ton

1. ton, ta, tes

adj. poss. [ du lat. tuus ]
Correspond à un possesseur de la 2e pers. du sing., pour indiquer un rapport de possession ou un rapport d'ordre, de hiérarchie, de filiation : Comment s'intitule ton jeu vidéo ? Pose tes questions. Tes paysages préférés. Où se trouve ton amie ? Je connais ta directrice. Ta fille et ton hôte pourront t'accompagner.

2. ton

n.m. [ du gr. tonos, tension ]
1. Qualité sonore d'une voix liée à sa hauteur, à son timbre, à son intensité : Il lit sur un ton monocorde intonation
2. Manière de parler significative d'un état d'esprit : Elle a pris un ton gentil inflexion
3. Manière particulière de s'exprimer par écrit : Le ton sec d'un courriel style
4. Couleur considérée du point de vue de son intensité lumineuse : Des motifs ton sur ton faits de nuances d'une même couleur ; nuance teinte
5. En musique, tonalité ; rapport des hauteurs entre deux notes conjointes : Le ton de ce concerto est le « mi » majeur. Deux tons séparent le « si » et le « ré ».
De bon ton,
en conformité avec les convenances, la bienséance.
Donner le ton,
servir de modèle : Le préambule du ministre a donné le ton de la réunion.
Être dans le ton,
se comporter, s'habiller comme il faut selon le milieu où l'on est.
Être de bon ton,
être convenable, bienséant.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

TON1

(ton ; devant une voyelle et une h muette : to-n ami, to-n homme) au masculin ; TA (ta) au féminin ; TES (tê, l's se lie : têz amis) au pluriel pour les deux genres.
Adj. possessif qui répond au pronom personnel tu, toi. Ton ami, ta femme, tes affaires.
Prends du repos, ma fille, et calme tes douleurs [CORN., Cid, II, 9]
Ton oncle, dis-tu, l'assassin, M'a guéri d'une maladie [BOIL., Épigr. XX]
Par un solécisme qui s'est introduit au XIVe siècle et qui dès lors a pris force d'usage, ton, au masculin, précède les noms et les adjectifs féminins qui commencent par une voyelle ou par une h muette. Ton heureuse audace.
Quoique ton ennemie, Je ne puis te blâmer d'avoir fui l'infamie [CORN., Cid, III, 4]
L'ancienne langue disait ta et élidait l'a, comme dans l'article la ; t'ame, t'espée.
Ton, ta, tes placés devant les adverbes comparatifs font superlatif. Ton plus fidèle ami.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Qu'il devendra, jointes ses mains, tis homs [ton homme] [, Ch. de Rol. XX]
    Dame, dist ele, jo i ai si grant perte! Ore vivrai en guise de turtrele ; Quant n'ai tun filz, ensemble ot tei voil estre [, St Alexis, XX]
  • XIIIe s.
    Vilain, fist Renart, je n'ai cure De tes poucins ; qu'il soient ton [, Ren. 5332]
    Garde ton cor, panse de t'ame [, Fabl. et contes anc. t III, p. 46]
  • XIVe s.
    Et s'il y a femme qui gise [soit en couches], Soit tantost ton enseigne mise Sur le sommet de la maison [MACHAUT, p. 115]
    La quarte branche de ire si est quant par ton ire tu as esmeu Dieu par jurer [, Ménagier, I, 3]
  • XVe s.
    Amis, t'amour me contraint [A. CHART., Œuv. p. 773]
  • XVIe s.
    ... quand jamais elle ne t'escriroit, Ja pour cela t'amour ne periroit [MAROT, I, 325]
    Pour ton amour j'ay souffert tant d'ennuis [ID., III, 331]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, ten tin, t'n devant une voyelle ; provenç. tos au nom. sing. et au régime pluriel, ton au régime singulier, ta au féminin, tiei, tei, au nominatif pluriel ; du lat. tuus, qui dérive de tu, tu, toi. Dans l'ancien français tis est le nominatif masculin, ton est le régime ; ti le nominatif pluriel, tes le régime pluriel. Ton représente tuum.

