Thermographie: Principes Et Mesure

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Thermographie

Principes et mesure
par Dominique PAJANI
Ingénieur de l’École centrale de Lyon
Institut de la Thermographie

1. Généralités................................................................................................. R 2 740 - 2
1.1 Terminologie ................................................................................................ — 2
1.2 Mesures des flux et des températures....................................................... — 3
2. Rayonnements (émission et réception). Propriétés radiatives
des matériaux............................................................................................ — 3
2.1 Notions de base .......................................................................................... — 3
2.2 Radiomètre simplifié ................................................................................... — 6
2.3 Propriétés radiatives des matériaux .......................................................... — 8
2.4 Conclusion.................................................................................................... — 12
3. Mesure thermographique ...................................................................... — 12
3.1 Généralités ................................................................................................... — 12
3.2 Situation d’étalonnage ................................................................................ — 12
3.3 Situation de mesure radiométrique ........................................................... — 12
3.4 De la mesure radiométrique à la mesure thermométrique ..................... — 13
3.5 De la mesure radiométrique à la mesure thermographique ................... — 15
3.6 Incertitudes de mesure................................................................................ — 16
Pour en savoir plus .......................................................................................... Doc. R 2 742

a thermographie infrarouge est un cas particulier de la thermographie,


L même si elle est la plus connue et la plus répandue. À l’origine (1970), le qua-
lificatif « infrarouge » accolé à « la thermographie » visait à la distinguer des
techniques de thermographie par contact. On étendra ici notre propos sur une
plus grande partie du spectre de rayonnements.
La confusion s’accroît toujours plus entre les diverses familles de matériels :
nous insisterons sur les différences entre la simple imagerie thermique et la
thermographie de mesure, cette dernière étant l’orientation primordiale de cet
article.
Jusqu’en 1995, présenter les caméras thermiques comme des « boîtes noires »
à caractériser comme telles était une démarche justifiée, du fait d’une seule
famille technologique. Cela évitait d’exposer des particularités sans incidence
première sur les caractéristiques des appareillages. On abordera les nouvelles
technologies de détecteurs de rayonnement et leurs implications dans un
deuxième article.
Nous respecterons au mieux les normes de « thermographie infrarouge »
(NF A 09-400, NF A 09-420 et NF A 09-421), en cours de révision. Placées sous le
titre générique « Essais Non Destructifs », elles ne sont pas applicables à la très
grande majorité des applications.
Nous mettrons à profit les normes de vocabulaire de métrologie (NF X 07-001)
et de rayonnement (NF X 02-206).

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 740 − 1
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1. Généralités mémoire de masse (film, bande ou mémoire magnétique...). C’est


alors sur la répartition écrite spatiale et temporelle des rayonne-
ments thermiques que l’on porte son intérêt.

3 – Si l’on ne fait que visualiser (sur un écran) les données four-


1.1 Terminologie nies par l’appareil sans les « écrire », la racine grecque « graphein »
n’est plus de mise. En conformité avec le langage qui tend à se
répandre (précisément par différence d’avec la thermographie), on
Étymologiquement, thermographie signifie « écrire la chaleur » appellera imagerie thermique cette technique de représentation
ou « écrire avec la chaleur ». spatiale et temporelle, non écrite ou éphémère.
En général, la thermographie désigne toute technique de repré- 4 – L’appareil d’imagerie thermique peut comporter un dispositif
sentation (« écrite ») spatiale et/ou temporelle de l’état thermique interne (diaphragme, temps d’exposition, filtre...) destiné à adapter
d’une scène considérée. L’état thermique est lié à la chaleur ou aux la prise de vue à la valeur du flux de rayonnement reçu. Dans ce cas,
températures. une mesure de flux est effectuée sur une seule zone de la scène
Dans notre cadre, cette représentation est obtenue par le relevé observée ou par pondération sur un ensemble de zones de cette
des rayonnements électromagnétiques émis par la scène. Ces scène. Mais cette information quantitative n’est pas utile pour l’opé-
rayonnements, qui portent l’information sur l’état thermique, sont rateur, si ce n’est pour qu’il assure lui-même les réglages qui pour-
communément appelés rayonnements thermiques. raient être réalisés automatiquement par l’appareil.

1 – Ainsi présentée, la thermographie (par rayonnement) serait un 5 – Si l’on s’intéresse maintenant à l’aspect quantitatif des rayon-
cas particulier de la photographie (« écrire – avec – la lumière »). nements thermiques en provenance de la scène observée ainsi qu’à
Tout comme cette dernière fournit une « photographie », la thermo- leur répartition (spatiale et/ou temporelle), on s’éloigne de la simple
graphie produit une « thermographie » (nous introduirons une ter- prise de vue ou de la simple vidéo : on entre dans le domaine de la
minologie mieux adaptée). La lumière reçue est porteuse de mesure photométrique ou, plus généralement, radiométrique. La
l’information pertinente ; en thermographie, la « lumière » considé- photographie n’est pas de la photométrie. La thermographie
rée est le rayonnement thermique. Cette comparaison de départ est devient une technique de mesure spatio-temporelle des flux de
acceptable si le résultat est statique et écrit sous une forme quelcon- rayonnement en provenance d’une scène. Il vaudrait mieux parler
que (papier, support magnétique ou mémoire...). C’est la répartition de thermométrie spatiale et temporelle, en donnant à la racine
spatiale des rayonnements thermiques qui est le centre d’intérêt de thermè le sens de grandeur thermique en général (la température
la technique. étant le cas particulier usuel).

2 – Considérant l’évolution temporelle de cette répartition spa- Le tableau simplifié 1 vise à illustrer les grandes distinctions entre
tiale, on comparera plutôt la thermographie à la cinématographie les diverses « thermographies » (avec quelques exemples en der-
ou à la vidéographie, l’écriture des données étant réalisée dans une nière ligne).
(0)

Tableau 1 – Thermographies

Image sans mesure Mesure avec image

Utilisation des
Imagerie
imageurs Thermographie de mesure Utilisation des caméras thermiques
thermique
thermiques

image thermique information mesure de flux et mesure (déduite) de températures mesure mesure
déduite de grandeurs de grandeurs
des images thermiques (autres que
thermiques flux température écart déduites des flux thermiques)
absolue de températures ou des tempéra- déduites des flux
tures (modèle ou des tempéra-
spatial tures
et temporel)

vision nocturne, défectographie, flux spectral, thermique, maintenance, conductivité, défectographie


surveillance... détection de fuites, signature signature bâtiment... diffusivité, quantitative,
reconnaissance spectrale... thermique, coefficient cartographie
de forme... prévention d’échange, flux des contraintes,
pariétal, résistance cartographie
thermique, d’intensités
émissivité, source des champs EM...
interne...

