titre

titre

n.m. [ du lat. titulus, inscription, titre d'honneur ]
1. Expression servant à nommer un écrit, une de ses parties, une œuvre ; œuvre désignée par cette expression : Le titre d'un film. Les plus grands titres du répertoire. Cette affaire fait les gros titres des journaux. La reprise d'un titre de cette vedette chanson
2. Dénomination d'une dignité, d'une charge ou d'une fonction souvent élevée : Un titre de noblesse. Le titre d'ambassadeur qualité grade
3. Qualification exprimant une relation sociale, un statut, un mérite : Il mérite bien le titre de père. Le titre de bienfaitrice de l'humanité.
4. En sports, qualité de vainqueur, de champion dans une compétition sportive : Remettre son titre en jeu. Défendre, conserver son titre.
5. Écrit constatant un acte juridique ou établissant un droit : Détenir un titre de propriété certificat
6. Valeur mobilière : Les titres de la société sont en hausse à la Bourse action, obligation
7. Proportion de métal précieux contenu dans un alliage ; quantité de substance dissoute dans une solution.
8. Qualité qui donne un droit moral, un motif légitime : À quel titre me donnez-vous des ordres ? de quel droit
9. Raison qu'on peut invoquer : Ils protestent à juste titre avec raison
À titre de,
en qualité de ; en guise de : Je vous cite son cas à titre d'exemple.
En titre,
en tant que titulaire de la fonction exercée : La conservatrice en titre ; en tant que vainqueur de la dernière compétition : La championne du monde en titre.
Titre de transport,
toute pièce donnant droit à utiliser un moyen de transport régulier de voyageurs : Composter un titre de transport billet, ticket
Titre interbancaire de paiement ou T.I.P.,
ordre de prélèvement sur un compte bancaire ou postal.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

