enfer

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enfer

n.m. [ lat. infernus, d'en bas ]
1. Dans diverses religions, séjour et lieu de supplice des damnés après la mort : Aller en enfer ciel, paradis
2. Fig. Lieu de souffrances ; situation extrêmement pénible : Cette prison, c'est l'enfer. Cet ancien otage a vécu un enfer.
D'enfer,
horrible, infernal : Un feu d'enfer empêche les pompiers d'agir ; fig., très violent ou très rapide : Il roule à un train d'enfer ; fam., extraordinaire : J'ai une pêche d'enfer.

enfers

n.m. pl.
Dans la mythologie, séjour des défunts après leur mort.
Descente aux enfers,
effondrement progressif et total ; déchéance, désastre : La descente aux enfers des marchés boursiers après le krach.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

ENFER

(an-fèr) s. m.
Terme des anciennes religions polythéistiques. Lieu souterrain qu'habitaient les âmes des morts. Les enfers comprenaient le Tartare pour les méchants, et les Champs-Élysées pour les justes.
Je saurai le braver jusque dans les enfers [CORN., Cinna, II, 2]
L'enfer s'émeut au bruit de Neptune en furie ; Pluton sort de son trône, il pâlit, il s'écrie [BOILEAU, Longin, sublime, VII]
Il précipite dans les enfers une foule de combattants [FÉN., Tél. XX]
Monstre que dans nos bras les enfers ont jeté [RAC., Iph. v, 4]
Tu peux faire trembler la terre sous tes pas, Des enfers déchaînés allumer la colère [J. B. ROUSS., Cantate, Circé.]
Devant le vestibule, aux portes des enfers, Habitent les soucis et les regrets amers, Et des remords rongeurs l'escorte vengeresse.... [DELILLE, Énéide, VI]
Les trois juges des enfers, Minos, Éaque et Rhadamanthe. Les filles d'enfer, les furies.
Eh bien, filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ? Pour qui sont ces serpents.... [RAC., Andr. v, 5]
En ce sens, enfer se dit le plus souvent au pluriel.
Lieu destiné au supplice des damnés, dans la religion chrétienne ; on dit dans le même sens, au pluriel, les enfers. Le feu de l'enfer.
La bouche de l'enfer est toujours ouverte, et les grands et les petits, les forts et les faibles, les riches et les pauvres y entrent pêle-mêle à tous moments [NICOLE, Ess. mor. 3e traité, ch. 5]
L'enfer est le centre des damnés comme les ténèbres sont le centre de ceux qui fuient le jour [ID., ib. 2e traité, ch. 10]
Ne trouvant donc point de lieu qui lui soit plus propre et qui lui soit moins pénible que l'enfer, elle [l'âme pécheresse] s'y précipite comme dans son centre et dans le lieu seul qui lui est convenable [ID., ib. 2e traité, ch. 10]
Mais il est aux enfers des chaudières bouillantes Où l'on plonge à jamais les femmes mal vivantes [MOL., Éc. des fem. III, 2]
Qui a le plus de sujet de craindre l'enfer, ou celui qui est dans l'ignorance s'il y a un enfer, et dans la certitude de damnation, s'il y en a ; ou celui qui est dans une persuasion certaine qu'il y a un enfer et dans l'espérance d'être sauvé, s'il est ? [PASC., Pensées, part. II, art. 3]
[Alexandre] tourmenté par son ambition durant sa vie, et tourmenté maintenant dans les enfers, où il porte la peine éternelle d'avoir voulu se faire adorer comme un dieu soit par orgueil, soit par politique [BOSSUET, la Vallière.]
Mais lorsqu'en sa malice un pécheur obstiné, Des horreurs de l'enfer vainement étonné [BOILEAU, Ép. XI]
Je reviendrai bientôt par un heureux baptême T'arracher aux enfers et te rendre à toi-même [VOLT., Zaïre, III, 4]
L'Enfer, titre d'une des parties de la Divine comédie, poëme de Dante. Il se dit aussi d'un des enfers ou lieux du supplice décrits dans ce poëme.
On eût dit qu'on entrait dans l'enfer de glace si bien décrit par le Dante [STAËL, Corinne, III, 5]
Fig. Chose excessivement déplaisante, pénible.
Hé ! monsieur, si vous le pouvez, sauvez-vous de cet enfer-là [les procès] [MOL., Fourb. de Sc. II, 8]
Ils lui montrèrent [au duc du Maine] les enfers ouverts sous ses pieds par le mariage de Mlle de Bourbon [avec le duc de Berry] [SAINT-SIMON, 267, 101]
Au moment où cet enfer [la Bastille] créé par la tyrannie pour le tourment de ses victimes s'est ouvert sous les yeux de la capitale.... [MIRABEAU, Collection, t. I, p. 346]
Par extension, les démons, les puissances de l'enfer. C'est l'enfer qui l'a créé. Les enfers ont jeté ce monstre parmi nous.
Mes amis, J'ai soumis L'enfer à ma puissance ; De son obéissance J'ai pour gage certain Un lutin [BÉRANG., Colibri.]
Un enfer, lieu, réunion, vie commune où règnent la discorde, la confusion.
Et j'abhorre des nœuds Qui deviendraient sans doute un enfer pour tous deux [MOL., D. Garc. I, 1]
