Cours Relativité Restreinte-Chapitre II
Cours Relativité Restreinte-Chapitre II
Cours Relativité Restreinte-Chapitre II
RELATIVITÉ
RESTREINTE
Licence 3 Physique Fondamentale
Université Ziane Achour – Djelfa
CHAPITRE II
TRANSFORMATIONS DE
LORENTZ–POINCARÉ
I. INTRODUCTION ....................................................................................................... 2
II. TRANSFORMATION DE LORENTZ-POINCARÉ ........................................................... 3
III. ESPACE-TEMPS, ÉVÉNEMENTS ET INTERVALLES ..................................................... 6
IV. DILATATION DES DURÉES ...................................................................................... 15
V. CONTRACTION DES LONGUEURS ........................................................................... 17
VI. VÉRIFICATIONS EXPÉRIMENTALES ......................................................................... 18
QUESTIONNAIRE DU CHAPITRE II ........................................................................... 21
RELATIVITÉ RESTREINTE TRANSFORMATION DE LORENTZ–POINCARÉ
TRANSFORMATION DE LORENTZ–POINCARÉ
I. INTRODUCTION
𝑦 𝑦′
𝑀
𝑣⃗𝑒
𝑥 𝑥′
𝑂 ′
𝑂
𝑧 𝑧′
La transformation de Lorentz, que nous allons montrer, se base sur l’invariance de la vitesse
de la lumière dans les deux référentiel, bien que historiquement Lorentz avait cherché une
transformation qui laisse invariantes les équations de Maxwell. Mais puisque l’équation de
propagation de l’onde électromagnétique découle directement de ces équations, alors
l’invariance des équations de Maxwell implique l’invariance de la vitesse de la lumière pour
tous les référentiels galiléens.
La distance parcourue par un rayon lumineux n’étant pas la même dans les deux référentiels
alors que la vitesse de la lumière doit être invariante, il est donc évident que les intervalles
de temps mesurés entre deux événements ne seront pas absolus mais varieront d’un
observateur à un autre ∆𝑡 ≠ ∆𝑡 ′ . Le temps doit donc subir une transformation comme les
variables d’espace.
Les deux référentiels étant confondus à un instant initial commun (𝑡0 = 𝑡0′ = 0 ) , les
transformations de Lorentz s’écrivent :
1 𝑣𝑒 ′
𝑡= (
2
𝑥 + 𝑡′)
2 2
√1 − (𝑣𝑒 ⁄𝑐 ) 𝑐 𝑐𝑡 = 𝛾𝑒 (𝛽𝑒 . 𝑥 ′ + 𝑐𝑡 ′ )
1 𝑥 = 𝛾𝑒 (𝑥 ′ + 𝛽𝑒 . 𝑐𝑡 ′ )
𝑥= (𝑥 ′ + 𝑣𝑒 . 𝑡 ′ ) ou {
2 2
√1 − (𝑣𝑒 ⁄𝑐 ) 𝑦 = 𝑦′
𝑦 = 𝑦′ 𝑧 = 𝑧′
{ 𝑧 = 𝑧′
Tel que
𝑣𝑒 1 1
𝛽𝑒 = 𝛾𝑒 = =
𝑐 √1 − (𝑣𝑒2 ⁄𝑐 2 ) √1 − 𝛽𝑒2
𝛽𝑒 et 𝛾𝑒 sont des constantes. Il est clair que pour que le facteur relativiste (ou facteur de
Lorentz) 𝛾𝑒 reste toujours réel il faut que 𝛽𝑒 < 1 et 𝑣𝑒 < 𝑐 .
Etablissement
Linéarité : La transformation da Lorentz est une transformation linéaire.
′ ′ 𝑦 = 𝑦′
{𝑐𝑡 = 𝑚. 𝑥′ + 𝑛. 𝑐𝑡′ et {
𝑥 = 𝑘. 𝑥 + 𝑙. 𝑐𝑡 𝑧 = 𝑧′
Pour trouver la transformation de Lorentz il faut trouver les facteurs : 𝑘, 𝑙, 𝑚, 𝑛.
Réciprocité
Si nous nous plaçons à l’origine 𝑂′ nous aurons 𝑥 ′ = 0 et 𝑥 = 𝑣𝑒 . 𝑡 car l’origine 𝑂′ se
déplace à une vitesse 𝑣𝑒 par rapport au référentiel lié à l’origine 𝑂. Ce qui donne :
𝑐𝑡 = 𝑛. 𝑐𝑡 ′ (1)
{
𝑣𝑒 . 𝑡 = 𝑙. 𝑐𝑡 ′ (2)
𝑐𝑡 = −𝑚. 𝑣𝑒 . 𝑡 ′ + 𝑛. 𝑐𝑡 ′ (3)
{
𝑘. 𝑣𝑒 . 𝑡 ′ = 𝑙. 𝑐𝑡 ′ (4)
𝑟 = 𝑐𝑡 ou 𝑥2 + 𝑦 2 + 𝑧2 = 𝑐2 𝑡2 (5)
Forme vectorielle.
