Les flux migratoires au sein de l'Union européenne
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À propos de ce livre électronique
Trois enjeux sont convoqués à cette réflexion européenne sur l’immigration : la protection des frontières, la pression migratoire et le respect des valeurs de l’Union européenne.
Sur ces diverses bases, les Etats membres et l’Union européenne s’attachent, en principe, à réduire leurs divergences. Pourtant, les Etats continuent à mener des actions en ordre dispersé et à conserver des législations décalées. L’actualité demeure révélatrice d’une telle situation. Entre les milliers de naufragés économiques qui viennent échoir sur les côtes occidentales de la méditerranée et les réfugiés notamment moyen-orientaux qui lancent des cris de détresse, l’Union européenne offre une image de division. Chaque pays, selon des enjeux de politique interne, apporte des réponses variées.
En outre, la notion d’immigrant est vectrice de confusion car selon la nature de l’immigration, un régime juridique spécifique se déclenche. Le demandeur d’asile n’est pas un migrant économique. Un étudiant étranger souhaitant suivre des études en Europe, relève encore d’une autre catégorie. S’ajoute à cette multitude de statuts, la dimension légale ou non de l’arrivée sur le territoire, la durée du séjour et sa prolongation.
Ce livre veut démêler cet écheveau et mettre en perspective ce contrôle des frontières avec le valeurs défendues par l’Union.
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Avis sur Les flux migratoires au sein de l'Union européenne
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Aperçu du livre
Les flux migratoires au sein de l'Union européenne - Juliette Olivier Leprince
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© ELS Belgium s.a., 2017
Éditions Bruylant
Rue Haute, 139/6 - 1000 Bruxelles
Tous droits réservés pour tous pays.
Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent ouvrage, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.
ISBN : 978-2-8027-6036-8
Parus dans la même collection :
La portée de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, sous la direction de Catherine-Amélie Chassin, 2006.
Les défis d’une adhésion de la Turquie à l’Union européenne, sous la direction de Erwan Lannon et Joël Lebullenger, 2006.
Les relations ACP/UE après le modèle de Lomé : quel partenariat ?, sous la direction de Danielle Perrot, 2007.
Le médiateur européen : bilan et perspectives, sous la direction de Syméon Karagiannis et Yves Petit, 2007.
La libre circulation des personnes dans l’Union européenne, sous la direction de Stéphane Leclerc, 2009.
Le phénomène bureaucratique européen. Intégration européenne et « Technophobie », sous la direction de Pascal Mbongo, 2009.
Union européenne et sécurité : aspects internes et externes, sous la direction de Catherine Flaesch-Mougin, 2009.
Les droits sociaux dans les instruments européens et internationaux. Défis à l’échelle mondiale, sous la direction de Nikitas Aliprantis, 2009.
Social Right at European, regional and international level. Challenges for the XXIst Century, edited by Nikitas Aliprantis and Ionnis Papageorgiou, 2010.
Regards croisés sur les intégrations régionales: Europe, Amérique, Afrique, sous la direction de Catherine Flaesch-Mougin et Joël Lebullenger, 2010.
La relance de l’Union européenne et la présidence française, sous la direction de Catherine Flaesch-Mougin, 2011.
Europe(s), droit(s) et migrants irréguliers, sous la direction de Stéphane Leclerc, 2012.
L’Union européenne et la gouvernance mondiale. Quel apport avec quels acteurs ?, sous la direction de Muriel Le Barbier-Le Bris, 2012.
La politique méditerranéenne de l’Union européenne, sous la direction de Philippe Icard, 2012.
Les partenariats Europe-Afrique et les intégrations régionales, sous la direction de Luc Marius Ibriga, 2012.
La dimension extérieure de l’espace de liberté, de sécurité et de justice de l’Union européenne après le Traité de Lisbonne, sous la direction de : Catherine Flaesch-Mougin, Lucia Serena Rossi, 2013.
La régionalisation en Europe. Regards croisés, sous la direction d’Emmanuel Cherrier et Stéphane Guérard, 2014.
Les femmes dans le droit de l’Union européenne, sous la direction de Philippe Icard, 2014.
L’espace ferroviaire unique européen. Quelle(s) réalité(s) ?, sous la direction de Cécile Rapoport, 2015.
Le concept de diversité en droit de l’Union européenne, sous la direction de Philippe Icard et Juliette Olivier Leprince, 2015.
