple.
   Que ne permettra-t'il à son ressentiment?
       Polieucte.
Il falait: que ne permettra-t-il pas, etc. = Que, régissant le génitif (la prép. de) avant l' adjectif, signifie quelle chôse: "Que dit-on de nouveau, d'intéressant? Wailly. = Il se met devant un infinitif, pour rien à. "Il ne sait que faire, que dire: que est là aussi pour quoi, quelle chôse. Mais Th. Corneille remarque fort bien que ce tour n'est bon que lorsque le verbe est sans régime; et il n' aprouve pas la phrâse suivante, aportée pour exemple par Vaugelas: n'ayant que répondre aux reproches de, etc. Il faut alors se servir de rien à: n'ayant rien à répondre, etc. = * Anciènement on disait que tout seul, pour ce que.
   Ce monstre vraiment déplorable,
   Qui n'avoit jamais éprouvé
   Que peut un visage d'Alcide.
       Malherbe.
  Le repos du siècle où nous sommes,
  Va faire à la moitié des hommes
  Ignorer que c'est que le fer.       Id.
On dirait aujourd'hui, ce que peut, etc. Ce que c'est, etc. = M. de Wailly cite deux phrâses, où que tient la place de, par laquelle. avec laquelle: "Si l'exercice de cette importante charge laissoit autant de loisir à M. le Chancelier qu'il a d'estime pour vous, le Conseil rendroit ses Arrêts par la même bouche que sa Majesté rend ses oracles. Le Maître. "J'ai reçu votre lettre avec toute la satisfaction que l'on doit recevoir cet honeur. Voiture. — Mais dabord, la dernière phrâse me parait mal construite: on ne trouverait guère de pareilles phrâses dans de bons Auteurs. Ensuite, dans la première, le que surprend moins, parce qu'il est aprês même; mais le que aprês même, est un que conjonction, et non pas un que relatif; et cette conjonction ne modifie les verbes que par ellipse. M. de Wailly dit lui-même, que dans cette phrâse: C'est en Dieu que nous devons mettre toutes nos espérances, et autres semblables; que n'est point relatif, mais conjonction. = Dans ce vers d'Andromaque:
   Me voyoit-il de l'oeil qu'il me voit aujourd'hui?
Que est à la place de dont. On dirait en prôse, dont il me voit aujourd'hui. L. Racine. = Qui se met quelquefois avec le que relatif. Exemple: "C'est une espèce de systême politique, formé par le consentement des peuples, et qu'il seroit à souhaiter qui subsistât en son entier. Fonten. = * Que pour dont, est un gasconisme fort comun parmi le peuple, dans les Provinces méridionales. "Tout ce que j'ai besoin: la chôse que vous m'avez parlé, etc. "C'est une chôse que je ne me souviens pas: ce que je vous avais averti; le couteau que je me sers, etc. etc.
   II. Que est aussi conjonction, ou, comme Vaugelas l'apèle, conjonctive: elle se met, 1°. entre deux verbes, et elle régit le second au subjonctif ou à l'indicatif, selon le verbe qui précède. Par exemple, les verbes qui expriment le desir, la volonté, le comandement, la prière, le doute, l'ignorance, la crainte, l'étonement, etc. régissent le verbe qui est aprês que, au subjonctif. "Je souhaite qu'il réussisse: je veux qu'il viène sur le champ: j'ordone qu'il soit puni: je doute qu' il veuille le faire, etc. — Les verbes qui expriment la croyance, l'assurance, la persuasion, l'aveu, etc. régissent le verbe, qui suit que à l'indicatif, dans la phrâse afirmative, et le subjonctif dans la phrâse négative ou interrogative. "Je crois, j'assûre, je me persuade, j'avoûe qu'il le peut: je ne crois pas, ou croyez-vous qu' il le puisse? et ainsi des aûtres.