TITRE1

(ti-tr' ; au XVIe s. écrit tiltre, mais prononcé titre, PALSGRAVE, p. 23) s. m.
Inscription en tête d'un livre, indiquant la matière qui y est traitée, et ordinairement le nom de l'auteur qui l'a composé.
Nous voulons faire un livre qui aura pour titre : Les peines légères et salutaires de l'amitié [SÉV., 531]
.... tous ces vains amas de frivoles sornettes, Montre, Miroir d'amour, Amitiés, Amourettes, Dont le titre souvent est l'unique soutien, Et qui, parlant beaucoup, ne disent jamais rien [BOILEAU, Épît. IX]
Les titres des livres sont comme ceux des hommes aux yeux du philosophe ; il ne juge de rien par les titres [VOLT., Mél. hist. Ex. test. pol. Alberoni.]
Fig.
Toute secte, comme on sait, est un titre d'erreur ; il n'y a point de secte de géomètres, d'algébristes, d'arithméticiens, parce que toutes les propositions de géométrie, d'algèbre, d'arithmétique sont vraies [VOLT., Dict. phil. Tolérance, 2]
Il se dit également des inscriptions placées au commencement des divisions d'un livre. Terme d'imprimerie. Faux titre, premier titre abrégé, imprimé sur le feuillet qui précède celui où est le titre entier de l'ouvrage. Titre courant, titre qui est écrit au haut des pages, pour indiquer le sujet d'un livre et quelquefois des chapitres. Titre-planche, nom qu'on donne au titre d'un livre, lorsqu'il est gravé en taille-douce ou lithographié, avec des ornements historiés et relatifs au sujet de l'ouvrage.
Nom de certaines subdivisions usitées dans les codes des lois, dans les ouvrages de jurisprudence. Le titre des Successions, dans le Code civil. Un long titre. Un titre difficile.
Nous avons dans les Décrétales le titre fameux De frigidis et maleficiatis qui est fort curieux [VOLT., Dict. phil. Impuissance.]
Par extension.
Traiter comme Senaut toutes les passions, Et, les distribuant par classes et par titres, Dogmatiser en vers et rimer par chapitres [BOILEAU, Sat. VIII]
Marque que l'ouvrier met au chef de chaque pièce de sa fabrique
Nom exprimant une qualité honorable, une dignité. Il a le titre de duc, de marquis. Cette terre portait le titre de comté.
Du nom de dictateur, du nom de général, Qu'importe, si des deux le pouvoir est égal ? Les titres différents ne font rien à la chose [CORN., Sertor. III, 2]
Reine, puisque ce titre a pour vous tant de charmes [ID., Nicom. III, 1]
Je trouve que toute imposture est indigne d'un honnête homme, et qu'il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître, à se parer aux yeux du monde d'un titre dérobé, à se vouloir donner pour ce qu'on n'est pas [MOL., Bourg. gent. III, 12]
Celui [le nom] d'Estrées est comblé de tous les titres qui peuvent entrer dans une maison [SÉV., 3 avr. 1681]
Charlemagne se fit couronner roi d'Italie, et prit le titre de roi des Français et des Lombards [BOSSUET, Hist. I, 11]
Sans s'en laisser éblouir [de la dignité de chancelier], le modeste ministre disait seulement que le roi, pour couronner plutôt la longueur que l'utilité de ses services, voulait donner un titre à son tombeau et un ornement à sa famille [ID., le Tellier.]
Ses rois [de la Grèce], à vous ouïr, m'ont paré d'un vain titre [RAC., Iphig. IV, 6]
Il ne reste au sénat qu'à juger sous quel titre De Rome et des humains je dois être l'arbitre [VOLT., M. de César, I, 3]
Être Bonaparte et se faire sire ! Il aspire à descendre : mais non, il croit monter en s'égalant aux rois ; il aime mieux un titre qu'un nom [P. L. COUR., Lettre de.... mai 1804]
Fig.
Je suis homme et soldat ; ce sont là tous mes titres [DUCIS, Othello, I, 7]
Exempte d'un culte hypocrite, La raison ne connaît de rangs Que ceux que donne le mérite Et de titres que les talents [GRESSET, Épît. Égal.]
Il se dit de certaines qualifications données par honneur. Le titre de Sire, de Majesté se donne aux rois ; celui de Sainteté se donne aux papes. Le titre d'Altesse. On donne aux cardinaux le titre de Votre Éminence. Il se dit aussi de certaines églises de Rome et des environs dont les cardinaux prennent le nom. Cardinal du titre de Sainte-Sabine. Cardinal du titre de Saint-Pierre-aux-Liens.
Il se dit, en général, de qualifications bonnes ou mauvaises, par comparaison aux titres de dignité. Le titre de bienfaiteur.
Et, si je n'en obtiens la grâce tout entière, Malgré le nom de père et le titre de fils, Je deviens le plus grand de tous ses ennemis [CORN., Héracl. I, 4]
Quelques titres honteux que partout on lui donne, Son misérable honneur ne voit pour lui personne [MOL., Mis. I, 1]
Notre malheureuse reine, donnons-lui hautement ce titre, dont elle a fait un sujet d'actions de grâces [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Propriété, exercice de certaines charges, de certaines professions. Il eut cette charge en titre, après l'avoir exercée longtemps par commission. Sa commission fut érigée en titre d'office. Fig. et familièrement. C'est un fripon en titre d'office, c'est un grand fripon (phrase vieillie). Professeur en titre, par opposition à professeur suppléant. Commis en titre, se dit par opposition à surnuméraire. Fig. En titre, se dit d'une position qu'on occupe comme par un titre.
Je fus aussitôt reconnu dans la société pour l'amant en titre, c'est-à-dire pour le maître de la maison [DUCLOS, Œuv. t. VIII, p. 168]
Ou, sans honte, on voyait une maîtresse en titre Des intérêts des rois devenir seule arbitre [A. DUVAL, Man. des grand. III, 8]