TON2

(ton) s. m.
Étymologiquement et proprement, tension ; de là l'emploi de ce mot en médecine où il signifie : état de rénitence et d'élasticité de chaque tissu organique dans l'état de santé. Un cordial qui donne du ton à l'estomac.
Si je n'avais pas, le moment d'après, reçu une lettre de M. le chancelier, qui a remis mes nerfs à leur ton, et rétabli l'équilibre des liqueurs [VOLT., Lett. Richelieu, 3 juin 1771]
Terme de grammaire. Pour les anciens, élévation de la voix sur une syllabe d'un mot (ce qui est une sorte de tension).
Certain degré d'élévation ou d'abaissement de la voix. Ton de voix. Un ton aigre. Un ton doux. Ton plaintif. Le ton de la pitié, de la colère.
De sa sœur tout exprès j'ai pris l'image entière, Mon visage a même air, ma voix a même ton [CORN., Tois. d'or, Il, 1]
Vous détruirez toujours mes conseils par les vôtres ; Le seul ton de ma voix vous en inspire d'autres [ID., Othon, v, 2]
Et, m'écriant d'un ton qui t'aurait fait horreur, J'ai dissipé mon songe, et non pas ma terreur [ROTR., Vencesl. IV, 1]
Vous me marquez si bien les divers tons de ceux qui m'ont souhaitée dans ma chambre, que je les ai tous reconnus [SÉV., 4 févr. 1685]
Je ne trouve point qu'il les faille entièrement bannir [les contes] quand ils sont courts et tout pleins de sel, comme ceux que vous faites.... personne ne peut atteindre à vos tons et à votre manière de conter [ID., à Bussy, 20 déc. 1675]
Quoi! madame, un rival.... - La comtesse : D'un ton plus bas, de grâce [TH. CORN., l'Inconnu, II, 5]
Je n'ai ni le ton ni la voix assez forte [BOIL., Disc. au roi.]
J'en suis sorti.... la poitrine beaucoup plus dégagée..... et même mon laquais m'ayant demandé quelque chose, je lui ai répondu un non à pleine voix qui l'a surpris lui-même.... il est vrai que je n'ai pu depuis rattraper ce ton-là, mais, comme vous voyez.... c'en est assez pour me remettre le cœur au ventre [ID., Lett. à Racine, 23 août 1687]
Dandin : Avocat, De votre ton vous-même adoucissez l'éclat. - L'intime: Oui-da, j'en ai plusieurs [RAC., Plaid. III, 3]
Monsieur, dit-il, haussant le ton, Je ne suis plus de mon opinion [DELILLE, Convers. II]
Par extension, manière de la voix, par rapport à la nature des discours. Le ton de la sincérité. Parler d'un ton de maître. Il rebat sans cesse les mêmes choses, il est toujours sur le même ton.
Le rieur alors, d'un ton sage, Dit.... [LA FONT., Fabl. VIII, 8]
Et ses roulements d'yeux et son ton radouci N'imposent qu'à des gens qui ne sont point d'ici [MOL., Mis. I, 1]
Il est vrai que d'Hacqueville ne laisse rien à désirer ; je n'ai jamais vu des tons et des manières fermes et puissantes pour soutenir ses amis comme celles qu'il a [SÉV., 18 déc. 1675]
Vardes m'a ôté toute l'inquiétude que j'aurais pu avoir, en me disant, avec tous les bons tons du monde, que le fond de votre teint est tranquille et blanc [ID., 13 sept. 1677]
M. du Maine est un prodige d'esprit ; premièrement aucun ton et aucune finesse ne lui manque... [ID., 7 août 1676]
Un esprit né sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci que prend la médisance [BOIL., Sat. IX]
Mais la gloire, madame, Ne s'était point encor fait entendre à mon cœur Du ton dont elle parle au cœur d'un empereur [RAC., Bér. IV, 5]
Elle le suppliait de ne lui plus parier sur ce ton [HAMILT., Gramm. 4]
J'avais laissé prendre à Protésilas un certain ton décisif, auquel je ne pouvais presque plus résister [FÉN., Tél. XII]
La plupart du temps, elles [les paroles] ne signifient point par elles-mêmes, mais par le ton dont on les dit ; souvent, en redisant les mêmes paroles, on ne rend pas le même sens [MONTESQ., Esp. XII, 12]
J'enverrai bientôt quelque chose à mes anges de fort sérieux ; car je ne laisse pas de l'être quelquefois ; vous savez que mon patron est l'Intimé qui avait plusieurs tons [VOLT., Lett. d'Argental, 19 févr. 1763]
Et de ce ton qui devait aller chercher l'âme [J. J. ROUSS., Hél. VI, 11]
Prenant le ton d'un homme instruit de mes anciennes erreurs, mais plein de confiance dans ma droiture, il me parla comme un père à son enfant [ID., ib. IV, 6]
Le ton de la conversation y est [à Paris] coulant et naturel ; il n'est ni pesant ni frivole ; il est savant sans pédanterie, gai sans tumulte, poli sans affectation [ID., ib. II, 14]
L'impératrice le crut fou et en parla sur ce ton à ses familiers [DIDER., Sur la princ. d'Askow.]
Dans le langage, on appelle ton le caractère de noblesse, de familiarité, de popularité, le degré d'élévation ou d'abaissement qu'on peut donner à l'élocution, depuis le bas jusqu'au sublime [MARMONTEL, Œuv. t. X, p. 253]
Il est ridicule.... - infiniment, cela est vrai, parce qu'il a toujours avec les femmes un ton léger ou méprisant [GENLIS, Ad. et Th. t. III, p. 25, dans POUGENS]
Elle a de la grâce et de la douceur dans ses manières, un ton fort noble [ID., Th. d'éduc. Ennemis génér. I, 5]
Être sur un ton, dire des choses d'une certaine espèce.
Pendant que nous sommes sur ce ton-là [parler des intrigues amoureuses de la cour d'Angleterre], je vous dirai, avec la permission de la sagesse de M. de Grignan.... [SÉV., 128]
Le prendre sur un ton de, parler comme, en qualité de.
Le prenant sur un ton de tuteur [HAMILT., Grain. 10]
Le prendre sur un ton bien haut, trop haut, tenir un langage qui dénote de trop hautes prétentions.
Il allait sans doute s'engager dans une mauvaise affaire pour l'avoir pris d'un ton trop haut [SCARR., Rom. com. II, 15]
Luther le prit d'abord d'un ton bien haut [BOSS., Var. IV, 22]
Quoi ! fallait-il fulminer et le prendre d'un ton si haut, pour abattre si peu de chose ? [ID., la Vallière.]
Le prendre sur un ton bien haut, signifie aussi avoir de hautes prétentions.
Vous menez donc la vie des sages; vous vous retirez du monde ; vous êtes bien jeune, mon ami, pour le prendre d'un ton si haut [SÉV., à M. du Plessis, 26 juin 1689]