En posant 𝑟⃗ = 𝑥𝑒⃗𝑥 + 𝑦𝑒⃗𝑦 + 𝑧𝑒⃗𝑧 ; 𝑟⃗ ′ = 𝑥 ′ 𝑒⃗𝑥 + 𝑦 ′ 𝑒⃗𝑦 + 𝑧 ′ 𝑒⃗𝑧 et 𝛽⃗𝑒 = 𝑣⃗𝑒 ⁄𝑐
𝑐𝑡 = 𝛾𝑒 (𝑐𝑡 ′ + 𝛽⃗𝑒 • 𝑟⃗ ′ )
{ 𝛾𝑒 − 1
𝑟⃗ = 𝑟⃗ ′ + ( 2 ) (𝛽⃗𝑒 • 𝑟⃗ ′ )𝛽⃗𝑒 + 𝛾𝑒 𝛽⃗𝑒 . 𝑐𝑡 ′
𝛽𝑒
Forme hyperbolique.
On définit la rapidité 𝑟𝑒 = arctanh 𝛽𝑒 donc 𝛽𝑒 = tanh 𝑟𝑒 et 𝛾𝑒 = cosh 𝑟𝑒 .
La transformation de Lorentz s’écrit alors sous la forme.
𝑐𝑡 = sinh 𝑟𝑒 . 𝑥 ′ + cosh 𝑟𝑒 . 𝑐𝑡 ′
𝑥 = cosh 𝑟𝑒 . 𝑥 ′ + sinh 𝑟𝑒 . 𝑐𝑡 ′
{
𝑦 = 𝑦′
𝑧 = 𝑧′
c. La vitesse de la lumière est invariante par la transformation de Lorentz dans tous les
référentiels galiléens. Elle constitue une vitesse limite pour tous les référentiels
(𝑣𝑒 < 𝑐).
Evénement
Un événement est un phénomène mécanique (lié au mouvement) qui se produit à une
position donnée et à un instant donné, par rapport à un référentiel préalablement définit. Un
événement est donc représenté par un point dans l’espace-temps à quatre dimensions de
Minkowski.
Exemple
Prenons l’exemple d’un rayon lumineux qui se
propage à partir d’une source placée au point 𝑣⃗𝑒
𝑦 𝑦′
𝑂′ du référentiel ℛ′ et qui se déplace avec ℛ ℛ′
Miroir
ce dernier avec une vitesse d’emportement
𝛽𝑒 𝑐 . Dans le référentiel ℛ′ le rayon se
propage parallèlement à l’axe (𝑂′ 𝑦 ′ ) pour 𝑙
atteindre un miroir placé sur cet axe à une
distance 𝑙 de 𝑂′ . le rayon lumineux se
réfléchit ensuite sur le miroir et fait le trajet
𝑂 𝑂′ Source 𝑥′ 𝑥
inverse suivant l’axe (𝑂′ 𝑦 ′ ) pour revenir au
point 𝑂′ .
D’où
𝑐𝑡0′ = 0 𝑐𝑡1′ = 𝑙 𝑐𝑡2′ = 2𝑙
𝑥0′ = 0 𝑥1′ = 0 𝑥2′ = 0
𝐸0 ; 𝐸1 ; 𝐸2
𝑦0′ = 0 𝑦1′ = 𝑙 𝑦2′ = 0
′ ′ ′
( 𝑧0 = 0 ) ℛ′ ( 𝑧1 = 0 ) ℛ′ ( 𝑧2 = 0 ) ℛ′
Comme il nous est impossible de représenter – sans projection – les quatre dimensions.
Dans la figure ci-dessous nous avons représenté l’espace-temps pour deux dimensions, une
spatiale et une temporelle dans le cas ou le corps se déplace sur une droite (à gauche), puis
pour trois dimensions, deux spatiales et une temporelle dans le cas ou le corps se déplace
dans un plan (à droite).
𝑐𝑡 𝑐𝑡
Ligne d’univers Ligne d’univers
𝐸0 𝑥 𝐸0 𝑥
𝑦 Cône de
lumière
Passé Passé
Comme nous l’avons dit plus haut, un événement est représenté dans l’espace-temps par un
point ayant quatre coordonnées (𝑐𝑡, 𝑥, 𝑦, 𝑧).
