Les Captives de Réassurances Au Luxembourg
Les Captives de Réassurances Au Luxembourg
Les Captives de Réassurances Au Luxembourg
Elle a été préparée par des auditeurs, fiscalistes et experts, qui font partie du groupe Réassurance de
PricewaterhouseCoopers Luxembourg.
Nous avons accordé une attention particulière afin de nous assurer de la fiabilité de l’information
contenue dans cette brochure. Cependant, compte tenu de l’objectif de cette brochure, le lecteur
comprendra que PricewaterhouseCoopers ne peut être tenu pour responsable pour toute inexactitude
ou omission.
I. Introduction 4
II. Le cadre général 5
1. Généralités 5
2. Avantages offerts par les entreprises de réassurances (“captives”) 5
3. Avantages offerts par le Luxembourg 5
4. Avantages accordés aux entreprises de réassurances 6
5. Assistance offerte par PricewaterhouseCoopers Luxembourg 6
III. Le cadre juridique 7
1. Généralités 7
2. Forme juridique 7
3. Capital social, capitaux propres et marge de solvabilité 7
4. Contrôle des entreprises de réassurances 8
4.1 Organisme chargé du contrôle 8
4.2 Obtention de l'agrément 8
4.3 Le reporting annuel 9
4.4 Comptes annuels et politiques comptables 9
4.5 Révision externe 9
5. Gestion des entreprises de réassurances 10
6. Politique d'investissement 10
IV. Le cadre fiscal 12
1. Généralités 12
2. Impôt sur le revenu 12
2.1 Dispositions relatives aux provisions techniques 12
2.2 Dispositions relatives aux provisions pour fluctuation de sinistralité 12
2.3 Dispositions relatives aux pertes reportables 13
2.4 Revenus provenant de participations 13
3. Autres impôts 14
3.1 Impôt sur la fortune 14
3.2 Impôt commercial communal 14
3.3 Taxe sur la valeur ajoutée 14
3.4 Taxe sur les primes d'assurances 14
V. PricewaterhouseCoopers au Luxembourg 15
Annexe A: Cadre législatif luxembourgeois 17
Annexe B: Frais de constitution et de fonctionnement 18
Annexe C: Caractéristiques légales essentielles d’une entreprise de réassurances 19
Annexe D: Autorité de contrôle et associations professionnelles 20
Contacts
I. Introduction
La mise en place en 1984 au grand-duché de Luxembourg d’un cadre légal favorable aux entreprises de réassurances a
expliqué les créations, à un rythme soutenu jusqu’au milieu des années 1990, de ce type d’entreprise et notamment les
“captives” de réassurances de grands groupes en tant qu’outil alternatif de couverture de leurs risques. Depuis lors, ce marché
semblait quelque peu marquer le pas, influencé il est vrai, par la conjoncture mondiale et par la surcapacité de couverture
des risques du marché traditionnel de la réassurance moins favorable au développement des structures “captives”.
Néanmoins, les évènements de septembre 2001 ainsi que la vague de catastrophes naturelles récentes ont modifié à nouveau
la donne et ont eu pour conséquence de remettre en cause l’équilibre des comptes des acteurs de la réassurance
traditionnelle. D’autre part, les restructurations mondiales se sont accélérées, les groupes d’entreprises doivent faire face de
plus en plus à de nouveaux risques ou des risques accrus, l’environnement économique et financier montre des signes de net
ralentissement et d’instabilité, ce qui bouleverse l’échiquier mondial.
L’ensemble de ces éléments fait naître un regain d’intérêt pour les structures telles que les “captives” de réassurances. Ceci
devrait permettre au marché luxembourgeois d’espérer de nouveaux développements.
Cependant, si la conjoncture de ces derniers mois a fait naître de nouveaux espoirs pour ce marché, elle ne devrait pas à elle
seule représenter l’unique moteur pour ces structures qui demeurent un formidable outil de gestion des risques au sein des
groupes.
Le marché des “captives” au grand-duché de Luxembourg, fort de sa maturité et de ses nombreux avantages que nous avons
résumés brièvement dans la première partie de cette brochure, devrait pouvoir y trouver son compte et lui permettre de
justifier son rang de niveau mondial.