Droits et souveraineté numérique en Europe, sous la direction d’Annie Blandin-Obernesser, 2016.
La responsabilité politique des exécutifs des États membres du fait de leur action européenne, sous la direction de Christophe Geslot, Pierre-Yves Monjal et Jean Rossetto, 2016.
L’action de l’Union européenne en faveur de la jeunesse, sous la direction de Philippe Icard, avec la collaboration de Juliette Olivier-Leprince, 2016.
Le barbare, c’est toujours l’homme qui piétine aux frontières des États, c’est celui qui vient buter contre les murailles des villes.
M. Foucault, « Il faut défendre la société », Cours du Collège de France, 1976
Liste des auteurs
Niki ALOUPI
Professeur de droit public à l’Université de Strasbourg
Laurent BEURDELEY
Maître de conférences en droit public à l’Université de Champagne-Ardennes
Caroline BUGNON
Maître de conférences en droit public à l’Université de Bourgogne Franche-Comté
Centre de Recherches et d’Études en Droit et Science Politique
Vincent COURONNE
Docteur en droit public à l’Université Paris-Versailles
Philippe ICARD
Maître de conférences à l’Université de Bourgogne Franche-Comté
Centre de Recherches et d’Études en Droit et Science Politique
Walter JEAN-BAPTISTE
Maître de conférences à l’Université de Bourgogne
Centre de Recherches et d’Études en Droit et Science Politique
Caroline LANTERO
Maître de conférences en droit public à l’Université de Clermont-Ferrand
Lydia LEBON
Maître de conférences en droit public à l’Université de Lorraine
El Arbi MRABET
Professeur de sciences politiques à l’Université d’Oujda
Juliette OLIVIER - LEPRINCE
Ingénieure de recherche à l’Université de Bourgogne Franche-Comté
CREDESPO
Aurélie TOMADINI
Maître de conférences en droit public à l’Université de Bourgogne Franche-Comté
CREDESPO
Hélène TOURARD
Maître de conférences à l’Université de Bourgogne Franche-Comté
Centre de Recherches et d’Études en Droit et Science Politique
Abréviations
Sommaire
Liste des auteurs
Abréviations
Avant-Propos
par Philippe ICARD et Juliette OLIVIER-LEPRINCE
PARTIE I. – La gestion des flux migratoires par l’Union européenne
Thème 1. Les principes fondateurs
La mise en œuvre de la solidarité dans la politique migratoire de l’Union européenne
par Hélène TOURARD
La place de la dignité dans la politique migratoire de l’Union europénne
par Walter JEAN-BAPTISTE
Thème 2. La politique d’accueil
L’immigration économique au sens du droit de l’Union europénne
par Vincent COURONNE
Le regroupement familial : échec d’une harmonisation des règles à l’échelle européenne
par Caroline BUGNON
PARTIE II. – L’Union européenne en prise avec l’immigration irrégulière
Thème 1. La politique de dialogue avec les pays tiers
La politique européenne de voisinage et la problématique de l’immigration irrégulière au Maroc
par El Arbi Mrabet
Régularisation administrative et politique des subsahariens au Maroc : un défi sociétal inédit
par Laurent BEURDELEY
Les accords de réadmission de l’Union européenne
par Niki ALOUPI
Thème 2. La politique de contrôle
Le contrôle aux frontières : l’exemple de Schengen
Lydia LEBON
La directive « Retour »
Aurélie TOMADINI
La politique de sanction des transporteurs
Caroline LANTERO
Index analytique
Index des textes juridiques
Index jurisprudentiel
Table des matières
Avant-Propos
par
Philippe ICARD
Responsable du pôle européen au CREDESPO – UBFC
Directeur du Centre de documentation européenne
et
Juliette OLIVIER-LEPRINCE
Ingénieure de recherche au CREDESPO – UBFC
Chargée de mission égalité – diversité à l’Université de Bourgogne
Le thème abordé s’intéresse à la politique migratoire de l’Union européenne (UE). Ce choix, certes au cœur d’une actualité brulante fut surtout guidé par les déclarations du président de la Commission européenne Jean Claude Juncker lors de son discours sur l’état de l’Union en septembre 2015. Il précisait que « [l]a priorité absolue, aujourd’hui, est et doit être de répondre à la crise des réfugiés [...]. C’est tout d’abord une question d’humanité et de dignité humaine. Pour l’Europe, c’est aussi une question de justice au regard de l’Histoire ».