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L’objet principal de cet article est la thermographie de mesure ■ Méthode de mesure thermographique
(entourée en gras dans le tableau). La thermographie sera considé-
rée sous son aspect de technique de mesure des flux et des tempé- La méthode de mesure (détection et quantification) de flux de
ratures, technique autrement plus évoluée et exigeante que rayonnement et, a fortiori, de la température de la matière qui émet
l’imagerie thermique, son aînée tant historique que technologique. ce flux, est une méthode de mesure directe : la valeur d’une gran-
deur caractéristique de l’élément-détecteur de la caméra est une
fonction de la valeur du flux que reçoit cet élément ; la température
Thermographie en général du corps observé en est déduite par calcul.
La thermographie est la technique qui permet d’obtenir, au
■ Thermographie et thermique. Interprétations
moyen d’un appareillage approprié, l’image thermique d’une
scène thermique observée dans un domaine spectral déterminé. La thermographie illustre l’échange d’énergie par rayonnement.
La norme NF A 09-400 se limite actuellement au spectre infra- Les autres formes d’échange d’énergie (convection, conduction) ne
rouge alors que la thermographie ne s’y confine pas. relèvent pas de notre propos. Ainsi, la thermographie constate l’état
Thermographie de mesure instantané, statique, stationnaire ou transitoire, de la répartition
On complète la définition précédente : la thermographie (de spatiale des flux en provenance d’une scène thermique. Elle est
mesure) est la technique qui permet d’obtenir, au moyen donc un outil pour le thermicien ou pour l’opérateur, technique qui
d’appareils de qualités instrumentales appropriées, la carte de vise à obtenir une carte de luminances ou un thermogramme en vue
luminances de la scène thermique observée. L’opération, de de son interprétation.
transcription en température permettra d’en déduire le thermo- Il y a donc deux types d’interprétation : l’interprétation thermo-
gramme. graphique qui porte sur la validité et la pertinence des flux ou des
Ainsi, l’imageur thermique fournit une image sans mesure températures mesurées et l’interprétation thermique qui justifie de
(imagerie thermique) et la caméra thermique est un appareil de cette répartition des températures. La première relève d’une techni-
mesure (thermique) avec image (thermographie). que et d’un savoir-faire instrumental. La seconde se base sur la
On évitera ici l’expression limitative de caméra infrarouge, lui première ; elle sort ici de notre propos.
préférant celle de « caméra thermique », en concordance natu-
relle avec les expressions « image thermique » et « scène
thermique », ou « rayonnement thermique » et « transfert Synthèse des désignations
thermique ». La figure 1 rassemble les désignations normalisées ou que
nous utilisons ici.
On notera que « image infrarouge » n’apparaît pas. Cette
expression désigne l’image produite par une optique infrarouge
et non l’image fournie par l’imageur ou la caméra thermique.
1.2 Mesures des flux et des températures La figure 2 décrit la composition de principe d’un radiother-
momètre. Nous comprendrons plus loin ce que sont les
« grandeurs d’influence » intervenant dans la transcription en
■ Instruments de mesure radiométrique, radiothermométrique et température.
thermographique
Le radiomètre est l’appareil de mesure d’un flux de rayonnement.
Le radiothermomètre ou thermomètre par rayonnement (pyromè-
tre) est un radiomètre complémenté par un dispositif assurant la
2. Rayonnements (émission
transcription en température. et réception). Propriétés
La caméra thermique est un radiomètre à balayage spatial, que ce
balayage soit mécanique ou électronique. Ce n’est donc pas le sim-
radiatives des matériaux
ple récepteur qu’est l’imageur thermique.
Appliqué aux mesures des températures, le système de thermo- Ce paragraphe traite de notions élémentaires sur l’émission et la
graphie est composé d’une caméra thermique et d’une station inté- réception des rayonnements. Il présente quelques bases sur les pro-
grant un ensemble de fonctions assurant la transcription en priétés radiatives des matériaux. Nous nous limiterons aux descrip-
température, l’analyse, le traitement et l’enregistrement des don- tifs utiles en radiométrie visant à la thermographie.
nées. Le système peut être concentré en un seul dispositif.
En ce sens, la thermographie est une extension de la technique de
mesure radiométrique des températures, elle-même sous-ensemble 2.1 Notions de base
des techniques de mesure des températures.
Pour un panorama des techniques, consulter [1], [R 2 730] réf. [2],
[3], [4], [R 6 735] réf. [5], [6]. 2.1.1 Spectre des rayonnements
électromagnétiques
Les compétences demandées aux appareils et les techniques
mises en œuvre diffèrent fortement selon les applications.
Désormais, l’abondance des technologies et des appareillages très La figure 3 présente le spectre des rayonnements électromagné-
divers autorise un choix adapté au cas par cas. Mais ce choix est tiques. L’unité pratique est la longueur d’onde, en micromètre (µm).
plus complexe : le risque est fort d’imaginer que tous les appareilla-
L’agitation des molécules de la matière se traduit par l’émission
ges sont identiques, coiffés qu’ils sont sous la même désignation
d’un flux de rayonnement électromagnétique fonction de la tempé-
d’appareils de thermographie. Penser qu’un seul appareil réunirait
rature de la matière ; c’est le rayonnement thermique.
toutes les performances pour toutes les applications est une illu-
sion. Le rayonnement thermique couvre approximativement la gamme
Nota : la température s’exprime en degré Celsius (˚C) ou en kelvin K. 0K équivaut à de 0,1 à 1 000 µm. La thermographie infrarouge classique va de 2 à
− 273,15 ˚C. 14 µm.

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Scène thermique
Rayonnement thermique
4 7
Récepteur Radiomètre Radiothermomètre

Imageur thermique Caméra thermique Système de thermographie


5 5 5
Image thermique
4 Carte de luminances
7 Thermogramme

4 = Quantification = Adjonction d'un balayage spatial


7 = Transcription en température 5 = Résultat
Les termes en italique sont normalisés Figure 1 – Synthèse des désignations

Radiothermomètre
Étalonnage

Rayonnement Luminances Transcription en Températures


Radiomètre
températures

Figure 2 – Radiomètre, radiothermomètre et


Entrée des valeurs des grandeurs d’influence. Transcription en
grandeurs d'influence température

0,4 0,8
Visible
Ultraviolet Infrarouge

X Ondes radio

10 nm 0,1 µm 1 µm 10 µm 100 µm 0,1 cm 1 cm

2 µm 15 µm

Bande spectrale classique


en thermographie infrarouge
Figure 3 – Spectre des rayonnements
Bande spectrale en thermographie
électromagnétiques

2.1.2 Grandeurs de base du rayonnement


Nous ne considérerons ici que l’émission, bien que les notions Φ Spectre
définies s’appliquent indifféremment aux rayonnements d’origines
diverses. Hémisphère Ω
Les unités couramment utilisées en radiométrie sont les unités vu par S
énergétiques (Watt), selon NF X 02-206. λ
Le rayonnement émis par la matière transporte de l’énergie. S
L’énergie émise par unité de temps est le flux énergétique Φ (en W)
(NF X 02-206).
L’émission d’un corps plan opaque a lieu dans le demi-espace au-
dessus de ce plan, ou hémisphère (figure 4).
La surface plane S est un ensemble d’éléments de surface. Le flux
émis par une unité de surface, dS (élément de surface en m2), centré
sur le point O, est l’exitance énergétique (NF X 02-206) :
Toute la surface S émet dans tout l'hémisphère Ω, et dans tout le spectre
M = d2Φ / dS (en W · m−2)
La double dérivée est due aux deux dimensions d’espace
(figure 5). Figure 4 – Flux énergétique Φ

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M Spectre Élément d'hémisphère L


élément d'angle solide d Ω Spectre
Hémisphère Ω dλ
vu par dS

λ Direction λ
d'émission
S θ Élément
O de bande
O spectrale d λ
S
Élément de
surface dS Élément de
surface dS

Un élément de surface dS de S émet dans tout l'hémisphère Ω, et dans


Un élément de surface dS de S émet dans un élément d'angle solide dΩ,
tout le spectre
et dans un élément de bande spectrale d λ
Figure 5 – Exitance énergétique M
Figure 7 – Luminance énergétique spectrique directionnelle L λ′

Élément d'hémisphère L C’est l’élément de rayonnement : rayonnement en provenance


élément d'angle solide d Ω Spectre d’un élément de surface, dans une unité d’angle solide autour d’une
direction donnée, dans un élément de bande spectrale autour d’une

longueur d’onde donnée.
Direction λ L’élément de flux vaut donc :
d'émission
θ
d 5 Φ = L λ′ d S cos θ dΩ dλ
O
S Élément de
surface dS Dès lors que le flux, l’exitance ou la luminance sont considérés
sur tout le spectre, on leur adjoint le qualificatif de « total » ; sur une
partie du spectre, ils sont qualifiés de « partiel » ; à une seule lon-
gueur d’onde, ils sont spectriques (NF X 02-206) ou monochroma-
tiques.

Un élément de surface dS de S émet dans un élément d'angle solide d Ω,


Les grandeurs totales et hémisphériques sont sans intérêt en
et dans tout le spectre radiométrie, alors qu’elles sont primordiales en thermique.

Figure 6 – Luminance énergétique directionnelle L’


2.1.3 Corps noir et loi de Planck

Le flux Φ et l’exitance M sont des grandeurs hémisphériques. On montre qu’à l’intérieur d’une cavité fermée et isotherme règne
un champ de luminance isotrope indépendant de la nature, de l’état
Autour d’une direction ∆ passant par O et par un point de l’hémi- de surface et de la forme des parois et qui n’est fonction que de la
sphère (figure 6), direction faisant un angle θ avec la normale en O, longueur d’onde et de la température. C’est la première loi de
on construit un cône de sommet O. Ce cône délimite un angle Kirchhoff. On montre également que cette luminance est celle du
solide. Considérons une unité d’angle solide, dΩ (en stéradian, sr). corps noir, défini comme un corps idéal absorbant l’intégralité des
Dans ce cône passe une partie du rayonnement émis par l’élé- rayonnements qui lui parviennent. La luminance directionnelle du
ment de surface dS de S, vu comme une surface apparente dS cos θ corps noir est la même dans toutes les directions : le corps noir est lam-
dans la direction ∆. C’est la luminance énergétique (NF X 02-206) : bertien.
Planck a calculé, en 1900, la luminance énergétique spectrique
d4 Φ L λ0 ( T ) du corps noir à température T, l’exposant (0) s’appliquant au
L ′ ( ∆ ) = ---------------------------------------- (en W · m−2 · sr−1)
( d S cos θ ) dΩ corps noir. Cette loi est à la base même de la possibilité et de la per-
tinence de la mesure des températures par rayonnement. Elle est
La double dérivée de l’exitance est due aux deux angles définis- explicitée sous la forme des courbes de Planck (figure 8).
sant la direction ∆. Le prime (’) indique cette direction. On qualifie
donc la luminance de « directionnelle ». c 1 λ –5
L λ0 ( T ) = --------------------------------------------------- (en W · m−3 · sr−1)
Un corps dont la luminance est identique quelle que soit la direc- π [ exp ( c 2 ⁄ λ T ) – 1 ]
tion ∆ est appelé corps lambertien. Un tel corps suit donc la « loi du
cosinus », puisque le flux émis par un élément de surface dS, et ou
dans un angle solide dΩ autour de la direction ∆, varie avec le cosi-
nus de l’angle θ entre ∆ et la normale à dS. c 1 λ –5 10 –6
Le corps émet dans tout le spectre de longueurs d’onde. Centré L λ0 ( T ) = ------------------------------------------------------------- (en W · m−2 · sr−1 · µm−1)
π [ exp ( c 2 ⁄ λ T ) – 1 ]
sur une longueur d’onde, l’élément de bande spectrale dλ (µm)
borne la luminance énergétique spectrique (NF X 02-206)
(figure 7) : avec λ (m) longueur d’onde,
T (K) température,
d5 Φ
L λ′ = -------------------------------------------------- (en W · m−2 · sr−1 · µm−1) c1 = 3,741 832 × 10−16 W · m2, 1re constante de rayon-
( d S cos θ ) dΩ dλ nement (NF X 02-206),

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Cette loi, très usitée en thermique, ne sert pas en radiothermomé-


106 trie.