Puisque la vitesse de la lumière est une vitesse limite à ne pas dépasser pour tout corps
matériel. Les événements concernant un point matériel quelconque, qu’ils précèdent ou
qu’ils viennent suite à l’événement 𝐸0 doivent vérifier la condition
𝑥2 + 𝑦 2 + 𝑧2 ≤ 𝑐2𝑡2
L’égalité étant réalisée dans le cas de la lumière.
Donc tous les points représentant ces événements doivent se trouver à l’intérieur d’un cône
centré en 𝐸0 appelé cône de lumière.
La partie supérieure de l’intérieur du cône contient tous les événements futurs
pouvant être joints à partir de 𝐸0.
La partie inférieure de l’intérieur du cône contient tous les événements passés à
partir desquels l’événement 𝐸0 peut être joint.
La partie à l’extérieur du cône est appelée l’ailleurs.
La ligne d’univers est une succession de points des événements représentant l’évolution du
point matériel, cet ensemble de point décrit une courbe dans l’espace-temps à quatre
dimensions.
La ligne d’univers doit être entièrement contenue à l’intérieur de chacun des cônes de
lumière centrés en chacun de ses points successifs représentant les événements.
La ligne d’univers doit toujours aller dans le sens croissant du temps (de bas en haut).
𝑐𝑡
Ligne d’univers
Ligne d’univers
2
𝑠23 est un intervalle du genre temps. 𝐸3
2
𝑠24 est un intervalle du genre espace. Cône de 𝐸4
2
𝑠01 est un intervalle du genre lumière. lumière 𝐸2
En relativité restreinte l’intervalle de temps ∆𝑡 n’est pas invariant lors d’un changement de
référentiels. La transformation de Lorentz définit un autre invariant appelé intervalle espace-
temps entre deux événements.
L’intervalle entre deux événements est invariant par la transformation de Lorentz pour tous
les référentiels galiléens. En effet, comme la transformation de Lorentz est linéaire, nous
avons
𝑐(𝑡2 − 𝑡1 ) = 𝛾𝑒 (𝛽𝑒 . (𝑥2′ − 𝑥1′ ) + 𝑐(𝑡2′ − 𝑡1′ ))
𝑥2 − 𝑥1 = 𝛾𝑒 ((𝑥2′ − 𝑥1′ ) + 𝛽𝑒 . 𝑐(𝑡2′ − 𝑡1′ ))
𝑦2 − 𝑦1 = 𝑦2′ − 𝑦1′
′ ′
{𝑧2 − 𝑧1 = 𝑧2 − 𝑧1
En remplaçant dans la définition de l’intervalle
2 2 2 2 2
𝑠12 = 𝑐 2 ∆𝑡 2 − ∆𝑥 2 − ∆𝑦 2 − ∆𝑧 2 = 𝛾𝑒2 (1 − 𝛽𝑒2 ). 𝑐 2 ∆𝑡 ′ − 𝛾𝑒2 (1 − 𝛽𝑒2 ) ∆𝑥 ′ − ∆𝑦 ′ − ∆𝑧 ′
Comme 𝛾𝑒2 = (1 − 𝛽𝑒2 )−1 , nous avons donc
2 2 2 2 ′ 2 2
𝑠12 = 𝑐 2 ∆𝑡 ′ − ∆𝑥 ′ − ∆𝑦 ′ − ∆𝑧 ′ = 𝑠12
Si 𝑠12
2
> 0 c’est-à-dire 𝑐 2 ∆𝑡 2 > ∆𝑥 2 + ∆𝑦 2 + ∆𝑧 2 on dit que l’intervalle est du genre
temps. Dans ce cas le point représentant l’événement 𝐸2 se trouve à l’intérieur du cône
de lumière centré au point correspondant à l’événement 𝐸1.
Si 𝑠12
2
< 0 c’est-à-dire 𝑐 2 ∆𝑡 2 < ∆𝑥 2 + ∆𝑦 2 + ∆𝑧 2 on dit que l’intervalle est du genre
espace. Dans ce cas le point représentant l’événement 𝐸2 se trouve à l’extérieur du cône
de lumière centré au point correspondant à l’événement 𝐸1.
Si 𝑠12
2
= 0 c’est-à-dire 𝑐 2 ∆𝑡 2 = ∆𝑥 2 + ∆𝑦 2 + ∆𝑧 2 on dit que l’intervalle est du genre
lumière. Dans ce cas le point représentant l’événement 𝐸2 se trouve sur la surface du
cône de lumière centré au point correspondant à l’événement 𝐸1.
