vocation

vocation

n.f. [ lat. vocatio, de vocare, appeler ]
1. Impulsion ou penchant qui porte vers un genre de vie, une activité : Il a manqué sa vocation. Avoir une vocation artistique dispositions inclination, passion
2. Rôle qu'une personne, une communauté semble appelée à jouer : Quelle est la vocation de l'homme sur la terre ? mission
3. Mouvement intérieur ressenti comme un appel de Dieu : Ne pas avoir la vocation.
Avoir vocation à,
Sout. être qualifié pour : Ce service administratif n'a pas vocation à trancher un tel litige.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

VOCATION

(vo-ka-sion ; en vers, de quatre syllabes) s. f.
Action d'appeler, qui ne se dit qu'au figuré et en parlant des appels que Dieu fait à l'homme.
Jésus-Christ n'a point voulu du témoignage des démons, ni de ceux qui n'avaient pas vocation, mais de Dieu et de Jean-Baptiste [PASC., Pens. XXIV, 23 bis, édit. HAVET.]
Il pose les fondements de son Église par la vocation de douze pêcheurs [BOSSUET, Hist. II, 6]
C'est dans la vocation qui nous prévient et dans la persévérance finale qui nous couronne, que la bonté qui nous sauve paraît toute gratuite et toute pure [ID., Duch. d'Orl.]
Vocation peu sincère qu'ils [les auteurs de la réforme] attribuaient à Dieu, lorsqu'il appelait, à l'extérieur, ceux que, dans le fond, il avait exclus de sa grâce, les prédestinant au mal [ID., Var. XI]
Terme de l'Écriture. La vocation d'Abraham, le choix que Dieu fit de ce patriarche pour être le père des croyants.
Les fausses divinités se multipliaient : et c'est ce qui donna lieu à la vocation d'Abraham [BOSSUET, Hist. I, 2]
La vocation des gentils, la grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la connaissance de l'Évangile.
Il [Dieu] lui découvre [à saint Paul] le secret profond de la vocation des gentils [BOSSUET, Hist. II, 7]
La vocation des gentils substitués à la place d'un peuple autrefois si chéri et si privilégié [ROLLIN, Traite des Ét. v, 2e part. I, 1]
Ordre extérieur de l'Église par lequel les évêques appellent au ministère ecclésiastique ceux qu'ils en jugent dignes. La vocation extérieure.
Il ne suffit pas d'avoir la saine doctrine, et il faut outre cela de deux choses l'une : ou des miracles pour témoigner une vocation extraordinaire de Dieu, ou l'autorité des pasteurs qu'on avait trouvés en charge, pour établir la vocation ordinaire et dans les formes [BOSSUET, Var. I, 28]
Il se dit dans le même sens chez les protestants.
Les oppositions qu'il [Jurieu] a faites à la vocation de M. Basnage pour ministre ordinaire de cette ville [Rotterdam].... [BAYLE, Lett. à Minutoli, 27 août 1691]
Mouvement intérieur par lequel Dieu appelle une personne à quelque genre de vie.
Il ne faut pas examiner si on a vocation pour sortir du monde, mais seulement si on a vocation pour y demeurer [PASC., Lett. à Mlle de Roannez, 9]
Un état qui est établi de Dieu est de la vocation de Dieu, c'est-à-dire qu'il y en a plusieurs que Dieu destine à cet état [BOURDAL., Pensées, t. I, p. 77]
C'est que rien n'a tant de rapport au salut que la vocation à un état, et que souvent c'est à l'état qu'est attachée toute l'affaire du salut [ID., Domin. 1er dim. après l'Épiph. Devoir des pères envers leurs enfants, p. 15]
Particulièrement. Mouvement intérieur par lequel on se sent porté à la vie religieuse.
La princesse Bénédicte, la plus jeune des trois sœurs, fut la première immolée à ces intérêts de famille.... malgré une vocation si peu régulière, la jeune abbesse devint un modèle de vertus [BOSSUET, Anne de Gonz.]
La peur de m'en repentir [d'être entrée au couvent] m'a fait passer par-dessus des mouvements que mille autres auraient appelés vocations [MAINTENON, Lett. à l'abbé Gobelin, 1676, t. II, p. 51, dans POUGENS.]
Si l'on ne le voyait de ses yeux, pourrait-on jamais s'imaginer l'étrange disproportion que le plus ou le moins de pièces de monnaie met entre les hommes ? ce plus ou ce moins détermine à l'épée, à la robe ou à l'Église : il n'y a presque point d'autre vocation [LA BRUY., VI]
Religieuse sans vocation, elle chercha un amusement convenable à son état [Mme DE CAYLUS, Souvenirs, p. 95, dans POUGENS]
Un certain ordre des choses auquel on doit se conformer. La vocation de l'homme est d'être utile à ses semblables.
Elle [Marie-Thérèse] suivit sa vocation ; et jamais vie ne fut plus pure [FLÉCH., Mar.-Thér.]
On ne travaille que pour jouir ; cette alternative de peine et de jouissance est notre véritable vocation [J. J. ROUSS., Hél. IV, 11]
Les femmes n'ont d'autre vocation parmi nous que les devoirs domestiques [STAËL, Corinne, XIV, 1]
Inclination que l'on se sent pour un état. Une vocation contrariée. Il se sent de la vocation pour le commerce, pour le barreau.
Un rien détermine souvent la vocation d'un écrivain [D'OLIVET, Hist. Acad. t. II, p. 150, dans POUGENS]
Granville : Te souvient-il, mon cher, qu'autrefois dans la classe Tu te mêlais déjà de déclamation ? Ton instinct t'y portait - Belrose : Dis ma vocation [C. DELAVIGNE, Coméd. I, 4]
Disposition, talent. Il a une vocation décidée pour la peinture.
La petite d'Heudicourt est jolie comme un ange ; elle a été de son chef huit ou dix jours à la cour, toujours pendue au cou du roi ; cette petite avait adouci les esprits par sa jolie présence : c'est la plus belle vocation pour plaire que vous ayez jamais vue ; elle a cinq ans ; elle sait mieux la cour que les vieux courtisans [SÉV., 4 déc. 1673]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Les vocations [appels en justice] et les citations [, Chron. de St-Denys, t. II, f° 193, dans LACURNE]
  • XVe s.
    Guillaume Erambourt doubtant que le mary de sa fille ne s'aperceust de telles vocations [appels, signes] [DU CANGE, vocatio.]
  • XVIe s.
    Jesus Christ, au commencement de sa predication, n'a pas voulu faire ouverture aux gentils, mais a differé leur vocation [CALV., Instit. 350]
    Mesme Jesus-Christ ne s'y est point ingeré soymesme, mais a obei à la vocation de son pere [ID., ib. 1155]
    Les peres en ceci ne peuvent mieux pourvoir, que d'aviser de quelle profession ils veulent que leurs enfants soyent, à fin d'accommoder les estudes à la vocation [LANOUE, 122]
    Ils font d'une telle profession [la guerre] (qui doit estre comme extraordinaire) une vocation perpetuelle, laquelle ils exaltent par dessus toutes autres [ID., 479]
    L'une et l'autre [déclaration], après avoir declarée illégitime la vocation [des états], remettoient les diferens de l'Eglise à un concile [D'AUB., Hist. III, 276]
    Des personnages qui tiroient d'escrire et leurs tiltres et leur vocation [à qui le talent d'écrire formait titres etvocation] [MONT., I, 288]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. vocatio ; espagn. vocacion ; ital. vocazione ; du lat. vocationem, de vocare, appeler (voy. VOYELLE).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    VOCATION. Ajoutez :
    Terme de droit. Vocation testamentaire, droit conféré par un testament.
    Qu'elle [la testatrice] avait non pas entendu soumettre la vocation des seconds institués à un cas spécial et déterminé, mais.... qu'il s'agit de décider si la vocation au legs universel s'est ouverte pour les mineurs [, Gaz. des Trib. 18 nov. 1874, p. 1105, 3e col.]
    Les substitués qui n'ont à invoquer aucune vocation testamentaire immédiate n'ont ni titre, ni qualité pour se porter héritiers bénéficiaires [, ib. 20 déc. 1876, p. 1227, 2e col.]
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