Luminance (W · m–2 · sr–1 · µm–1)


Limite du spectre visible Pour en savoir plus sur le rayonnement, consulter [8], [9] et [10].
105
Loi de déplacement de Wien
104 2.2 Radiomètre simplifié
103
3 000
°C
2.2.1 Réception du flux
102 1 000
500 Nous avons vu que le flux d5Φ émis par une surface dS, dans une
250 direction ∆ faisant un angle θ avec la normale à dS, dans un angle
10 100 solide dΩ, dans une bande spectrale dλ, vaut :
30
– 50
1 d 5 Φ = L λ′ d S cos θ dΩ dλ
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Longueur d'onde (µm) On place, dans la direction ∆, à la distance D de dS, une surface
réceptrice d R (figure 9). d R est vu par d S sous un angle solide
Figure 8 – Courbes de Planck dΩ = d R cosθ’/D2, où θ’ est l’angle entre la direction ∆ et la normale
à dR, d’où le flux reçu par dR.

c2 = 1,438 786 × 10−2 K · m, 2e constante de rayon- d 5 Φ = L λ′ d S d R cos θ cos θ′ dλ ⁄ D 2 (formule de Bouguer).


nement (NF X 02-206).
Simplifions pour deux surfaces S et R, situées dans deux plans
Le corps noir émet à toutes les longueurs d’onde : le spectre
parallèles éloignés et distants de D. En excluant d’autres sources de
d’émission est un spectre continu.
flux que S, R reçoit de S le flux :
Sur les courbes de Planck, on voit que, à 30 ˚C, le rayonnement
émis est maximum vers 10 µm. À 500 ˚C, le maximum se situe vers Φ λ = L λ′ RS ⁄ D 2 (1)
3,7 µm.
Quelle que soit la longueur d’onde ou la bande de longueurs avec L λ′ luminance partielle, uniforme sur S.
d’onde considérée, le rayonnement émis par le corps noir est une
Appliquons l’équation (1) au radiomètre. Le radiomètre, de sur-
fonction monotone croissante de sa température : ce constat affirme
face réceptrice R (délimitée par la lentille de diamètre a ou par le
la possibilité de la mesure des températures par radiométrie.
diaphragme d’ouverture) observe une surface élémentaire ∆S (sur-
face exprimée en nombre d’éléments de surface). Cette surface est
définie par le détecteur de surface A (ou par le diaphragme de
2.1.4 Lois déduites champ), par la distance focale f de la lentille du radiomètre et par la
distance de mesure D : ∆S est l’image inverse du détecteur, ou pro-
■ Loi de déplacement de Wien jection du détecteur dans le plan-objet (ou conjugué du détecteur
Sur les courbes de Planck (figure 8), la courbe en pointillés est le par la lentille).
lieu des longueurs d’onde des maxima d’émission du corps noir, en Le cône, dans lequel passe le rayonnement qui parvient au radio-
fonction de la température. C’est la loi de déplacement de Wien. mètre, est défini par R et par la distance D de mesure. L’angle solide
T λmax = 2 897,8 > 3 000 µm · K élémentaire ∆Ω est exprimé par un nombre d’éléments d’angle
solide.
avec T (K) température,
Enfin, par construction, l’appareil détecte les rayonnements dans
λmax (µm) longueur d’onde du maximum d’émission. une bande spectrale ∆λ fixée par la conception.
Quand la température croît, la longueur d’onde du maximum
R reçoit le flux Φ∆λ et le concentre sur la surface A. L’objectif a
d’émission se déplace vers les faibles longueurs d’onde (95,6 % du
donc un double rôle : celui de gain (effet concentrateur R/A) et celui
rayonnement du corps noir est émis entre 0,5 et 5 λmax).
de délimitation de la surface ∆S observée.
La loi de Wien ne sert pas à déduire la longueur d’onde à laquelle
le radiothermomètre doit fonctionner, pour la mesure de telle tem- ′ R ∆ S ⁄ D 2 = L ∆λ
Φ ∆λ = L ∆λ ′ RA ⁄ f 2 = L ∆λ
′ π a2 A ⁄ 4 f2 (2)
pérature ou de telle gamme de températures. Elle n’indique que les
maxima et ne dit rien sur l’émission aux autres longueurs d’onde,
pas plus que sur la réception des rayonnements par tel ou tel type
de radiomètre. C’est une erreur très courante que d’évoquer cette loi
pour sélectionner un appareil. ∆
n'
■ Loi de Stefan-Boltzmann θ'
n dR
La loi de Stefan-Boltzmann est l’intégrale spectrale et direction-
nelle de la luminance émise par un élément de surface du corps D
noir, ou exitance totale. θ

M = σ T4
= 5,670 32 × 10−8 W · m−2 ·K−4 (NF X 02-206),
dS
avec σ
T (K) température. Figure 9 – Émission par dS et réception par dR

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Nota : remarques instrumentales Le nombre d’ouverture N du radiomètre définit l’angle solide élé-
Supposons un radiomètre observant un corps plan lambertien isotherme et considé- mentaire ∆Ω sous lequel ∆S voit la lentille, donc la quantité de flux
rons que θ et θ’ sont dans le même plan. L est la luminance intégrée dans la bande spec-
trale du radiomètre. entrant dans le radiomètre.
a/ Flux émis par un dS plan, dans dΩ autour de la direction ∆ faisant un angle θ avec ∆ :
Par construction, le radiomètre a une bande spectrale de fonction-
d4Φ = L dS cos θ dΩ nement ∆λ.
b/ Flux reçu par le radiomètre, placé dans la direction ∆, voyant la surface élémentaire La « configuration » du radiomètre est ainsi constituée du triplet
∆S sous ∆Ω, à la distance D :
Φ = L ∆Sp cos θ ∆Ω
[objectif, ouverture, filtre], triplet que l’on retrouvera naturellement
pour les caméras thermiques (pour les caméras à matrice, l’ouver-
avec ∆Sp projection de ∆S sur le plan,
ture est usuellement fixe ; c’est en agissant sur le temps d’intégra-
soit
tion que l’on adapte l’appareil au flux à mesurer). Le radiomètre doit
Φ = L(∆S / cos θ) cos θ ∆Ω = L ∆S ∆Ω = L ∆S R / D2 être étalonné pour chacune de ses configurations. L’étalonnage
consiste à établir la relation de correspondance V = f ( L ∆λ 0 ) ,
Le flux mesuré est indépendant de θ.
Le radiomètre peut tourner sur un cercle de rayon D, centré sur dS : la mesure n’est pas
donc V = f ( T ) sur un corps noir pour lequel on connaît la relation
0 = g(T) .
L ∆λ
affectée.
c/ Si le radiomètre tourne autour d’un point O de ∆, la distance D varie en fonction de
l’angle θ :
D = D0 / cos θ
2.2.4 Construction de la courbe d’étalonnage
Φ ( θ ) = L ∆ S R ⁄ D 2 = L ∆ S R cos2 θ ⁄ D 0
2 du radiothermomètre
Le résultat de la mesure varie avec cos2θ.
d/ Si le radiomètre est une caméra dont le scanneur est placé derrière l’objectif – cas le Soit un radiomètre fonctionnant entre 2 et 5 µm pointé sur un
plus général et cas de la caméra à matrice – et si l’optique n’introduit aucune distorsion
géométrique ∆Sp = constante (ce qui est intéressant, surtout en thermographie). corps noir. Le radiomètre somme les rayonnements reçus dans cette
La distance D varie comme en c/, lors du balayage spatial. bande spectrale.
La surface R vue par ∆Sp constant vaut R(θ) = R cos θ
Pour un corps noir de température T0, le radiomètre fournit une
Φ ( θ ) = L ∆ S p R ( θ ) ⁄ D 2 = L ( ∆ S cos θ ) ( R cos θ ) cos2 θ ⁄ D 0
2
« valeur radiométrique » V0 (en volts ou autres unités). Pour un
corps noir de température T1, le radiomètre fournit V1, etc...
Φ ( θ ) = L ∆ S R cos4 θ ⁄ D 0
2

C’est la « fameuse » variation du flux reçu en fonction du cos4θ. Du fait des hypothèses
On obtient une courbe de correspondance entre la température T
corps plan, lambertien et isotherme, et optique sans distorsion géométrique, on comprend et les valeurs radiométriques V. C’est la courbe d’étalonnage du
l’impossibilité de corriger le flux reçu en fonction de l’angle d’observation. Le ∆S de la der- radiothermomètre (figure 11).
nière formule n’est pas constant avec θ puisque c’est ∆Sp qui est supposé constant
(absence de distorsion géométrique).
La courbe d’étalonnage dépend de la bande spectrale. Si celle-ci
n’est pas trop étendue et si le radiomètre est linéaire, la fonction
2.2.2 Équation simplifiée du radiomètre mathématique qui représentera la courbe d’étalonnage sera simi-
laire à la loi de Planck, donc de la forme :
Partant de l’équation (2), la valeur radiométrique (tension V) déli-
vrée par le radiomètre qui reçoit le flux Φ s’exprime ainsi par : V = A / [exp (B/T) − 1]