C'est le prendre d'un ton bien haut pour des hommes faibles et mortels [BOSS., 3e dim. après Pâq. Provid. Préamb.]
Le prendre sur un ton, d'un ton, s'exprimer ou se comporter d'une certaine manière.
Le prenez-vous sur ce ton ? Sur quel ton le prenez-vous ? Si vous le prenez sur ce ton, Monsieur, je n'ai plus rien à dire ; Et vous aurez toujours raison [MOL., Amph. II, 1]
Vous me payez de raison, et vous le prenez sur un ton qui mérite qu'on vous pardonne [SÉV., 55]
Vous le prenez là d'un ton qui ne vous convient guère [HAMILT., Gram. 4]
Puisque vous le prenez sur ce ton-là, monsieur, je ne veux pas vous le montrer [un brillant] [LESAGE, Turc. II, 3]
Familièrement. Prendre un ton, prendre "les airs de supériorité.
Elle me fait trembler dès qu'elle prend son ton; Je ne sais où me mettre, et c'est un vrai dragon [MOL., Fem. sav. II, 9]
Familièrement. Parler à quelqu'un du bon ton, lui parler d'une manière propre à s'en faire écouter. Changer de ton, changer de langage, de conduite, de manière d'être.
J'ai douté fort longtemps que ce fût tout de bon, Et je croyais toujours qu'on changerait de ton [MOL., Tart. IV, 7]
Faire baisser le ton à quelqu'un, l'obliger à rabattre de ses airs de supériorité, de ses prétentions.
En musique, et par la même idée étymologique de tension appliquée aux cordes, le son, par rapport à son degré de gravité ou d'acuité.
La différence des tons ne vient point de la force des vibrations de l'air, mais de leur promptitude [MALEBR., Rech. vér. Éclairc. sur la lum. t. IV, p. 338, dans POUGENS.]
Il n'y a point de ton dans un son simple ; un coup de fusil, un coup de fouet, un coup de canon produisent des sons différents qui cependant n'ont aucun ton [BUFF., Hist. nat. hom. Œuv. t. IV, p. 472]
Du rapport combiné des différents tons naît l'harmonie [BONNET, Contempl. nat. V, 14]
Ton signifie aussi l'intervalle entre deux notes, ce que Choron proposait de nommer un diaton (voy. ce mot) ; alors le ton est précisément l'intervalle de la quinte à la quarte qui s'exprime par le rapport 9 : 8, c'est-à-dire que sol à la quinte d'ut fait 9 vibrations, pendant que fa ou la quarte en fait 8. Ce rapport se retrouve exactement de l'ut au ré, ou de la tonique à la seconde, et du la au si, ou de la sixte à la septième. Du ré au mi et du sol au la l'intervalle est seulement de 10 : 9; ce qui fait nommer ces deux tons, des tons mineurs, tandis que les trois précédents sont des tons majeurs. Fig. et par plaisanterie, en parlant de coups plus fortement assenés.
Ah ! qu'est-ce ci, grands dieux ! il frappe un ton plus fort [MOL., Amph. I, 2]
Demi-ton, ou semi-ton, intervalle d'à peu près la moitié d'un ton. Il faut chanter cet air d'un demi-ton plus haut. Il y a dans la gamme un demi-ton du mi au fa, et un autre du si à l'ut.
Il y a douze demi-tons dans la gamme [GRÉTRY, Méth. prél. VI]
Demi-ton majeur, différence de la tierce majeure à la quarte. Demi-ton mineur, différence de la tierce majeure à la tierce mineure. Demi-ton diatonique, celui qui existe d'une note à l'autre, comme d'ut à ré bémol. Demi-ton chromatique, celui qui existe d'une note à la même note subissant une altération, comme d'ut à ut dièse.
Ton pris dans le sens de mode. Ton majeur, gamme où la distance de la tonique à la tierce est de deux tons ; ton mineur, gamme où cette distance n'est que d'un ton et demi. Tons relatifs, les modes ou tons majeurs et roi neufs qui ont à la clef le même nombre de dièses ou de bémols comme ut majeur et la mineur qui n'en ont pas ; sol majeur et mi mineur qui ont un dièse ; fa majeur et ré mineur qui ont un bémol, etc. Sons adjoints ou conjoints, les modes qui ont le plus d'affinité avec le ton principal, c'est-à-dire qui conservent le plus de notes semblables, par exemple à l'égard du ton d'ut, celui de fa, ou sa quarte qui n'a qu'un bémol de plus, et celui de sol ou sa quinte qui n'a qu'un dièse.
Gamme que l'on adopte pour la composition d'un air, d'un morceau, et qui prend son nom de la première note de cette gamme. Il y a un dièse dans le ton de sol, deux dans le ton de ré, trois dans le ton de la. Ce musicien sort du ton. Changer de ton. Le ton d'ut, le ton de sol, le ton ayant pour tonique la note ut, la note sol.
Il faut avouer en général que le ton de la plaisanterie est, de toutes les clefs de la musique française, celle qui se chante le plus aisément [VOLT., Lett. du Deffand, 21 nov. 1766]
Donner le ton, indiquer par la voix ou par un instrument le ton d'un morceau. Fig.
On doit... Et se donner le ton autant qu'on a d'haleine [RÉGNIER, Sat. VI]
Fig. Donner le ton, faire par influence que les autres prennent nos manières, tiennent notre langage.
Il ne faut quelquefois qu'un homme d'esprit pour donner le ton à tout son siècle [LAMOTTE, dans DESFONTAINES]
Lorsque la France donnait le ton à toutes les nations de l'Europe [VOLT., Lett. Richelieu, 4 juillet 1772]
Ce qui donne le ton chez ce peuple léger [les Français], c'est un certain nombre de femmes charmantes [DIDER., Mém. Promen. scept.]
Donner le ton au public, qui ne demande pas mieux que de le prendre [CAHUSAC, Dans. anc. et mod. III, III, 3]
Elle donne le ton à toutes nos dames [PICARD, Duhautcours, I, 5]
Il se dit aussi des choses qui exercent une influence de même genre.
La nature et le climat dominent presque seuls sur les sauvages ; les manières gouvernent les Chinois ; les lois tyrannisent le Japon ; les mœurs donnaient autrefois le ton dans Lacédémone ; les maximes du gouvernement et les mœurs anciennes le donnaient dans Rome [MONTESQ., Espr. XIX, 4]
Fig. et familièrement. Je le ferai bien chanter sur un autre ton, je l'obligerai à parler, à se conduire autrement qu'il ne fait. Fig. Chanter sur un ton, tenir un certain langage.
Qu'il essaye un peu de chanter sur ce ton, principalement sur le soin de votre santé [SÉV., 380]