Dans ce contexte, la législation luxembourgeoise a fait l’objet d’un toilettage récent compte tenu de l’évolution de
l’environnement économique international et de la nécessité de l’harmonisation au niveau européen. Ainsi, la nouvelle
réglementation intègre la révision de certaines dispositions en matière de provisions techniques qui permettra aux entreprises
de réassurances luxembourgeoises de mieux s’inscrire encore dans le cadre européen et de confirmer leur statut au sein de
l’Union européenne. C’est ce que nous vous proposons de développer dans la troisième partie de cette brochure.
Tous les défis n’ont néanmoins pas encore été relevés et de nombreux chantiers restent encore à achever dans le domaine de
la réassurance. Ainsi l’application des normes IAS, le rôle accru de la gouvernance d’entreprise, les exigences de fonds
propres, la lutte contre le blanchiment d’argent sont autant de thèmes susceptibles de faire évoluer encore le cadre actuel de
la réassurance au Luxembourg.
Cette brochure a pour but de donner des informations concernant les réglementations luxembourgeoises en matière
d’entreprises de réassurances et d'expliquer les avantages accordés par le grand-duché de Luxembourg dans ce domaine.
En principe, la réglementation en matière d’entreprises de réassurances est applicable aux entreprises de réassurances pures
ainsi qu'aux “captives”. Dans la pratique, ce sont les entreprises de réassurances captives qui sont les plus concernées par
la réglementation mise en place. Dès lors, cette brochure se limitera à expliquer la situation des entreprises de réassurances
captives.
La brochure contient toutes les réglementations fiscales et légales en vigueur le 30 juin 2003.
Afin de mieux comprendre les avantages accordés par le Luxembourg aux “captives”, il est nécessaire d'expliquer, en
premier lieu, la notion de “captive” et de décrire les avantages offerts par ce type d’entreprise.
Depuis les années cinquante, un nombre croissant de sociétés commerciales de grande taille s'est rendu compte que, pour
l'une ou l'autre raison, “l'auto-assurance” pouvait être économiquement intéressante (par exemple, étant donné le niveau
des primes exigé par les entreprises d'assurances pour couvrir certains risques), voire nécessaire étant donné que les
entreprises d’assurances traditionnelles n’ont pas toujours été en mesure d’apporter des réponses satisfaisantes aux besoins
de couverture des risques de ces sociétés.
Dans le modèle classique, ces sociétés créent une filiale (la “captive”) qui perçoit des primes (soit directement d'autres
sociétés du groupe si ces sociétés sont des entreprises d’assurances, soit indirectement des entreprises d'assurances de ces
sociétés). A son tour, la filiale peut réassurer une partie des risques auprès de réassureurs du marché. De ce fait, les primes
retenues par la captive sont disponibles et peuvent être investies (y compris au sein du groupe) jusqu'au moment, bien
entendu, où les fonds seront utilisés pour le règlement des sinistres.
Les grands groupes trouvent encore, à côté de ces motivations financières, d’autres avantages techniques à constituer une
captive. Ainsi la création d’une captive leur permet d’assurer une meilleure gestion des risques auxquels sont exposés ces
groupes, de stabiliser les primes voire d’obtenir une baisse du coût de l’assurance grâce à une meilleure tarification.
La place financière de Luxembourg a connu au cours de la décennie écoulée un développement extraordinaire dans de
multiples domaines. La présence au Luxembourg de 175 banques1 et de 19191 organismes de placement collectif, gérant
€ 849 milliards1, atteste de l'intérêt majeur que présente la place, tant pour les investisseurs étrangers que pour les groupes
financiers ayant des activités internationales.
Parmi les avantages les plus importants du Luxembourg dans le choix d'une localisation, on peut citer :
• une position centrale, au cœur du marché européen et aisément accessible de la plupart des principales capitales
européennes ;
• une très grande stabilité politique, économique et fiscale indispensable à l'exercice d'une activité axée sur le long terme ;
Les dispositions fiscales et légales en vigueur au Luxembourg accordent certains avantages aux groupes désireux de
constituer une captive, notamment la possibilité de constitution d'une provision pour fluctuation de sinistralité (“PFS“).