′ KA ⁄ N 2
V = L ∆λ où A et B dépendent, en particulier, de la longueur d’onde, dite
« effective », du radiomètre.
où le produit KA est lié au détecteur, avec K, facteur de gain,
dépendant du détecteur et de son amplificateur,
N = f / a est le nombre d’ouverture du radiomètre avec a diamètre de
la lentille et f sa distance focale, Détecteur A
′ est la luminance partielle sur ∆λ de la source isotherme S.
L ∆λ
Radiomètre
Ainsi, dans la condition d’isothermie de S, le résultat de la mesure diamètre a
est indépendant de la distance de mesure D bien que l’aire ∆S distance focale f
croisse avec le carré de la distance D. Nul besoin non plus de mettre Angle solide élémentaire ∆ Ω
au point le radiomètre sur la surface S (focalisation), le flux reçu L
reste toujours le même. ∆
Ainsi, le radiomètre reçoit et mesure une somme d’éléments de ∆λ
rayonnement ou luminances, donc un flux proportionnel à une lumi-
nance partielle. Le rayonnement émis par un corps se caractérise λ
suivant les dimensions thermique, spatiale, spectrale et temporelle. Bande
Le radiomètre ne mesure qu’une très faible partie du rayonnement spectrale
total émis : il mesure un flux partiel directionnel. ∆λ

Surface
Dis élémentaire
2.2.3 Introduction de la « configuration » tan
ce
D ∆S
du radiomètre

L’utilisateur du radiomètre définit la direction d’observation ∆ et la


Le radiomètre voit une surface élémentaire ∆S, sous un angle solide
distance de mesure D (figure 10). élémentaire ∆Ω et dans une bande spectrale ∆λ
La distance focale de l’objectif du radiomètre et les dimensions du
détecteur définissent alors la surface élémentaire ∆S observée. Figure 10 – Contribution des caractéristiques du radiomètre

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D’où :
106 1=ρ+α+τ

Luminance (W · m–2 · sr–1 · µm–1)


Cette équation est valable à une longueur d’onde donnée. Elle

Tension V
105 peut s’étendre à une bande spectrale, si les facteurs sont spectrale-
30 ment constants. Elle est également valable pour une direction d’inci-
00
104 10 °C dence donnée. Les facteurs sont donc à la fois spectraux et
00
directionnels.
103 50 0 Le facteur de réflexion ρ ci-dessus est appelé « directionnel
hémisphérique » : le rayonnement provient d’une seule direction et
250
la réflexion se fait dans toutes les directions de l’hémisphère vu par
102 l’élément de surface qui reçoit ce rayonnement. On le note ρ′ "" .
100
30
En absorbant le flux Φa, le corps s’échauffe. Le flux qu’il émet est
10 fonction de sa température. À l’équilibre, le corps émet un flux Φe
égal au flux absorbé Φa. Ainsi :
1 Φa = Φe
0 1 2 3 4 5 6 7 8 100 250 500 1 000
Longueur d'onde (µm) Température (°C) et on a aussi :
α=ε
Figure 11 – Construction de la courbe d’étalonnage
du radiothermomètre avec ε émissivité (NF X 02-206). C’est la seconde loi de Kirchhoff,
qui est établie à partir de la première loi pour un corps réel placé à
l’intérieur d’une cavité isotherme ; sa formulation exacte est :
α ’(λ, T) = ε’(λ, T)
On montre également que cette égalité reste valable hors de
l’équilibre thermodynamique.
On peut donc écrire pour les corps réels (en conservant l’écriture
simplifiée) :
Φa
Φ Φt 1=ρ+ε+τ
Source
En radiothermométrie, on s’intéresse principalement à des corps
Corps réel opaques aux longueurs d’onde de fonctionnement du radiomètre.
Pour ces corps, on a τ = 0. D’où :
1= ε+ρ
Φe Le corps noir est un cas particulier des corps opaques. Le corps
noir est un corps idéal qui absorbe intégralement tous les rayonne-
Φr ments qui lui parviennent. Son facteur de réflexion est nul. Et ainsi,
ε = 1. Nos yeux ne voient pas le corps noir (de température inférieure
à 500 ˚C environ), puisqu’il ne réfléchit pas la lumière visible qui
l’éclaire. Le corps apparaît noir, d’où son nom.
Figure 12 – Bilan radiatif Le miroir parfait est également un cas particulier. Il réfléchit inté-
gralement tous les rayonnements qui lui parviennent. Ainsi, ρ = 1
pour le miroir parfait.
2.3 Propriétés radiatives des matériaux Entre le corps noir et le miroir, il y a toutes les possibilités de
corps opaques tels que ε + ρ = 1.
Par ailleurs, les rayonnements passent à travers certains corps.
2.3.1 Corps réel C’est le cas des gaz (atmosphère) ou du verre et en général des
corps isolants de faible épaisseur. Ce sont les corps semi-transpa-
Supposons un corps réel placé dans le vide et recevant un flux de rents. On s’y intéresse, habituellement, non pour mesurer leurs
rayonnement Φ en provenance d’une source (figure 12). températures mais pour observer des corps opaques situés au-
Une partie Φr du rayonnement Φ est réfléchie sur le corps, la ou delà : ce sont des milieux de transmission des rayonnements.
les directions de réflexion n’étant pas considérée(s) à ce stade. Une Pour les gaz (et dans le cadre de cet article), le facteur de réflexion
autre partie Φa est absorbée par ce corps. est nul. D’où ε + τ = 1.
Une dernière partie Φt est transmise au travers de ce corps. Pour le vide parfait, il reste τ = 1. C’est le seul « corps » parfaite-
La loi de conservation de l’énergie implique : ment transparent.
Φ = Φr + Φa + Φt
ou 2.3.2 Émissivité
Φ Φ Φ Le corps réel émet moins de rayonnement qu’un corps noir de
1 = ------r + ------a- + ------t
Φ Φ Φ même température T0, quelle que soit la longueur d’onde.

Φr / Φ = ρ est le facteur de réflexion ou réflectance (NF X 02-206). Pointé sur le corps noir, le radiomètre mesure une valeur radio-
métrique V0. Pointé sur le corps réel opaque (sur lequel nous admet-
Φa / Φ = α est le facteur d’absorption ou absorptance (NF X 02- trons qu’aucun rayonnement ne se réfléchit), il mesure V e avec
206). Ve < V0. L’émissivité de ce corps réel est le rapport Ve / V0 = Le / L0,
Φt / Φ = τ est le facteur de transmission ou transmittance (NF X 02- ou rapport des luminances du corps réel et du corps noir. L’émissi-
206). vité est le facteur d’émission, facteur de comparaison du corps réel

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0° 10°
20° Environnement

30°

An
40°

gl
e
d'
ob
50°

se
rva
tio
60° Φr Corps réel

n
Radiomètre
opaque

70°
1

80° Φ

2
90°
0,2 0,4 0,6 0,8 1
Émissivité
Figure 14 – Réception d’un rayonnement réfléchi en provenance
de l’environnement de l’objet observé
Surface élémentaire n

Angle d'observation
corps ou de sa composition chimique (oxydation). Il s’agit alors d’un
Caméra autre matériau.
L’émissivité qui nous concerne est donc l’émissivité spectrale
directionnelle : ε = ε’(λ, T) où le prime (’) spécifie la direction d’émission.
Objet Angle de l'objectif
cylindrique La mesure de l’émissivité d’un matériau se fait dans la bande
spectrale de fonctionnement du radiomètre chargé de mesurer la
température de ce matériau.
Figure 13 – Définition de l’angle d’observation et émissivité
directionnelle d’un caoutchouc à 80 ˚C chargé au graphite En radiothermométrie, une condition nécessaire de mesure cor-
entre 3 et 5 µm 1 et d’un acier inox 304 à 5 µm 2 recte de la température est que le corps observé soit opaque et
d’émissivité constante et connue dans la bande spectrale de l’appa-
reil. Les autres cas (matériaux semi-transparents ou d’émissivité incon-
nue, gaz...) demandent des calculs et des mesures complémentaires.
et du corps noir. Si le corps réel n’émet aucun rayonnement, le
radiomètre mesure Ve = 0. L’émissivité est nulle. Des tableaux d’émissivités ont été établis [7]. Ils sont à utiliser
On a donc 0 < ε = Le / L0 < 1. avec précaution, du fait des variations importantes et des évolutions
possibles en fonction de l’histoire propre du matériau. Le tableau 2
L’émissivité du corps réel peut être constante sur une partie du donne des exemples d’émissivités.
spectre. On parle alors de corps gris dans la bande spectrale consi-
dérée.
Lors de la mesure de température par la mesure du flux émis,
l’émissivité du corps observé doit être prise en compte. C’est une
2.3.3 Facteur de réflexion
grandeur d’influence (NF X 07-001).
L’émissivité varie avec le matériau et son état de surface. Les Le corps réel a une émissivité inférieure à 1 : il a donc un facteur
matériaux isolants ont une émissivité nettement plus élevée que les de réflexion non nul compris entre 0 et 1. Du rayonnement en prove-
matériaux conducteurs. Un corps poli a une émissivité inférieure à nance de l’environnement du corps réel observé peut donc se réflé-
un corps rugueux, brut d’usinage : les anfractuosités jouent le rôle chir sur ce corps, dans la direction d’observation par le radiomètre.
de microcorps noirs (cavités).
Le rayonnement réfléchi par un élément de surface provient des
L’émissivité varie avec la longueur d’onde. On parle alors de corps corps situés dans l’hémisphère vu par cet élément de surface : il se
sélectif. Le cas des gaz est un exemple qui sera revu plus loin pour réfléchit dans la direction du radiomètre. Il s’agit donc d’un facteur
l’atmosphère. Selon la longueur d’onde, les verres et les plastiques de réflexion différent de ρ "’ : c’est ici le facteur de réflexion
sont des corps semi-transparents ou opaques. On sélectionnera la hémisphérique directionnel, noté ρ ′ ""
. Il faut comparer la figure 14
bande spectrale adéquate lors de la mesure de température sur des avec la figure 12 du bilan radiatif, pour vérifier que les rayonne-
corps sélectifs. ments sont dans des directions opposées.
L’émissivité varie avec l’angle d’observation (figure 13). Jusqu’à On montre (selon le théorème de réciprocité de Helmholtz) que
45 à 50˚, la variation est faible. Au-delà, l’émissivité varie rapide- ces deux facteurs de réflexion ne sont égaux que dans le cas où le
ment jusqu’à s’annuler aux forts angles. Le facteur de réflexion tend rayonnement incident sur le corps observé est isotrope, donc si ce
alors vers 1 pour des objets opaques. Pour les métaux polis, l’émis- corps est placé dans un environnement équivalent à une cavité iso-
sivité peut augmenter fortement pour des angles de l’ordre de 70 à 85˚. therme (corps noir) :
L’émissivité d’un corps varie avec sa température. Le plus sou-
vent, cette variation est due au changement de l’état de surface du ρiso"′ = ρ ′""