   Rem. 1ment, quant aux premiers que quand ces verbes ont un régime, on ne doit pas se servir de que avec le subjonctif, mais de l'infinitif, précédé de la prép. de. On ne dit pas, je vous prie que vous me fassiez cette grâce: Je lui ai ordoné qu'il vînt: mais on dit: Je vous prie de me faire cette grâce: je lui ai ordoné de venir. = 2ment: Quand le verbe qui précède est au présent, il faut mettre aussi le verbe qui suit, au présent du subjonctif: Je veux qu'il viène; mais si le 1er verbe, ou autrement le verbe régissant, est à tout autre tems, le verbe régi doit être mis à l'imparfait du subjonctif: je voulais que vous vinssiez; j'aurais voulu qu'il s'en allât, etc. Dans plusieurs Provinces, et même dans la Capitale, on met toujours le présent, quel que soit le tems du verbe qui précède. Non-seulement le peuple, mais les honnêtes gens y disent: Je voulais qu'il viène; il falait que je m' en aille; au lieu de dire, qu'il vint, que je m'en allasse. * Mde. de Sév. a fait elle-même cette faute, qu'on peut qualifier de faûte grossière. "Nous avions été deux heures ensemble, avant que les autres femmes soient éveillées. Il falait: fussent éveillées. = 3ment. Vaug. remarque que plusieurs répètent mal-à-propôs la conjonction que dans la même phrâse et pour le même objet. "Je ne saurois croire qu'aprês avoir fait toute sorte d'éforts..... pour venir à bout d'une si grande entreprise, qu'elle lui puisse réussir, lorsqu'il l'a comme abandonée. Le 2e que est inutile. Il faut dire, elle lui puisse réussir, parce que le verbe puisse est régi par le premier que, quoique éloigné. Que si la phrâse était trop longue, il ne faudrait répéter le que qu'en répétant le verbe qui le régit: Je ne saurais croire, dis-je, qu' elle puisse, etc. Mais ces répétitions et ces dis-je rendent le discours lâche et pesant. Il vaut mieux couper ces phrâses trop longues, et prendre un autre tour.
   2°. Que se met élégamment devant un infinitif, à la place de rien à. "Il n'a que faire de se mêler de cela: vous n'avez qu'à répondre, etc. Vaugelas. 3°. Il se met aprês plus, si, tant, autant, tant s'en faut, etc. Plus sage que vous, plus heureux qu'il ne pensait: il est si fou, qu'il lui arrivera du malheur: vous en ferez tant que vous vous atirerez à la fin quelque disgrâce: "Tant s' en faut que je m'en repente, que je veux recomencer. Observez, par raport à ce dernier, que le que doit être redoublé. Remarquez aussi que ce que, aprês un comparatif, s'il est entre deux infinitifs, doit être suivi de la prép. de: "Il vaut mieux se taire, que de parler. Buf. = * Quand cette conjonction que est régie par des adverbes de comparaison, il faut répéter aprês, les mêmes prépositions qui sont auparavant. "Cette étroite alliance n'est pas tant fondée sur les intérêts naturels de ces deux États, que la crainte de la puissance Françoise. Hist. des Stu. Il falait: que sur la crainte, etc. = 4°. Que se joint à plusieurs autres conjonctions; tandis que, lors que, à mesure que, à condition que, etc. Voyez ces mots à leur place. Mais remarquez que ces conjonctions ne se répètent pas en entier, et qu' on se contente de répéter le que: on ne dit point: afin que vous voyiez, et afin que vous jugiez; mais on dit: afin que vous voyiez et que vous jugiez, etc. Buf. = * 5°. On mettait autrefois que aprês un participe, pour lorsque. "Arrivé qu'il fut, arrivé qu' il était, pour dire, lorsqu'il fut arrivé, ou étant arrivé. Cette façon de parler ne vaut rien du tout, et il y a long-tems que l'usage l'a proscrite. = 6°. Que se met toujours devant les troisièmes persones de l' impératif: que chacun prène sa place: qu' ils aprochent. — Fasse et puissent sont exceptés; on dit, sans que: "Fasse le ciel que, etc. Puissent ces avis vous faire rentrer en vous-même! etc. = Il se met aussi au comencement de la phrâse dans les exclamations: que je trahisse mon ami! Que je consente à ce forfait! = 7°. Il sert pour afin que: Aprochez, que je vous parle; pour combien: oh! que vous êtes bon! "Hélas! que je crains qu'il ne soit mort! Télém. Que la justice de Dieu est terrible! = * Bossuet et Racine, employant que de la sorte, font pâsser; l'un le régime devant le verbe, l'aûtre le verbe devant le nominatif. "Que redoutable est le glaive que le Fils de Dieu lui a mis dans la main!