Cette approche par le président de la Commission ne vise qu’un aspect des flux migratoires, celui des réfugiés. Cet ouvrage n’a pas voulu se limiter à cette dimension car derrière le mot « étranger » se glisse de nombreuses autres situations, traitées fort différemment par le droit. Or, souvent des amalgames faussent la réalité. L’étranger peut venir sur le territoire de l’Union pour des raisons économiques. Cette immigration connaît un régime juridique spécifique. Si l’État accepte de les accueillir, alors il s’agit d’une immigration économique choisie donc régulière ; si l’État refuse l’accueil, l’immigration économique est irrégulière et dans ce cadre, les États restent très largement compétents. Par ailleurs, l’étranger peut quitter son territoire en raison de la situation politique, d’événements liés à la guerre, à des persécutions en raison de l’ethnie, de la religion, de la race. Il s’agit alors d’un réfugié. Enfin, l’étranger entré légalement sur le territoire d’un État membre de l’Union peut souhaiter faire venir sa famille, s’applique alors le droit au regroupement familial. Chaque situation déclenche un régime juridique particulier et ce livre entend démêler cet écheveau qui a tendance à devenir plus opaque encore lorsque se pose la question des compétences entre les États membres et l’Union européenne.
En effet, la politique relative à l’immigration demeure l’apanage de la puissance régalienne de l’État. Peut-elle, alors, trouver droit de cité dans le corpus normatif de l’Union européenne ? Ce droit n’entre-t-il pas en contradiction avec l’objet même de la construction européenne, la mise en place d’un espace sans frontière, ouvert vers l’extérieur ? D’autant que l’histoire de la création de cet espace territorial européen s’accompagne d’une altération de l’autorité étatique au profit des institutions de l’Union européenne.
Cette présentation parfois admise, travestit pour partie la réalité, car l’Union européenne se dote elle-même de frontières. Elle en a besoin (1) et élabore, d’ailleurs, un droit de nature à les protéger.
En effet, invitée avec les États membres à assurer une harmonisation des règles en matière d’immigration, elle participe également à l’existence d’un espace juridique commun se développant dans le cadre des accords de Schengen (2), TREVI (3) et Dublin (4). Ainsi, l’immigration et l’asile (5), placée à l’origine dans le pilier intergouvernemental sont « communautarisées » par le traité d’Amsterdam à partir de 2004 (6).
Aussi, l’Union européenne et ses États ont forgé un certain nombre d’instruments :
Le système d’information Schengen (SIS) est une base commune de données. Elle est régulièrement utilisée par les forces de l’ordre des membres de l’espace Schengen, notamment pour vérifier qu’une personne qui tente d’entrer dans cet espace ne s’est pas déjà vue refuser l’entrée.
Le système d’information sur les visas (VIS) est une autre base de données qui regroupe les empreintes digitales des demandeurs d’asile.
L’agence Frontex et depuis 2016 des gardes-frontières qui gèrent la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres. Sa principale mission est d’appuyer les États en coordonnant les hommes et les véhicules mis à sa disposition (gardes-frontières, bateaux, avions, hélicoptères, etc.) pour surveiller et agir contre le franchissement illégal des frontières.
Le Système européen de surveillance des frontières (Eurosur), effectif depuis décembre 2013, doit permettre l’échange rapide d’images et d’informations entre les agences nationales chargées de surveiller les frontières.
Par ailleurs, les États membres coopèrent, le plus souvent via des accords bilatéraux, avec les pays voisins pour les impliquer dans la surveillance des frontières et les amener à renforcer leur contrôle policier et leur législation sur l’immigration ou encore à établir des centres administratifs de rétention.
Ces instruments servent plusieurs aspects dont l’asile et l’immigration économique.
Asile
L’Union européenne poursuit l’objectif d’un régime d’asile européen commun (RAEC), afin de doter les législations et cadres juridiques nationaux de normes minimales communes (procédures, statut uniforme, garanties visant assurer la protection des droits fondamentaux, etc.).
Ainsi, selon l’article 78 TFUE, « [l]’Union développe une politique commune en matière d’asile, de protection subsidiaire et de protection temporaire visant à offrir un statut approprié à tout ressortissant d’un pays tiers nécessitant une protection internationale et à assurer le respect du principe de non-refoulement ».