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(0)

Tableau 2 – Émissivité de quelques matériaux usuels, pour un angle d’observation de 0˚ à λ = 5 µm


Température Émissivité
(˚C)
Métaux
Aluminium poli 100 0,05
Aluminium anodisé 100 0,55
Laiton poli 100 0,03
Laiton oxydé 100 0,61
Cuivre poli 100 0,05
Cuivre oxydé 20 0,78
Or poli 100 0,02
Fer, fonte, polis 40 0,21
Fer, fonte, oxydés 100 0,64
Fer, fonte, très rouillés 20 0,69
Magnésium poli 20 0,07
Nickel poli 20 0,05
Nickel oxydé 200 0,37
Argent poli 100 0,03
Acier inoxydable 18/8 poli 20 0,16
Acier oxydé 60 0,85
Acier poli 100 0,07
Acier oxydé à 800 ˚C 200 0,79
Fer blanc 100 0,07
Autres matériaux
Brique rouge 20 0,93
Carbone – noir de fumée 20 0,95
Carbone – graphite 20 0,98
Béton 20 0,92
Verre poli 20 0,94
Vernis blanc 100 0,92
Vernis noir mat 100 0,97
Huile sur nickel :
nickel seul 20 0,05
avec film de 25 µm 20 0,27
avec film de 50 µm 20 0,46
avec film de 125 µm 20 0,72
film épais 20 0,82
Peinture à l’huile 20 0,94
Papier 20 0,93
Plâtre 20 0,91
Sable 20 0,90
Peau humaine 32 0,98
Terre sèche 20 0,92
Terre saturée d’eau 20 0,95
Eau distillée 20 0,96
Glace − 10 0,96
Neige − 10 0,85
Bois 20 0,90

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Ainsi, l’équation 1 = ε + ρ n’est valable qu’à la condition que la


température de l’environnement de l’objet observé soit uniforme. n n
Cette équation provoque bien des erreurs d’interprétation, quand on
cherche à mesurer l’émissivité d’un objet opaque par la mesure du
facteur de réflexion.
i r i r
Il y a différents types de réflexion entre la réflexion spéculaire et
la réflexion diffuse isotrope (figure 15). Le type de réflexion n’impli-
que rien sur la valeur du facteur de réflexion ; sa compréhension
permet d’interpréter les images thermiques et de maîtriser les situa-
tions de mesure en évitant les pièges. Spéculaire Diffuse
Les réflexions spéculaires sont « parasites » ; on ne peut pas
Figure 15 – Réflexion spéculaire et réflexion diffuse
(aisément) les prendre en compte dans la transcription en tempéra-
ture. Il faut les identifier et les éliminer.
Les réflexions diffuses isotropes influencent le résultat de la
mesure de façon maîtrisable donc quantifiable puisque la surface de

Facteur de transmission atmosphérique


l’objet effectue, par ce type de réflexion, la moyenne les luminances
1
en provenance de l’ensemble de son environnement. Encore faut-il
connaître la somme des luminances incidentes, ce qui n’est pas
aisé.
En général, le type de réflexion d’un corps est une combinaison
du type spéculaire et du type diffus. Afin de ne pas avoir à déte-
rminer le type de réflexion, l’attitude pratique avisée est de s’assurer
que l’environnement du corps est de température uniforme, appe-
lée température d’environnement. On doit, comme principe géné- 0,5
SW LW
ral, vérifier que l’environnement ne provoquera pas de réflexions
multiples ; on considère donc l’environnement comme un corps
noir. L’uniformité de la température d’environnement constitue la
deuxième condition de validité des mesures thermographiques (cas
de la transcription classique en températures). La température
d’environnement est une grandeur d’influence. Elle pourra être
prise en compte dans la transcription en température. 0
En radiothermométrie et en thermographie, il est préférable de 0 2 4 6 8 10 12 14
mesurer des températures de corps dont le facteur de réflexion est Longueur d'onde (µm)
faible. On modifie éventuellement l’état de surface du corps pour CO2 CO2 H2O
aboutir à ce résultat, avec le risque de modifier les échanges thermi- H2O
ques et donc la température de surface.
Figure 16 – Exemple de facteur spectral de transmission
de l’atmosphère (cas typique à 30 m) et positionnement des caméras
Facteur de forme et radiosité
usuelles SW et LW
Une surface élémentaire d’une scène thermique peut voir un
environnement constitué partiellement d’autres surfaces élé-
mentaires appartenant à la même scène thermique et qu’il est
impossible de supprimer (concavité, parois, autres objets obser- caméras thermiques fonctionnent dans ces bandes spectrales : res-
vés). pectivement ondes très courtes (Very Short Waves, VSW, de 0,4 à
Deux cas se présentent alors. Si l’environnement des surfaces 2 µm), ondes courtes (Short Waves, SW, de 2 à 5,5 µm) et ondes lon-
élémentaires n’est pas à température uniforme, il est très délicat gues (Long Waves, LW, de 8 à 14 µm). La désignation VSW n’est pas
de modéliser l’environnement radiatif et de se baser sur les pro- encore usuelle. On pourra introduire les caméras thermiques ondes
priétés radiatives du matériau pour quantifier le flux réfléchi sur ultra courtes (USW, au-dessous de 0,4 µm). Ce sont principalement
chacune des surfaces élémentaires (étude du facteur de forme). les molécules de vapeur d’eau et de gaz carbonique qui vibrent à
Si la température est néanmoins uniforme, la forme des objets leurs fréquences propres et absorbent les rayonnements à ces lon-
observés provoque des réflexions différentes selon la surface gueurs d’onde (figure 16). Mais dans les fenêtres atmosphériques,
élémentaire considérée (étude de la radiosité) ; on parle alors de l’atmosphère n’est pas parfaitement transparente. On peut alors
variations d’émissivité « apparente » de ces surfaces. En pré- définir un facteur moyen de transmission atmosphérique
sence des deux phénomènes superposés, la mesure radiométri- (figure 17). Ce facteur prend en compte la bande spectrale de la
que des températures devient une gageure (en thermique, il est caméra, la distance de mesure, le taux d’humidité relative et la tem-
d’usage d’opérer des calculs par éléments finis pour établir les pérature de l’atmosphère. Cependant, dans la pratique usuelle, une
bilans radiatifs des échanges entre des parois de formes com- modélisation simplifiée, valable pour les distances relativement
plexes). courtes (10 m environ) est suffisante. Les modélisations, même
complexes, basées sur le modèle Lowtran par exemple, ne prennent
pas en compte la répartition spectrale du flux en provenance de
2.3.4 Facteur de transmission l’objet observé lui-même, répartition qui dépend de la température
de cet objet, ce qui rend stériles toutes les modélisations limitées à
Certains corps, présentant un facteur de transmission non nul, l’atmosphère seule. Le facteur de transmission atmosphérique est
nous intéressent en mesure radiométrique. En particulier, les corps une grandeur d’influence. À 10 m, une caméra SW reçoit environ
qui se trouvent sur le trajet entre la scène thermique et le 7 % de rayonnement en moins de ce qu’elle aurait reçu à courte dis-
radiomètre : l’atmosphère ou un hublot. tance (1 m environ). Le même constat est fait, mais à 100 m, pour les
L’atmosphère est un corps semi-transparent ou opaque, selon la caméras LW. Il peut donc être préférable (pour la mesure de tempé-
longueur d’onde. C’est pourquoi les radiothermomètres et les ratures faibles) de mesurer en LW la température d’un objet distant.