   Que tarde Xipharès! et d' où vient qu'il difère
   À~ seconder les voeux, qu'autorise son père?
       Mithrid.
Dans le 1er exemple, il faut: que le glaive, etc. est redoutable. Dans le 2d, au lieu du point d'exclamation, un Critique propose d'en mettre un d'interrogation: alors que signifiera pourquoi: que tarde Xipharès? Mais dans cette construction, il n'en est pas des noms, comme des pronoms; et quoiqu' on dise: que tardez-vous? que tardons-nous? TÉLÉM. il n'est pas permis de dire: que tarde Pierre? que tarde Monsieur ou Madame? Il faut dire: pourquoi Pierre ou Monsieur tarde-t'il? Pourquoi Madame tarde-t'elle? Ainsi, l'on dira: que ne le faisait-il? On ne dira pas: que ne le faisait Alexandre? Il faudra dire: ce grand Conquérant, cet Alexandre, que ne le faisait-il? — Que si cette conjonction que s'emploie en exclamation et dans le sens de combien, il faut que le nom et le pronom même, sujet de la phrâse, précède le verbe: "Qu'il tarde d'arriver! Que mon fils tarde de venir! etc. = Que, signifiant combien, a le régime de cet adverbe.
   Que de sang répandu! que de triste ravage!
   Je vois régner la force et triompher la rage!
On ne dirait pas, combien de triste ravage, au singul. On ne doit donc pas le dire avec que. C'est la rime qui a produit ce solécisme. On objectera que, sang répandu est aussi au sing. mais on dit, combien de sang répandu: on peut donc dire, que de sang. = Avec le mot fois, on ne doit pas se servir de que, dans le sens de combien. On dit, combien de fois, et non pas, que de fois. On le trouve pourtant chez les Poètes; mais c'est une licence qui ne doit pas tirer à conséquence pour la prôse.
   Que de fois, partageant mes naissantes alarmes,
   D'une main fraternelle essuya-t'il mes larmes?
       Racine.
Avec combien de fois, il faut dire, n'essuya-t'il pas. = 8°. Que se met pour sans que: il ne sort point, qu' il ne s'enrhume; pour depuis que: il y a huit jours qu' il est parti; pour et cependant: il serait le plus brâve des hommes, que je ne le craindrais pas; pour à moins que: je ne partirai pas que tout ne soit réglé; à la place de pourquoi: que n'obéissez-vous? que ne faites-vous ce qu'on vous dit?
   Que parlez-vous du Scythe et de mes cruautés?
   Pourquoi parler, seroit moins vif. L. Racine. — Remarquez qu'on retranche pas dans ce tour de phrâse. "Si cet Écrivain avoit aperçu ses bevûes, que ne les corrigeoit-il pas? L'Abé Des Font. Ce grand Critique eut une forte distraction, quand il écrivit cette phrâse. Il faut dire, que ne les corrigeait-il? ou bien, pourquoi ne les corrigeait-il pas? = 9°. Que se met aussi pour quoique: tout habile homme qu'il est; pour étant ou comme: rempli qu'il était de ses préjugés; c. à. d. étant rempli, ou, comme il était rempli, etc. Vaugelas condamne ce dernier emploi de que conjonction. Voyez plus haut. * n°. 5°. = 10°. On le met encôre pour quand même: "L'univers entier serait sa possession, qu'il sentiroit toujours qu'il se dégrade. Massill. c. à. d. quand même l'univers seroit, etc. Il sentiroit toujours, etc. "La honte et l'oprobre en seroient le prix (de la vertu) devant les hommes, qu'elles n'en paroîtroit que plus belle et plus glorieuse à l'homme de bien. Id. = 11°. On met que tout seul pour lorsque. "Que le Prince soit juste et craignant Dieu, la justice et la vérité suffiront alors pour soutenir un Trône qu'elles mêmes ont élevé. Id. c. à. d. Lorsque le Prince sera juste, etc. = 12°. Dans le si redoublé, que se met élégamment à la place du 2d: si vous y retournez, et que l'on s'en plaigne à moi, est mieux que de répéter le si, et de dire, et si l' on s'en plaint à moi: ce que régit le subjonctif. — Que se met pour si, d'une autre manière. "Que sa vengeance n'intérese point son honeur, elle ne sera plus indigne de