vocation

VOCATION. n. f. Mouvement intérieur par lequel Dieu appelle une personne à se consacrer à son service. Répondre, résister à sa vocation. Suivre sa vocation.

La vocation des gentils, La grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la connaissance de l'Évangile.

La vocation d'Abraham, Le choix que Dieu fit de ce patriarche pour être le père des croyants.

VOCATION désigne aussi l'Inclination que l'on ressent pour un état. Il se sent de la vocation pour les lettres, pour le barreau. Je ne m'oppose point à sa vocation. Je ne veux pas contrarier sa vocation.

Il signifie encore Disposition, talent. Il a une vocation pour ces sortes d'affaires. Il a une vocation décidée pour la peinture, la musique.

Il désigne également un Certain ordre de la Providence que l'on doit suivre. La vocation de l'homme est d'être utile à ses semblables. Il remplit sa vocation en soulageant les infortunés.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

vocation


VOCATION, s. f. [Voka-cion: en vers cion.] 1°. Moûvement intérieur, par lequel Dieu apèle une persone à quelque genre de vie. "Répondre, résister à sa vocation. "Avant que de choisir un état, il faut examiner sa vocation. Racine dit fort plaisamment à l'Auteur des Visionaires: "Jetez-vous souvent sur les injures, et presque toujours sur les antithèses. Vous êtes apelé à ce style. Chacun doit suivre sa vocation. = 2°. Il se dit quelquefois pour Mission. "Les Protestans n'ont point de vocation légitime. = 3°. La vocation des Juifs, des gentils; les moyens dont Dieu s'est servi pour apeler ces peuples à la Foi. = 4°. * Chez les Protestans, c'est un terme consacré pour exprimer la nomination aux places du ministère éclésiastique. M. Formey l'aplique aussi à la nomination aux chaires des Universités. C'est un latinisme germanique.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

vocation

nom féminin vocation
1.  Destination naturelle de.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

vocation

vocation, callingייעוד (ז), שליחות (נ), שְׁלִיחוּתroeping, bestemmingBerufungappello, vocazioneпризвание職業posláníkald직업 (vɔkasjɔ̃)
nom féminin
attirance, goût pour qqch une vocation religieuse une vocation artistique
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

vocation

[vɔkasjɔ̃] nfvocation, calling
avoir la vocation → to have a vocation, to have a calling
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005