Il se dit de certaines professions qui ne peuvent être exercées qu'en vertu d'un brevet, d'un diplôme, etc. Il attend son titre. Il a le titre de notaire, mais il n'exerce pas encore. Il n'a pas encore reçu son titre de médecin, d'avocat. Titre nu, charge, par exemple, de commissaire-priseur, achetée sans clientèle qui y soit jointe.
En droit, la cause qui rend une possession légalement efficace. Il n'y a point de servitude sans titre.
Qui, les places d'autrui par armes usurpant, Le titre disputaient au premier occupant [RÉGNIER, Sat. X]
Tout le titre par lequel vous possédez votre bien n'est pas un titre de nature, mais d'un établissement humain [PASC., Disc. cond. des grands, I]
Toutes les occupations des hommes sont à avoir du bien ; et ils ne sauraient avoir de titre pour montrer qu'ils le possèdent par justice ; car ils n'ont que la fantaisie des hommes ; ni force pour le posséder sûrement [ID., ib. III, 12]
En fait de meubles, possession vaut titre [, Code civ. art. 2279]
On acquiert à titre universel, par succession ; à titre particulier, quand l'acquisition, par exemple un achat, porte sur un objet particulier. On acquiert à titre entre-vifs par donation entre-vifs ; à titre à cause de mort, par testament ; le premier est irrévocable, le second révocable. On acquiert à titre lucratif, quand l'acquéreur ne fournit pas d'équivalent, comme dans la donation, le legs, la succession ; à titre onéreux, quand l'acquéreur fournit un équivalent, comme dans la vente.
10° Titre de rente, reconnaissance d'une rente annuelle que l'État paye au porteur du titre. Les titres de rente sont nominatifs ou au porteur, suivant qu'ils portent ou ne portent pas le nom du propriétaire.
11° Acte écrit, pièce authentique qui établit un droit, une qualité. Il a reçu le titre de baron signé du roi. Les titres et papiers. Les titres de noblesse. Ce titre a été tiré des archives de telle abbaye. Titre de propriété.
Il a produit des titres authentiques, des titres faux C'est un héritier qui trouve les titres de sa maison ; dira-t-il peut-être qu'ils sont faux, et négligera-t-il de les examiner ? [PASC., Notes écrites pour la préf. génér. édit. FAUGÈRE.]
La noblesse n'existe pas sans titre, et les simples gentilshommes d'autrefois, ceux qui font partie de ce que nos chartes ont appelé l'ancienne noblesse, ont le droit de prendre celui d'écuyer [BISTON, De la fausse noblesse, p. 7]
Colbert l'employa [Mabillon] à rechercher les anciens titres [VOLT., Louis XIV, Écrivains, Mabillon.]
Le monde et les courtisans ne croient pas aisément aux vieux titres qu'on ne retrouve que lorsqu'on fait fortune [GENLIS, Veillées du château t. I, p. 457, dans POUGENS]
Fig.
Apprenez qu'un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature ; que la vertu est le premier titre de noblesse [MOL., Festin, IV, 6]
Il [Montesquieu] présente à la nature humaine ses titres, qu'elle a perdus dans la plus grande partie de la terre ; il combat la superstition, il inspire la morale [VOLT., Pol. et lég. Idées républ. 51]
Titre nouvel, titre par lequel un nouveau possesseur, un héritier s'engage à payer la rente ou la redevance servie par l'ancien. Passer titre nouvel. Titre nouvel se dit aussi du nouvel engagement que l'on est en droit d'exiger du débiteur originaire, lorsque le temps de la prescription approche. En ces emplois, on ne dit pas nouveau. Titre se dit au sens de document.
Il faut peser l'autorité de cette multitude de différents titres [documents géographiques] [FONTEN., De Lisle.]
12° Au plur. Il se disait des provisions d'un office ou d'un bénéfice, et se joignait quelquefois au mot capacités. Il a produit ses titres et capacités. Titre clérical, contrat par lequel on assignait une recette annuelle, ordinairement de cinquante écus, pour la subsistance de celui qui voulait embrasser l'état ecclésiastique ; il ne pouvait être saisi, ni aliéné.
13° Droit sur lequel on s'appuie pour demander, pour faire, etc.
À quel titre faites-vous cette réclamation ? De son sort qui t'a rendu l'arbitre ? Pourquoi l'assassiner ? qu'a-t-il fait ? à quel titre ? [RAC., Andr. v, 3]
Fig. Faux titre, mensonge, fausseté.
L'honneur qui sous faux titre habite avecque nous [RÉGNIER, Sat. VI]
Quoique je ne fisse pas profession de mépriser la gloire en cynique, je faisais néanmoins fort peu d'état de celle que je n'espérais point pouvoir acquérir qu'à faux titres [DESC., Méth. I, 13]
Oh ! cœur rempli de feinte, Tu masques tes désirs d'un faux titre de crainte ; Un sceptre est l'objet seul qui fait ton nouveau choix [CORN., Méd. III, 3]
Et l'orgueil, d'un faux titre appuyant sa faiblesse, Maîtrisa les humains sous le nom de noblesse [BOILEAU, Sat. v.]
À bon titre, à juste titre, avec fondement, avec droit et raison.
Oui, l'honneur que reçoit la vôtre [famille] par ce choix, En pouvait à bon titre immortaliser trois [CORN., Hor. II, 1]
Je pourrais vous citer cent autres traits.... qui lui ont acquis à bon titre la réputation d'être un homme d'esprit [SCARR., Rom. com. I, 13]
En un autre sens, à bon titre, foncièrement, avec un caractère réel.
Comme vous agissez en monarque prudent, Elle agit de sa part en cœur indépendant, En amante à bon titre, en princesse avisée [CORN., Œd. I, 4]
