tas

tas

[ ta] n.m. [ du frq. ]
Accumulation, amoncellement de choses en hauteur : Un tas de pierres. Des tas de papiers sur un bureau entassement, monceau
Dans le tas,
Fam. au sein d'un grand nombre de personnes ou de choses : Dans le tas, il y a bien quelqu'un qui la connaît ; au hasard : Les miliciens ont tiré dans le tas ; sans se gêner : Il a vu mes disques et il a tapé dans le tas.
Sur le tas,
Fam. sur le lieu même du travail : J'ai été formé sur le tas.
Un tas ou des tas de,
Fam. une grande quantité, beaucoup de : Il a un tas d'amis foule, multitude
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

TAS1

(tâ ; l's se lie : un tâ-z-énorme) s. m.
Accumulation de choses de la même espèce. Un tas de papiers. Mettre en tas, en un tas.
Là sur des tas poudreux de sacs et de pratique Hurle tous les matins une sibylle étique, On l'appelle chicane [BOILEAU, Lutr. v.]
Il s'agit [dans une guerre], dit le philosophe, de quelques tas de boue grands comme votre talon ; ce n'est pas qu'aucun de ces millions d'hommes qui se font égorger prétende un fétu sur ces tas de boue [VOLT., Micromégas, 7]
Je trouvai des tas de dépêches tant de la cour que des autres ambassadeurs, dont il n'avait pu lire ce qui était chiffré [J. J. ROUSS., Conf. VII]
Populairement. Mettre plusieurs choses ablativo tout en un tas, les mettre ensemble confusément. Familièrement. Se mettre tout en tas, se ramasser et se mettre en un peloton. Fig. Crier famine sur un tas de blé, se plaindre au milieu de l'abondance. Il ferait rire un tas de pierre, se dit d'un plaisant. Fig. et familièrement. Un tas de, beaucoup de.
Je ne dois d'autre réponse à cet argument [contre Olympie], que de bâtir un roman à la façon de Calprenède, et de supposer un tas d'aventures improbables [VOLT., Lett. Chauvelin, 26 févr. 1762]
J'appris que le prétendu baron m'en avait imposé par un tas de mensonges [J. J. ROUSS., Conf. XI]
Multitude de gens, en mauvaise part, par mépris.
Certes, c'est lâchement qu'un tas de médisants.... De frivoles soupçons nos courages étonnent [MALH., v, 26]
Un tas d'hommes perdus de dettes et de crimes, Que pressent de mes lois les ordres légitimes [CORN., Cinna, v, 1]
Un tas de misérables sophistes formés dans l'école du mensonge [BOILEAU, Disc. sur la satire XI]
Lodève mourut riche et vieux, et laissa un tas de bâtards [SAINT-SIMON, 133, 228]
Vous avez un tas de créanciers, que j'aurais bien envie de mettre à notre bataillon [DANCOURT, la Gazette, sc. i.]
Ces tas de désoeuvrés qu'on appelle bonne compagnie [J. J. ROUSS., Hél. v, 2]
Tirer dans le tas, lâcher son coup de fusil sur une masse d'hommes ou d'animaux, sans en viser un en particulier.
Au trictrac, se dit de l'amas de dames qu'on fait avant de commencer le jeu.
Terme d'architecture. Se dit de la masse d'un ouvrage en construction. Approcher des matériaux sur le tas, les monter de sorte qu'ils soient prêts à être employés. Tas de charge, dans les voûtes gothiques, se dit des coussinets à branches, d'où partent les ogives, formerets, arcs doubleaux, etc. Terme de maçonnerie. Tailler sur le tas, se dit lorsque la taille, au lieu de se faire au chantier, s'exécute au bâtiment. Terme de charpentier. La place sur laquelle on raccorde, dans le bâtiment, une pièce que l'on pose. On dit faire une mortaise, un tenon, un coupement, une entaille sur le tas. Terme de ponts-et-chaussées. Tas ou tas droit, rangée de pavés en ligne droite, sur le milieu d'une chaussée.