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2.4 Conclusion
1

Facteur moyen de
transmission atmosphérique
Ondes lo En radiométrie en général, et en thermographie en particulier, la
ng u es mesure des flux ne peut se satisfaire de seules considérations sur
(8 à 1
2 µm
) l’émission des rayonnements par la matière. Il convient d’analyser
0,9 On la réception de ces rayonnements. Le résultat et la qualité de la
de
sc mesure découlent de la technologie du radiomètre, intégrant un
ou
rte détecteur spécifique.
s(
3
0,8 à Nous n’avons abordé les rayonnements et les propriétés radiati-

5,
ves des matériaux que pour ce qu’ils nous servent en thermogra-

5
µm
phie. La démarche du thermicien n’est pas nécessairement

)
concordante avec celle du thermographe. Pour en savoir davantage,
0,7 consulter [8], [9] et [10] par exemple.
1 2 3 5 10 20 30 50 100
Distance de mesure (m)

Figure 17 – Courbes typiques du facteur moyen de transmission 3. Mesure thermographique


de l’atmosphère en fonction de la distance de mesure,
pour une atmosphère à 50 % d’humidité relative

3.1 Généralités
1

τ ou ρ
La mesure radiométrique est à la base de la mesure thermométri-
0,8 que (mesure des températures par rayonnement) et de la mesure
0,6
thermographique (cartographie des rayonnements, visant générale-
τ ment à la cartographie des températures ou thermogramme).
0,4 La caméra de mesure est étalonnée sur corps noir à courte dis-
ρ tance et dans des conditions maîtrisées de laboratoire. C’est la
0,2
ρ situation d’étalonnage.
τ
0
Cette caméra est ensuite mise en œuvre sur un corps réel dans
2,5 3 3,5 4 5 6 8 9 10 15
des conditions pouvant être quelconques, sur site. C’est une situa-
Longueur d'onde (µm) tion de mesure.
Figure 18 – Relevé expérimental du facteur spectral de transmission
et du facteur spectral de réflexion du verre poli de bâtiment
(épaisseur 3 mm)
3.2 Situation d’étalonnage
En laboratoire, une source de référence de température (parfaite-
ment caractérisée et dont le comportement radiatif est très proche
Enfin, on est parfois amené à utiliser des hublots. Le matériau du du corps noir) est placée à courte distance devant la caméra de con-
hublot est sélectionné parmi ceux qui sont les plus transparents figuration sélectionnée. La validité de l’étalonnage de la caméra
pour la bande spectrale du radiomètre ; par exemple : verre classi- dépend de l’absence de dérive de la caméra et de la qualité de la
que ou quartz en VSW, saphir ou fluorine en SW, séléniure de zinc source de référence.
ou germanium en LW. On définit le facteur moyen de transmission
de ces hublots. Ces « corps » atténuent les rayonnements en prove- L’étalonnage établit la relation de correspondance entre la tension
nance de la scène qu’observe la caméra. V fournie par l’appareil et la température T du corps noir qu’observe
cet appareil : V ([config]) = f (T).
Pour les gaz, on a ainsi l’équation ε + τ = 1, qui signifie que le La situation d’étalonnage constitue la situation de référence à
milieu de propagation des rayonnements émet lui-même du rayon- laquelle les situations de mesure seront ensuite ramenées.
nement, fonction de sa propre température et de son émissivité. Ce
rayonnement se rajoute aux rayonnements en provenance de la La démarche complète de l’étalonnage implique des considéra-
scène thermique. La température de l’atmosphère influe sur le tions de détails explicitées dans la figure 19.
résultat de la mesure.

Les matériaux utilisés pour fabriquer les optiques sont soit du 3.3 Situation de mesure radiométrique
verre classique (VSW), du silicium (SW) ou du germanium (LW). Un
verre, dit « noir », est récemment apparu qui remplacerait avanta- Dans le cas général, décrire exhaustivement sous forme mathé-
geusement le germanium pour les applications d’imagerie. matique une situation de mesure radiométrique relève de la
gageure.
Le radiomètre R reçoit un flux Φ et délivre une tension V. Ce flux
2.3.5 Exemple du verre lui parvient dans le faisceau défini par la pupille d’entrée de R et par
la surface élémentaire ∆S observée à la distance de mesure, dans la
direction ∆ faisant un angle θ avec la normale à ∆S et définissant un
La figure 18 donne le facteur de réflexion normal et le facteur de angle solide ∆Ω.
transmission d’un verre à vitre de 3 mm d’épaisseur. On peut en L’équation qui lie la tension V délivrée par R (lequel dispose de ses
déduire l’émissivité spectrale normale de ce verre et les longueurs propres caractéristiques spectrales, thermiques, spatiales et tempo-
d’onde auxquelles la température du verre peut être mesurée, et cel- relles) aux divers flux composant Φ pourrait prendre le nom d’équa-
les auxquelles le verre est utilisable comme hublot. tion radiométrique généralisée.

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En première approximation, le flux spectrique Φλ est composé de


quatre composantes principales :
— un flux spectrique Φλe émis en propre par ∆S, dépendant de la
Φ λ, T τa température et de l’émissivité spectrale directionnelle :
Φ λ, T
Φ λe = ∆ S cos θ ∆Ω dλ ε′ ( λ, T ) L λ0 ( T )
— un flux spectrique Φλr réfléchi sur ∆S, dépendant du facteur de
réflexion spectral bidirectionnel de l’objet et de l’ensemble des lumi-
1 T = 120 °C nances spectriques directionnelles en provenance de l’hémisphère
vue par ∆S sous une direction d’incidence ∆i, faisant un angle θi,
définissant un angle solide dΩi :
τa (λ)

0 5 10 λ (µm)
Φ λr = ∆ S cos θ ∆Ω dλ

hém
ρ″ ( ∆ i, ∆, λ, T ) L λ ′ ( ∆ i ) cos θ i dΩ i

a émission Φ λ, T du corps noir à T = 120 °C, à pondérer par le


facteur de transmission atmosphérique τa ( λ) (en tireté) — un flux spectrique Φλt transmis au travers de ∆S, dépendant du
facteur de transmission spectral (directionnel) de l’objet et de
l’ensemble des luminances spectriques directionnelles en prove-
τaΦ λ, T RSR nance du fond sur lequel se présente ∆S : flux non explicité ici ;
Φ λ, T — un flux spectrique rajouté Φλm (émis, réfléchi ou diffusé) le
long du milieu de transmission entre ∆S et R : flux non explicité ici.
Les trois premiers flux sont atténués par le milieu de transmission
(figure 20 avec facteurs simplifiés).
1 T = 120 °C
Le radiomètre R est caractérisé par sa réponse spectrale s(λ).
Ainsi, la tension V est l’intégrale sur le spectre des diverses contri-
SW LW butions pondérées par la réponse spectrale s(λ) :

0 5 10

b résultat de a à pondérer par la réponse spectrale relative (RSR)


λ (µm) V =
∫s
∆λ
( λ ) ( Φ λe + Φ λr + Φ λt + Φ λm ) dλ

du radiomètre SW ou LW (en tireté, cf. [R 2741]) Le flux qui nous intéresse habituellement en thermographie est le
flux émis en propre par l’objet observé. Il convient alors de connaî-
RSR τaΦ λ, T tre les propriétés radiatives et l’état thermique du fond, de l’environ-
Φ λ, T nement et du milieu de transmission.
On se doit donc d’apprécier (connaître les différents flux compo-
sants) puis de maîtriser la situation de mesure afin de diminuer,
voire annuler, la sensibilité du résultat de mesure (flux mesuré par
T = 120 °C R) aux divers flux qui ne portent pas l’information pertinente. Certai-
nes contributions peuvent être négligées. Généralement, les corps
sont considérés comme opaques et spectralement gris dans la
L1 SW L2 LW
bande spectrale de l’appareil. Ainsi, sous le respect de certaines
conditions de validité, on aboutira à l’équation radiométrique géné-
rale, que nous établirons au paragraphe 3.4.3.
0 5 10 λ (µm)
c résultat de b . La mesure par les radiomètres va fournir les valeurs
radiométriques L1 (SW) et L2 (LW)
3.4 De la mesure radiométrique
à la mesure thermométrique
V
SW
Nous nous limiterons ici aux mesures sur objet opaque et spectra-
lement gris.
L1 LW
3.4.1 Grandeur d’influence et conditions usuelles
L2
de validité

Ce sont :
0 120 T (°C) — l’émissivité ε : le corps est opaque et gris dans la bande spec-
d courbes d'étalonnage des radiomètres SW et LW trale de la caméra et l’émissivité directionnelle est quasiment
constante ;
— la température d’environnement Te (§ 2.3.3) et la température
d’atmosphère Ta (§ 2.3.4 et 3.4.2) ;
— le facteur de transmission atmosphérique τa : il dépend de la
Figure 19 – Modification de principe subie par le rayonnement
bande spectrale de la caméra, de la distance de mesure et de divers
depuis le corps noir jusqu’au radiomètre
paramètres secondaires.