À tant de titres, pour tant de justes motifs.
S'il osait profaner ce qu'il doit honorer à tant de titres [J. J. ROUSS., Hél. VI, 6]
À titre de, loc. préposit. En qualité de, sous prétexte de. Il possède à titre d'héritier. Il s'est introduit dans cette maison à titre de parent.
Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux [CORN., Poly. IV, 2]
Prétendez-vous longtemps me cacher l'empereur ? Ne le verrai-je plus qu'à titre d'importune ? [RAC., Brit. I, 2]
À titre de grâce, à titre de dette, comme une grâce, comme une dette. On dit de même : à titre de don, à titre de prêt. À titre d'office, en vertu de sa qualité, de sa charge. Présider à titre d'office.
14° Par extension, qualités, capacités, services, travaux qui donnent droit à quelque chose. De tous les candidats, c'est vous qui avez le plus de titres.
Je n'ai point vu Mme de Longueville, on ne la voit point ; elle est malade : il y a eu des personnes distinguées ; mais je n'en ai pas été, et n'ai point de titres pour cela [SÉV., 149]
Il [un miroir] est à vous par bien des titres [ID., à Mme de Grignan, 13 juin 1685]
Ce sera, dans nos jours, s'être fait un nom parmi les hommes et s'être acquis un mérite dans les troupes, d'avoir servi sous le prince le Condé, et comme un titre pour commander, de l'avoir vu faire [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
D'autre part un galant.... Condamne la science, et, blâmant tout écrit, Croit qu'en lui l'ignorance est un titre d'esprit [BOILEAU, Sat. IV]
Qui peut prétendre aujourd'hui au salut par un titre d'innocence ? [MASS., Carême, Élus.]
Vous faites donc de votre faiblesse le titre de votre sécurité [ID., Carême, Tiéd. 2]
Voltaire est bien ingrat d'avoir calomnié un culte qui lui a fourni ses plus beaux titres à l'immortalité [CHATEAUBR., Génie, II, II, 7]
15° Terme de monnaie. Degré de fin de l'or et de l'argent monnayés. Les monnaies françaises sont au titre de neuf dixièmes de fin, et d'un dixième d'alliage (ce qui se dit aussi titre droit).
Le prince établit le poids et le titre de chaque pièce de monnaie [MONTESQ., Esp. XXII, 10]
Un métal est très propre à être une mesure commune, parce qu'on peut aisément le réduire au même titre [ID., ib.]
Chaque État y met son empreinte [sur la monnaie], afin que la forme réponde du titre et du poids, et que l'on connaisse l'un et l'autre par la seule inspection [ID., ib.]
Nous ne pouvons employer l'or qu'à dix-huit karats sur cette frontière, attendu que la ville de Genève n'en a jamais employé d'autre, et que l'or de l'Allemagne et de tout le Nord est encore à un plus bas titre [VOLT., Pol. et lég. au roi en son conseil.]
On dit de ces alliages qu'ils sont à un titre d'autant plus élevé qu'ils contiennent plus d'argent ; ainsi un lingot qui, sur 1000 parties, contient 950 d'argent, est au titre de 950 [THENARD, Traité de chimie, t. I, p. 480, dans POUGENS]
Titre se dit aussi de la vaisselle et des matières d'or et d'argent non fabriquées. Pour ouvrages d'or et d'argent, la loi du 19 brumaire an VI (9 nov. 1797), encore en vigueur, reconnaît trois titres pour l'or : 920, 840 et 750 millièmes de fin ; et deux titres pour l'argent, savoir : 950 et 800 millièmes de fin.
16° Terme de chimie. Poids fixe d'un réactif qui contient une liqueur titrée.(voy. TITRÉ). Titre alcoolique. Titre saccharimétrique.
17° Terme de chasse. Lieu, relais où l'on poste les chiens, pour courir la bête à propos, quand elle passe. Mettre les chiens à bon titre, les bien poster pour courre.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Ce ne pot estre que Jehans tiengne un ceval par title d'acat et par title d'emprunt [BEAUMANOIR, VI, 26]
  • XVe s.
    Et vouloient.... que on envoyast suffisans hommes devers le roi de France, à savoir si il avoit accordé ni consenti à ardoir en Hainaut.... ni à quels titres cils [les soudoyers] l'avoient fait, pourtant qu'on n'avoit point defié le comte ni le pays [FROISS., I, I, 101]
    Roi, tu sais comment ton frere, sans nul titre de raison, a mort mon fils et mon heritier [ID., II, II, 235]
    Usurperent ou eurent à bon tiltre, je ne sçai lequel [COMM., I, 3]
  • XVIe s.
    Lorsqu'il eut ordonné ses gens d'armes de cheval et mise son artillerye en tiltre [qu'il l'eût braquée] [J. D'AUTON, ms. f° 74, dans LACURNE]
    Cettuy-ci, soubs titre de la science, se donna loi de choisir aultrement [MONT., I, 60]
    Je l'appelle [mon valet] un badin, un veau, je n'entreprends pas de luy coudre à jamais ces tiltres [ID., I, 270]
    L'achat donne tiltre au diamant, et la difficulté à la vertu [ID., I, 312]
    Nos qualitez n'ont tiltre qu'en la comparaison [ID., IV, 134]
    Rome, confederée de si longtemps et par tant de tiltres à notre couronne [ID., IV, 140]
    Les uns entendoient à tendre toilles, autres à mettre gros levriers à tiltre, et la plus part à buissonner et à regarder s'ils verroient point des premiers quelque beste au repos [, D. Flores de Grece, f° VII, dans LACURNE]
    Le titre ne fait pas le maistre [LOYSEL, Instit. n° 775]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. tiltre, titol ; esp. titulo ; ital. titulo ; du lat. titulus, titre ; altéré en ticlus par le peuple (Appendix Probi, dans KEIL, V, 162) ; ticlus aurait dû donner teil ; mais, l'Église ayant conservé titulus, d'où title, le peuple en fit titre, BRACHET.