Bien que la possibilité de créer une provision pour fluctuation de sinistralité en franchise d'impôts puisse réduire d'une
façon significative la charge d'impôts pendant plusieurs années, il faut souligner que ce régime ne peut être considéré
comme un régime fiscal exhorbitant de droit commun.
L'attrait général du Luxembourg, la stabilité politique, les bonnes communications, les attitudes flexibles, la possibilité
d'obtenir des décisions rapidement, un centre financier important, les avantages fiscaux accordés ainsi que l'existence au
Luxembourg de sociétés de gestion de captives compétentes offrant des prestations à des prix compétitifs, font du
Luxembourg un lieu idéal d'implantation pour ce type d'activité. Le 1er janvier 2003, on comptait 2631 entreprises de
réassurances domiciliées au Luxembourg.
Notre bureau à Luxembourg entretient des relations régulières avec les principaux acteurs du marché de la réassurance (les
sociétés de gestion de captives, l’autorité de contrôle des réassurances, les autorités fiscales et les banques).
Nous sommes en mesure de vous assister dans toutes les étapes de la création et vous conseiller dans la gestion d'une
entreprise de réassurances au Luxembourg.
Nous sommes agréés par le Commissariat aux Assurances en tant que réviseur d’entreprises indépendant pour les entreprises
de réassurances.
Notre réseau international qui nous fournit, le cas échéant, un support approprié compte parmi ses clients dans le monde
entier, plusieurs des plus importantes entreprises d'assurances et de réassurances.
La partie V de cette brochure renseigne de manière plus détaillée nos compétences et services qui seront à même de
répondre à l’ensemble de vos questions et besoins dans le domaine de la réassurance.
Nous espérons vous donner, avec cette brochure, un bon aperçu général des conditions d’implantation et d’exercice des
entreprises de réassurances captives au Luxembourg. Nous serions très heureux de vous fournir toute information
supplémentaire et/ou assistance que vous souhaiteriez obtenir.
Le cadre juridique relatif aux entreprises de réassurances est défini par la loi du 6 décembre 1991 (modifiée par la loi du 18
décembre 1993 et la loi du 8 août 2000) ainsi que par le règlement grand-ducal du 31 décembre 2001 portant exécution de
cette loi. A ces dispositions légales et réglementaires, viennent s’ajouter les lettres circulaires émises par l’autorité de
contrôle. L’ensemble des textes applicables aux entreprises de réassurances est détaillé à l’annexe A.
2. Forme juridique
Les entreprises de réassurances doivent obligatoirement être constituées sous forme de société anonyme. De ce fait, la loi
du 10 août 1915 concernant les sociétés commerciales leur est applicable sauf stipulation contraire de la loi du 6 décembre
1991. Les caractéristiques essentielles d'une société anonyme, applicables aux captives, sont résumées à l’annexe C.
Le capital social minimum est fixé à € 1 225 000. Le capital minimum qui doit être libéré à la constitution, doit être égal à
25 % du capital social avec un minimum de € 1 225 000. Il peut être souscrit, et maintenu, dans n'importe quelle devise.
Les capitaux propres d'une entreprise de réassurances correspondant au capital souscrit, primes d'émission, réserve de
réévaluation, autres réserves, résultats reportés et résultats de l'exercice devront à tout moment être supérieurs ou
équivalents au capital minimum de € 1 225 000.
Les entreprises de réassurances doivent satisfaire aux exigences d'une marge de solvabilité adaptée à l'évolution de leurs
engagements. Le règlement grand-ducal du 31 décembre 2001 fixe le minimum de marge de solvabilité comme suit :
(i) pour les risques non-vie, 10 % des primes annuelles acquises, nettes de réassurances cédées;
(ii) pour les risques d'assurance vie ou assimilés, les moyens propres doivent s'élever à au moins 2 % des provisions
mathématiques nettes de réassurances cédées, relatives à ces risques et à 0,05 % des capitaux sous risque pour les
assurances temporaires décès nets de réassurances cédées.