PROVERBE

    C'est le ton qui fait la musique, c'est le ton, c'est la manière dont on dit les choses qui dénote l'intention de celui qui les dit.
Ton d'église, mode du plain-chant. Il y a huit tons d'église, quatre authentiques et quatre plagaux. Le ton de l'épître, de l'évangile, de la préface.
Souffrirez-vous toujours qu'un orgueilleux m'outrage.... et, s'égalant à moi, Donne à votre lutrin et le ton et la loi [BOIL., Lutr. I]
10° Degré d'élévation du son des instruments. Le diapason règle le ton. Son violon était monté sur ce ton-là.
Avant que de chanter, il faut que je prélude un peu et joue quelque pièce, afin de mieux prendre mon ton [MOL., Mal. imag. Intermède, I, 4]
Fig.
Il semble... Que Phébus à leur ton accorde sa vielle [RÉGNIER, Sat. IX]
Fig. Être monté sur un ton, avoir telle ou telle disposition.
Mon esprit n'est pas monté présentement sur ce ton-là [SÉV., 71]
Pour monter les âmes au ton des âmes antiques [J. J. ROUSS., Polog. 3]
Fig. Sa maison est montée sur ce ton-là, telle est la manière dont on y vit. Fig. Se mettre au ton de quelqu'un, se conformer à ses idées, à ses mœurs, à son langage.
11° Terme de vénerie. Ton pour les chiens, air que l'on joue sur le cor de chasse.
12° Au plur. Se dit des corps de rechange du cor et de la trompette, parce que c'est à l'aide de ces corps de rechange que ces instruments peuvent jouer dans différents tons. Tons ouverts, se dit de ceux qu'on obtient sur le cor sans introduire la main dans le pavillon, à la différence des tons bouchés.
13° Il se dit, dans le même sens, de la manière, de l'expression dans le langage écrit.
Qui ne croirait que des gens qui parlent de ce ton-là [dans un écrit], eussent sujet de se plaindre ? [PASC., Prov. X]
Toutes mes pensées me faisaient mourir ; j'écrivis à M. de Grignan, vous pouvez penser sur quel ton [SÉV., 14]
Que ne trouve-t-on point dans les huit dernières lettres [Provinciales], qui sont sur un ton tout différent ? [ID., 607]
De quel ton, de quel cœur, car les tons viennent du cœur, de quelle manière m'y parlez-vous de votre tendresse ! [ID., à Mme de Grignan, 5 mai 1689]
Mes pauvres lettres n'ont de prix que celui que vous y donnez en les lisant comme vous faites ; car elles ont des tons, et ne sont pas supportables quand elles sont ânonnées ou épelées [ID., 24 Juill. 1691]
J'aime fort ce que me mande Montgobert ; elle me plaît toujours, je la trouve salée, et tous ses tons me font plaisir [ID., 6 oct. 1675]
Je finis le ton des reproches pour vous dire.... [ID., mars 1690]
Il y eut un tel bruit avant-hier, comme je finissais ma lettre, que je ne vous dis pas la moitié de ce que je voulais ; et c'est un bonheur que je vous aime constamment trois jours de suite pour pouvoir reprendre le fil de mon discours sur le même ton [ID., 17 déc. 1688]
Pourquoi entend-il [M. de Grignan] des tons ironiques sur les louanges que je lui donne ? [ID., 20 déc. 1688]
Il a pris le ton plaintif et opprimé [BOSS., Lett. quiét. 134]
Ce n'était pas jadis sur ce ton ridicule Qu'Amour dictait les vers que soupirait Tibulle [BOIL., Art p. II]
Prenez mieux votre ton; soyez simple avec art [ID., ib. I]
Tout a l'humeur gasconne en un auteur gascon; Calprenède et Juba parlent du même ton [ID., ib. III]
La géométrie n'a qu'un ton ; mais peut-être ferait-elle bien elle-même d'en changer quelquefois un peu, puisqu'elle parle à des hommes [FONTEN., Rolle.]
Vous m'envoyez de très Jolis vers.... voilà un bon ton, rien n'est plus rare [VOLT., Lett. à Mme du Deffand, 25 Juin 1774]
Cette Harmonie des mots ne fait ni le fond ni le ton du style, et se trouve souvent dans des écrits vides d'idées ; le ton n'est que la convenance du style à la nature du sujet [BUFF., Disc. de réception.]
À l'égard des lettres de Claire, de Wolmar et d'Édouard [dans la Nouvelle Héloise], Je ne conçois pas comment on peut les trouver du même ton que celles des deux personnages principaux [D'ALEMB., Œuv. t. v, p. 369]
Ton se dit aussi des autres caractères que l'expression reçoit de la pensée, de l'image, du sentiment : le ton triste de l'élégie, le ton galant du madrigal, le ton léger de la plaisanterie, le ton pathétique, le ton sérieux [MARMONTEL, Œuv. t. X, p. 254]
Les mœurs, le goût et les usages du grand monde ont passé dans la bourgeoisie, il n'y a presque plus que deux tons, et il n'est plus permis à celui du peuple de dominer même dans la comédie [ID., ib. t. VIII, p. 378]
Simple et grand, fort et doux, Unissez tous les tons pour plaire à tous les goûts [DELILLE, Jard. I]
Si j'eusse commencé : chrétiens, après les attentats inouïs d'une infernale révolution.... une fois monté sur ce ton, il m'était facile de continuer et mener à fin mon volume [P. L. COUR., Pamphl. des pamphl.]
14° Les manières en général. Le ton de la ville. Le ton du collége. Un ton de corps de garde.
Il n'y a point de règle générale pour les tons et pour les manières, et il n'y a point de bonnes copies [LA ROCHEFOUC., Réfl. div. p. 133]
Le chien prend le ton de la maison qu'il habite [BUFF., Morc. choisis, p. 125]
Elle l'avait priée de former mes manières et de me donner le ton du monde [J. J. ROUSS., Confess. VI]
Votre esprit plaît et doit plaire par bien des qualités, par l'excellence de votre ton, par la justesse de votre goût. par l'art que vous avez de dire à chacun ce qui lui convient [D'ALEMB., Portr. de Mlle de l'Espinasse]
Mais à présent, mon cher habit, Tout est de mon ressort, les airs, la suffisance ; Et ces tons décidés qu'on prend pour de l'aisance, Deviennent mes tons favoris [SEDAINE, Ép. à mon habit.]
Le ton, le style du beau monde sont ce qu'il y a de moins poétique dans le monde [P. L. COUR., Trad. d'Hérodote, Préf.]