Le traité permet ainsi à l’UE de prendre des mesures communes pour définir :
– un statut uniforme d’asile, valable dans toute l’Union ;
– un statut uniforme de protection subsidiaire ;
– un système commun visant, en cas d’afflux massif, une protection temporaire des personnes déplacées ;
– des procédures communes pour l’octroi et le retrait du statut uniforme d’asile ou de protection subsidiaire ;
– les critères et mécanismes permettant de déterminer l’État membre responsable de l’examen d’une demande d’asile ou de protection subsidiaire ;
– les normes relatives aux conditions d’accueil des demandeurs d’asile ou de protection subsidiaire.
L’immigration
En vertu, de l’article 79 TFUE, l’objectif de la politique commune de l’immigration est triple. Il s’agit d’assurer :
– une gestion efficace des flux migratoires ;
– un traitement équitable des ressortissants de pays tiers en séjour régulier dans les États membres ;
– une prévention de l’immigration illégale et de la traite des êtres humains et une lutte renforcée contre celles-ci.
Les politiques d’immigration restent, dans une large part, de la compétence des États. Ceux-ci peuvent par exemple décider unilatéralement de régulariser des sans-papiers, ou de mettre en place une politique d’immigration choisie voire des quotas migratoires. Cependant, l’Union européenne a édicté un certain nombre de normes et d’obligations.
Plusieurs directives ont été adoptées afin d’encadrer l’immigration légale dans les États membres. Elles portent notamment sur :
– un modèle uniforme de permis de séjour ;
– un visa unique de moins de trois mois, obligatoire pour les non « communautaires » qui veulent pénétrer et circuler en touristes dans l’espace Schengen ;
– le regroupement familial ;
– le statut des résidents de longue durée ;
– l’entrée à des fins d’étude ou de recherche ;
– la carte bleue européenne pour les emplois hautement qualifiés ;
– un permis unique de travail ;
– un titre de séjour pour les victimes de la traite des êtres humains.
Concernant la lutte contre l’immigration clandestine, l’UE a également légiféré sur les domaines suivants :
– les normes et procédures communes pour le retour des immigrants clandestins (directive dite « retour ») : le texte prévoit un délai de sept à trente jours pour le retour volontaire des migrants illégaux (avec possibilité d’aide du Fonds pour le retour), autorise leur rétention administrative pour une durée de six mois (pouvant aller jusqu’à dix-huit mois), leur garantit un recours, une assistance juridique et des soins médicaux, et limite à cinq ans leur interdiction d’entrée sur le territoire européen ;
– l’aide à l’immigration illégale ;
– l’emploi de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
– la responsabilité des transporteurs ;
– la reconnaissance mutuelle des décisions d’éloignement ;
– l’organisation de vols groupés européens.
Enfin, se met en place une politique de « dialogue » avec des pays tiers. Cette coopération se traduit avec les pays tiers par des accords de réadmission. Généralement signés d’État à État, mais aussi avec l’Union européenne, ces accords engagent les pays tiers à reprendre sur leur territoire les immigrants clandestins dont ils sont ressortissants ou qui ont transité sur leur territoire. L’Union européenne développe de plus en plus ce type d’accords, qui compte aujourd’hui une quinzaine de pays partenaires.
Dans cette réflexion sur la politique migratoire de l’UE, trois enjeux sont convoqués : la protection des frontières, la pression migratoire et le respect des valeurs de l’UE.
Sur ces diverses bases, les États membres et l’Union européenne s’attachent, en principe, à réduire leurs divergences. Pourtant, derrière cette unité de façade perce une vérité bien différente. Les États continuent à mener des actions en ordre dispersé et à conserver des législations décalées.
L’actualité demeure révélatrice d’une telle situation, entre les milliers de naufragés économiques qui viennent échoir sur les côtes occidentales de la méditerranée et les demandeurs d’asile notamment moyen-orientaux qui lancent des cris de détresse, l’Union européenne offre une image de division. Chaque pays, selon des enjeux de politique interne, apporte des réponses variées. Dresser des murs et des barbelés, garder le silence, organiser des référendums, ouvrir ses frontières, le tout dominé par un discours inaudible de la Commission européenne sollicitant la solidarité entre les États membres de l’Union.
