ciel
1. ciel
n.m. [ lat. caelum ] [cieux].2. ciel
n.m. (ciels).CIEL
(sièl) s. m.Le pluriel est ciels (sièl) ou cieux (sieû), suivant l'emploi. Voy. la REMARQUE.PROVERBES
- Le ciel rouge au soir, blanc au matin, c'est la journée du pèlerin.
- Les mariages se font au ciel, locution dont on se sert pour exprimer qu'on les attribue à la direction même de la Providence. On dit dans le même sens : cela était écrit au ciel.
- Ciel pommelé et femme fardée ne sont pas de longue durée, sage conseil donné aux femmes et fondé, quant à l'expression, sur ce qu'en effet un ciel pommelé ne dure pas.
REMARQUE
- Le ciel, à proprement parler, est cette partie de la voûte azurée que nous voyons ou que nous concevons comme renfermée dans un horizon déterminé. C'est dans ce sens qu'on dit : le ciel de la Provence et celui de l'Italie sont bien différents des ciels de l'Angleterre et de l'Écosse ; ce peintre réussit admirablement dans les ciels. Les ciels de lit tirent leur nom de leur forme et de leur position au-dessus de nos têtes ; et ces exemples nous montrent que, quand on compte les ciels, c'est-à-dire quand on passe au pluriel entendu dans la rigueur de la définition, on le forme régulièrement en ajoutant un s au singulier. Le mot cieux, au contraire, indique non la pluralité, mais l'universalité indivise de la sphère céleste, ou, au figuré, la Providence, le pouvoir céleste [JULLIEN, ]
HISTORIQUE
- Xe s. Qu'elle Deo raneiet [renie], chi maent [demeure] sus en ciel [, Eulalie]
- XIe s. N'a tel vassal sous la cape du ciel [, Ch. de Rol. X]Souz cel n'i a plus encrismé felon [, ib. XCII]Mors est Rolans ; Deus en a l'ame es cels [, ib. CLXXIII]
- XIIe s. Qui fit le ciel et la terre et la mer [, Roncisv. p. 32]Charles regarde amont vers les hauz ciez [, ib. p. 112][Je] N'en donroie le desir Pour tout l'avoir dessouz ciel [, Couci, XI]
- XIIIe s. Dame, merci, pour Dieu qui fit ciel et rosée [, Berte, XVI]Comment diable ! estes vos tiex [tel] ? Quidiez-vos monter as sainz ciex, Avec Dame Dieu là amont ? [, Ren. 24746]Il sembloit que ce fust uns anges, Qui fust tantost venu du ciau [, la Rose, 907]Des roses i ot grans monciaus ; Si beles ne vit homs sous ciaus [, ib. 1646]Et ce face dire deus ou trois feiz, ainsi que les esteilles aperent ou ciel [, Ass. de Jér. 82]Li cuers le conte est à Citiaux, Et l'arme [âme] là sus en sains ciaux, Et li cors en gist outre mer [RUTEB., 59]Et la contrée du ciel ne aide pas sans plus à la force des corps, ainczois vault moult à la force des couraiges [J. DE MEUNG, Végèce, I, 2]
- XIVe s. Mais aucuns qui se voient en fortune tramper, Cuident aucune fois jusques au ciel aler, Et ne regardent pas des degrez avaler [, Guesclin. 15180]Dix huit ais de blanc bois, dont on fist le chiel de la dite chapelle [, Bulletin du comité de la langue, t. II, n° 1, p. 54]
- XVe s. Il est ravy trop plus hault qu'aux tiers cieulx Et prend pour soy tousjours la chose aux mieulx [AL. CHARTIER, Le débat des deux fortunes.]Veux tu mettre ta bouche au ciel [t'en prendre aux grands], parler des grands seigneurs auxquels on ne peut dire : pourquoy faictes vous ainsi ? [GERSON, Harangue au roi Charles VI, p. 17]Le roy entra en la ville ; sur lequel quatre gentilhommes et chevaliers demeurans en icelle porterent un ciel ou dais, et estoient toutes les rues par où il passoit tendues à ciel [J. CHARTIER, Hist. de Charles VII, p. 209, dans LACURNE]
- XVIe s. Le ciel ou poisle [de l'autel] est un cedre embasmant Les cœurs humains [MAROT, I, 173]Et firent oster de dessus son berceau les ciels, poisles et daix qui y estoient, avec les rideaux et tour du lict [CARL., III, 17]Le soleil est de trois epicycles, c'est à dire ciels ou estages, au dessus de la lune [c'est-à-dire ceux de Mercure, de Vénus et le sien propre] [PARÉ, Monstr. ap. 4]Je m'asseuroy qu'au changement des cieux Cest an nouveau romproit ma destinée [RONS., Amours, I, 180]De ces nations qui n'ont aulcune cognoissance de vestements, il s'en treuve d'assises environ soubs mesme ciel que le nostre et soubs bien plus rude ciel que le nostre [MONT., I, 259]Ce ciel de lit tout enflé d'or et de perles n'a aulcune vertu à rappaiser les trenchées d'une verte colique [ID., I, 326]Ciel immobile on ne cognoist [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 97]
ÉTYMOLOGIE
- Picard, ciu ; bourguig. cier ; bressan, ciar ; franc-comtois, cié ; wallon, sîr ; provenç. cel ; espagn. et ital. cielo ; du latin coelum, qui se rattache au mot grec qui signifie creux (car l'orthographe caelum paraît devoir être rejetée). Notre pluriel cieux est le cas régime, dans l'ancien français le nominatif pluriel étant li ciel.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
- CIEL. Ajoutez :
ciel
Fig., La voûte du ciel, des cieux, Le ciel, le firmament.