SYNONYME

  • TAS, MONCEAU. Ce qui distingue le tas du monceau, c'est que le tas est composé de parties semblables, tandis que monceau n'implique pas cette idée : un monceau de ruines, plutôt qu'un tas de ruines ; un tas de blé plutôt qu'un monceau de blé.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et quant crestiien virent le roi ensi maintenir, si se ferirent tout à un tas en mer et prirent terre [, Chron. de Rains, 201]
  • XIVe s.
    Un tas.... De fain [foin] en une grange qu'on ot fait entasser [, Guesclin. 20523]
  • XVe s.
    [Les François] ocioient [les Flamands] à grands tas en la boue et ès maisons où ils se traioient [FROISSART, II, II, 184]
    Et feroit à tas de son espée sur le bassinet et sur le dos du seigneur de Sconnevort [ID., I, I, 140]
    Lesquelx se bouterent et musserent tous ensemble en une tasse de boys [DU CANGE, tassia.]
    Et comme furent traictez ung tas de povres francs archiers qui avoient esté prins dedans Neelle [COMM., III, 10]
  • XVIe s.
    Soubdain vindrent à tas saiges femmes de tous coustez [RAB., Garg. I, 6]
    Bœuf de saison à tas [en quantité] [ID., I, 4]
    Un tas de jeunesses folles [DU BELLAY, III, 76, recto.]
    Un tas de gens, interpretes et contrerooleurs ordinaires des desseings de Dieu [MONT., I, 248]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, à tas : il y avait du monde à tas dans l'assemblée ; provenç. tatz ; du germanique : anglo-sax. tass ; néerlandais, tas, amas de blé ; anc. haut-allem. zas ; ou du celtique : gaélique, tas ; kymri, dâs ; bas-breton, dastum.

TAS2

(tâ) s. m.
Matrice dont se servent les boutonniers (ce qui est le sens ancien).
Petite enclume portative, placée quelquefois sur le même billot qu'une grande.
Terme de monnayage. Bloc d'acier sur lequel on essaye la sonorité des monnaies frappées.
Les ayant brisés [des boutons de platine] dans un mortier d'agate et sur un tas d'acier [BUFF., Hist. min. Introd. Œuv. t. VII, p. 54]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Nus [nul] bouclier de fer ne peut ferir boucles en tas, quar elles ne sont ne bonnes ne loiaus [, Liv. des mét. 58]
  • XIVe s.
    Que nuls orfevres ne puissent faire planches de boutons ferues en tas, qui ne se reviennent massives et toutes pleines, Statuts des orfévres de Paris [DE LABORDE, Émaux, p. 514]

ÉTYMOLOGIE

  • D'après Scheler, tas représente le radical de tasseau ; mais tasseau est le lat. taxillus, osselet, et de là on ne peut tirer tas. Le sens propre est instrument à faire des boutons ; et c'est de là qu'il a pris dans d'autres métiers le sens de petit bloc, de petite enclume. Il semble probable que ce n'est pas autre chose que le mot tas 1.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    3. TAS (tâ), s. m.
    Nom, en Normandie, d'un lézard noir et jaune qui se met dans les murailles ou se cache dans les cailloux ; il passe pour venimeux ; les vaches, dit-on, le mangent et en meurent [DELBOULLE, Gloss. de la vallée d'Yères, p. 319]

ÉTYMOLOGIE

  • Forme normande de tac, salamandre (voy. TAC, n° 3).
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

tas

TAS. n. m. Monceau, amas de quelque chose. Tas de foin, de blé, de pommes, de fagots, de papiers, de pierres. Faire un tas. Mettre en tas. Assembler, amasser en un tas. Il y a tant de sauterelles dans la campagne qu'on les trouve par tas.