Face à ce traitement de l’immigration, s’érige des valeurs protégées par l’Union et ses États membres, la solidarité, l’égalité, la non-discrimination et la dignité humaine.
Ce colloque se propose de voir comment est organisée « la gestion » de l’immigration, comment se partagent les compétences entre l’UE et les États membres, quels sont les objectifs visés et surtout dans quelle mesure les solutions adoptées respectent les valeurs et les principes fondamentaux souvent présents dans les discours tant étatiques qu’européens ?
L’enjeu est de conséquence car cette confrontation entre ces valeurs et ces actes est révélatrice de la capacité des États membres de l’Union européenne à s’unir lorsque des évènements tragiques bouleversent la planète. L’approche par le droit aide à comprendre, pour partie, la situation. Cet ouvrage fournit quelques réponses et tente à briser certaines idées fausses.
(1) E. B
arnavi
, L’Europe frigide, Paris, André Versailles éditeur, 2008, p. 81 ; R. D
ebray
, Éloge des frontières, Paris, Gallimard, 2010, 96 p.
(2) Convention d’application de l’Accord de Schengen du 14 juin 1985 entre les gouvernements des États de l’Union économique Benelux, de la République Fédérale d’Allemagne (RFA) et de la République française relative à la suppression graduelle des contrôles aux frontières communes, JOUE, 22 septembre, 2000, L 239, p. 19. L’acquis de Schengen est intégré en 1999 dans le cadre de l’Union européenne au moyen d’un protocole annexé au traité d’Amsterdam. Le Conseil a adopté dans des décisions du 20 mai 1999 concernant cet acquis. Son intégration repose sur deux fondements juridiques l’un issu de l’article 62, a) et b), du traité instituant la Communauté européenne et l’autre portant sur le titre VI du Traité instituant l’Union européenne.
(3) Le groupe de TREVI (Terrorisme, Radicalisme, Extrémisme, Violence Internationale), fondé à Rome le 1er décembre 1975, est la première initiative européenne dans le domaine de la coopération policière et judiciaire mais strictement intergouvernementale. D’abord, exclusivement centré autour de la lutte contre le terrorisme, cette coopération s’est élargie avec TREVI II et TREVI III.
(4) Dans ce cadre des accords d’association concernant les demandes d’asile sont conclus entre la Communauté européenne, la Confédération suisse, le Royaume de Norvège et la République d’Islande.
(5) Voy. Les enjeux de la présidence française, coll. Regards sur l’actualité, n° 340, Paris, La Documentation française, avril-mai 2008, p. 29 et plus particulièrement, les enjeux en matière migratoire.
(6) L’entrée en vigueur de la communautarisation de l’immigration eut lieu effectivement en 2005.
Partie I. – La gestion des flux migratoires par l’Union européenne
Thème 1
Les principes fondateurs
La mise en œuvre de la solidarité dans la politique migratoire de l’Union européenne
par
Hélène TOURARD
Maître de conférences en droit public
CREDIMI
« Une politique européenne globale en matière de migrations, qui s’inscrive dans une perspective d’avenir et soit fondée sur la solidarité, est un objectif primordial pour l’Union européenne » (1). La politique migratoire vise à mettre en place une approche équilibrée de la migration légale et de la migration clandestine. Concernant la migration légale, il relève de la compétence de l’Union de définir les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers, entrant et résidant de manière légale sur le territoire d’un État membre. Les États membres demeurent en droit de fixer le nombre de ressortissants de pays tiers entrant sur leur territoire dans le but de rechercher un emploi. En matière de lutte contre la migration clandestine, il est du devoir de l’Union de prévenir et de réduire l’immigration irrégulière, notamment par une politique efficace en matière de retour, dans le respect le plus strict des droits fondamentaux (2). Tel est le discours officiel de l’Union européenne.
Affichant sa volonté de placer l’immigration au centre de ses priorités, la Commission a publié l’agenda européen en matière de migration en mai 2015 (3). L’agenda proposait des mesures immédiates pour faire face à la situation de crise qui régnait en Méditerranée, ainsi que des actions à entreprendre au cours des prochaines années pour mieux gérer les migrations dans tous leurs aspects.