Exemple
Calculer le carré de l’intervalle espace-temps entre les deux événements suivants :
𝐸1 (𝑥1 = 0,2 𝑚 , 𝑡1 = 3 𝑛𝑠)ℛ et 𝐸2 (𝑥2 = 0,8 𝑚 , 𝑡2 = 6 𝑛𝑠)ℛ , puis vérifier qu’il est invariant par
la transformation de Lorentz pour un référentiel ℛ′ ayant une vitesse 𝑣𝑒 = (2√6⁄5)𝑐 par
rapport au référentiel ℛ.
Diagramme de Minkowski
Le diagramme de Minkowski est une représentation
𝑐𝑡
de l’espace temps à deux dimensions (une dimension 𝑐𝑡 ′
spatiale et une dimension temporelle) qui permet de Futur
visualiser les résultats d’un changement de 𝑐𝑡𝐸 𝐸
référentiel dans la relativité restreinte.
𝑐𝑡𝐸′
Dans ce diagramme sont représentés les
coordonnées spatio-temporelles d’un même 𝑥′
événement suivant les axes (𝑥, 𝑐𝑡) associés au
référentiel ℛ considéré comme fixe et suivant les 𝑥𝐸′ Ailleurs
axes (𝑥 ′ , 𝑐𝑡 ′ ) associés au référentiel ℛ′ considéré 𝑥𝐸 𝑥
en mouvement de translation uniforme avec une 𝐸0
vitesse 𝛽𝑒 𝑐 par rapport à ℛ.
Il ne faut pas cependant confondre l’espace-temps de Minkowski et les axes (𝑥, 𝑐𝑡) et
(𝑥 ′ , 𝑐𝑡 ′ ) dans cet espace d’une part et l’espace « visible » où sont représenté les référentiels
ℛ et ℛ′ d’autre part. Si les référentiels ℛ et ℛ′ sont en mouvement l’un par rapport à
l’autre dans l’espace « visible » les axes (𝑥 ′ , 𝑐𝑡 ′ ) sont fixes par rapport aux axes (𝑥, 𝑐𝑡) dans
l’espace-temps de Minkowski.
Dans le système d’axes orthonormés (𝑥, 𝑐𝑡) les deux axes 𝑥 ′ et 𝑐𝑡 ′ sont symétriques par
rapport à la droite médiane du premier quadrant. Plus la vitesse de déplacement 𝛽𝑒 𝑐 du
référentiel ℛ′ est grande par rapport au référentiel ℛ plus les deux axes se rapprochent de
la médiane.
2
Pour les intervalles genre espace tous les point ayant 𝑠0𝑢 = 𝑐 2 𝑡 2 − 𝑥 2 = −1 forment aussi
une hyperbole. Le point d’intersection de cette hyperbole avec l’axe 𝑥 donne 𝑥 = 1 car
𝑐𝑡 = 0. Le point d’intersection de cette hyperbole avec l’axe 𝑥 ′ donne 𝑥 ′ = 1 car 𝑐𝑡 ′ = 0.
Causalité
Pour un intervalle genre temps, nous pouvons toujours trouver un référentiel ℛ′ ayant une
vitesse donnée 𝛽𝑒 𝑐 par rapport à ℛ et pour lequel l’axe du temps 𝑐𝑡 ′ passe par
l’événement 𝐸. Dans ce cas 𝑥𝐸′ = 0, donc les événements 𝐸0 et 𝐸 se passent au même
endroit (Voir le diagramme de Minkowski de la page précédente). On dit alors que les deux
événements sont localisés.
D’un point de vue physique ces événements ne peuvent décrire des phénomènes liés au
même point matériel car, d’une part comme nous l’avons dit plus haut, ils ne peuvent pas
être reliés par une ligne d’univers (vitesse supérieure à 𝑐 ), d’autre part l’inversion de l’ordre
temporel ne respecte pas le principe de causalité qui stipule que : « tout effet a une cause et
la cause précède l’effet dans le temps pour tout référentiel galiléen ».
Simultanéité
La simultanéité est une notion importante pour tout processus de mesure lié au
mouvement. Par exemple, lors de la mesure du temps de passage : dire qu’un point matériel
se trouve dans une position donnée à un instant donné, revient à dire que le point matériel
en question se trouvait à cette position en même temps que l’aguille d’une horloge indiquait
un temps donné. Un autre exemple concernant la mesure de l’espace : dire qu’un corps a
une longueur donné revient à dire que ses extrémités coïncident avec les différentes
graduations d’une règle (étalon) au même moment.
Il faut noter que nous serons amenés à mesurer certains événements se produisant au
même moment mais à des endroits différents par rapport au même référentiel. Pour cela il
nous faudra utiliser deux horloges différentes. La simultanéité est vérifiée si les deux
horloges indiquent le même résultat à condition que les deux horloges soient préalablement
synchronisées.