15° Le bon ton, le langage, les manières du monde poli, des gens bien élevés.
Le bon ton, dans ceux qui ont le plus d'esprit, consiste à dire agréablement des riens, et à ne pas se permettre le moindre propos sensé, si l'on ne le fait excuser par les grâces du discours [DUCLOS, Consid. mœurs, 8]
Ce prétendu bon ton qui n'est qu'un abus de l'esprit ne laisse pas d'en exiger beaucoup [ID., ib.]
... votre excessive sensibilité sur ce qu'on nomme le bon ton dans les manières et dans les discours ; le défaut de cette qualité vous parait à peine effacé par le sentiment le plus tendre et le plus vrai qu'on puisse vous marquer [D'ALEMB., Portr. de Mlle de l'Espinasse]
Zélis, qui, par bon ton, à la philosophie Joint tous les goûts divers, tous les amusements, Rit avec nos penseurs, pense avec ses amants [GILB., le XVIIIe Siècle.]
Du bon ton qu'ils n'ont pas se croyant les arbitres [DORAT, Feinte par amour, II, 2]
Le bon ton, dans ce qui s'appelle la bonne compagnie, est un système de convenances qu'elle s'est fait à elle-même et qui lui est particulier ; il interdit en général une familiarité déplacée, et par conséquent tous les mots, tous les tours de phrase qui supposent, dans celui qui parle, la négligence des égards qu'il doit à la société [MARMONTEL, Œuv. t. X, p. 256]
Le bon ton n'est autre chose que le bon goût mis en pratique [ID., ib. p. 255]
La maréchale était l'oracle du bon ton [GENLIS, Mém. t. I, p. 383, dans POUGENS]
On dit dans un sens contraire: le mauvais ton. Un homme de mauvais ton. Une familiarité de mauvais ton.
Joignant au mauvais ton d'une ironie perpétuelle la prétention de penser philosophiquement [GENLIS, Veill. du chât, t. I, p. 347, dans POUGENS]
Absolument. Le ton, ce qu'on regarde comme le bon ton par excellence.
Ce qu'on appelle le ton" cette espèce d'impudence qui ne doute de rien et qui ne permet pas la réplique [MARQUIS D'ARGENSON, Mém. IV, p. 132]
Ton, absolument, se dit aussi pour grand ton et luxe. Je ne veux pas fréquenter cette personne ; il y a trop de ton dans sa maison.
16° Le haut ton, le grand ton, les manières du plus grand monde.
Des propos libres, des maximes du haut ton [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Fi des coquettes maniérées ! Fi des bégueules du grand ton ! [BÉRANG., Jeannette.]
17° La disposition de l'opinion, à un moment donné.
Le ton d'aujourd'hui, c'est l'innocence des nommées [dans l'affaire des poisons] et l'horreur du scandale [SÉV., 31 janv. 1680]
La dévotion était le ton de son siècle [de Louis XI] [DUCLOS, Œuv. t. III, p. 360]
Disposition individuelle.
Je parlai l'autre jour de lui [M. Trouvé] à notre comtesse de Fiesque, la croyant pour lui sur le même ton que vous ; mais Je me trouvai repoussée... [SÉV., 20 arr. 1683]
Il n'y a point d'endroit [à Livry] où je ne me souvienne de ma fille, et qui ne soit marqué tendrement dans mon imagination ; car je n'y vois plus rien que sur ce ton [ID., 27 sept. 1679]
18° Façon d'agir, de se comporter.
M. de Luxembourg s'est mis volontairement à la Bastille [affaire des poisons], et se croit assez innocent pour prendre ce ton [SÉV., 24 janv. 1680]
Elle me marque tant d'empressement et tant d'amitié, que j'en suis tout embarrassée ; quand on ne peut être sur le même ton, on ne sait que répondre [ID., 15 arr. 1685]
Nous mangeons ensemble, nous sommes dans une parfaite intelligence, et il est vrai que plus on connaît M. le chevalier [de Grignan] sur ce ton-là, plus on l'aime [ID., 6 oct. 1688]
19° Terme de peinture. Nom des différentes teintes relativement à leur force, à leur éclat (par extension du sens de série des tons musicaux à la série des nuances). Des tons clairs. Tons faux. Tons blafards. Des tons sombres.
Cette huppe est de même ton de couleur que le reste du corps [BUFF., Ois. t. VIII, p. 143]
Les anciens ont compté cinq espèces d'améthystes qu'ils distinguaient par les différents tons ou degrés de couleurs [ID., Min. t. VI, p. 150]
Et, le prisme à la main, l'audacieux Newton Des diverses couleurs distingua chaque ton [DELILLE, Trois règ. IV]
On retrouve chez les Romains ce ton des chairs auquel les peintres ont donné le nom de couleur historique [CHATEAUBR., Italie, à M. de Fontanes, 10 janv. 1804]
Tons vigoureux, ceux qui ont beaucoup d'intensité ; tons chauds, ceux qui, à une grande intensité, joignent un certain éclat procédant de la couleur de feu ; tons fins, ceux qui résultent de nuances légères, qui ont peu d'intensité, et se succèdent par des passages doux [BOUTARD, Dict. des arts du dessin, ton]
Le ciel [à Smyrne], moins pur que celui de l'Attique, avait cette teinte que les peintres appellent un ton chaud, c'est-à-dire qu'il était rempli d'une vapeur déliée, un peu rougie par la lumière [CHATEAUBR., Itin. 2e part.]
Fig.
Elle [la religion, par rapport à la peinture] donne des tons plus sublimes à la figure humaine [CHATEAUBR., Génie, III, I, 3]
Ton de couleur, degré de force du coloris. Ce paysage est d'un beau ton de couleur. Le ton de couleur de ce tableau tire sur le rouge. Couleur qui domine dans un tableau.
Du reste, sans détails de nature et rouge de ton [DIDER., Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 79, dans POUGENS]
Se dit, dans une estampe" des passages du blanc au noir. Broder ton sur ton, broder couleur sur couleur. Dans la gamme des couleurs établie par M. Chevreul, le ton est la couleur elle-même considérée dans son intensité ou sa légèreté, par opposition à la nuance, qui est due au mélange de couleurs situées dans le voisinage. Ainsi le bleu est foncé ou clair, c'est le ton; il est violeté, c'est la nuance.