Un flou sémantique entoure la question de l’immigration car l’amalgame est souvent réalisé dans le langage courant entre les notions d’étranger et d’immigré, ce qui constitue un obstacle pour définir les contours des populations concernées. Tout réfugié est un migrant mais l’inverse est faux tous les migrants ne sont pas des réfugiés (4). « Immigré », « clandestin » et « réfugié » sont souvent employés comme des synonymes. Cette approximation n’aide pas à créer un climat d’empathie pour les réfugiés et les demandeurs d’asile fuyant des situations de peur, de violence et de danger (5). Le droit d’asile est un droit fondamental qui ne peut pas être soumis aux aléas des politiques d’immigration ni réduit à une question de gestion des coûts (6).
Pour déterminer si l’on peut parler de solidarité dans la politique migratoire de l’Union européenne, il faut d’abord définir cette notion de solidarité. Au sens général, le terme « solidarité » correspond à ce qui est commun à plusieurs personnes de manière que chacun réponde de tout. Dans l’idée de solidarité se mêle la charité en tant que qualité morale et l’assurance vue comme un raisonnement économique. La solidarité n’est pas un objet du droit mais elle en constitue un fondement, face à une faiblesse qui ne peut être surmontée que par l’union des forces et donc la solidarité (7). En droit international, ce n’est pas vraiment une notion de droit positif, on retient plutôt le sens général et moral de conscience d’une communauté d’intérêts, dans le sens d’entraide. On peut trouver des éléments de solidarité dans le droit international du développement avec le système des préférences généralisées ou l’aide publique au développement ou lorsqu’il s’agit de protéger des intérêts collectifs avec le droit impératif et la compétence universelle.
La solidarité se fonde sur des situations marquées par le territoire, l’histoire et la langue, et elle implique des liens essentiels pour l’exercice de la politique, tels que la nationalité et la réciprocité. De plus en plus, les interdépendances politiques et économiques imposent une mise en commun de domaines pour lesquels le niveau national perd de son efficacité. Cependant, le niveau supranational ne bénéficie pas encore d’une réelle légitimité. Ainsi, « les peuples et leurs démocraties sont restés au niveau national » pour toutes les questions de solidarité sociale (8).
Au niveau européen, on constate une construction progressive de la solidarité (9). Fondée sur des éléments géopolitiques et diplomatiques, cette solidarité demeure « un univers dominé par la subsidiarité » (10). Dans l’Union européenne, il y a une solidarité de fait découlant de l’interdépendance objective entre les États. Il existe également une solidarité affective, qui est une caractéristique fondamentale de l’Union avec la supranationalité, en tant que raison d’être de l’UE (11). Dès lors, les actions de solidarité des États membres doivent se combiner avec leur souveraineté et les interventions de l’Union ne doivent pas être excessives. Tout au long de la construction communautaire, la solidarité a été mise en œuvre dans différents domaines : en matière agricole, puis en matière régionale et territoriale, enfin vis-à-vis des travailleurs. L’Espace Schengen repose lui aussi sur la solidarité qui découle de l’appartenance à un espace de libre circulation doté de frontières communes dont la surveillance est confiée à chaque État. La politique d’asile de l’UE est fondée sur la solidarité d’après l’article 67 du TFUE (12), tandis que l’article 80 TFUE (13) envisage une politique migratoire fondée sur le principe de solidarité et de partage équitable des responsabilités entre États membres (14).
Mais aujourd’hui, la solidarité européenne est mise à mal. Le modèle social des États membres est fortement contesté, notamment par le Royaume-Uni ou la Hongrie et la Pologne. Cette remise en cause existe aussi dans la politique régionale, puisqu’elle est fondée sur la même idée de solidarité. Aujourd’hui, l’effort de solidarité envers les autres Européens est plus difficilement consenti en raison du repli sur soi, de la crise économique et financière mais aussi du développement de l’individualisme et de l’atomisation des sociétés. Il y a donc un travail pédagogique à faire pour convaincre les opinions publiques des pays donneurs et des pays bénéficiaires (15).