Définition de la simultanéité.
Prenons le cas de deux événements 𝐸1 et 𝐸2 concernant deux points matériels distants. Si
ces deux événements se produisent au même instant (𝑡1 = 𝑡2 ) mesuré par deux horloges
synchronisées dans le même référentiel on dit alors que les deux événements sont
simultanés.
Relativité de la simultanéité.
Soit deux événements 𝐸1 (𝑐𝑡1 , 𝑥1 , 𝑦1 , 𝑧1 ) et 𝐸2 (𝑐𝑡2 , 𝑥2 , 𝑦2 , 𝑧2 ) dans l’espace-temps de
Minkowski associé au référentiel ℛ. Si les deux événements sont simultanés pour un
observateur lié à ℛ alors il pourra écrire que
𝑡1 = 𝑡2
Un autre observateur lié au référentiel ℛ′ en translation uniforme 𝛽𝑒 𝑐 par rapport à ℛ
verra les deux événements se produire aux instants 𝑡1′ et 𝑡2′ données par la transformation
de Lorentz. Donc
𝑐 (𝑡2′ − 𝑡1′ ) = 𝛾𝑒 (−𝛽𝑒 . (𝑥2 − 𝑥1 ) + 𝑐 (𝑡2 − 𝑡1 )) = −𝛾𝑒 𝛽𝑒 . (𝑥2 − 𝑥1 )
D’où les deux événements qui sont simultanés pour un observateur lié à ℛ ne sont
simultanés pour l’observateur lié à ℛ′ que s’ils ont les mêmes abscisses (la même position
suivant la direction de translation) par rapport à ℛ.
Remarque
La limite classique pour la transformation de Lorentz est obtenue en posant 𝑣𝑒 ≪ 𝑐 donc
𝛽𝑒 ≈ 0 et 𝛾𝑒 ≈ 1. Dans ce cas deux événements simultanés pour un observateur lié à
donnent (𝑡1 = 𝑡2 ) et 𝑐 (𝑡2′ − 𝑡1′ ) = −𝛾𝑒 𝛽𝑒 . (𝑥2 − 𝑥1 ) ≈ 0 d’où les deux événements
apparaissent aussi comme simultanés pour un observateur lié au référentiel ℛ′ .
Remarque
Si deux événements sont simultanés et non localisés dans l’espace-temps alors l’intervalle
2
espace-temps est du genre espace (𝑠12 = − ∆𝑥 2 < 0). C'est-à-dire que ces deux événements
concernent deux particules (points matériels) différentes, donc ils ne peuvent représenter
l’évolution d’une seule particule et ne peuvent être reliés par une ligne d’univers.
Localisation
On dit que deux événements sont localisés s’ils se produisent au même endroit, c'est-à-dire
à la même position par rapport au même référentiel.
Relativité de la localisation
Soit deux événements 𝐸1 (𝑐𝑡1 , 𝑥1 , 𝑦1 , 𝑧1 ) et 𝐸2 (𝑐𝑡2 , 𝑥2 , 𝑦2 , 𝑧2 ) dans l’espace-temps de
Minkowski associé au référentiel ℛ . Si les deux événements sont localisé pour un
observateur lié à ℛ alors il pourra écrire que
𝑥1 = 𝑥2 ; 𝑦1 = 𝑦2 ; 𝑧1 = 𝑧2
Un autre observateur lié au référentiel ℛ′ en translation uniforme 𝛽𝑒 𝑐 par rapport à ℛ
verra les deux événements se produire aux abscisses 𝑥1′ et 𝑥2′ données par la transformation
de Lorentz. Donc
𝑥2′ − 𝑥1′ = 𝛾𝑒 ((𝑥2 − 𝑥1 ) − 𝛽𝑒 . 𝑐(𝑡2 − 𝑡1 )) = −𝛾𝑒 𝛽𝑒 . 𝑐 (𝑡2 − 𝑡1 )
D’où les deux événements qui sont localisés pour un observateur lié à ℛ ne sont localisés
pour l’observateur lié à ℛ′ que s’ils s’ont simultanés dans ℛ.
Remarque
La limite classique pour la transformation de Lorentz est obtenue en posant 𝑣𝑒 ≪ 𝑐 donc
𝛾𝑒 ≈ 1 et 𝛽𝑒 𝑐 = 𝑣𝑒 . Dans ce cas deux événements localisés pour un observateur lié à
donnent 𝑥1 = 𝑥2 et 𝑥2′ − 𝑥1′ = −𝑣𝑒 (𝑡2 − 𝑡1 ) d’où les deux événements ne sont localisés pour
l’observateur lié à ℛ′ que s’ils s’ont simultanés dans ℛ.