REMARQUE

  • 1. Le mot ton est employé quelquefois, à tort, comme synonyme de son ou de note : Le chanteur a de bons tons dans la voix ; locution qu'il faut éviter.
  • 2. Se donner des tons, est une locution née pendant la Révolution, d'après GENLIS, Mém. t. V, p. 91.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Et s'escria clerement à haut ton [, Ronc. p. 59]
    Ce dist Tierris d'un ton mout avenant [, ib. p. 187]
  • XVe s.
    Quant le ton [bruit] de l'escu et du palais fut passé, les chevaliers se dresserent tout esbahis [, Perceforest, t. IV, f° 52]
    Il ouyt hannir ung cheval d'une forte voix et grosse : Dieu des forests, dit le jouvenceau, où est ce cheval de tel ton ? il ne peult qu'il ne soit de grant valleur [, ib. f° 113]
  • XVIe s.
    L'accent ou ton en prononciation est une loi ou regle certaine pour elever ou abaisser la prononciation d'une chacune syllabe [MEIGRET, dans LIVET, Gramm. franç. p. 104]
    Ces pauvres baudets de village, Lourdauts, sans cœur et sans courage, Qui jamais ne prennent leur ton Qu'à la mesure d'un baston [, Sat. Mén. l'Ane ligueur]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. ton ; lat. to ; espagn. ton, tono ; portug. tom ; ital. tuono ; du lat. tonus, qui vient du grec, signifiant proprement corde, tendon, action de tendre les cordes de la lyre, puis ton, du grec, tendre (voy. ce verbe).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. TON. Ajoutez :
    20° Terme de grammaire. On le trouve quelquefois employé pour accent tonique.
    Il est dans la nature du langage de renforcer les syllabes qui reçoivent le ton et d'affaiblir celles qui en sont privées [BRÉAL, Traduct. de la Gramm. comp. de Bopp, t. III, p. XLIV]
    Meigret, au XVIe siècle, s'est servi de ton en ce sens (voy. ACCENT au Supplément).

TON3

(ton) s. m.
Terme de marine. Partie supérieure d'un mât, comprise entre le capelage et l'extrême sommet de ce mât.
Dans le métier du rubanier, grosse noix percée de plusieurs trous par lesquels passent deux cordes que l'on bande à l'aide de cet appareil.

ÉTYMOLOGIE

  • On disait au commencement du XVIIe siècle tenon, dont ton serait une altération, JAL.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

ton

TON. adj. possessif masculin qui répond au pronom personnel Tu, toi. On le met toujours devant le nom ou l'adjectif qui précède le nom. Ton Dieu. Ton père. Ton ami. Ton honneur. Ton seul amour.