On a raison d'appeler ces salles [les assemblées de jeu] un enfer [MERCIER, Tableau de Paris, t. II, p. 328 (éd. d'Amst. 1782).]
Se dit, à Londres, des maisons de jeu et des lieux de débauche.
Désordre, trouble.
Combien n'a-t-on point vu de belles aux doux yeux, avant le mariage anges si gracieux, Tout à coup se changeant en bourgeoises sauvages, Vrais démons, apporter l'enfer dans leurs ménages [BOILEAU, Sat. X]
Je pense qu'avec eux tout l'enfer est chez moi [ID., ib. VI]
Mettre le scandale et l'enfer dans sa maison [J. J. ROUSS., Conf. VI]
Violente peine qu'inspire la passion ou le remords. Avoir l'enfer dans le cœur. Porter son enfer avec soi.
Et si l'enfer est fable au centre de la terre, Il est vrai dans mon sein [MALH., V, 21]
Ils commencent leur enfer sur la terre [BOSSUET, Conv. 1]
Qu'est-il besoin d'aller chercher l'enfer dans l'autre vie ? il est dès celle-ci dans le cœur des méchants [J. J. ROUSS., Em. IV]
Le supplice d'attendre est l'enfer des amants [BOISSY, Impatient, I, 1]
Furie d'enfer, monstre échappé de l'enfer, personne très méchante. Tison d'enfer, porte d'enfer, c'est-à-dire personne capable d'opérer la perte des âmes.
Votre père Brisacier dit que ceux contre qui il écrit sont des portes d'enfer, des pontifes du diable.... s'amuserait-on à prouver qu'on n'est pas porte d'enfer ? [PASC., Prov. X]
D'enfer, loc. adject. Excessif. Faire un feu d'enfer. Mener un train d'enfer. Jouer un jeu d'enfer.
M. de Vendôme commença à s'apercevoir que ce feu d'enfer par lequel il avait compté de les écraser [les ennemis] ne leur nuirait guères [SAINT-SIMON, 209, 63]
On a joué un jeu d'enfer, cinq sous la fiche [PICARD, Petite ville, I, 8]
Terme de cuisine. Mettre, faire griller quelque chose au feu d'enfer, le faire griller à un feu de charbon très ardent. C'est un métier d'enfer, c'est un métier extrêmement fatigant.
Terme de typographie. Cassetin dans lequel on jette les mauvaises lettres. Vieux. On dit aujourd'hui cassetin du diable.
10° Terme d'huilerie. Citerne où se réunissent les eaux qui ont été mêlées avec le marc d'olive.
Les résidus de ces cuviers s'écoulent dans un souterrain qu'on nomme l'enfer.... ce qu'on en tire est l'huile d'enfer, qui est la plus basse sorte [, Dict. des arts et mét. Amst. 1767, huilier]
11° Enfer de Boyle, matras de verre à fond plat et à col effilé, dans lequel Boyle et d'autres chauffaient le mercure pendant des mois et des années.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    L'enchanteür qui ja fut en enfer [, Ch. de Rol. CVI]
  • XIIe s.
    L'ame s'en va en enfer osteler [, Ronc. p. 62]
    Tu ies pieres, e sur ceste piere ferai M'iglise, e ma meisun i edifierai, E les portes d'enfer par li depecerai [, Th. le mart. 79]
  • XIIIe s.
    Et li ame de li soit en enfer ravie [, Berte, LXXII]
    Certes durement me merveil Comment hons, s'il n'iere de fer, Puet vivre un mois en tel enfer [, la Rose, 2606]
    Sacent donques tuit, que lor ames sunt données as ennemis d'enfer, et lor cors as vers, et lor avoirs à lor parens [BEAUMANOIR, LXVIII, 15]
    Leenz a une grant meson, Qui lors estoit, en la seson, Plaine de fermes et d'enfers [malades] ; Assez estoit griez [fâcheux] cis enfers [RUTEB., II, 181]
  • XVe s.
    Dieu la confonde, Et au parfond de la terre la fonde : Car el porte son enfer en ce monde [AL. CHARTIER, le Débat des deux fortunes.]
    L'autre des places estoit Bauverne, où les Anglois avoient compassé une fosse nommée enfer, et là ils jettoient les gens qui ne pouvoient ou vouloient rançonner [, Hist. de Loys III, duc de Bourbon, p. 16, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Mais je ne m'en puis descoiffer ; Je pense que c'est un enfer Dont jamais je ne sortiray [MAROT, I, 204]
    Le lict m'est un enfer, et pense que dedans On ait semé du verre ou des charbons mordants [RONS., 798]
    ....de l'enfer il ne sort Que l'eternelle soif de l'impossible mort [D'AUB., Trag. liv. VII]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. enfar ; picard, infer ; provenç. infern, yfern, enfern, effern ; catal. infiern ; espagn. infierne ; ital. inferno ; du latin infernus, enfer, proprement lieu bas (voy. INFÉRIEUR).
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

enfer

ENFER. (On prononce l'R.) n. m. Lieu destiné au supplice des damnés. Il est opposé à Ciel et à Paradis. Les tourments de l'enfer. Le feu de l'enfer. La crainte de l'enfer. JÉSUS-CHRIST a promis que les portes de l'enfer (c'est-à-dire les puissances de l'enfer) ne prévaudront point contre son Église.