TITRE2

(ti-tr') s. m.
Petit trait que l'on met au-dessus d'une ou de plusieurs lettres pour marquer qu'il y a une abréviation ; par exemple vre, écrit quelquefois pour votre.

ÉTYMOLOGIE

  • Catal, titlla ; espagn tilde, petit trait, accent ; portug. til ; d'après Covarruvias, du lat. titulus, signe, marque ; ce que Diez approuve, ajoutant que entre l'espagn. tilde et le lat. titulus est la même inversion qu'entre cabildo et capitulum.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    TITRE. Ajoutez :
    18° Terme de ponts et chaussées. Construction qui fait partie d'une écluse.
    La pente [du canal Saint-Maur] est, en étiage, de 4m,30 ; elle est rachetée par une écluse d'un seul sas à talus perreyés, aux extrémités duquel sont deux titres en maçonnerie contenant la chambre des portes [E. GRANGEZ, Voies navigables de France, p. 559]
    19° Titre de soie, longueur d'un fil de soie contenue dans un poids déterminé ; on dit aussi numéro en ce sens.
    Ces titres, c'est le poids en deniers des fils de soie [, Journ. offic. 24 juill. 1872, p. 5048, 1re col.]
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

titre

TITRE. n. m. Désignation de la matière d'un livre, d'un article, d'un chapitre, etc., qui se trouve inscrite en tête, sur la couverture, sur le dos, etc. Le titre d'un livre. Il a donné un beau titre à son livre. il a paru un ouvrage sous tel titre. Il n'y a rien dans ce chapitre de ce que le titre annonce. Quel est le titre de ce paragraphe, de cette section? Juger un livre sur le titre.

Sous-titre. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

En termes d'Imprimerie, Faux titre d'un livre, Premier titre abrégé, imprimé sur le feuillet qui précède celui où se trouve le titre entier. Titre courant, Ligne, ordinairement en capitales, qui est mise au haut des pages d'un livre, pour indiquer le sujet dont il traite.

TITRE se dit, par extension, de Certaines subdivisions employées dans les codes de lois, dans les recueils de jurisprudence, etc. Livre douze, titre trois du Digeste. Le titre des Successions, dans le code civil.

Il se dit aussi d'une Désignation honorifique, d'un nom indiquant un rang, une dignité. Il avait le titre de duc, de marquis, de comte. Cette terre portait titre de comté. Ce n'est qu'un vain titre. Un titre de noblesse. Les titres nobiliaires. Il prend le titre de prince. Votre Sainteté est le titre qu'on donne aux papes. On donne aux rois le titre de Majesté, aux cardinaux celui d'Éminence, aux évêques celui d'Excellence, etc.