Les éléments constitutifs de la marge de solvabilité correspondent au patrimoine de l’entreprise de réassurances qui
comprend :
• le capital versé ;
• le résultat reporté déduction faite des dividendes à verser pour le dernier exercice.
En sont exclus les éléments incorporels ainsi que les actions propres détenues par l’entreprise.
• à concurrence d'un plafond par des actions préférentielles, des emprunts subordonnés et des titres à durée indéterminée ;
• après avoir obtenu l'accord du Commissariat aux Assurances, par un montant plafonné de la moitié du capital non versé
mais sous condition d'un versement minimum de capital social de 25%, ainsi que par des plus-values non réalisées sur
éléments d'actifs ne présentant pas un caractère exceptionnel mais déduction faite des moins-values non réalisées.
L’autorité de contrôle et de surveillance du secteur des assurances et des réassurances est le Commissariat aux Assurances
(“Commissariat“). Le Commissariat est placé sous l’autorité du Ministre ayant dans ses attributions le secteur des assurances
et réassurances. Traditionnellement, la surveillance de ce secteur est considérée comme faisant partie du département du
Trésor.
• d’assurer la coordination de l’exécution des initiatives et mesures gouvernementales visant à une expansion ordonnée des
activités d’assurances et de réassurances au Luxembourg ;
• d’examiner toute autre question que son Ministre de tutelle lui soumettra.
Le premier outil de contrôle dont dispose le Commissariat est l’introduction du dossier d’agrément. C'est lui qui instruit les
dossiers d'agrément et présente son avis au Ministre.
Toute entreprise de réassurances désireuse, en qualité de réassureur, d’effectuer des opérations de réassurances au
Luxembourg doit être préalablement agréée par le Ministre.
C'est au moment de la demande d'agrément que le Commissariat exerce un rôle décisif. Les entreprises de réassurances
souhaitant obtenir l'agrément doivent présenter au Commissariat un dossier d’agrément complet comprenant notamment :
• les statuts ;
• une fiche détaillée des administrateurs, des personnes chargées de la direction ainsi que de l’actionnariat afin d’assurer
une totale transparence de la structure à mettre en place;
• la preuve que le capital social a été constitué valablement et que les actifs représentatifs du capital social sont localisés
au grand-duché de Luxembourg ;
• un plan d’activités comprenant notamment une description des risques à couvrir, des entreprises d’assurances cédantes et
rétrocessionnaires, des politiques de rétrocessions, le montant des primes en acceptation et rétrocession, l’adresse où
seront conservés les livres comptables et autres documents ainsi qu’un plan prévisionnel sur trois exercices.
En fonction des données relatives à la sinistralité observée ou estimée par risque ou catégorie de risques ainsi présentées, le
Commissariat fixera les multiples à appliquer aux risques ou catégories de risques. Ces multiples sont notamment
déterminant pour :
(ii) le calcul du niveau maximum de la provision pour fluctuation de sinistralité qui peut être constituée en franchise
d'impôts.
Les multiples seront fixés pour une durée de cinq ans sauf modification substantielle du plan d'activités.
Toute entreprise de réassurances doit nommer un dirigeant, personne physique ou morale, qui devra avoir obtenu un
agrément préalable du Commissariat. Ce dirigeant devra notamment justifier de garanties de moralité, d’honorabilité et de
connaissances professionnelles ainsi qu’avoir élu domicile au grand-duché de Luxembourg. Il sera l’interlocuteur privilégié
de l’entreprise de réassurances avec le Commissariat.
Conformément à la lettre circulaire 99/6 du Commissariat (complétée par la lettre circulaire 03/3), l’entreprise de
réassurances doit transmettre annuellement au Commissariat un compte-rendu qui comporte :
• un bilan ;
• des tableaux triangulaires portant sur les provisions pour sinistres survenus mais non déclarés ;
Les dispositions de la loi du 8 décembre 1994 ont introduit de nouvelles obligations concernant les comptes annuels et
comptes consolidés des entreprises d’assurances et de réassurances. Cette loi a pour vocation de transposer dans la
législation luxembourgeoise la directive européenne du Conseil 91/674/CEE, et d’assurer, dans l’optique de l’intégration
européenne, que toutes les entreprises d’assurances et de réassurances soient soumises aux mêmes règles comptables,
permettant ainsi une meilleure comparabilité des états financiers.