Il fait au féminin TA. Ta femme. Ta maison. Ta haine. Mais lorsque le nom ou l'adjectif féminin devant lequel il est placé commence par une voyelle ou une h muette, au lieu de ta on dit ton. Ton amitié. Ton habileté. Ton extrême prudence.

Il fait au pluriel TES pour les deux genres. Tes parents. Tes amis. Tes affaires.

Il s'emploie familièrement pour indiquer des rapports d'habitude, de connaissance, etc. Voilà ton homme. Tu sais ta grammaire.

ton

TON. n. m. Degré d'élévation ou d'abaissement de la voix ou de quelque autre son. Ton de voix. Un ton plus haut. Un ton plus bas. Il a haussé, il a baissé le ton. Donner le ton. Prendre le ton. Un ton soutenu. Ton aigu, ton grave.

Il se dit, par extension, de la Manière de parler, non seulement par rapport au son de la voix, mais relativement aux sentiments qu'elle exprime, à la nature des paroles. Un ton aigre. Un ton doux. Parler d'un ton de maître, d'un ton impérieux, fier, ferme, d'un ton moqueur, railleur. Ton amical. Ton décidé, tranchant, absolu, dogmatique. Ton patelin, doctoral. Ton réservé, modeste, timide, humble. Ton lamentable, plaintif, pleureur, suppliant. Être sur un ton badin, sur un ton sérieux, sur un ton doucereux. Avoir toujours un ton mielleux. Il me dit cela d'un ton qui marquait un peu de dépit. Le ton de la colère, de l'indignation. Le ton de la pitié, de l'amour. Il est toujours sur un ton familier, sur un ton de réserve, sur le ton de la réserve. Un ton de supériorité. Le ton de la supériorité. Un ton grivois. Un ton noble.

Fig. et fam., Le prendre sur un ton, sur un certain ton, Prendre certaines manières, avoir une certaine conduite, un certain procédé, un certain langage. Si vous le prenez avec moi sur un ton de supériorité, vous ne réussirez pas. Le prenez-vous sur ce ton? Il l'a pris sur un ton fort haut.

Fig. et fam., Faire baisser le ton à quelqu'un, L'obliger à rabattre des airs de supériorité qu'il se donne, à parler d'un ton moins impérieux ou moins emporté.

Fig. et fam., Changer de ton, Changer de conduite, de manières, de langage. Il traitait tout le monde avec hauteur, mais on lui a bien fait changer de ton.

Fig. et fam., Prendre un ton, Prendre des airs, affecter une sorte de supériorité. Vous prenez avec moi un ton qui ne me convient pas.

Fig. et fam., Dire une chose sur tous les tons, L'exprimer de toutes les manières. Je le lui ai dit sur tous les tons; il n'a pas voulu m'écouter.

TON se dit encore du Langage, des manières qu'on emploie dans la société. Le bon ton s'acquiert par la fréquentation des personnes bien élevées. Un homme, une femme de bon ton. Cette façon de parler, ce geste n'est pas de bon ton. Un propos, une familiarité de mauvais ton. Le ton de la ville, de la cour. Le ton d'un homme du monde. Un ton de corps de garde.

Donner le ton, Servir de modèle pour le langage, les manières, etc. Il donne le ton à la jeunesse élégante.

Se mettre au ton de quelqu'un, Se conformer à lui pour le langage, les manières, les goûts, etc.

TON se dit aussi, en parlant des Ouvrages de l'esprit, du Caractère, du genre de style. Le ton de cet ouvrage est soutenu. Il a pris dès le commencement de son livre le ton oratoire, le ton pathétique. Le ton plaintif de l'élégie. Le ton galant du madrigal. Il a commencé son ouvrage sur un ton qu'il n'a pu soutenir.

En termes de Musique, il se dit de l'Intervalle entre deux notes consécutives de la gamme, excepté l'intervalle de la troisième à la quatrième note et celui de la septième à la huitième. Transposer d'un ton. Il y a trois tons du fa au si.

Demi-ton, Moitié d'un ton. Il y a dans la gamme d'ut un demi-ton du mi au fa, et un autre du si à l'ut. Duaudièse il y a un demi- ton chromatique, et duau mi bémol un demi- ton diatonique. Il faut chanter cet air un demi- ton plus haut.

TON se dit aussi de la Gamme dans laquelle est écrit un morceau de musique et qui est désignée par sa note initiale appelée Tonique. Ton d'ut, de ré, de mi, etc. Il y a un dièse dans le ton de sol, deux dans le ton de ré. Le ton de la mineur. Chanter dans tel ton. Ce morceau de musique est dans tel ton.

Donner le ton, Marquer en chantant, ou en touchant un instrument, le ton dans lequel on doit chanter.

Fig. et fam., Je le ferai bien chanter sur un autre ton, Je l'obligerai à parler, à se conduire autrement qu'il ne fait.

Prov. et fig., C'est le ton qui fait la chanson, C'est le ton, c'est la manière dont on dit les choses qui dénote l'intention de celui qui les dit.

TON se dit dans un sens analogue en parlant du Plain-chant. Les tons du plain-chant se divisent en tons authentiques et tons plagaux. En ce sens on dit plutôt Mode.

En termes de Chasse, il se dit des Différents airs que l'on sonne sur la trompe dans une chasse à courre. Il y a de nombreux tons de chasse : le débucher, l'hallali, le bat-l'eau, etc.