Il se dit encore d'un Nom qui indique un grade, une fonction, une charge. Il se donne le titre de docteur. Il porte le titre d'avocat à la Cour d'appel. Il a le titre de notaire, mais il n'exerce pas encore.

Titre nu, Titre acheté sans clientèle.

Professeur en titre, Professeur qui en a le titre avec tous les droits qui en découlent, par opposition à Professeur suppléant et à Chargé de cours.

TITRE se dit également des Qualifications qu'on donne aux personnes, pour exprimer certaines relations. Le titre de père, d'époux, de frère, de parent. Le titre de bienfaiteur. Le titre dont je suis le plus fier est celui d'ami d'un homme tel que vous.

Il se dit aussi de la Dénomination donnée à certains cardinaux et, empruntée à certaines églises de Rome ou des environs. Cardinal du titre de Sainte-Sabine. Cardinal-prêtre de la Sainte Église romaine, sous le titre de Saint- Pierre aux liens.

Il se dit encore de l'Acte, de l'écrit, de la pièce authentique qui sert à établir un droit, une qualité. Ce titre a été tiré des archives de telle abbaye. Les anciens titres d'une maison. Titre de propriété. Titre inattaquable. Il produisit des titres authentiques, des titres faux.

Titre de rente, Reconnaissance d'une rente que l'État paie au porteur du titre. Titre nominatif, Titre qui porte le nom du propriétaire.

Titre au porteur, Titre qui ne porte aucun nom.

TITRE se dit spécialement, en termes de Finance, de Valeurs mobilières transmissibles. Des titres négociables. Le service des titres dans une banque. Avance sur titres.

Il désigne aussi Ce qui établit le droit qu'on a de posséder, de demander, de faire quelque chose. Il possède cette maison à titre d'achat. À quel titre demande-t-il cette place? À quel titre avez-vous obtenu cet emploi? À titre onéreux. À titre gratuit.

À juste titre, Justement, avec raison. C'est à juste titre qu'il fut surnommé le Père du peuple.

TITRE se dit, par extension, de la Capacité, des qualités, des services qui donnent droit à une chose. Il a des titres à cette place. Il a bien des titres à mon amitié, à mon estime, à ma reconnaissance. Je ferai valoir vos titres. Exposer les titres d'un candidat.

En termes de Monnayage, il désigne la Proportion d'or fin, d'argent dans les monnaies, dans les ouvrages d'or ou d'argent. Cette monnaie n'est pas au titre légal. Les monnaies françaises sont au titre de neuf dixièmes de fin et d'un dixième d'alliage. Cette vaisselle est à tel titre, au titre de tel pays.

En termes de Chimie, il se dit du Degré, de la proportion dans laquelle un produit a été dissous dans un liquide.

À TITRE DE, loc. prép. En qualité de. À titre d'héritier. Il s'est introduit dans cette maison à titre de parent.

Il se dit aussi des Choses et signifie Comme. À titre de grâce. À titre de dette. À titre de don, de prêt.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