Ces choses sont éloignées comme le ciel et la terre, se dit de Deux choses entre lesquelles il y a une très grande différence.
Tomber du ciel, se dit d'une Personne ou d'une Chose qui arrive tout à fait à l'improviste. Cet homme est tombé du ciel pour nous venir en aide. Ce secours nous est tombé du ciel.
Fig. et fam., Remuer ciel et terre, Faire tous ses efforts, employer toutes sortes de moyens pour parvenir à quelque chose.
Il se dit aussi de Chacun des cercles concentriques à la terre où, suivant les anciens, se mouvaient les planètes et les étoiles. Les cieux des planètes. Le ciel empyrée. Le ciel de la lune. Le ciel de Mars, etc. C'est par allusion à cette idée qu'on dit : Saint Paul fut enlevé au troisième ciel.
Fig. et fam., Être ravi au troisième ciel, au septième ciel, Éprouver une satisfaction très vive, une grande joie.
Fig. et fam, Élever quelqu'un jusqu'au ciel, jusqu'au troisième ciel, Le louer extraordinairement.
Il se prend quelquefois pour les Astres, et dans ce sens on dit Les influences du ciel, Les prétendues influences des astres.
Il se prend aussi pour l'Air, l'atmosphère. Ciel serein. Ciel clair, pur. Ciel gris, sombre. Ciel doux. Ciel changeant. Un ciel chargé de nuages. Le ciel s'éclaircit. Un ciel sans nuages. La rosée du ciel. Les oiseaux du ciel. L'état du ciel. Le feu du ciel, La foudre. L'azur du ciel. L'inclémence du ciel.
Couleur bleu de ciel, Couleur d'un bleu tendre.
Fig., en termes d'Écriture sainte, Un ciel, des cieux d'airain. Voyez AIRAIN.
Fig., Un ciel de plomb, Un temps lourd et orageux.
Il désigne aussi, tant au singulier qu'au pluriel, le Séjour des bienheureux, le Paradis. Gagner le ciel. Le royaume des cieux. Notre- Seigneur monta aux cieux. Lucifer fut précipité du ciel. La pratique de l'Évangile est le chemin du ciel.
Fig., Voir les cieux ouverts, Avoir une grande joie, se trouver dans un grand bonheur.
Il se dit par extension pour la Divinité, la Providence. Grâces ou grâce au ciel. Offenser le ciel. Invoquer le ciel. Le ciel irrité. Le ciel l'a voulu. C'est un arrêt du ciel. C'est un coup du ciel. Le ciel vous soit propice! Le ciel m'est témoin. Aide-toi, le ciel t'aidera. Fasse le ciel qu'il en soit ainsi! Ciel! Ô ciel! Ô juste ciel! Dans ce sens, il n'est guère d'usage au pluriel qu'en poésie.
Les mariages sont faits au ciel, Ils sont résolus par la Providence. Cela était écrit au ciel, La Providence avait résolu que cela serait. On dit de même La destinée des hommes est écrite au ciel.
Il se dit encore par extension pour Climat, pays. Un ciel tempéré. Un beau ciel. Le ciel de l'Italie. Changer de ciel. Vivre sous un ciel étranger, sous un ciel inconnu.
Par analogie, il se dit d'un Châssis qu'on fixe au dessus d'un lit pour y suspendre les rideaux. Un ciel de lit. Dans cette acception et dans les deux suivantes, on dit CIELS, et non pas CIEUX, au pluriel.
Les ciels d'une carrière, Les parties supérieures, les plafonds d'une carrière. Carrière à ciel ouvert.