En termes de Peinture, il se dit des Teintes, suivant leur différente nature et leur différent degré de force ou d'éclat. Tons sombres. Tons clairs. Tons chauds. Tons vigoureux. Tons fins. Tons rougeâtres, verdâtres. Tons faux, blafards. Voilà une assez bonne copie de Rubens; mais quelle différence, dans le ton de couleur, entre l'original et la copie!

En termes de Médecine, il désigne l'État de tension, d'élasticité ou de fermeté naturel aux différents organes du corps. Les cordiaux donnent du ton à l'estomac.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

ton

Ton, Tonus.

Celuy qui baille le ton, Praecentor, Choragus, B.

Ton, Un grand poisson de mer, Orcynus, Thynnus, Thunnus.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

ton


TON, pronom possessif. Il sert pour le masculin; ton livre, ton écritoire; et pour les noms féminins, qui comencent par une voyèle ou une h muette: ton audace, ton horreur. Il a au pluriel tes; pour les deux genres: tes livres; tes afaires.

ton


TON, s. m. Certaine inflexion de voix; certain degré d'élévation ou d'abaissement de la voix, ou de quelque aûtre son. "Ton de voix aigre ou doux; plus haut, ou plus bâs. Ton de conversation, de déclamation, etc. "Parler d'un ton de maitre; d'un ton impérieux, fier, hautain, moqueur, railleur: "Il nous demanda d'un ton sévère, quel étoit notre pays. Télém. "Je me fus à peine expliqué, d'un ton si décisif que, etc. = On emploie beaucoup aujourd'hui ce mot au figuré. Doner, prendre le ton; écrire sur le vrai ton, sur le mauvais ton. Monter ses ouvrages sur le haut ton; être sur un ton badin ou sérieux; parler à quelqu'un d' un bon ton, ou du bon ton. On disait dans le Dict. Gramm. Il y a plus de vingt ans que: "Il y a du précieux à tout cela; mais que tout cela prend faveur, et qu'on peut en bien augurer. = Doner le ton; dominer; le prendre sur un ton, sur un certain ton; avoir de certaines manières, un certain procédé (qui déplaisent).
   Ah! vous le prenezsur un fort joli ton.
       Le Joueur.
Baisser le ton. "À~ l'aproche du Comte de... tous les aspirans baissèrent le ton. MARM. — Changer de ton, parler d'une aûtre manière. = D'un ton, régit quelquefois à et l'infinitif. "Elle dit cela d'un ton à faire trembler ses rivales. Marm. = On dit ordinairement: peser ses paroles ou ses mots. ROUSSEAU a dit: peser ses tons.
   Tout marque en lui la perle des Catons,
   Il ne rit point: il pèse tous ses tons.
On dit adverbialement, par air: M. l'Abé Royou a dit, dans le même sens, par ton. "C'est par ton que nos jeunes rimailleurs dans leurs épitres badines, plaisantent les vertus: et, si je ne me trompe, cette ridicule manie est du plus mauvais ton. Journ. de Mons.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

ton

nom masculin ton
1.  Manière de parler particulière.
2.  Façon particulière d'écrire.
3.  Qualité d'un coloris.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

ton

(tɔ̃)

ta

(ta)

tes

(te)
adjectif possessif
qui est à toi C'est ta montre. ton père et le mien

ton

Ihr, Ton, dein, deinig, euer, eurige, ihrige, Einstellung, Gemütslage, Gestimmtsein, Stimmung, Kammertonyour, tone, shade, key, thine, pitch, agreement, attunement, mood, strain, style, tamber, thy, timbre, tuning, yourstoon, jouw, toonsoort, intonatie, je, jullie, timbre, toonaard, toonkleur, tint, uw, klank, kleur, manier (van optreden), stijl, toonhoogte [muziek], toonhoogte, jouwe, overeenstemming, samenklankגובה הקול (ז), טון (ז), מצלול (ז), נימה (נ), צליל (ז), שלי, שלך, טוֹן, מִצְלוֹל, נִימָהjou, julle, toon, uafinaciò, sintonitzazió, teu, teva, to, vostra, vostretón, tvůj, vášderes, jeres, tone, dinσας, σου, δικός σουagordo, tembro, tonalo, tono, viatu, timbre, tono, su-si, sinuntuo, vostro, tonotonustwój, tona, wasztom, acordo, afinação, entonação, modo, seu, sonância, teu, timbre, toada, vosso, seu, seusтвой, тонна, вашton, din-ako, -enusizin, seninالـخَاصُّ بِكtvojあなたの당신의dinของคุณ ของท่านcủa bạn您的 (tɔ̃)
nom masculin
1. qualité de la voix un ton grave
2. manière de s'exprimer, style le ton d'une lettre parler à qqn d'un ton sec
3. musique hauteur de la voix ou d'un instrument, en musique donner le ton juste
4. nuance de couleur ton sur ton
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

ton

3 [tɔ̃, ta] [tes] (pl) adj possessif → your
C'est ton stylo? → Is this your pen?
J'ai vu ta sœur hier → I saw your sister yesterday.
J'aime bien tes baskets → I like your trainers.

ton

4 [tɔ̃] nm
[personne, conversation] → tone
élever le ton, hausser le ton → to raise one's voice
Ne me parle pas sur ce ton → Don't speak to me in that tone of voice.
si vous le prenez sur ce ton → if you're going to take it like that
(= hauteur) [voix] → pitch
(MUSIQUE) [morceau] → key
(= couleur) → shade, tone
J'adore les tons pastel → I love pastel shades.
ton sur ton → in matching shades
(autres locutions) donner le ton (fig) → to set the tone
de bon ton → in good taste
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005