titre

Titre, voyez Tiltre.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

titre


TITRE, s. m. TITRER, v. act. TITRIER, s. m. TITULAIRE, adj. et subst. [2e e muet au 1er, é fer. au 2d et au 3e, la 3e est un è moy. et long au dern. Titre, tré, trié, titulère.] Titre est, 1°. Inscription qui est à la première page d'un livre, d'un chapitre, et qui fait conaitre la matière qu'on y traite, etc.
   Oh! je ne crois non plus au titre d'une pièce
   Qu'aux affiches des charlatans.
       La Chaussée.
= 2°. Qualité honorable; nom de dignité. "Il a le titre de Duc, de Marquis: il n'en a que le titre. C' est être un sot de se glorifier de son titre; et c'est être un faussaire de s'arroger un titre qu'on n'a pas. Volt. "Pompée avait plus de vanité que d'ambition: il aimoit à être paré de grands titres; mais il aimoit plus l'éclat que le pouvoir qu'ils lui donnoient. Mongault. = 3°. La propriété d'une charge. "Il a cette charge en titre, aprês l'avoir exercée long-tems par comission. = 4°. Acte authentique, qui sert à établir un droit, une qualité. Les anciens titres d'une maison. "Les titres et papiers. "Titre de Noblesse, etc. = 5°. Droit qu'on a de posséder, de demander, de faire. "Il possède à titre d'achat, à titre d' héritier; à bon, à juste titre. "À~ quel titre prétendre un pouvoir qui n'apartient qu'à l'usage? Vaug. = À~ titre de signifie aussi, en qualité de, ou sous prétexte de: "Il s'est introduit dans cette maison à titre de parent. = 6°. En fait de Monaie, c'est le degré de fin de l'or ou de l'argent. "Cette monaie n'est pas au titre de l'Ordonance. = Par extension, on le dit de la vaisselle et des matières d'or et d'argent non fabriquées. = 7°. En titre d'ofice, façon de parler adverbiale et proverbiale, qui se prend toujours en mauvaise part. "C'est un fripon en titre d'ofice.
   REM. Avoir titre et pâsser titre (sans article) sont des expressions du Palais, qui figûrent mal dans le style noble. "Ce sont tout autant de bienfaits du Créateur; et il n'y a pas un homme sous le Ciel qui n'ait titre pour les réclamer. Moreau. "C'est la possession où je me suis mis dès le commencement, et dont il semble que le Public m'a pâssé titre Rollin.
   TITRER, doner un titre d'honeur. "On l'a titré de Duc, de Marquis. = Homme titré, qui a des titres de dignité. Terre titrée, qui a le titre de Duché, de Marquisat, etc.
   TITRIER: Fabricateur de faux titres.
   TITULAIRE, adj. Qui a un titre sans possession. "Le Roi de Sardaigne est Roi titulaire de Chypre. = S. m. Qui est revétu d'un titre, d'une charge, d'un bénéfice, d'un ofice. "Le titulaire et le survivancier. "Un tel est titulaire, et l'aûtre n'exerce que par comission.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

titre

nom masculin titre
Appellation particulière.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

titre

Titel, Akt, Akte, Anrede, Buchtitel, Schlagzeiletitle, degree, heading, certificate, diploma, document, stock, according to, as, caption, designation, in accordance with, style, security, qualification, titre, headlinetitel, kop, akte, graad, onderschrift, effect, krantenkop, document, stuk, bewijsstuk, gehalte, hoedanigheid, kop [krant], opschrift [boek], rechtsgrond, waardepapier, aandeel, opschriftכותר (ז), כותרת (ז), מניה (נ), תואר (ז), כּוֹתָר, מְנָיָה, תֹּאַרgraadзаглавиtítoltitel, overskrifttitolotítulo, titulartytuł, nagłówekcabeçalho, título, epígrafe, tratamento, manchetetitel, rubrikτίτλος, τίτλος εφημερίδαςзаглавие, заголовок, названиеtitoloعُنْوَان, عُنْوَانٌ رَئِيسِيّnázev, tituleknimi, otsikkonaslov見出し, 題名제목, 큰 표제overskrift, tittelชื่อเรื่อง, หัวข่าวbaşlıktiêu đề, tựa大字标题, 标题標題 (titʀ)
nom masculin
1. nom donné à un livre, un texte, un film le titre d'une chanson les gros titres des journaux
2. nom d'une fonction, d'une charge titre de professeur
3. comme, en tant que
4. d'une façon suivi d'un adj. à titre amical
5. en sport, qualité de champion, de vainqueur remporter le titre
6. avec raison
7. billet de transport
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titre

[titʀ] nm
[œuvre, film] → title
(dans un journal)headline
les gros titres → the main headlines
(= diplôme) → qualification
(FINANCE)security
(CHIMIE)titre
[fonction] → title
Il portait le titre de directeur adjoint → His title was assistant manager.
en titre [responsable] → official
[champion] → title
détenteur du titre de champion d'Europe → holder of the European championship title
(autres locutions) à juste titre → with just cause, rightly
à quel titre? → on what grounds?
à aucun titre → on no account
au même titre que → in the same way as
au titre de
Il y est allé au titre de la coopération → He went there on a development mission.
Cette somme est prélevée au titre de → This amount is deducted for ...
à titre de (= en tant que) → as
Il en bénéficie à titre d'ancien directeur → He is entitled to it as a former managing director.
à titre d'exemple → as an example, by way of an example
à titre exceptionnel → exceptionally
à titre d'information → for information, for your information
à titre gracieux → free of charge
à titre d'essai → on a trial basis
à titre privé → in a private capacity
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