D’un point de vu formel, deux horloges distantes et immobiles dans un référentiel d’inertie
sont dites synchronisées si elles indiquent simultanément et à chaque instant, la même
valeur du temps. Les deux horloges étant mises à zéro au même moment (simultanément).
Il est clair que cette définition de la synchronisation se base elle-même sur la notion de
simultanéité, qui est admise dans le cas d’un référentiel unique pour toutes les horloges.
On peut ainsi synchroniser toutes les horloges fixes aux différentes positions (spatiales) du
référentiel ℛ.
Dans ce référentiel, que nous noterons ℛ′ , la particule est immobile. Nous pouvons donc
poser 𝑥 ′ = 𝑦 ′ = 𝑧 ′ = 0.
Le temps 𝑡 mesuré dans tout autre référentiel ℛ par rapport auquel la particule (et le
référentiel ℛ′ ) est en mouvement de translation uniforme est appelé « temps impropre ».
Donc les durées mesurées sont plus petites dans le référentiel propre de la particule, c’est-à-
dire que le temps entre deux événements perçu par un observateur lié au référentiel propre
est plus court en comparaison avec le temps entre les mêmes événements mesuré par un
observateur lié au référentiel impropre ℛ.
En prenant l’exemple d’une fusée qui se déplace avec une vitesse rectiligne uniforme par
rapport à la terre (dans la mesure où nous considérons la terre comme un référentiel
galiléen et que nous omettons les effets de la gravité), un observateur terrestre « en jetant
un œil » à l’intérieur de la fusée verrait tout ce qui se passe à l’intérieur de la fusée se passer
au ralentis comparé à ce que verrait un autre observateur à l’intérieur de la fusée. En
particulier, l’observateur terrestre verrait l’observateur dans la fusée vieillir plus lentement
en comparaison à ce que verrait l’observateur de la fusée en se regardant dans un miroir.
Ce phénomène est symétrique, c'est-à-dire que l’observateur de la fusée verrait tout ce qui
se passe sur terre au ralenti comparé à ce que verrait l’observateur terrestre qui est, dans ce
cas, lié au référentiel propre (les événements se passant sur terre).
La dilatation des durées n’est pas un phénomène absolu, mais une mesure relative qui
dépend de l’observateur.
Exemple
Reprenons l’exemple du rayon lumineux (ou du photon) faisant l’aller et retour entre deux
miroirs (pages 05 et 06).
𝑐𝜏0 = 0 𝑐𝜏1 = 𝑙 𝑐𝜏2 = 2𝑙
( ′ ) ; 𝐸1 ( ) ; 𝐸2 ( ′ )
𝑥0 = 0 ℛ′ 𝑥1′ = 0 ℛ′ 𝑥2 = 0 ℛ′
Une autre manière de trouver ce résultat est de considérer la propagation du rayons (le
mouvement du photon) par rapport au référentiel ℛ, comme le montre la figure ci-dessous.
𝑦 𝑦′ 𝑣⃗𝑒 𝑦
ℛ ℛ′ ℛ
Miroir Miroir
𝑙 𝑙
𝑣𝑒 (𝑡1 − 𝑡0 ) 𝑣𝑒 (𝑡2 − 𝑡1 )
′ ′
𝑂 𝑂 Source 𝑥 𝑥 𝑂 Source 𝑥
Par rapport au référentiel ℛ′ le rayon lumineux parcourt deux fois une distance 𝑙 avec une
vitesse 𝑐 . Ce qui donne des durées 𝜏1 − 𝜏0 = 𝑙⁄𝑐 et 𝜏2 − 𝜏1 = 𝑙⁄𝑐 .
avec une vitesse 𝑐 aussi (la distance 𝑙 dans la direction perpendiculaire au mouvement du
référentiel ℛ′ , est invariante, donc la même dans les deux référentiels). Ce qui donne les
durées
𝑙 2 + 𝑣𝑒2 (𝑡1 − 𝑡0 )2 = 𝑐 2 (𝑡1 − 𝑡0 )2 et 𝑙 2 + 𝑣𝑒2 (𝑡2 − 𝑡1 )2 = 𝑐 2 (𝑡2 − 𝑡1 )2
En remplaçant 𝑙 = 𝑐(𝜏1 − 𝜏0 ) et 𝑙 = 𝑐 (𝜏2 − 𝜏1 ) puis en divisant par 𝑐 2
(𝜏1 − 𝜏0 )2 = (1 − 𝛽𝑒2 )(𝑡1 − 𝑡0 )2 et (𝜏2 − 𝜏1 )2 = (1 − 𝛽𝑒2 )(𝑡2 − 𝑡1 )2
D’où
𝑡1 − 𝑡0 = 𝛾𝑒 (𝜏1 − 𝜏0 ) et 𝑡2 − 𝑡1 = 𝛾𝑒 (𝜏2 − 𝜏1 )
Et en faisant la somme des deux équations nous trouvons la dilatation des durées
∆𝑡 = 𝛾𝑒 . ∆𝜏
Dans ce référentiel propre que nous noterons ℛ′ la mesure des positions des extrémités 𝐴1
et 𝐴2 de la barre donnant 𝑥1′ et 𝑥2′ donc 𝑙𝑝 = 𝑥2′ − 𝑥1′ , la barre étant fixe dans ce
référentiel les deux positions restant inchangées quelque soit le temps et les deux
événements représentant les mesures des positions ne sont pas nécessairement simultanés.
