enfer
enfer
n.m. [ lat. infernus, d'en bas ]enfers
n.m. pl.ENFER
(an-fèr) s. m.HISTORIQUE
- XIe s. L'enchanteür qui ja fut en enfer [, Ch. de Rol. CVI]
- XIIe s. L'ame s'en va en enfer osteler [, Ronc. p. 62]Tu ies pieres, e sur ceste piere ferai M'iglise, e ma meisun i edifierai, E les portes d'enfer par li depecerai [, Th. le mart. 79]
- XIIIe s. Et li ame de li soit en enfer ravie [, Berte, LXXII]Certes durement me merveil Comment hons, s'il n'iere de fer, Puet vivre un mois en tel enfer [, la Rose, 2606]Sacent donques tuit, que lor ames sunt données as ennemis d'enfer, et lor cors as vers, et lor avoirs à lor parens [BEAUMANOIR, LXVIII, 15]Leenz a une grant meson, Qui lors estoit, en la seson, Plaine de fermes et d'enfers [malades] ; Assez estoit griez [fâcheux] cis enfers [RUTEB., II, 181]
- XVe s. Dieu la confonde, Et au parfond de la terre la fonde : Car el porte son enfer en ce monde [AL. CHARTIER, le Débat des deux fortunes.]L'autre des places estoit Bauverne, où les Anglois avoient compassé une fosse nommée enfer, et là ils jettoient les gens qui ne pouvoient ou vouloient rançonner [, Hist. de Loys III, duc de Bourbon, p. 16, dans LACURNE]
- XVIe s. Mais je ne m'en puis descoiffer ; Je pense que c'est un enfer Dont jamais je ne sortiray [MAROT, I, 204]Le lict m'est un enfer, et pense que dedans On ait semé du verre ou des charbons mordants [RONS., 798]....de l'enfer il ne sort Que l'eternelle soif de l'impossible mort [D'AUB., Trag. liv. VII]
ÉTYMOLOGIE
- Bourg. enfar ; picard, infer ; provenç. infern, yfern, enfern, effern ; catal. infiern ; espagn. infierne ; ital. inferno ; du latin infernus, enfer, proprement lieu bas (voy. INFÉRIEUR).
enfer
Fig. et fam., C'est un enfer, un véritable enfer, se dit d'un Lieu où l'on souffre, où l'on est au supplice, où l'on est extrêmement gêné, tourmenté, où il y a beaucoup de confusion et de désordre. C'est un enfer pour moi que cette maison. Sauvez-moi de cet enfer.
Fig., Porter son enfer avec soi, Porter son supplice avec soi. Les méchants portent leur enfer avec eux.
Fig., Avoir l'enfer dans le coeur se dit d'une Personne tourmentée de remords, ou agitée par la haine.
Il désigne aussi figurément les Démons, les puissances de l'enfer. L'enfer en gémit. L'enfer se déchaîne contre lui.
Fig. et fam., Un feu d'enfer, Un feu très grand, très violent. Il y a toujours un feu d'enfer dans cette verrerie. En termes de Cuisine, Faire griller quelque chose au feu d'enfer, le mettre au feu d'enfer, Le faire griller à un feu de charbons très ardent.
Fig. et fam., Jouer un jeu d'enfer, Jouer très gros jeu. Aller un train d'enfer, Aller fort vite.
Il se dit figurément d'une Partie réservée d'une bibliothèque où sont conservés les ouvrages dont la communication est jugée dangereuse.
ENFERS se dit au pluriel, dans un sens particulier, du Lieu où étaient les âmes que Notre-Seigneur délivra après sa mort. JÉSUS- CHRIST est descendu aux enfers. La descente de Notre-Seigneur aux enfers.
ENFERS, au pluriel, se prend encore aujourd'hui pour les Lieux souterrains où les païens croyaient que les âmes allaient après la mort. Les Enfers contenaient les Champs-Élysées et le Tartare. Orphée alla chercher Eurydice aux Enfers. Hercule, Énée descendit aux Enfers.
enfer
Enfer, voyez les Enfers.
enfer
ENFER, s. m. [Anfêr: 1re lon. 2e ê ouvert.] Nous nous servons du singulier pour désigner le lieu destiné pour le suplice des damnés, les peines de l'enfer, la crainte de l'enfer. Soufrir en enfer: — On dit pourtant quelquefois au fond des enfers: mais cela ne dit rien de plus qu'au fond de l'enfer. — Au pluriel, il se prend pour le lieu où les Païens croyaient que les âmes allaient après leur mort: "Mercûre conduisoit les âmes aux enfers; et pour celui où étaient les âmes que N. S. visita après sa mort. "J. C. est descendu aux enfers. = Enfer se dit figurément d'un lieu où l'on se déplait beaucoup, où l'on soufre extrêmement. "Cette maison est pour moi un enfer. — Porter son enfer (son suplice) avec soi. "Les méchans portent avec eux leur enfer. — Il signifie aussi, les Démons, les Puissances de l'enfer. "L'Enfer en gémit. "L'Enfer s'est déchainé contre moi.
Rem. Autrefois on ne mettait point d'article devant enfer. "Les flames d'enfer. Masc.
Et si les pales Euménides
Toutes trois ne sortent d'enfer.
Malherbe.
Aujourd'hui on dit de l'enfer ou des enfers. — On dit seulement, furie d'enfer, tison d'enfer, dans le st. fam. et chagrin.
enfer
hell, infernoבאר שחת (ז), גיהינום (ז), כף-הקלע (נ), עזאזל (ז), תופת (ז), גֵּיהִנּוֹם, עֲזָאזֵל, תֹּפֶת, גיהנוםhel, vagevuurجحيم, جَحِيمадpeklohelvedeHölle, Unterweltκόλασηinferoinfiernopõrguجهنمpokolhelvítiinferno地獄지옥helvetepiekłoinfernoадpelkopekelhelveteนรกcehennemпекло地狱, 地域helvettipakaođịa ngục地獄 (ɑ̃fɛʀ)nom masculin