Les représentants de l’Union n’accomplissent pas toujours ce travail pédagogique. Ainsi, dans une interview donnée à six quotidiens européens après sa première année en fonction, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a encouragé les États membres à mener des contrôles de sécurité rigoureux sur les migrants et à ne pas sous-estimer la menace que certains d’entre eux – une infime fraction – peuvent représenter (16). Dans une déclaration prononcée avant le sommet du G20 à Hangzhou en Chine le 4 septembre 2016, le Président du Conseil européen a de nouveau insisté sur la responsabilité avant la solidarité (17). De son côté, le Président de la Commission européenne a balayé rapidement les sujets les plus sensibles lors de son discours sur l’état de l’Union en septembre 2016. Alors même que l’année précédente, il proposait une relocalisation de 160 000 migrants à travers l’Union qui lui a valu une sorte de fin de non-recevoir de la part de nombreux États membres, notamment d’Europe de l’Est. Le chef de l’exécutif européen a dit commencer « à percevoir une certaine solidarité » (18). Dernièrement, au sommet européen du 15 décembre 2016, Martin Schultz, le Président du Parlement européen a souligné une nouvelle fois l’importance de la solidarité pour gérer de manière efficace et durable la crise migratoire : « Depuis plus d’un an, les politiques d’asile et de migration constituent le plus grand défi de l’Union, un défi que nous relèverons si nous nous entraidons et si, ensemble, nous faisons preuve de solidarité » (19).
S’il existe des aspects ponctuels de solidarité dans les traités, ils peinent à être mis en œuvre dans la politique migratoire. On constate un problème de solidarité avec les migrants d’une manière générale, y compris avec les travailleurs citoyens européens et donc encore plus envers ceux qui ne sont ni citoyens européens ni travailleurs. Il y a également absence de solidarité avec les États tiers qui sont dans des situations de crise économique ou de guerre alors que l’Union s’est engagée à soutenir les États tiers dans leur développement et à diffuser ses valeurs. Cette faible mise en œuvre de la solidarité remet en cause les valeurs sur lesquelles l’Union est fondée et peut entraîner des conséquences sur l’ensemble du fonctionnement de l’Union.
Au-delà des discours mettant en avant la solidarité européenne ou au contraire la rejetant comme n’étant plus possible à l’heure des replis sur soi des États, il faut étudier les textes et les mécanismes européens existants. Pour envisager la mise en œuvre de la solidarité dans la politique migratoire de l’UE, il faut identifier à la fois les formes de cette solidarité et les bénéficiaires.
I. – Les formes de la solidarité
La solidarité s’exprime différemment selon ses donateurs. Dans l’Union européenne, la politique migratoire, et sa « crise » depuis 2015, donne lieu à l’expression de la solidarité sous deux formes : la solidarité citoyenne et la solidarité interétatique.
A. – Solidarité citoyenne
De nombreux groupes solidaires, composés de citoyens indépendants de leur administration, apportent une aide matérielle mais aussi humaine (accueillir dans la dignité des personnes fragiles, donner des informations sur la procédure de demande d’asile) en Grèce notamment. Un peu partout en Europe, les initiatives citoyennes fleurissent et la solidarité s’organise pour accueillir les réfugiés. Cette solidarité peut prendre la forme de dons en nature (comme cela s’est fait à la gare de Munich), ou par le développement de plateformes de type Airbnb pour mettre en relations hôtes et migrants en France et en Allemagne. Des gouvernements sont aussi parfois directement sollicités par les citoyens pour accueillir plus de réfugiés syriens, ainsi que l’ont demandé des Islandais. On trouve même la mise en place d’un réseau de villes-refuges en Espagne pour gérer un accueil citoyen des réfugiés.
À côté de ces initiatives directement prises par les citoyens eux-mêmes, on trouve également des initiatives de la Commission européenne. Par la voix de son président, lors du discours sur l’état de l’Union en septembre 2016, elle a proposé, la mise en place d’« un corps européen de solidarité », officiellement lancé en décembre 2016 et opérationnel à partir du printemps 2017. L’idée est de faciliter la mobilisation des jeunes souhaitant proposer leur aide là où elle sera la plus utile, « pour répondre aux situations de crise, comme la crise des réfugiés ou les récents tremblements de terre en Italie ». Les participants, soutenus financièrement pendant une période de 2 à 12 mois, pourront donc s’engager dans des projets en lien avec l’éducation, la santé, l’intégration, l’assistance alimentaire, la construction de refuges, l’accueil, le soutien et l’intégration de migrants et réfugiés, la protection de la nature ou la prévention de catastrophes naturelles. Dans le même ordre d’idées, le Comité économique et social européen (CESE) a décerné le 15 décembre