Ce sujet est par ailleurs repris de manière plus exhaustive dans une de nos autres publications : “Les entreprises d’assurances
et de réassurances au Luxembourg : un guide pour les comptes annuels“.
Chaque entreprise de réassurances est obligée de se soumettre à une révision comptable externe à effectuer annuellement
par un réviseur indépendant à choisir sur une liste agréée par le Commissariat.
En plus du rapport de révision sur les comptes annuels et conformément à la lettre circulaire 02/2 du Commissariat, le
réviseur doit produire un rapport distinct à adresser à l’entreprise contrôlée avec copie au Commissariat. Le réviseur assure
ainsi, par ce biais, un rôle d’assistance à la mission générale de supervision du Commissariat.
• mentionner la date du rapport de révision ainsi que les éventuelles réserves dont est assorti le rapport de révision et la date
de l’assemblée générale appelée à statuer sur les comptes révisés et indiquer si l’entreprise a satisfait à ses obligations de
publier ses comptes relatifs à l’exercice précédent ;
• ventiler les provisions techniques à la clôture des comptes entre les montants notifiés à l’entreprise par les cédantes et les
ajustements pratiqués par l’entreprise de réassurances. Dans ce dernier cas, des indications devront être données sur les
modes de calcul et d’évaluation.
• décrire la politique d’investissement de l’entreprise de réassurances y compris celle en matière d’instruments dérivés;
• indiquer toutes les opérations importantes réalisées avec des entreprises liées ou participantes;
Ce rapport distinct doit être finalisé et envoyé au Commissariat dans les meilleurs délais mais au plus tard à la fin du
quatrième mois suivant l'exercice social et ce, nonobstant le fait que le rapport de révision n'ait pas encore été établi.
D'autre part, le réviseur a également une obligation d’information envers le Commissariat dans la mesure où il doit lui
signaler rapidement tout fait ou décision concernant l’entreprise dont il a connaissance relatif notamment aux violations des
dispositions légales ou réglementaires, à la continuité d’exploitation.
Les entreprises de réassurances ont l’obligation d’être gérées effectivement au grand-duché de Luxembourg par un dirigeant
agréé par le Commissariat. La gestion journalière de l’entreprise de réassurances doit par conséquent être effectuée au
Luxembourg. Cette nécessité est aussi bien reprise dans la loi que dans les règlements d’exécution.
Cette gestion peut être exercée directement par l’intermédiaire d’un directeur agréé propre à l’entreprise de réassurances soit
encore en faisant appel aux services d’une des sociétés spécialisées dans la gestion de ce type d’entreprise au Luxembourg.
Généralement, un responsable de cette société est nommé directeur et c’est cette personne résidente qui sera agréée comme
dirigeant par le Commissariat. Le recours à ce type de société permet également de faire l’économie de la mise en place
d’une structure administrative propre à l’entreprise de réassurances. Néanmoins, quelle que soit la solution retenue,
l’étendue des pouvoirs du dirigeant agréé sur la gestion journalière devra faire l’objet d’une description dans le rapport
distinct à émettre par le réviseur conformément aux dispositions de la lettre circulaire 02/2 du Commissariat.
Le dirigeant désigné par l’entreprise devra avoir obtenu l’agrément préalable du Ministre et, pour ce faire, devra avoir élu
domicile au grand-duché de Luxembourg ou à proximité immédiate afin de lui permettre de s’occuper de manière effective
et quotidienne de la gestion de l’entreprise et justifier de garanties d’honorabilité et de qualifications professionnelles. Sur
ce dernier point, le législateur a d’ailleurs prévu la possibilité de soumettre ces personnes à des épreuves de connaissances.