sa vertu. Mass. c. à. d. si sa vengeance n'intéresse point son honeur, il ne la croira plus indigne de sa vertu. — Que régit aussi alors le subjonctif. = 13°. On emploie que après la négative, pour signifier seulement: je ne veux que lui; il n'y a que cela: il ne faut le faire que demain, etc. Mais 1ment, il faut que la négation soit exprimée: "L'esprit du peuple est trop borné, dit le P. Rapin, pour être touché de l'éloquence, que par ce qu'elle a de sensible. Il devait dire: l'esprit du peuple est três-borné, et n' est touché, etc. que par, etc. — 2ment; dans ce tour de phrâse, on retranche pas. Quelques-uns l'expriment mal à propôs. "On ne doit pas même se servir des desseins, ni des pensées des aûtres que quand on peut les transformer en son esprit, pour se les faire (rendre) propres. Le Père Rapin. Retranchez pas, et dites: on ne doit se servir des, etc. que quand, etc. = 14°. * Autrefois on redoubloit que, pour tant... que: "que bien que mal; c. à. d. tant bien que mal: "Il y a eu mille soldats, que morts, que blessés; c. à. d. tant tués que blessés. L'Académie aprouvait ces expressions dans le style fam. L. T. Elle les a suprimées dans la dern. édit. = Presque toutes ces phrases sont des gallicismes; c. à. d. des constructions propres de la Langue Française, contraires aux règles comunes de la Gramaire, mais autorisées par l'usage. = 15°. En voici encôre une dans ces vers de Racine.
   Je ne sais qui m'arrête, et retient mon courroux,
   Que par un promt avis de tout ce qui se passe,
   Je ne coure des Dieux divulguer la menace.
       Iphigénie.
III. Que, à la tête d'un premier membre de phrâse, sert, avec le verbe qu'il régit, comme de nominatif au verbe du 2d membre. "Qu'Aaron acorde la vie au fils de Barmécide, en faveur du père, cela n'est pas tout-à-fait incroyable; mais qu'il pardone à Saëd et à Sémire, et qu'il marie à Amorassan une Princesse Ommiade, qu'il a tant de raison de soupçoner, c'est une extravagance. Ann. Litt. C'est comme si l'on disait, l'action d'acorder, etc. n'est pas incroyable; mais l'action de pardoner et de marier est une extravagance. = Quelquefois, dans cette construction, que n'est qu'une conjonction, qui précède le verbe, au lieu de le suivre. "Que vous ayiez fait cette sotise, vous qui vous piquez de tant de raison, c'est ce que je ne puis concevoir; c. à. d. je ne puis concevoir que vous ayiez fait, etc. "Que telle fût la destination de ce secours, cela est prouvé par les Ordonnances. Moreau: c. à. d. il est prouvé par les Ordonances, que telle était, etc. — On voit que dans ce tour de phrâse, l'indicatif est changé en subjonctif. On dit, dans la construction ordinaire, il est prouvé que telle était la destination, etc. et dans cette construction inverse, que telle fût la destination, etc. cela est prouvé.
   IV. Aprês que, comparatif, on doit changer, au 2d membre, les câs obliques en nominatif. Le Gendre dit: "En conservant toute l'estime dûe à un aussi excellent ouvrage, qu'aux Sentimens de l'Académie sur le Cid. Il falait, que les Sentimens, etc. en sous-entendant sont ou le sont; à un aussi excellent ouvrage que le sont les Sentimens, etc. Ainsi l'on dira: j'adopte tous les éloges qu'on fait d'un aussi excellent ouvrage que l'Athalie de Racine, et non pas, que de l'Athalie.
   V. C'est une faûte que de mettre un trop grand nombre de que dans une phrâse, sur-tout quand on entremêle les que pronoms avec les que conjonctions.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Traductions

que

()
pronom + qu'
1. désigne qqn ou qqch As-tu lu le livre que je t'ai prêté ? la femme qu'il a épousée
2. pour poser une question Que veux-tu faire ? Qu'est-ce que vous faites là ?

que

()
conjonction + qu'
1. introduit une proposition Je pense qu'il a raison.