Fig. et fam., Crier famine sur un tas de blé, Se plaindre comme si l'on manquait de tout, quoiqu'on soit dans l'abondance.

Fig. et fam., Il a fait un tas de mensonges, de friponneries, Il a fait beaucoup de mensonges, de friponneries les unes sur les autres. On dit de même : Elle a eu un tas d'aventures. Etc.

TAS se dit figurément et familièrement d'une Multitude de gens amassés ensemble; et alors il ne s'emploie guère qu'en mauvaise part et par mépris. Un tas de coquins, de fainéants, de fripons, de filous.

Fam., Taper, frapper, tirer dans le tas, À travers une foule, au hasard.

TAS se dit encore d'une Enclume portative, qui sert aux orfèvres et à divers autres ouvriers.

En termes d'Architecture, Tas de charge, Assise de pierre horizontale placée sur une colonne, un pilier, etc., et qui supporte un arc, une voûte, etc.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

tas

Tas, Semble qu'il vient de tassô, id est, ordino, statuo, colloco, ou de taxis, id est ordo én taxéi tithénai, id est in ordine ponere. Inde conflatum. Entasser.

Un tas de quelque chose que ce soit, Agger, Aceruus, Congeries, Cumulus.

Mettre tout en un tas et en un monceau, Aceruare, Exaggerare, Accumulare, Congerere.

Porter en un tas, Aggerare.

En un tas, Confertim.

Par tas, Aceruatim.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

tâs


TâS, s. m. [.] Monceau, amâs. "Tâs de gerbes, de foin, de pommes, de fagots, de pierres, de blé. Faire un tâs: Mettre, assembler, amasser en un tâs. = Tâs, Monceau: (synon.) Il parait, dit l'Abé Girard, que tâs marque toujours un amâs fait exprès, et que monceau ne désigne qu'un amâs par accident. On dit: un tâs de pierres, lorsqu'elles sont des matériaux préparés pour faire un bâtiment, et l'on dit, un monceau de pierres, lorsqu'elles sont les restes d'un édifice renversé. = Se mettre tout en un tâs se dit en style familier, d'une persone qui se ramasse et se met tout en un peloton. = Tâs régit quelquefois les persones, et signifie multitude. Il ne se dit que par mépris: un tâs de coquins, de fainéans, de fripons, de filous, etc.
   Eh! mais, où vivez-vous? - - - Parbleu, dans ma maison;
   M'embarrassant fort peu des intrigues frivoles
   D'un tâs de freluquets, d' une troupe de folles.
       Le Méchant.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Synonymes et Contraires

tas

Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

tas

Haufen, Menge, Stapelheap, pile, stack, accumulation, crowd, mass, multitude, batch, load, lump, tonhoop, stapel, boel, drom, hooiopper, massa, menigte, opper, schare, schelf, tas, troep, berg, bouwterrein, mijt, schepגבב (ז), גדיש (ז), גל (ז), ערימה (נ), צובר (ז), תילי טילים, גְּבָב, גַּל, עֲרְמָה, צוֹבֵרcatasta, mucchio, mare, ammasso, cumulo, sacco, sfilzaكَوْمَة, كَوْمَةٌ مُنْتَظِمَةhalda, hromadadynge, stakστοίβα, σωρόςmontónkasa, pinohrpa積み重なったもの, 積み重ね더미, 무더기haug, stabelsterta, stógamontoado, pilhaкуча, штабельhög, traveกอง, กองที่ซ้อนกันyığınđống, đụn, 堆栈 ()
nom masculin
1. accumulation de choses en hauteur tas de vêtements
2. grande quantité un tas de gens des tas de choses
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

tas

[tɑ] nm
[pierres, sable, ordures] → pile, heap
un tas de charbon → a heap of coal
en tas → in a heap, in a pile
un tas de (fig)loads of
J'ai lu un tas de livres pendant les vacances → I read loads of books in the holidays.
(locution) formé sur le tas → trained on the job
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005