Le dirigeant agréé en tant que représentant de l’entreprise de réassurances sera également responsable de l’ensemble des
contacts avec le Commissariat et ce, afin d’assurer une bonne communication avec l’autorité de contrôle.
6. Politique d'investissement
La législation applicable aux entreprises de réassurances en matière d’investissements n’a pas prévu de limites
d’investissement quantitatives comme cela est le cas dans le secteur de l’assurance directe.
Néanmoins, le législateur a souhaité, sans imposer de règles strictes, que les investissements réalisés le soient “en bon père
de famille“ étant donné que ces actifs sont représentatifs des provisions techniques et tiennent compte des opérations de
réassurances effectuées. C’est ainsi que l’article 11 du règlement grand-ducal du 31 décembre 2001 précise que les
investissements devront être réalisés en prenant en considération la sécurité, le rendement et la liquidité de ces derniers.
D’un autre côté, le rapport distinct à établir par le réviseur sera un indicateur des choix d’investissement effectués par
l’entreprise dans la mesure où celui-ci devra donner une ventilation par catégorie des investissements de l’entreprise,
détailler les opérations de prêts intra-groupe ainsi que décrire la politique en matière d’instruments dérivés et leur influence
sur le patrimoine de l’entreprise de réassurances.
Les entreprises de réassurances sont soumises aux impôts applicables à toute société commerciale ayant son siège au
Luxembourg, c'est-à-dire :
Cependant, des règlements spécifiques concernant l'imposition des entreprises de réassurances agréées ont été introduits.
A l’instar des banques, les entreprises de réassurances peuvent également bénéficier du régime de neutralisation fiscale des
plus-values de conversion sur l'investissement des fonds propres. Nous développons ci-dessous les règlements en vigueur.
A l’instar des sociétés commerciales luxembourgeoises, les entreprises de réassurances sont redevables de l'impôt sur le
revenu au taux de 22% majoré de la contribution au Fonds pour l’emploi de 4%. Le taux effectif est donc de 22,88%. La
base imposable correspond en principe au résultat comptable retraité par certaines exonérations et charges non déductibles
(telles que l’impôt sur le revenu des collectivités, l’impôt commercial communal, l’impôt sur la fortune et les tantièmes).
Les entreprises de réassurances doivent constituer des provisions techniques garantissant leurs obligations existant à la fin
de l'exercice. Ces provisions techniques, qui sont fiscalement déductibles, se composent principalement:
(i) en non-vie
• des provisions pour sinistres survenus ou non qui doivent être évaluées et ajustées à la fin de chaque exercice sur base des
informations obtenues ;
• des provisions pour primes non acquises (c'est-à-dire la partie des primes reçues dans l'année et qui doit être allouée à
l’exercice suivant ou aux exercices ultérieurs).
(ii) en vie
• des provisions mathématiques calculées selon les règles actuarielles acceptées par le Commissariat.
En plus des provisions techniques mentionnées ci-dessus, le règlement grand-ducal du 31 décembre 2001 impose la
constitution d'une provision pour fluctuation de sinistralité selon les modalités décrites ci-après. Cette provision est destinée
à couvrir les charges exceptionnelles afférentes aux importants risques de sinistres probables.
La PFS est déterminée séparément pour chaque risque ou catégorie de risques en fonction de la sinistralité passée.
Des multiples individuels sont rattachés à chaque risque ou catégorie de risques et fixés par le Commissariat. Leur méthode
de détermination est basée sur des critères scientifiques reconnus et par conséquent objectivement mesurables.
Bien qu’en théorie les multiples individuels ne sont plus limités, il existe néanmoins un plafond maximal total de la PFS qui
ne peut dépasser 17,5 fois la moyenne des primes nettes de rétrocessions acquises par l’entreprise de réassurances sur les
cinq dernières années. En introduisant une telle limitation, le règlement va au-delà du régime de la provision d’équilibrage
instituée par la directive 87/343/CEE.
En vertu de l’ancienne législation, la dotation annuelle à la PFS devait être égale aux résultats techniques et financiers de
l’entreprise. Ce régime permettait néanmoins au Commissariat aux Assurances d’autoriser une modération des dotations à
la PFS si certaines conditions étaient respectées.