2. dans une comparaison Il est plus grand que son frère. Je suis aussi déçu que toi.
3. dans une question Est-ce que je peux venir ?
4. introduit un ordre, un souhait Qu'il arrête !
5. seulement avec "ne" Il ne viendra que ce soir.

que

als, daß, wen, das, dermaßen, einigthan, that, which, what, as, who, to, let, nur, only, how, whomdan, dat, welke, die, hetwelk, [+ne] slechts, die/dat, hetgeen, hoeveel!, indien, opdat, voordat, waarom?, wat, wat?, als, of, wieאיזה, אשר (מ חיבור), זו (מ חיבור), ש-, אֵיזֶה, זוֹas, datquenež, ať, co, jen, žeend, atke, olque, quéettä, kuinche, ché, diこと, より, 何, ・・・ということ, ・・・よりもniż, że, oddo que, queчто, чем, кроме, чегоän, attkama, 什么, 引导宾语从句的关系代词ότι, να, πως, απόأَنَّ, مِنْjer, od...보다, ...이라는 것enn, somเกินกว่า, เพราะว่าdaha, kihơn, rằng ()
adverbe
comme Qu'il est beau !
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

que

[kə]
conj
(introduisant complétive) → that
Il sait que tu es là → He knows you're here., He knows that you're here.
vouloir que → to want
Je veux que tu acceptes → I want you to agree.
Je veux que tu viennes → I want you to come.
Il a dit que oui → He said he would.
(reprise d'autres conjonctions)
Quand il rentrera et qu'il aura mangé → When he gets back and has eaten ...
Si vous y allez ou que vous → If you go there or if you ...
(en tête de phrase, hypothèse) qu'il le veuille ou non → whether he likes it or not; (souhait) qu'il fasse ce qu'il voudra! → let him do what he wants!
(but) (= de sorte que) → so, so that
Tenez-le, qu'il ne tombe pas → Hold it so it doesn't fall., Hold it so that it doesn't fall.
(après comparatif) → than
plus ... que → more ... than
C'est plus difficile que je ne le pensais → It's more difficult than I thought.
Il est plus grand que moi → He's bigger than me.
(équivalence) → as
aussi ... que → as ... as
Elle est aussi jolie que sa sœur → She's as pretty as her sister.
Le train est aussi cher que l'avion → The train is as expensive as the plane.
voir aussi plus; aussi; autant
(restriction) ne ... que (= seulement) → only
Il ne boit que de l'eau → He only drinks water.
Je ne l'ai vu qu'une fois → I've only seen him once.
(avec locution adverbiale de temps) à peine ... que
Elle venait à peine de sortir qu'il se mit à pleuvoir → She had just gone out when it started to rain., No sooner had she gone out than it started to rain.
il y a ... que, ça fait ... que
Il y a 4 ans qu'il est parti.; Ça fait 4 ans qu'il est parti → It is 4 years since he left.
voir aussi fois
adv (exclamation) qu'il est ...
Qu'il est bête!; Qu'est-ce qu'il est bête! → He's so silly!
Qu'il court vite!; Qu'est-ce qu'il court vite! → He runs so fast!
que de ... → such a lot of ..., so many ...
Que de livres! → What a lot of books!
Quel bonheur et que de bons souvenirs! → Such happiness and so many wonderful memories!
pron
(relatif, personne) → that, whom
la dame que j'ai rencontrée hier → the lady I met yesterday, the lady that I met yesterday
l'homme que je vois → the man I can see, the man that I can see
(chose) → that, which
Le gâteau qu'elle a fait est délicieux → The cake she made is delicious., The cake that she made is delicious., The cake which she made is delicious.
le livre que tu vois → the book you see, the book that you see, the book which you see
(temps) (= ) un jour que j'étais ... → a day when I was ...
(interrogatif) → what
Que vas-tu lui dire? → What are you going to tell him?
Que fais-tu? → What are you doing?
Que préfères-tu? → What do you prefer?
Qu'est-ce que ...? → What ...?
Qu'est-ce que tu fais? → What are you doing?
Qu'est-ce que c'est? (en désignant qch) → What is it?, What's that?; (en entendant qch) → What's that?
Que faire? → What can you do?
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005
Collins Multilingual Translator © HarperCollins Publishers 2009