En termes de Peinture, il signifie la Partie d'un tableau qui représente l'air ou Toute décoration imitant le ciel. Les ciels de Provence, d'Italie. Ce peintre fait bien les ciels. Ses ciels sont légers, vaporeux. Les ciels dans les tapisseries viennent mal, à cause du grenu des points. Peindre un ciel au plafond d'un salon.
ciel
Le Ciel, Caelum.
Ciel qui porte les estoiles, Caelum stelliferum.
Ciel plein d'estoilles, Caelum stellatum.
La nature de l'homme est du ciel, Trahitur e caelo natura hominis.
Ciel de lict, Conopeum.
Ciel qu'on porte sur un Prince le jour de son entrée, Vmbella.
Qui est sous le ciel à l'air, Subdialis.
Loüer quelqu'un jusques au ciel, Laudes alicuius in astra tollere.
Quand il semble que le ciel s'ouvre, Chasma.
ciel
CIEL, s. m. [Cièl; è moy. au plur. Cieux, pron. Cieû, monos. lon.] En parlant d'un tableau, d'une carrière, d'un lit, on dit au plur., les ciels, et non pas les cieux. 1°. La partie supérieûre du Monde, dans laquelle se meuvent les astres. Les étoiles du ciel. — On dit quelquefois, le ciel de la Lune, de Mars, etc. Les cieux des Planètes. = 2°. Il se prend pour l' air: le ciel est serein, il est clair; le ciel est obscur: la rosée du ciel, les oiseaux du ciel. = 3°. Le séjour des Bienheureux. Lucifer fut précipité du Ciel: le bonheur, le chemin du Ciel; le Royaume des Cieux. = 4°. Il se prend pour Dieu même. Le couroux du Ciel; le Ciel irrité; grâces au Ciel; le Ciel l'a voulu. = 5°. Climat, pays. On a beau changer de ciel, on ne change point d'esprit. = 6°. Le dais, sous lequel on porte le Saint-Sacrement, le jour de la Fête-Dieu. Porter le ciel. Acad. — Le haut d' un lit, le ciel de lit: le ciel de ce lit n'est pas assez haut. = 7°. En termes de Peintûre, la partie du tableau qui représente l'air: Ce Peintre fait bien les ciels.
Ce mot fournit à quelques expressions, dont la plupart sont du style familier. — Elever un homme jusqu'au ciel, le louer excessivement. — Remuer ciel et terre; faire jouer toute sorte de ressorts, chercher de tout côté des apuis, pour faire réussir une afaire. — Être dans le troisième ciel; être dans une grande dévotion. "Les veuves vous sont aquises, et sur la terre, et dans le troisième Ciel. Sév. — On dit, d'une chôse qui nous arrive, sans que nous sachions d'où elle nous vient: qu'elle nous est tombée du ciel, ou des nûes, "Cette Duchesse vouloit mettre ces mille écus entre les mains de Beaulieu, afin que je les trouvasse tombés du Ciel. SÉV. — On dit aussi, de deux chôses bien diférentes, qu'elles sont aussi éloignées, que le ciel l'est de la terre; dans une grande obscurité, qu'on ne voit ni ciel, ni terre; de celui qui prend des précautions superflûes, qu'il voudrait étayer le Ciel; de celui qui invective contre les Puissances, quand on crache contre le Ciel, il nous retombe dessus. — Les mariages sont fait au Ciel, sont arrangés par la Providence.
Rem. La Touche prétend qu'on ne doit pas dire ciel de lit, mais fond de lit. Il se trompe: l'usage universel est pour le 1er; le 2d se dirait plutôt des planches qui soutiènent les matelas, que du haut du lit.
ciel
Himmelsky, heavenhemel, lucht, (blauwe) lucht, baldakijnמרומים (ז״ר), רומו של עולם (ז), רקיע (ז), שחק (ז), שמיים (ז״ר), מְרוֹמִים, רָקִיעַ, שָׁמַיִםhemelالسماء, سَمَاءcelnebe, oblohahimmel, himmerigουρανόςĉielocielotaivaség, égboltangkasa, langithiminncielo天, 空aether, aethra, axis, caelumhimmelniebocéu, alturas, olimpocerнебо, Nebo, небесаhimmel, skynebo하늘ท้องฟ้าgökbầu trời天空Небе天空 (sjɛl)nom masculin
ciel
[cieux ou ciels] (pl) [sjɛl]voir aussi cieux
le ciel français → the French skies
remuer ciel et terre pour faire → to move heaven and earth to do
tomber du ciel [météorites, ange] → to fall out of the sky
Ils croient encore que l'Europe est un eldorado où l'argent tombe du ciel → They still think Europe is an Eldorado where money grows on trees.
de l'argent tombé du ciel (une somme providentielle) → a windfall
un ange tombé du ciel (fig) → an absolute angel ciels