Le nouveau règlement grand-ducal du 31 décembre 2001 introduit une modification importante à cet égard en faisant de la
dotation modérée le principe de base et non plus l’exception.
Dans ce cadre, l’entreprise de réassurances a l’obligation de constituer une dotation correspondant au solde technique et à
une partie seulement du solde financier. Cette partie est déterminée sur base d’un taux technique, fixé comme dans
l’assurance vie à 60% du taux de rendement des emprunts obligataires d’Etat à long terme et appliqué aux provisions
techniques inscrites dans les derniers comptes annuels. Ce qui implique que la partie du résultat généré par un rendement
supérieur au taux technique sera à rapporter au bénéfice et sera soumise à imposition, avant de faire éventuellement l’objet
d’une distribution sous forme de dividende. En outre, il y a lieu de noter que les plus-values ou moins-values sur les “parts
dans des entreprises liées et les participations“ sont exclues du solde financier devant faire l’objet d’une dotation à la PFS.
Toutefois, pour éviter que la PFS ne soit insuffisante pour faire face aux fluctuations de sinistralité des risques couverts et ne
fragilise, par conséquent, l’entreprise de réassurances, la totalité du solde financier doit être dotée tant que la PFS est
inférieure à 30% du montant théorique maximum tel qu’indiqué ci-dessus.
Compte tenu des modifications importantes prévues par le règlement grand-ducal du 31 décembre 2001, des mesures
transitoires ont été prévues pour toutes les entreprises de réassurances agréées avant le 31 décembre 2001. Ainsi, ces
dernières peuvent continuer à bénéficier, si elles le souhaitent, des anciennes règles d’évaluation et de dotation à la PFS en
conformité avec les dispositions de l’ancienne réglementation toujours en vigueur pendant une période de cinq ans.
Tant qu'il existe une provision pour fluctuation de sinistralité au bilan de l’entreprise de réassurances, le résultat de
l'exercice ne peut se solder par un déficit. En effet, la provision doit être réintégrée aux résultats à concurrence des pertes
subies (par exemple, dans l'année de survenance d'un important sinistre). En cas d'insuffisance de provision, la perte fiscale
résultante (après extourne totale de la provision pour fluctuation de sinistralité) est reportable sans limitation de temps. En
outre, quoique le résultat soit en équilibre comptablement, une entreprise de réassurances peut présenter des pertes fiscales
par l’effet des exonérations décrites ci-dessous.
Les dividendes provenant de participations respectant les critères suivants sont exonérés d'impôts :
(i) minimum 10% du capital de la filiale ou prix d'acquisition minimum de € 1 200 000 ;
(iii) participation dans une société, résidente ou non-résidente, pleinement imposable ou une société résidente d’un Etat
membre de l’Union européenne visée par la directive du 23 juillet 1990.
Dans le cas où ces conditions ne seraient pas remplies, une exonération de 50% des dividendes est possible s’ils sont alloués
par :
(ii) une société de capitaux résidente d’un Etat avec lequel le Luxembourg a conclu une convention afin d’éviter les doubles
impositions et qui est pleinement imposable à un impôt correspondant à l’impôt sur le revenu des collectivités ;
(iii) une société résidente d’un Etat membre de l’Union européenne et visée par l’article 2 de la directive mères-filiales.
Les plus-values sur cessions de participations respectant les critères suivants sont exonérées d'impôts :
(iii) participation dans une société, résidente ou non-résidente, pleinement imposable ou une société résidente d’un Etat
membre de l’Union européenne visée par l’article 2 de la directive du 23 juillet 1990.
3. Autres impôts
Cet impôt s'élève à 0,5% de la valeur unitaire de l’entreprise au début de l'exercice et n'est pas déductible du bénéfice
imposable pour le calcul de l'impôt sur le revenu et l’impôt commercial communal. La valeur unitaire est équivalente à
l'actif net de l’entreprise corrigé de certains éléments concernant notamment les immeubles, les plus-values latentes et les
participations importantes. La PFS est déductible de l'actif pour l'établissement de la valeur unitaire. Cet impôt peut être
réduit à concurrence d’un cinquième du montant du bénéfice affecté à une réserve maintenue au bilan pendant les cinq
années suivantes.