Fig. et fam., C'est un enfer, un véritable enfer, se dit d'un Lieu où l'on souffre, où l'on est au supplice, où l'on est extrêmement gêné, tourmenté, où il y a beaucoup de confusion et de désordre. C'est un enfer pour moi que cette maison. Sauvez-moi de cet enfer.

Fig., Porter son enfer avec soi, Porter son supplice avec soi. Les méchants portent leur enfer avec eux.

Fig., Avoir l'enfer dans le coeur se dit d'une Personne tourmentée de remords, ou agitée par la haine.

Il désigne aussi figurément les Démons, les puissances de l'enfer. L'enfer en gémit. L'enfer se déchaîne contre lui.

Fig. et fam., Un feu d'enfer, Un feu très grand, très violent. Il y a toujours un feu d'enfer dans cette verrerie. En termes de Cuisine, Faire griller quelque chose au feu d'enfer, le mettre au feu d'enfer, Le faire griller à un feu de charbons très ardent.

Fig. et fam., Jouer un jeu d'enfer, Jouer très gros jeu. Aller un train d'enfer, Aller fort vite.

Il se dit figurément d'une Partie réservée d'une bibliothèque où sont conservés les ouvrages dont la communication est jugée dangereuse.

ENFERS se dit au pluriel, dans un sens particulier, du Lieu où étaient les âmes que Notre-Seigneur délivra après sa mort. JÉSUS- CHRIST est descendu aux enfers. La descente de Notre-Seigneur aux enfers.

ENFERS, au pluriel, se prend encore aujourd'hui pour les Lieux souterrains où les païens croyaient que les âmes allaient après la mort. Les Enfers contenaient les Champs-Élysées et le Tartare. Orphée alla chercher Eurydice aux Enfers. Hercule, Énée descendit aux Enfers.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

enfer

Enfer, voyez les Enfers.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

enfer


ENFER, s. m. [Anfêr: 1re lon. 2e ê ouvert.] Nous nous servons du singulier pour désigner le lieu destiné pour le suplice des damnés, les peines de l'enfer, la crainte de l'enfer. Soufrir en enfer: — On dit pourtant quelquefois au fond des enfers: mais cela ne dit rien de plus qu'au fond de l'enfer. — Au pluriel, il se prend pour le lieu où les Païens croyaient que les âmes allaient après leur mort: "Mercûre conduisoit les âmes aux enfers; et pour celui où étaient les âmes que N. S. visita après sa mort. "J. C. est descendu aux enfers. = Enfer se dit figurément d'un lieu où l'on se déplait beaucoup, où l'on soufre extrêmement. "Cette maison est pour moi un enfer. — Porter son enfer (son suplice) avec soi. "Les méchans portent avec eux leur enfer. — Il signifie aussi, les Démons, les Puissances de l'enfer. "L'Enfer en gémit. "L'Enfer s'est déchainé contre moi.
   Rem. Autrefois on ne mettait point d'article devant enfer. "Les flames d'enfer. Masc.
   Et si les pales Euménides
   Toutes trois ne sortent d'enfer.
       Malherbe.
Aujourd'hui on dit de l'enfer ou des enfers. — On dit seulement, furie d'enfer, tison d'enfer, dans le st. fam. et chagrin.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

enfer

nom masculin enfer
1.  Lieu du châtiment éternel.
2.  Situation très pénible.
bonheur, paradis -littéraire: éden.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

enfer

hell, infernoבאר שחת (ז), גיהינום (ז), כף-הקלע (נ), עזאזל (ז), תופת (ז), גֵּיהִנּוֹם, עֲזָאזֵל, תֹּפֶת, גיהנוםhel, vagevuurجحيم, جَحِيمадpeklohelvedeHölle, Unterweltκόλασηinferoinfiernopõrguجهنمpokolhelvítiinferno地獄지옥helvetepiekłoinfernoадpelkopekelhelveteนรกcehennemпекло地狱, 地域helvettipakaođịa ngục地獄 (ɑ̃fɛʀ)
nom masculin
1. religion lieu destiné aux personnes qui ont commis despéchés aller en enfer
2. figuré situation difficile à vivre Ce travail est un enfer !
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

enfer

[ɑ̃fɛʀ] nm
(pour les damnés)hell
(valeur intensive) d'enfer [allure, bruit] → tremendous; [ambiance, moral] → great, fantastic
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005