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THERMOGRAPHIE ______________________________________________________________________________________________________________________

Objet (à T0)
Fond (à Tf )

Vf τV f Atmosphère
(à Ta)
εV0

ρ Ve (1 – τa) Va

Caméra

Vm

Ve
Environnement (à Te)
Figure 20 – Situation de mesure simplifiée

Température de fond

Température(vraie)

Objet Température
Température de caméra Température calculée
d'atmosphère
Température apparente
Température ambiante (si ε = 1 et
(= de la caméra) courte distance)
Température
ambiante
de l'objet

Température d'environnement

Figure 21 – Diverses températures

L’objet observé est supposé suffisamment étendu pour que l’on observées par la caméra. Elle détermine la luminance isotrope du
n’ait pas à prendre en compte les caractéristiques de la caméra sur corps noir équivalent dans lequel baigne la scène thermique. À
l’axe spatial de l’espace de la mesure. l’intérieur, la température d’environnement est celle des objets envi-
Les caractéristiques temporelles de la caméra sont compatibles ronnant la scène observée.
avec l’observation de l’événement éventuellement évolutif. La température d’atmosphère est celle du gaz situé entre l’objet et
la caméra. Elle est usuellement sans influence (courtes distances).
Ce gaz n’est pas réflecteur dans la bande spectrale de la caméra.
3.4.2 Diverses températures
La température ambiante est celle de l’air dans lequel baigne la
caméra (NF A 09-400). Si la caméra est correctement compensée en
La figure 21 illustre ces températures.
dérive, cette température n’est pas une grandeur d’influence.
La température du corps observé (dite « vraie ») est celle que l’on La température de fond intervient si les dimensions de l’objet
cherche à déterminer.
observé sont plus faibles que ce qu’autorise le pouvoir de résolution
La température calculée du corps observé par la mesure de spatiale de mesure de la caméra (cf. [R 2 741, tableau 2]). On ne la
rayonnement, la courbe d’étalonnage et les grandeurs d’influence, prendra pas en compte ici.
est celle qu’indique l’appareil. On l’espère aussi proche que possible La température ambiante de la scène observée n’intervient pas
de la température vraie. dans le processus de mesure. Le système mesure les températures
La température d’environnement est la température uniforme de de cette scène sans avoir à expliquer la présence de telle ou telle
l’environnement que voit l’objet : strictement, elle doit être uniforme température. Qu’ensuite, l’opérateur doive poursuivre en détermi-
dans le demi-espace vu par chacune des surfaces élémentaires nant les motifs des résultats de mesure relève d’une démarche ulté-

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_____________________________________________________________________________________________________________________ THERMOGRAPHIE

V (T ) Rayonnement en provenance
de la scène thermique Intervention de l'opérateur
Courbe d'étalonnage ε = 1

Prise en compte des


Caméra thermique limites instrumentales
de la caméra thermique

Corps noir

Système de thermographie
V0

Valeur radiométrique Vm

de la situation de mesure
Courbe pour

Appréciation et maîtrise
Corps réel ε = 0,7 Vérification des conditions
V' de validité de l'équation
de transcription

Prise en compte des


T' T0 T grandeurs d'influence

Température apparente Température calculée

Figure 22 – Corps noir et corps réel sur la courbe d’étalonnage Transcription en


(pour une luminance d’environnement nulle) températures

rieure laquelle implique la prise en compte de cette température Températures


ambiante de la scène observée.
Figure 23 – Démarche méthodologique de la mesure
thermographique
3.4.3 Équation radiométrique

La situation de mesure sur corps noir à courte distance se La mesure sur corps noir à distance fournira
confond avec la situation d’étalonnage, si la caméra n’a pas vieilli ni
dérivé. La caméra mesure une valeur radiométrique Vm =V0 = V(T0) τa = ( Vm − Va ) / (V0 − Va )
où V(T) est la fonction d’étalonnage. On en déduit T0, la température Si sa température Ta du milieu de transmission est identique à
de l’objet. celle de l’objet observé T0, le facteur de transmission est indéter-
Sur corps non noir, la température apparente T ’ est toujours infé- miné.
rieure à la température calculée, si l’objet est plus chaud que son
environnement (figure 22).
Si l’objet d’émissivité ε est à courte distance et dans un environ-
3.5 De la mesure radiométrique
nement à très basse température Te, la caméra mesure Vm = ε V0 = à la mesure thermographique
ε V(T0) d’où T0 par la fonction d’étalonnage V(T ). On a ainsi ramené
la situation de mesure à la situation d’étalonnage. Si T0 est connue
par un autre moyen, on déduit ε = Vm / V0. On constate que la linéa- 3.5.1 Spécificité de la mesure thermographique
rité de la caméra est une condition essentielle pour les mesures vis-à-vis de la mesure radiométrique
puisque l’application de ε implique la proportionnalité des flux.
Sur le même objet d’émissivité ε, à courte distance, dans un envi- La mesure thermographique est une extension de la mesure
ronnement à température uniforme Te (environnement qui, observé radiométrique en ce qu’elle implique des caractéristiques supplé-
par la caméra comme un corps noir, fournirait un thermosignal Ve), mentaires (cf. [R 2 741, § 1.4.2]).
la caméra mesurera : — un ensemble de valeurs dans un calibre possible selon la
Vm = ε V0 + ρ Ve = ε V0 + (1 − ε) Ve bande spectrale et la configuration de la caméra ;
— un pouvoir de résolution spatiale de mesure de la caméra ;
D’où T0. — une uniformité de réponse dans l’image thermique ;
On retrouve le besoin de linéarité de la caméra, puisque l’applica- — une aptitude au mesurage en dynamique des évolutions tem-
tion du second membre de l’équation implique l’additivité des flux. porelle et spatiale de l’événement à mesurer.
Si T0 est connu a priori, on en déduit ε = (Vm − Ve) / (V0 − Ve) qui
signifie que, pour un objet de température T0 égale à la température
de son environnement Te, l’émissivité est indéterminée (on se 3.5.2 Examen thermographique
retrouve à l’intérieur d’un corps noir pour lequel l’émissivité des
parois est indifférente). La méthodologie de principe (figure 23) est de ramener une situa-
Dans le cas simplifié à distance, au travers d’une atmosphère à tion de mesure à la situation d’étalonnage. Cette démarche, incluse
température Ta (atmosphère qui, vue par la caméra comme un dans l’examen thermographique (NF A 09-400), nécessite que l’opé-
corps noir, fournirait un thermosignal Va), on obtiendra l’équation rateur apprécie et maîtrise la situation de mesure.
radiométrique générale qui lorsque T0 est explicitée, est l’équation La démarche de transcription en température porte sur l’axe
de transcription en température : « thermique » de l’espace de la mesure thermographique. On doit
Vm = [ε V0 + (1 − ε) Ve] τa + (1 − τa) Va donc vérifier que les caractéristiques temporelles et spatiales de la
caméra n’interfèrent pas sur la mesure ou, dans le cas contraire,
où τa est le facteur de transmission du milieu traversé par les rayon- prendre tous moyens pour corriger les mesures de flux avant toute
nements en provenance de la scène observée. tentative de transcrire ces flux en températures.

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3.6 Incertitudes de mesure remonter de la situation de mesure à la situation d’étalonnage par


une équation de transcription en température sensée décrire correc-
tement la situation de mesure.
La mesure des températures par thermographie appartient aux
méthodes générales utilisées en pyrométrie optique. Les mesures a – Incertitudes liées à la caméra thermique :
sont donc affectées des incertitudes liées à la pyrométrie optique — écart de comportement par rapport à la situation d’étalonnage
auxquelles se rajoutent des incertitudes spécifiques. Néanmoins, en (vieillissement, encrassement) ;
thermographie, le fait de disposer d’une image permet potentielle- — dérive de la caméra à la température ambiante, dans la plage
ment une meilleure maîtrise de la situation de mesure. de température ambiante de fonctionnement, spécifiée par le
Nous nous limiterons ici à une liste non exhaustive de composan- constructeur, et dérive transitoire due aux transitoires de valeur de
tes d’incertitudes. température ambiante ;
L’incertitude sur la valeur de la température mesurée combinera — validité de l’étalonnage sur toute l’image thermique (aspects
les incertitudes liées : optiques) ;
— linéarité de la caméra [flux à détecter = f (valeur du
— à la méthode d’étalonnage ;
thermosignal)] ;
— aux conditions de mesure ;
— à l’opérateur : choix du matériel et respect des conditions de — qualité du traitement du thermosignal (amplification, NUC
validité de l’équation de transcription en températures. Non Uniformity Correction, Level et Range...) ;
— rémanence, temps d’exposition...
b – Incertitudes liées aux grandeurs d’influence :
3.6.1 Incertitudes liées à la méthode d’étalonnage
— émissivité spectrale du matériau (variations en spectral, spa-
tial, directionnel et temporel) ;
La caméra est étalonnée en « situation d’étalonnage », sur corps
— température d’environnement (idem) ;
noirs et à courte distance. Les constructeurs spécifient cette incerti-
tude (sur la température de luminance, ou température apparente), — facteur de transmission spectral du milieu de transmission et
mais, jusqu’ici, ils n’ont publié aucune étude sérieuse du sujet. température de ce milieu (idem)...
Si les conditions de corps noir sont bien établies par la physique
du rayonnement, les corps noirs qui, en pratique, servent à l’étalon- 3.6.3 Incertitudes liées à l’opérateur
nage présentent un ensemble de caractéristiques difficiles à déte- (situation non maîtrisée ou mal représentée
rminer. Le corps noir se doit d’être un étalon de rayonnement, mais par l’équation de transcription)
la correspondance rayonnement/température n’est pas établie pour
toutes les longueurs d’onde et toutes les températures, ce qui ne Les sources d’incertitude les plus importantes sont dues à l’opéra-
permet pas de considérer tous les corps noirs disponibles dans le teur lui-même. Celui-ci se devrait de maîtriser sa caméra et la situa-
commerce comme des étalons de rayonnement. tion de mesure, de sorte que cette situation soit décrite
a – Incertitudes liées au corps noir : correctement par l’équation de transcription en températures qu’il
— émissivité spectrale ; utilise ou qu’utilise sa machine.
— relation entre la température indiquée et la température de la a – Incertitudes liées à la caméra thermique :
zone observée ;
— condition de mesure optimale : choix de la caméra, de sa
— temps de stabilisation à la température indiquée ;
configuration et de ses réglages ;
— variation temporelle de température autour de la température
— caméra en état nominal de fonctionnement et fonctionnant
indiquée et dérive ;
dans les conditions spécifiées par le constructeur...
— uniformité de température sur la surface dont l’aire dépend du
pouvoir de résolution spatiale de la mesure PRSM de la caméra ; b – Incertitudes liées à la maîtrise de la situation de mesure :
— plage de températures pour lesquelles les spécifications sont — condition de corps opaque : transmittance spectrale de l’objet
respectées... nulle dans la bande spectrale de la caméra (très généralement) ;
b – Incertitudes liées à la caméra thermique (ajustée et compen- — condition de corps gris : émissivité spectrale de l’objet
sée en dérive au préalable) : constante dans la bande spectrale de la caméra ;
— dérive résiduelle à température ambiante stable ; — condition de luminance incidente isotrope : température
— temps de stabilisation de la réponse de la caméra ; d’environnement uniforme (si l’on ne désire pas considérer le type
— pouvoir de résolution spatiale de mesure (PRSM)... de réflexion de l’objet observé, de spéculaire à diffus) – problème du
facteur de forme et de la radiosité ;
c – Incertitudes liées aux conditions d’étalonnage :
— condition de mesurabilité spatiale : objet isotherme sur une
— milieu de transmission des rayonnements (facteur de trans- surface suffisante vis-à-vis du pouvoir de résolution spatiale de
mission spectral, taux d’humidité relative, présence de gaz mesure de l’appareil (PRSM) ;
absorbants) ; — condition de mesurabilité temporelle : événement statique
— température ambiante... (thermiquement, spatialement et spectralement) durant la prise
d’information thermique et vis-à-vis des caractéristiques temporel-
3.6.2 Incertitudes liées à la situation de mesure les de la caméra ;
(situation maîtrisée et représentée — condition de milieu de transmission non influent (cas de courte
par une équation de transcription valide) distance, très généralement)...
Les calculs d’incertitude sur les températures mesurées sont
La caméra est utilisée en « situation de mesure ». Les grandeurs lourds. Une étude pourra être consultée dans [24] selon les spécifi-
d’influence sont connues avec des incertitudes incluant les disper- cations d’incertitude des caméras, en valeur radiométrique ou en
sions des valeurs de ces grandeurs. Les valeurs permettent de température.