L’impôt commercial communal sur les bénéfices est prélevé à Luxembourg-ville au taux de 7,5%. Ce bénéfice est déterminé
après imputation d'un abattement de € 17 500 sur la base imposable à l’impôt sur le revenu. L'impôt sur le revenu et l'impôt
sur la fortune ne sont pas déductibles du bénéfice pour le calcul de cet impôt.
Les entreprises de réassurances sont assujetties à la TVA bien que la plupart de leurs activités soient exonérées. La TVA en
amont est récupérable au prorata des primes de réassurances perçues provenant d’entreprises d’assurances établies en
dehors de l’Union européenne.
Les primes liées à des contrats de réassurances sont exemptées de la taxe sur les primes d'assurances.
Outre la certification des comptes annuels dans le cadre de l’exercice d’un mandat de réviseur d’entreprises, nous pouvons
effectuer diverses missions d’audit et des travaux connexes tels que:
• la préparation de rapports spéciaux requis par la loi notamment lors d’une augmentation de capital par apport en nature,
lors de fusions et scissions d’entreprises;
• l’audit ou la revue des activités des entreprises dans le cadre d’acquisition et, le cas échéant, l’évaluation de ces
entreprises;
• la gouvernance d’entreprise.
Nous avons une grande expérience en fiscalité et en réglementation dans le domaine des entreprises d’assurances et de
réassurances. Nos compétences portent notamment sur les domaines suivants:
• informations régulières sur les changements fiscaux et réglementaires dans les pays de distribution de produits financiers.
La mission de conseil de nos actuaires s’étend principalement sur les domaines suivants:
• Conseils en matière de pensions et autres avantages dans le cadre d'une relation de travail:
- analyse et aide à la mise en place de plans de pension et autres avantages s'inscrivant dans les objectifs de l'entreprise;
- analyse des différents véhicules de financement (fonds de pension, provisions au bilan, ASSEP, SEPCAV, assurances
groupes, etc.);
- analyse ALM.
5. Human Resources
Enfin, nous disposons de compétences spécifiques en gestion des ressources humaines. Nos prestations portent notamment
sur les domaines suivants:
- modélisation de bonus.
I - Loi du 6 décembre 1991 sur le secteur des assurances, telle qu’elle a été modifiée par les lois du 18 décembre 1993,
8 décembre 1994 et 8 août 2000.
II - Loi du 8 décembre 1994 relative aux comptes annuels et comptes consolidés des entreprises d’assurances et de
réassurances de droit luxembourgeois.
III - Règlement grand-ducal du 31 décembre 2001 pris en exécution de la loi modifiée du 6 décembre 1991 sur le secteur
des assurances précisant les modalités d’agrément et d’exercice des entreprises de réassurances.
IV - Règlement grand-ducal du 16 mai 2002 concernant les contributions aux frais de personnel et de fonctionnement du
Commissariat aux Assurances.
LC99/6 26/03/99 Compte rendu annuel des entreprises de réassurances (complétée par la LC03/3)
LC00/1 12/01/00 Recommandations du Conseil de l'OCDE sur l'évaluation des sociétés de réassurances
LC02/2 06/02/02 Rapport distinct à fournir par le réviseur des entreprises de réassurances
Nous résumons ci-après les frais relatifs à la constitution et au fonctionnement généralement encourus par une entreprise de
réassurances.
3. Frais de fonctionnement
4. Impôts
Administrateurs
Nombre minimum 3
Conditions de résidence ou nationalité aucune
Personnes morales administrateurs oui
Dirigeants
Nombre 1
Conditions de résidence Luxembourg
Qualifications professionnelles réviseur d'entreprises agréé par le Commissariat
www.commassu.lu
Tél. : (352) 29 11 39
Fax : (352) 29 13 34
www.ire.lu
Contacts
Risk Management
Olivier Mortelmans
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