La longueur mesurés dans tout autre référentiel ℛ par rapport auquel la barre (et le
référentiel ℛ′ ) est en mouvement de translation uniforme est appelé « longueur impropre »
et notée 𝑙𝑖 = 𝑥2 − 𝑥1 , où 𝑥1 et 𝑥2 sont les positions des extrémités 𝐴1 et 𝐴2 de la barre
mesurées simultanément (𝑡1 = 𝑡2 ) par rapport au référentiel ℛ.
Donc les longueurs mesurées sont plus grandes dans le référentiel propre, c’est-à-dire que
pour un observateur lié au référentiel ℛ la longueur mesurée d’une barre rigide est plus
petite comparée à la longueur propre que mesure un observateur lié au référentiel propre de
la barre.
La contraction des longueurs n’est pas un phénomène absolu, mais une mesure relative qui
dépend de l’observateur.
𝑦 𝑦′ 𝑣⃗𝑒 𝑦 𝑦′ 𝑣⃗𝑒
ℛ ℛ′ ℛ ℛ′
Règle-étalon dans ℛ′
𝐴1 𝐴2
barre barre
𝑂 𝑂′ 𝐴1 𝐴2 𝑥 ′ 𝑥 𝑂 𝑂′ 𝑥′ 𝑥
Règle-étalon dans ℛ
Remarque
La contraction des longueurs se mesure uniquement dans la direction de déplacement
relative des référentiels (direction (𝑂𝑥) dans notre cas) dans les autres directions
perpendiculaires à ce déplacement les deux observateurs liés aux référentiels ℛ et ℛ′
n’observent aucune différence dans la longueur, ∆𝑦 ′ = ∆𝑦 et ∆𝑧 ′ = ∆𝑧.
La loi de désintégration des muons donne le nombre 𝑁(𝑡) de muons restant à un instant 𝑡
à partir d’un nombre initial 𝑁(0)
𝑡
𝑁(𝑡) = 𝑁 (0). exp (− )
𝑇0
𝑇0 est une durée appelée durée de vie des muons.
On utilise plus souvent la « demi-vie » des muons, qui est la durée au bout de laquelle la
moitié de nombre de muons initiale se désintègre
𝑁(0) 𝑇1⁄2
𝑁(𝑇1⁄2 ) = = 𝑁(0). exp (− ) ce qui donne 𝑇1⁄2 = 𝑇0 . ln 2
2 𝑇0
C’est la comparaison de la valeur de cette durée de vie (ou la demi-vie) pour des muons au
repos et des muons en déplacement qui nous intéresse.
Dans le cas de muons quasiment au repos la durée de vie propre trouvée en étudiant la
décroissance d’un flux de muons est égale à 𝜏0 = 2,2 × 10−6 𝑠.
En 1941, B. Rossi et D. Hall ont mesuré le rapport des flux verticaux de faisceaux de muons
entre les deux sites d’Echo Lake et de Denver, ayant pour altitudes respectives 3240 𝑚 et
1616 𝑚.
Cette expérience fut reprise en 1963 par D.H. Frisch et J.H. Smith entre le sommet du Mont
Washington (Etas Unis) à une altitude de 1910 𝑚 et le niveau de la mer. Les flux trouvés
dans cette dernière expérience étaient respectivement 𝑛1 = 563 ± 10 muons⁄heure et
𝑛2 = 408 ± 9 muons⁄heure la vitesse des muons étant 𝑣 = 0,995. 𝑐.
A faire :
Faire le calcul inverse et trouver le flux de muons au niveau de la mer si la durée de vie était
la même dans les deux référentiels (durée de vie propre).