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P
O
U
Thermographie R

E
par Dominique PAJANI
N
Ingénieur de l’École centrale de Lyon
Institut de la Thermographie
et Luc AUDAIRE
Ingénieur-docteur S
Microélectronicien au Laboratoire Infrarouge
Département Optronique CEA Grenoble/DTA/LETI A
La profession de la thermographie V
La « profession » de la thermographie regroupe les opérateurs, les intégra- compatibilité électromagnétique, l’acoustique, les calculateurs et la program-
teurs-développeurs d’applications, les constructeurs (fabricants et reven-
deurs), les conseillers-consultants, les formateurs, les laboratoires de
mation orientées vers le traitement des images thermiques, les alimentations,
etc...
O
caractérisation, les prestataires de service, les institutionnels (auteurs,
congrès, presse, normalisation...).
Le site http://www.institut-thermographie.com fournit un ensemble de liens
DBVIB TECHNOLOGIES www.dbvib.com

DIMELCO http://www.dimelco.com
I
utiles permettant d’accéder à de nombreuses catégories de la profession. Les
adresses ci-dessous ne sont pas exhaustives. FLIR Systems http://www.flir.com R
Opérateurs, Développeurs d’applications, Conseillers HGH http://www.hgh-infrarouge.fr
L’opérateur est un maillon indispensable du système de mesure thermogra- IRCON http://www.ircon.com
phique. Son intervention dans l’appréciation et la maîtrise de la situation de
mesure, dans le choix et la connaissance fine des matériels, dans la validation
des mesures par sa maîtrise de la thermographie, est la base même de l’action
de mesure.
Land infrarouge http://www.landinst.com

LOT ORIEL http://www.lot-oriel.fr


P
Le développeur d’applications, l’intégrateur et le conseiller-consultant, se
doivent d’être des opérateurs-instrumentalistes très avertis. Le développeur
sait s’adapter aux besoins des applications avec une ergonomie propre à la
Marconi applied technologies http://www.argusdirect.com

MB Électronique
L
thermographie. L’intégrateur sait prévoir les variations possibles des gran-
deurs d’influence pour que les machines qu’il installe, programmées pour les
prendre en compte, puissent mesurer en toute validité. Les conseillers-consul-
BFI OPTILAS http://www.optilas.com U
tants connaissent l’ensemble des applications et des marchés, tant fournis-
seur qu’opérateurs. S’ils sont indépendants des constructeurs, ils sont une
aide précieuse lors du choix, d’une architecture d’installation, en cas de doute
SSII CEDIP http://www.cedip-infrared.com

Formateurs
S
sur un système acquis ou pour les nouveaux choix pertinents. Il est à noter que Bien peu nombreux sont les formateurs pertinents, aptes à enseigner un
les organismes les plus gros utilisateurs de thermographie sont également vrai savoir-faire. La vaste expérience appliquée de quelques personnes des
ceux qui consultent le plus les experts en la matière (CEA, EDF, grands presta- centres de formation est un atout pour faire passer le message pratique de
taires...). base, la compréhension des images thermiques, avant toute tentative de les
transcrire en thermogrammes, but habituel de la technique. Toute formation
Constructeurs vise à l’élaboration de solides fondations sur lesquelles viendra se construire
Les compétences nécessaires à la conception et à la réalisation d’une la compétence, par l’expérience et la modestie.
caméra thermique pour une ou des applications sont très vastes.
Institut de la Thermographie http://www.institut-thermographie.com
Au-delà de l’habilité indispensable en marketing (marché-fournisseurs et
marché-utilisateurs) et en applications, les concepteurs se doivent de connaî- Laboratoire National d’Essais http://www.lne.fr
tre, de mettre en œuvre et de maîtriser :
— la thermographie instrumentale ; CAST-INSA de Lyon http://www.insa-lyon.fr/cast.html
— la mesure des grandeurs physiques ;
— les rayonnements ; Laboratoires de caractérisation
— l’optique ; Il existe un seul laboratoire civil en France pour assurer la caractérisation
— l’optico-mécanique ; des appareils de thermographie, le Laboratoire National d’Essais.
— la mécanique ;
— la thermique ; Plusieurs laboratoires se sont impliqués dans l’élaboration de banc de
— les détecteurs ; mesures des propriétés radiatives des matériaux.
— la cryogénie ;
Laboratoire National d’Essais http://www.lne.fr
— l’électronique analogique instrumentale ;
— l’électronique numérique ; Prestataires de service
— le traitement analogique et numérique du thermosignal ;
— le traitement numérique de l’image thermique ; Ils sont devenus légions depuis l’avènement des caméras à matrice. Les
— le vidéosignal ; organismes de contrôle se regroupent, les sociétés de maintenance s’équi-
— la conception et le développement industriels, liés à l’ergonomie des pent et les artisans-thermographes se développent.
appareillages et des interfaces-opérateur.
Certains se forment. Ils auront tous avantages à être qualifiés.
On peut rajouter d’autres domaines, trop considérés comme secondaires :
les systèmes asservis multivariables (pour la compensation de dérive), la Consulter http://www.institut-thermographie.com

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P THERMOGRAPHIE ______________________________________________________________________________________________________________________
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ring Vol. TT 24. SPIE PRESS. 1996. 132 p.
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red thermography applied to the resolution
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Infrared Workshop – Advanced Infrared Tech- 1999. 587 p. Thermographie. 150 p.

Normalisation, qualification, certification


Les normes permettent un langage clair même s’il ne peut être exhaustif. Association Française de Normalisation AFNOR
Nous avons donné un point de vue sur les normes françaises de thermogra- NF A 09-400 Thermographie infrarouge. Vocabulaire relatif à la caractérisation
phie et leurs limites. La volonté de certains pays d’établir des normes interna- de l’appareillage. 8 p. Décembre 1991.
tionales ne s’est malheureusement pas concrétisée jusqu’en 2000. NF A 09-420 Thermographie infrarouge. Caractérisation de l’appareillage.
13 p. Avril 1993.
La Qualification des opérateurs a débuté, incitée par une compagnie d’assu-
NF A 09-421 Thermographie infrarouge. Méthodes de caractérisation de
rances puis établie en 1998 par l’APSAD (Assemblée Plénière des Sociétés
l’appareillage. 17 p. Décembre 1994.
d’Assurance Dommage). Le document D19 [37] est une première base de pro-
fessionnalisation du « paysage thermographique français ». Des stages de NF X 07-001 Vocabulaire international des termes fondamentaux et généraux
de métrologie. 39 p. Décembre 1994.
prévention et de thermographie [] sont proposés avec examen qualifiant.
NF X 02-206 Grandeurs et unités. Rayonnements électromagnétiques et opti-
La certification des opérateurs viendrait après les travaux déjà longs ayant ques. 21 p. Décembre 1993.
abouti à la Qualification évoquée. La difficulté est de normaliser l’emploi d’une NF EN 13187 Performance thermique des bâtiments. Détection qualitative des
technique aussi vaste d’implications techniques et technologiques (normes irrégularités thermiques sur les enveloppes de bâtiments.
applicatives). Méthode infrarouge (indice de classement X 10-023) 1999.

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