Remarque
Point de vue du muon : Dans le référentiel lié au muons la durée de vie du muon est 𝜏0
mais la distance qu’il parcourt est égale à la hauteur du mont Washington dans son
référentiel, cette longueur est une longueur impropre car la longueur (hauteur) propre de la
montagne est mesurée dans son référentiel propre qui est le référentiel terrestre, d’où la
hauteur de la montagne vue par les muons est dix fois plus petite que sa hauteur propre à
cause de la contraction relativiste des longueurs
ℎ𝑖 = 𝛾 −1 . ℎ𝑝 = (1 − 𝑣 2 ⁄𝑐 2 )+1⁄2 . ℎ𝑝
Dans les accélérateurs de particules les physiciens observent systématiquement les effets
relativistes comme la dilatation des durées de vie des particules. Cette dilatation augmente
toujours proportionnellement au facteur relativiste quand la vitesse des particules (leur
énergie) augmente. La dilatation des durées et par conséquent la contraction des distances,
sont donc des faits expérimentalement établis.
Rappelons la relation entre les fréquences émise et reçue dans le cadre de la relativité
galiléenne.
𝑐 − 𝑣réc
𝑓réc = ( )𝑓
𝑐 + 𝑣ém ém
Avec la convention de signes suivante :
𝑣réc < 0 : Le récepteur se dirige vers l’émetteur. 𝑣réc > 0 : Le récepteur s’éloigne de l’émetteur.
𝑣ém < 0 : L’émetteur se dirige vers le récepteur. 𝑣ém > 0 : L’émetteur s’éloigne du récepteur.
La période étant la durée d’une oscillation, elle obéit à la dilatation des durées relativiste. La
période 𝑇 mesurée dans un référentiel impropre est égale à la période mesurée dans un
référentiel propre 𝑇propre multipliée par le facteur relativiste
Conclusion
En relativité restreinte, l’effet Doppler-Fizeau est parfaitement symétrique, et les deux
mouvements sont équivalents (mouvement de l’émetteur par rapport au récepteur et le
mouvement du récepteur par rapport à l’émetteur). Cela se traduit par la même loi quelque
soit le référentiel dans lequel nous nous plaçons. Tout ce qui compte c’est le mouvement
relatif de l’un par rapport à l’autre. Dans ce cas 𝛽 < 0 quand l’émetteur et le récepteur se
rapprochent l’un de l’autre et 𝛽 > 0 s’ils s’éloignent l’un de l’autre. Les fréquences étant
des fréquences propres (chacune mesurée dans son propre référentiel).
En dernier, il faut noter que, contrairement aux ondes d’origine matérielle, l’onde lumineuse
n’a pas besoin d’un milieu de propagation et sa vitesse dans le vide est la même quelque soit
le référentiel.
Le décalage vers le rouge ou red-shift est une observation astronomique de l’effet Doppler-
Fizeau relativiste. En effet le spectre émis par une étoile, un amas d’étoiles ou une galaxie
est décalé vers des fréquences plus basses, conformément aux prévisions relativistes, quand
le corps en question s’éloigne de l’observateur. L’astronome E. Hubble (en collaboration
avec M. Humason) a notamment observé que le décalage vers le rouge concerne toutes les
galaxies qui nous entourent suggérant que l’univers entier est en expansion.
QUESTIONNAIRE DU CHAPITRE II
TRANSFORMATIONS DE LORENTZ–POINCARÉ
1. Quelles propositions sont fausses parmi les propositions suivantes ?
a. La transformation de Lorentz-Poincaré est non linéaire.
b. La transformation de Lorentz-Poincaré est réciproque.
c. Les équations de Maxwell sont invariantes par la transformation de Lorentz-Poincaré.
d. La vitesse de la lumière est invariante pour tous les référentiels galiléens.
5. Un extra-terrestre passe devant la terre en ligne droite et avec une vitesse constante 𝑣 = (2√6⁄5)𝑐
par rapport à la terre. L’extra-terrestre s’intéresse à un match de foot qui se joue sur terre, pour un
observateur sur terre le match dure 90 minutes, mais pour l’extraterrestre ce match dure :
a. 45 minutes.
b. 450 minutes.
c. 4500 minutes.
d. 45000 minutes.
6. Dans la question précédente la longueur du vaisseau spatial de l’extra-terrestre, mesuré par l’extra-
terrestre (dans le référentiel lié au vaisseau), est de 100 ule (unité de longueur extra-terrestre).
Quelle est sa longueur mesurée par un joueur sur le terrain (référentiel terrestre) ?
a. 20 ule.
b. 200 ule.
c. 500 ule.
d. 1000 ule.
7. Résumer la relativité par la phrase « tout est relatif » vous semble-t-il juste ? (oui/non)
Pourquoi ? ……………………………………………………………………………………………………………………………………………